Archive pour le 9 décembre 2005

Vendredi 9 décembre 2005

Licenciements dans les GMS : La crise n’est pas générale !

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Depuis trois semaines, les médias nous interrogent : « Vu les annonces de licenciements dans plusieurs enseignes et l’absence de création d’emplois dans le secteur, cette année, va-t-on vers une période de vaches maigres ? ».

Réponse : non, la distribution n’est pas en crise. Les perspectives de licenciements ne concernent que quelques enseignes.

1) Les plans de restructuration n’affectent que les enseignes qui, depuis deux ou trois ans, ont perdu des parts de marché.

Carrefour a annoncé vouloir supprimer 1 700 postes, principalement au siège social et dans les structures centralisées du groupe. J.L. Duran a expliqué, mercredi 16/11, qu’il s’agit de « sauvegarder la compétitivité du groupe…et alors que la compétition entre les enseignes va être renforcée en 2006 ». Si initialement, J.L. Duran parlait bien de « sacrifices » et de « recherche de réduction des coûts », il nuance aujourd’hui et parle de « redéploiement » de salariés du siège (20 %) vers les hypers de province ( ! ! !).

Intermarché : Les Mousquetaires prévoient une charrette de 1 000 à 1 500 postes au siège et dans leurs bases logistiques (mais sur 3 ans ?). Tout le monde sait qu’ITM sort d’une période difficile, notamment en Allemagne. Le groupe cherche à redynamiser ses magasins français. Mais la machine est lente à repartir.

2) Dans les autres enseignes, l’emploi ne semble pas menacé, même si, au vu des faibles perspectives de croissance, les managers restent prudents.

Auchan continue à embaucher après les 12 500 CDI recrutés ces deux dernières années. 4 500 nouveaux emplois sont prévus en 2006.

Système U, l’enseigne de supermarchés qui se porte le mieux, continue sa croissance et sa conquête de parts de marché. Serge Papin a confirmé que son groupe était toujours créateur net d’emplois.

3) Chez E. Leclerc, je confirme que nous continuerons à recruter en 2006.

Contrairement aux deux premières enseignes qui ont annoncé des plans de licenciements, nos structures sont déjà légères. On ne peut pas licencier 1 700 personnes au siège vu qu’on est 450 ! ! ! Le groupe a les structures nationales les moins coûteuses de la distribution (le Groupement d’Achats coûte à chaque adhérent 0,17 % de son chiffre d’affaires. Le coût de chaque coopérative régionale, où transite 80 % des achats, est de 3 % des enlèvements marchandises).

Dans la perspective de la baisse des prix rendue possible par la réforme de la loi Galland, nous sommes évidemment attentifs à la maîtrise des coûts. Mais le mot d’ordre est moins de conserver la marge que « d’aller chercher » de nouveaux clients. La priorité, c’est donc le commercial (une agressivité promotionnelle accrue).

Ce sont principalement les magasins qui recrutent. 7 500 emplois ont été créés en 4 ans ! L’année dernière encore, 1 300. Ici ou là, certains de nos hypers devront peut-être adapter leurs effectifs à l’évolution négative de leur marché. Mais globalement, toute l’enseigne est focalisée sur la modernisation des magasins et l’extension des concepts spécialisés (espaces culturels, parapharmacie, sport, etc…), ce qui garantit un bon rythme d’embauches.

Pas de panique donc. Je suis convaincu que le commerce restera un des principaux viviers d’emplois pour ces prochaines années, quels que soient les aléas de gestion rencontrés dans telle ou telle enseigne. Sauf évidemment, retournement de conjoncture. Mais on n’en est pas là.

Michel-Edouard Leclerc