
De gauche à droite : Christin, Benoît Peeters, Van Hamme et Yann
L’édition 2006 du FIBD est sur les rails. Lundi dernier, à Beaubourg, devant un amphi peuplé d’auteurs, d’éditeurs et de journalistes, Georges Wolinski, élu roi pour l’année, et son vizir, Jean-Marc Thévenet (directeur permanent du Festival), tenaient conférence de presse. Programme, invités, expositions… Sous les bulles de la cité charentaise, on va se bousculer (115 000 entrées attendues !).
1) J’ai particulièrement retenu (et je vous ressors l’info, pour le moment stockée chez les professionnels et dans les médias partenaires) :
- Les expos :
. « De Pilote à Poisson Pilote », l’histoire de deux publications phares de la BD,
. Jules Verne, « Images d’un imaginaire »,
. Wolinski.
- Les rencontres :
. Régis Loisel tombe les planches de « Magasin Général ». Avec Jean-Louis Tripp, il produit à 4 mains, en direct du Québec.
. René Pétillon : Après l’Enquête corse, il s’accapare de la polémique sur le voile.
. Grzegorz Rosinski retrouve le goût de peindre. Méga star de la BD réaliste, GR se remet en cause. Le prochain Thorgal, comme « Le Comte Skarbek » seront réalisés à l’huile.
Au programme aussi, débat sur « les séries », avec les piliers des « cycles longs » (ex. : Le Triangle Secret de Didier Convard et Denis Falque, Christian Gine, Pierre Wachs, Gilles Chaillet, Eric Stalner, Jean-Charles Kraehn, Patrick Jusseaume).
2) Puisqu’il m’était donné de placer quelques mots (en tant que sponsor depuis 1991), j’en ai profité pour suggérer qu’on s’intéresse un peu plus aux scénarios, dans l’univers du 9ème Art. Et puisque chaque année, l’Académie des « anciens » élit un nouveau Président, pourquoi ne pas honorer, enfin, ceux par qui les planches ne sont pas que des objets graphiques.
La BD, c’est d’abord le dessin. La qualité de la narration dépend de la mise en page, de la nervosité du trait, de la fluidité de la lecture, case après case… Pas illogique donc de fêter, à Angoulême, un auteur emblématique dont les images donnent à aimer la BD.
Mais la BD gagne à s’appuyer sur un texte de qualité. La génération Métal a surfé sur les revendications de 68. Les grands auteurs ont toujours eu l’humilité de servir les grands textes (Bilal, Tardi, Druillet…) ou de s’appuyer sur des scénaristes de talent (Yan, Christin…). Et a contrario, si la création aujourd’hui est portée par une belle génération de graphistes, elle manque très souvent de contenu.
A Angoulême, ces dix dernières années, le Festival a su bâtir des ponts avec l’industrie du cinéma, de la vidéo, des jeux électroniques ou de la publicité. Il a ouvert des voies pour des carrières mixtes. Il a su profiter de cet environnement pour attirer des vocations bédéphiles. Mais il n’existe aucune passerelle (ou si peu) depuis le monde des lettres et de l’écriture. C’est dommage.
Alors, oui, un Président ou un Co-Président scénariste, ce serait bien.
Je vais de ce pas écrire à tous les membres de l’Académie d’Angoulême pour qu’ils osent enfin offrir aux scénaristes cette reconnaissance.





