
Photo pleine d’humour et de sens… Azurs point net
Ouf ! L’affaire du CPE est finalement « pliée » et c’est un soulagement. Quelle énergie perdue. Quel lamentable gâchis.
Le pays s’est marginalisé ; jamais il n’est apparu aussi scotché dans son conservatisme, sa frilosité et sa dépendance à toutes les formes de corporatisme. Quand on pense que de l’affaire irakienne au référendum européen, et jusque dans le soutien à la candidature olympique de Paris, « la France universelle » s’autoproclamait porteuse du meilleur modèle social de développement : « Pschitt ! ».
Ce matin, sur toutes les ondes, s’expriment les « vainqueurs », le flamboyant Jack Lang en tête. Mais qui peut décemment prétendre avoir gagné ! Et qu’apportent au pays ces partisans de l’autocongratulation…
Le Président, le gouvernement : Ceux-là, c’est sûr, ont perdu leur autorité. Dans leur chute, ils entraînent celle de l’Etat tout entier. On peut, à la suite de F. Bayrou ou de certains constitutionnalistes (G. Carcassonne, R. Badinter), parler d’une crise des Institutions. (Je reviendrai, demain, sur ce sujet). Mais si nous venons de vivre une crise de régime, c’est moins celle de la Vème République que de la pratique chiraquienne du pouvoir. Ce « pataquès », cette poussée de « chienlit », on les doit moins à notre déficit de démocratie qu’aux dérives de nos décideurs politiques. Ils ont été franchement mauvais. Comme jamais, depuis longtemps (depuis la dernière dissolution ?).
En tout cas, Villepin y a perdu sa « superbe ». Le gouvernement va avoir du mal à reprendre la main. Les querelles d’hommes sont à leur paroxysme. Les parlementaires de l’UMP, douchés et en colère (un 49-3, une loi aux forceps…pour finir de la sorte !!!), auront, n’en doutons pas, la tentation du coup de pied de l’âne. Même les plus fidèles de la Chiraquie (à part JL Debré bien sûr) n’ont plus d’illusion sur « l’éclairage » du monarque.
Le « mouvement social » : Assurément, l’affaire a été une sorte d’aubaine pour les syndicats. A Villepin, ils peuvent dire merci. Ils ont retrouvé une unité, exprimée dans les manifestations et face au gouvernement. Même Chérèque a pu sortir de son rôle de Saint Sébastien. Mais :
1) Le quasi aval des syndicats pour les mesures qui vont remplacer le CPE…brise l’alliance salariés-étudiants. Ces derniers, encore enivrés par l’outrance de leur « ultimatum », se retrouvent seuls, étourdis et sans autre forme de projet.
2) Recentré sur ses revendications antérieures, le mouvement syndical a certes obtenu le retrait du CPE, mais n’apparaît crédité d’aucune proposition alternative et concrète.
L’opposition : Justement, il lui appartenait de relayer le mouvement social. Le PS (plus que le PC) s’est remis en selle. Le CPE a permis de « botoxer » les crevasses post-référendaires. Mais nulle part on n’a vu briller (même pas émerger) les contre-propositions, pour l’emploi, qu’on était en droit d’attendre d’elle.
Sur cette question des rigidités sociales, l’attitude du PS n’a pas permis de faire sauter les tabous. Au contraire, nous voilà revenus à l’intangibilité des critères de licenciement. On ne touche pas au Code du Travail. Tant pis si c’est un obstacle à l’emploi dans la PME. Les jeunes chômeurs attendront 2007.
Il reste à espérer que nos acteurs politiques et sociaux (professionnels inclus) aient suffisamment conscience de ce drame.
Nous sommes quelques-uns, sur ce blog, à nous revendiquer du « camp de l’action ». L’important, en effet, c’est de chercher à rebondir (« ne pas subir »). Ils sont plus nombreux qu’on le croit ces Français qui veulent qu’on réforme, qu’on innove, qu’on modernise. L’économiste, J. Marseille, dit : « Quand la France est au fond du trou, elle rebondit » (Libé, 8 et 9/04/06). Pour ma part, j’aime bien la métaphore que me rappelle souvent Edouard, mon père : « On est dans la merde ! Mais n’oublions pas qu’il faut aussi du fumier pour faire pousser les fleurs ».
Alors, ne prenons pas de pincettes, essayons de semer là-dessus…





