Archive pour septembre 2006

Jeudi 28 septembre 2006

Présidentielles : Pas de chèque en blanc quelle que soit ma préférence

Pour qui roule Mel ? Intéressantes questions postées sous la note « Peopolisation de la vie politique : qui est vraiment responsable ? » : je réponds sur mon engagement politique à Julien K., Augustin, Bouboule, Dutronc. Je reviendrai, la semaine prochaine, sur mes rapports spécifiques avec Ségolène Royal, DSK et Nicolas Sarkozy.

J’ai lu, comme vous tous, que mon ami Loïc Le Meur, « le roi de la souris et le pape des bloggeurs », a pris fait et cause pour Nicolas Sarkozy. Fondamentalement, je trouve sa position intéressante et courageuse. Dans une démocratie qui prétend fonctionner comme telle, c’est respecter les citoyens (et pour Loïc, ses bloggeurs) que de dire « d’où on parle ». Quelle que soit leur propre opinion, les lecteurs peuvent ainsi apprécier la cohérence du discours et l’adéquation ou non des propos tenus par le candidat fétiche aux analyses qui sont les siennes. Voilà qui évite les procès d’intention, les non-dits et les faux-semblants. Personnellement, je préfère débattre, même durement, avec un adversaire politique de conviction qu’avec un opportuniste faussement consensuel. C’est comme cela qu’on grandit en intelligence dans la compréhension de toute relation sociale.

Néanmoins, je ne suivrai pas Loïc dans sa démarche. En tout cas, pas à ce stade de la campagne.

a) S’il y a nécessité ou menace (par exemple : la percée d’un candidat extrémiste, même dès le premier tour), je m’engagerai évidemment sans retenue. Pour appeler à faire barrage. Pour favoriser le candidat démocrate le mieux placé.

b) Mais ce qui m’intéresse, c’est de défendre des projets. Ils font défaut ! Les candidats présumés ont encore insuffisamment exprimé leurs intentions. Pas beaucoup de visibilité sur leur contribution aux problèmes de fond, aux problèmes majeurs de notre société. Disons simplement que Sarko a pris une longueur d’avance (sécurité, immigration, relations internationales, Europe…).

Je vais donc m’engager, oui, mais pour faire émerger des idées, des initiatives. C’est ma manière de m’inviter au débat. Y compris sur ce blog. Et je me permettrai d’interpeller tous les candidats (comment pourrais-je rester crédible à leurs yeux si je m’affiche déjà avec l’un d’entre eux ?). Soyons donc bons tacticiens et recherchons l’efficacité.

c) Bien évidemment, je voterai pour un candidat. Mais faut-il (excusez la prétention) que je lui offre, dès à présent, les morceaux de popularité que notre action a su récolter. Je suis discounter, bon négociateur. En aucun cas, je ne braderai un quelconque soutien.

Bon, ceci étant dit, permettez-moi d’expliquer mieux encore cette attitude :

1) Loïc Le Meur est maître chez lui. Il est propriétaire de son entreprise quand il prend position, il n’y a pas vraiment de conflit d’intérêts (ses salariés ?) entre son discours personnel et la communication de son entreprise.

Pour moi, c’est différent. La première raison qui m’astreint à un peu plus de retenue sur ce sujet, c’est le fait que mon nom ne m’appartient plus. Certes, je me sens un homme libre, je ne suis pas pieds et poings liés à l’opinion des membres de la coopérative dont je suis le président, même si j’en suis le salarié. Ils n’exigent pas non plus (pour la plupart) une réserve particulière de ma part, mais voilà : il me faut être honnête et cohérent. Mes interventions dans le débat public ne sont crédibles (ont d’autant plus de force) que parce que je m’appuie sur les initiatives d’un groupe de 600 adhérents et 85 000 salariés. Il serait pour le moins inélégant de les engager, par mon nom, dans un soutien qui ne serait pas le leur.

2) Je connais personnellement plusieurs des candidats en lice. A différents moments de ma vie professionnelle, j’ai eu à travailler ou à connaître DSK, François Bayrou, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy. Humainement parlant, j’ai de l’estime pour ceux-là. Autant j’ai pu avoir à les soutenir dans leurs initiatives locales ou dans des dossiers particuliers, autant je suis, comme tous les Français, avides de connaître leur projet global pour leur mandat éventuel. Force est de reconnaître qu’à ce stade, quelle que soit la qualité des hommes, je reste sur ma faim. Même aux amis, on ne fait pas de chèque en blanc, surtout quand votre signature détient le pouvoir d’engager tout un groupe.

3) Je suis tout sauf opportuniste. En bon marin, je sais prendre le vent, mais je sais aussi où je veux aller. Il y a des vents porteurs qui ne mènent nulle part. Mais « qu’importe la douceur de l’alizé s’il vous éloigne de votre destination » (propos d’un « étonnant voyageur » dont je ne me remémore plus le nom tout d’un coup).

Ce qui m’importe, ce sont les idées, les initiatives. Alors, oui, je soutiendrai, dans cette campagne, tout projet qui permettra à notre pays de retrouver son leadership en Europe, qui défendra la réforme de l’éducation et du système de santé. Je défendrai publiquement les idées des candidats qui s’attaqueront à l’omnipotence et à la voracité de l’Etat pour le remettre à sa place, et rien qu’à sa place. J’apporterai un franc soutien et j’essaierai d’enrichir tout programme qui nous sortira de l’idéologie du « tout assisté », qui remettra le service du public au cœur du service public,

J’ai toujours parlé vrai. Je crois à l’effort, au travail, à l’initiative individuelle tout autant que collective. De ce fait, je revendique d’être libéral en économie (Sarkozy, Bayrou, DSK ont-ils pris des engagements vraiment libéraux ?). Je crois au primat du politique, à la nécessité de reconstruire un projet social et culturel (sur ce point, qu’est-ce qui garantit aujourd’hui la capacité de Sarkozy ou de Ségolène Royal à resserrer le lien social ?). Tant de questions restent en suspens.

Aujourd’hui, amis bloggeurs, n’ayons pas de fausse pudeur. Refusons l’empressement. Refusons l’allégeance, quelle que soit la sollicitation.

Pour moi, une seule attitude : un engagement passionné pour faire vivre le débat public, mais pas de chèque en blanc.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 27 septembre 2006

Biocarburants : Je pousse mon enseigne sur ce marché

img_blog_270906_biocarburan.jpg

© Agence Australie

Après avoir longtemps été réclamés par les écologistes, les biocarburants ne font pas complètement l’unanimité. Certains arguments sont justes. D’autres me laissent pantois : aux yeux de quelques fondamentalistes, aucune initiative ne trouve grâce hors le fait d’avoir à se serrer la ceinture (facile quand on ne parle pas de soi !).

Je retiens néanmoins de cette polémique naissante que face à l’augmentation de la demande énergétique et aux risques planétaires sur l’environnement :

1) Il ne faut pas attendre de solutions miracles.

2) Chacun doit prendre sa part de responsabilité.

3) Il faut hiérarchiser les priorités : la santé, l’environnement.

De toute façon, chaque solution alternative offrant avantages et inconvénients, il faut tous les passer au tamis d’une comparaison critique (critéres écologiques, économiques, politiques).

1) La protection de l’environnement est la priorité de l’enseigne

Mon enseigne a été la première à interpeller particuliers et pouvoirs publics sur la pollution générée par les sacs de sortie de caisse. Nous avons opté, dès 1996, pour les sacs de caisse recyclables, réutilisables, remboursables et échangeables gratuitement à vie. Cette solution a permis de réduire d’1 milliard à 55 millions le nombre de sacs distribués chaque année par les centres E. Leclerc.

Aujourd’hui, je pousse mes adhérents à soutenir le développement de nouvelles énergies et à promouvoir les carburants verts.

2) Biocarburants : la solution de l’incorporation de produits agricoles dans les carburants

L’incorporation directe dans l’essence se heurte en France à des difficultés d’ordre logistique et physique complexes (l’éthanol a la particularité d’augmenter la tension vapeur de l’essence). En ligne avec l’engagement de l’enseigne pour le développement durable, en 2004, la SIPLEC (notre société pétrolière) bouscule le monde pétrolier en incorporant pour la première fois de l’éthanol pur dans le supercarburant sans plomb 95.

Aujourd’hui tous les carburants verts vendus par l’enseigne contiennent 5 % d’additifs d’origine agricole (taux d’incorporation maximal autorisé par l’administration).

Avec 75 stations-service E. Leclerc exclusivement distributrices de carburant vert, et 210 à horizon 2007, le consommateur pourra de plus en plus facilement s’approvisionner en biocarburant.

3) 20 % de stations-service E. Leclerc équipées en Super Ethanol en 2008

Désormais leaders sur l’incorporation d’éthanol dans l’essence, les Centres E. Leclerc ont été naturellement sollicités cette année pour participer à la création d’un nouveau carburant, le super éthanol (E85).

Le 1er juin 2006, j’ai inauguré, avec François Loos, Ministre de l’Industrie, la première pompe « Flex Fuel » en France. Elle alimente la première flotte de 7 véhicules « Flex Fuel » du Conseil Général de la Marne fonctionnant au E85 (c’est Ford qui a joué le pionnier).

L’expérience est limitée, mais concluante.

Les pouvoirs publics (Cf. communication conjointe de Thierry Breton et Alain Prost, hier) affirment leur volonté de développer le marché du Super Ethanol (adapté aux moteurs « Flex Fuel ») pour le grand public. En ce qui nous concerne, j’ai assuré que mon groupe équipera 15 % de nos stations-service en E85 en 2007 et 20 % en 2008. C’est parti !

Cet investissement va évidemment relancer le débat sur les biocarburants. Vous aurez compris que j’ai l’intime conviction qu’il constitue une alternative intéressante, même si tout cela reste encore marginal. Mais comme il y a beaucoup de pros dont j’ai apprécié les commentaires sur ce sujet, je serais intéressé (sincèrement intéressé) à connaître leurs arguments pour ou contre.

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 22 septembre 2006

Pouvoir d’achat : S’il augmente globalement de 2,3 % (INSEE), la partie « dépensable » augmentera cinq fois moins en 2006

img_blog_220906_ligne_caiss.jpg

© Jacques Langevin / Deadline Photo Press

C’est le résultat d’une étude effectuée, chaque année, pour le compte de mon groupement par le BIPE (Bureau d’Information et de Prévision Economiques).

1) Pourquoi une telle démarche ?

C’est en 2003 que nous avons lancé ce travail d’analyse. A l’époque, syndicats ou organisations de consommateurs contestaient les chiffres officiels de l’inflation. Le passage à l’euro avait contribué à brouiller les repères… Et, par déduction, ce sont tous les concepts liés à la perception des ménages (pouvoir d’achat, niveau de vie, hausse des prix) qui se trouvaient remis en cause.

En tant que distributeur, je ne pouvais rester insensible à cette problématique. Mon activité professionnelle dépend évidemment du rythme de la consommation. La stratégie de nos entreprises, les choix d’investissements ou de marketing s’appuient sur des prévisions de dépenses que nous devons analyser « au plus près ». D’autant que l’anxiété générale des consommateurs à l’égard de leur pouvoir d’achat se reporte au premier chef sur les magasins qu’ils fréquentent…

C’est dans ce contexte que j’ai sollicité l’avis du BIPE : comment interpréter ce décalage entre chiffres officiels positifs et anxiété des ménages. Les chiffres de l’INSEE sont-ils pipés ? Y a-t-il un biais de méthode ? Les pondérations de chaque poste sont-elles adéquates ? Etc.

2) Du pouvoir d’achat global des ménages (INSEE) à la notion de « pouvoir d’achat libérable du consommateur » (BIPE)

Avant de recalculer un indice, les experts du BIPE ont d’abord recherché à appréhender ce que recouvrait le concept de pouvoir d’achat.

a) La mesure du pouvoir d’achat construite par l’INSEE se base sur les indicateurs qui entrent dans une logique de comptabilité nationale. L’INSEE prend en compte le revenu brut de l’ensemble des ménages français (salaires, résultats d’exploitation des agriculteurs et des professions libérales, revenus du patrimoine). Il ajoute les transferts sociaux. Il en déduit les impôts. Cet indicateur est ensuite déflaté de l’indice des prix à la consommation.

b) Le BIPE ne conteste pas l’intérêt de cette approche. Mais elle a ses limites. Elle ne prend pas en compte la démographie des « ménages » (ce concept fourre-tout comprend aussi bien des célibataires que des familles de trois ou quatre enfants !), ni l’hétérogénéité des structures de consommation qui en découle.

Surtout, cette approche, valable en macroéconomie, ne correspond pas au mode de calcul des consommateurs dans l’anticipation de leurs dépenses futures.

Parlons de la manière la plus imagée : chaque début de mois, dans les foyers, on « fonctionne » comme si, après la paie, on commençait par mettre de côté, dans une enveloppe, les cotisations et les impôts à payer, enveloppe à laquelle on ne touchera pas. Mais on mettra aussi de côté (et c’est ce dont ne tient pas compte l’INSEE) des remboursements, eux aussi incompressibles, tels que loyer, charges liées au logement, mensualités d’assurances ou de remboursement de crédits, carte de transport, etc. Il faut déduire du revenu brut les sommes accumulées dans ces deux enveloppes pour mesurer ce qui reste : le pouvoir d’achat libérable, c’est-à-dire la capacité de dépenser.

L’étude menée par le BIPE pour E. Leclerc propose donc un indicateur du pouvoir d’achat libérable, qui ne s’oppose pas à celui de l’INSEE, mais qui le complète. Un indicateur qui permet de mieux comprendre et d’anticiper les comportements des consommateurs. (C’est l’indicateur du pouvoir d’achat libéré des ménages). Le BIPE va même plus loin puisqu’il propose d’apprécier cet indice en tenant compte non pas d’une catégorie globale « ménages », mais de descendre à l’unité de consommation, concept qui permet mieux de prendre en compte l’évolution de la démographie. (C’est l’indicateur du pouvoir d’achat effectif du consommateur).

3) Mesure de l’évolution du pouvoir d’achat : analyse comparée des indices

Le tableau suivant récapitule, depuis 2002, l’évolution du pouvoir d’achat selon les différents indices.

img_blog_220906_graph.jpg

On voit bien que, pour l’année 2005, le pouvoir d’achat libérable du consommateur a régressé (moins 0,7 %). Sans doute, est-ce la meilleure explication pour une conjoncture qui fut somme toute médiocre alors que les indicateurs officiels de pouvoir d’achat globaux s’affichaient positifs (1,1 %).

Pour 2006, les prévisions globales de l’INSEE permettent d’envisager un accroissement de 2,3 % du pouvoir d’achat global des ménages. Si l’on tient compte de l’augmentation des charges incompressibles qui incombent aux foyers, le BIPE estime que le pouvoir d’achat effectif affectable aux achats sera cinq fois moindre (0,5 %).

4) Les charges contraintes augmentent plus vite que le revenu disponible

Le BIPE a travaillé sur la notion de « dépenses incompressibles ». Il n’a retenu que les dépenses non arbitrables et non re-négociables. Exemple, on peut éventuellement prendre un transport collectif plutôt que sa voiture. Mais on ne peut pas re-négocier son loyer ou changer d’appartement tous les ans !!!

Pour 2006, les prévisions d’augmentation de ces charges sont les suivantes :

- Remboursement des crédits 10,7 %

- Loyer 6,1 %

- Charges liées au logement 6,0 %

- Assurances 4,2 %

- Transport (hors carburant) 5,0 %

On voit bien le problème : les pouvoirs publics ont raison de se féliciter d’une augmentation du revenu disponible qui atteindra 3,9 %. Ca faisait longtemps qu’ils n’avaient pas pu afficher un tel résultat. Mais comme en parallèle, les charges incompressibles augmenteront en moyenne de 7,3 %, on n’a pas les mêmes raisons de pavoiser dans les foyers.

5) Impact sur la consommation

Quand on regarde les prévisions officielles de consommation, elles sont plutôt bonnes (2,9 % pour la consommation globale (INSEE) et 1, 7 % par ménage). Mais ce rythme de consommation est très artificiellement entretenu. Vu la faible progression du pouvoir d’achat effectif ces trois dernières années, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à réduire leur épargne (le taux d’épargne est passé de 18 % en 2000 à près de 14 % cette année). Ils ont recours de plus en plus à des crédits à la consommation, accroissant ainsi l’endettement des ménages.

Une situation que mon groupe juge viable à court terme, mais qui, fragile, ne garantit pas les conditions d’une poursuite de cette croissance à long terme. C’est à cette prise de conscience que voudraient contribuer les travaux effectués par le BIPE pour E. Leclerc. Une situation qui exige de nous, professionnels, la continuité, voire le renforcement d’une politique qui doit chercher à améliorer le pouvoir d’achat (par la politique de prix notamment) pour autant qu’on peut y contribuer.

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 19 septembre 2006

Riz américain OGM : La thèse du double marché (et du libre choix) mise à mal

img_blog_190906_ogm.jpg

Je réponds aux multiples interrogations de consommateurs, mais aussi des écologistes qui m’ont interpellé concernant l’éventuelle présence en magasin d’un riz américain contenant des traces d’OGM, telle que signalée par la Commission Européenne la semaine dernière.

C’est aux Etats-Unis que l’alerte a été donnée. Les autorités sanitaires ont découvert dans des stocks de riz long grain produit aux Etats-Unis, les traces d’une protéine génétiquement modifiée (LL 601), non autorisée en Europe.

L’alerte a été relayée par la Commission Européenne et les professionnels, comme les autorités sanitaires, ont procédé à des relevés.

a) Les prélèvements effectués par la DGCCRF confirment la détection, dans sept échantillons sur dix neuf, de traces légères (inférieures à 0,1 %) de ce gène interdit.

b) Comme les lots ont été prélevés dans les chaînes de distribution, les distributeurs ont missionné leurs services qualité pour effectuer des investigations approfondies. C’est, bien sûr, le cas des centres E. Leclerc.

Dans l’absolu, deux cas de figure se présentent à nous :

1) Pour les marques nationales, les fournisseurs se sont engagés, au terme des conditions générales d’achat de notre groupement, à respecter la réglementation européenne interdisant la commercialisation des riz génétiquement modifiés. Ils ont donc, par contrat, la responsabilité d’apporter la preuve que leurs produits ne sont pas contaminés.

Certains d’entre eux nous ont demandé de retirer de la vente un nombre limité de produits pour réaliser des tests et pouvoir re-certifier la non contamination des lots qui pouvaient être concernés.

2) Pour nos marques de distributeur, tous les fournisseurs se sont engagés, par écrit, sur l’absence d’OGM dans les produits qu’ils fabriquent pour notre compte.

A la suite de la décision de la Commission (23/08/06), nos acheteurs leur ont demandé une confirmation écrite spécifique concernant ce riz génétiquement modifié.

Un seul fournisseur n’a pas été en mesure de fournir cette confirmation. Par mesure préventive, nous avons retiré de la vente les deux produits venant de cette entreprise. Nous les remettrons en commercialisation dès obtention des certificats.

La plupart des autres distributeurs ont procédé de la sorte. La Fédération du Commerce et de la Distribution qui, sur ce dossier, regroupe la plupart des enseignes, a communiqué sur ces pratiques. Normalement, de telles denrées contaminées ne devraient plus se retrouver sur le territoire français.

Il nous faudra cependant revenir sur cette affaire : même si elle ne pouvait représenter aucun risque pour la santé de nos concitoyens, elle pose de multiples questions, dans la forme comme sur le fond, sur la capacité d’assurer l’étanchéité des marchés (avec ou sans OGM) et sur la crédibilité d’une thèse selon laquelle le consommateur, à terme, pourrait avoir le choix entre ces deux types de consommation. J’ai déjà dit, dans une note précédente, toute ma perplexité sur cette fausse bonne réponse à l’expansion des OGM.

Vu la pression des producteurs et des laboratoires, vu l’extension des surfaces mises en culture, l’indifférence, l’ignorance ou l’acceptation tacite de certaines populations dans le monde, il est vraiment illusoire d’imaginer qu’on puisse garantir l’imperméabilité d’un territoire, fût-il européen.

La preuve : dans cette affaire, des traces d’OGM ont été trouvées non seulement en France, mais aussi en Allemagne, en Suisse et en Suède…

On en reparle très prochainement !

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 18 septembre 2006

L’art, la politique et l’opinion : jusqu’où va la responsabilité du distributeur ?

img_blog_190906_agenda.jpg

A plusieurs occasions, sur ce blog, des consommateurs ont témoigné de leur perplexité, quelquefois même de leur indignation, en découvrant, dans un magasin, un livre signé d’un auteur politiquement incorrect, un ouvrage trop érotique à leur goût, des revues jugées extrémistes, etc.

Jusqu’où faut-il répondre à ces demandes ? Convient-il de censurer ? Comment tracer la frontière entre l’inadmissible et le tolérable, le banal et l’innommable. Et même entre le premier et le second degré…sans tomber dans les rets des moralisateurs et des Tartuffe ?

Tant qu’il s’agit d’évidences (publications jugées violentes, pédophiles, etc.), le retrait s’impose et les critères finalement plutôt clairs. Au pire, on repositionne le produit dans la catégorie « classe adulte » éloignée des domaines d’investigation des enfants, etc.

Plus difficile est l’appréciation d’ouvrages frôlant par exemple la pornographie, mais diffusés sous la qualification de créations artistiques. Si les dessins de Reiser ou de Vuillemin (un peu moins Wolinski) ne sont plus la cible que de quelques associations bigotes, pourquoi les mêmes sujets seraient-ils disqualifiés dès lors qu’ils sont traités en photographie et que leurs auteurs revendiquent aussi un statut de créateur ?

Quels critères appliquer…autre que la réaction d’un public ulcéré. Et pour quel camp prendre parti, celui du client offensé ou celui de l’artiste qui criera à la censure et au délit d’opinion ?

Plus complexe encore est l’exemple suivant. Il peut nous faire sourire. Moi-même je n’avais pas été choqué et, au départ, poser une telle interrogation à l’égard de la publication dont je vais parler pourrait sembler une aimable plaisanterie. Et pourtant…

Nos magasins (ceux d’autres enseignes aussi) commercialisent un agenda à l’effigie de Che Guevara. Alors que la maladie de Fidel Castro relance l’espoir d’une alternative démocratique à Cuba, des voix nous sont parvenues (sic) qui s’élèvent contre la banalisation du « bourreau », la promotion d’une icône qui sanctifie le héros, lui confère un statut exemplaire…alors qu’il fut, c’est un fait historique, acteur (et au moins caution) de tortures, de répression, de meurtres (fussent-ils commis au nom de la résistance à l’impérialisme !!!).

Passée une première réaction d’irritation, il faut, il est vrai, prendre le temps de poser le problème. Pour quatre vingt dix neuf pour cent des Français, ces récriminations sont excessives. On frise l’excès, l’obsession, la schizophrénie. Mais voilà, parmi les clients, il y a des citoyens exilés qui militent pour une vérité historique et qui sont sincèrement (je crois) choqués par la chose.

Au moment où j’écris ces lignes, je remarque, en plus, que l’agenda litigieux est imprimé en Corée. Bon, j’espère au moins que c’est dans celle du Sud !!!).

On ne refera pas l’histoire. Pas plus que, rétroactivement, on ne fera le procès de la génération des soixante-huitards qui s’est inspirée du Che. Et on n’ira pas non plus réquisitionner, dans tous les magasins de fringues, les tee-shirts si abondamment imprimés à l’effigie du célèbre Cubain.

D’ailleurs, personne dans notre République des Lettres, si prompte à fustiger le dictateur et à soutenir les écrivains anticastristes, ne s’est mobilisé pour le retrait des librairies de deux livres, véritables succès littéraires, publiés par les excellentes éditions Mille et Une Nuits, « Voyage à motocyclette » et « Second Voyage à travers l’Amérique Latine »…signés d’un Che Guevara romantique à souhait.

Fort de cette jurisprudence, je suis bien content de ne pas avoir à jouer les censeurs. Je ne retirerai donc ni les livres, ni les agendas de la vente. Mais tout de même, je ne peux pas m’empêcher, eu égard aux victimes cubaines, de penser à cette injustice politique. Quelle part de l’histoire retiendront les utilisateurs de cet agenda ? Au fond, si j’avais été cubain moi-même, et si j’avais souffert du régime castriste, accepterais-je cette situation qu’un Mel, comme ses confrères, finit, malgré tout, par rendre trop banale ? Qu’auriez-vous fait à ma place ?

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 15 septembre 2006

La réforme Dutreil, les prix, les enseignes et les parts de marché : Premier bilan

Je réponds, dans cette note, à Augustin et aux analystes qui, sollicités par différents médias, m’ont interpellé sur ma boîte mail professionnelle.

La réforme de la loi Galland permet la répercussion progressive des « marges arrière » dans les prix. Depuis le 1er janvier 2006, les distributeurs peuvent limiter cette marge à 20 %. A quatre mois d’une nouvelle étape (1er janvier 2007) qui leur permettra de descendre ce seuil à 15 %, il est désormais possible de mesurer les effets du nouveau dispositif.

1) Les rapports industrie-commerce :

La réforme effrayait plus d’un professionnel. Objectivement, la réforme n’a laissé personne au tapis. Aucune enseigne dans la distribution n’évoque de difficultés majeures. (Et pourtant, on se rappellera les propos d’une société succursaliste cotée, influente auprès de Christian Jacob, qui multipliait les arguments les plus alarmistes en agitant le spectre du chômage causé par la guerre des prix aux Pays-Bas !!!). Les industriels, eux aussi très mobilisés, ont rengainé leurs armes. Les PME, craintives quant à l’évolution des MDD dont elles assurent une grande part de la fourniture, semblent désormais rassurées.

2) La négociation 2006/2007 :

Evidemment, les choses vont se durcir dans quelques semaines. Mais finalement, comme chaque année…

Avec cette nuance : en cette période de reprise de la consommation, les distributeurs rappelleront à leurs fournisseurs que la baisse de prix, depuis janvier, a été quasiment financée par les seules enseignes. On parlera évidemment « partage des fruits de la croissance » !!!

3) L’inflation

La plupart des panélistes ont chiffré l’impact positif de la réforme sur l’évolution des prix. L’INSEE vient de confirmer (14/09) la bonne tenue des prix dans les hypers. Ce fait est encore contesté par une ou deux organisations de consommateurs et, par exemple aussi, la rédaction « d’Alternatives Economiques » qui publie : « Les prix dans la grande distribution évoluent de nouveau quasiment au même rythme qu’ailleurs » (n° 250, septembre 2006).

Eh bien, non. L’INSEE établit que sur l’ensemble des produits de consommation, les étiquettes ont augmenté de 0,2 % en août. Mais la hausse n’a été que de 0,1 % dans les hypers et supers. Et sur un an, la hausse moyenne constatée dans les GMS n’est que de 1,1 %…contre 1,9 % pour l’ensemble de l’économie.

Les opposants à la réforme devront l’admettre : depuis la signature des accords Sarkozy, les clients des hypermarchés ont fait l’économie, sur leurs achats, au moins d’une année d’inflation !

4) Les enseignes :

La réforme Dutreil a relancé la concurrence entre les enseignes en leur permettant de se différencier. A 30 % de taux de marge arrière moyen, les prix dans les hypers avaient tendance, hier, à s’aligner sur le SRP. A 20 %, aujourd’hui, et demain à 15 % (c’est-à-dire bien en dessous de la marge moyenne d’exploitation d’un hyper), chaque enseigne ou chaque magasin est amené à choisir les gammes sur lesquelles il va faire porter son effort.

En ce mois de septembre, les différences ne sont pas vraiment perceptibles s’agissant de l’offre promotionnelle (tout le monde y va de ses 3 pour 2, de ses bons d’achat et des mêmes thématiques radio !). Mais sur le front des prix, chaque enseigne essaye de se démarquer, qui sur l’alimentaire, qui sur les produits techniques, etc.

Carrefour a légitimement récolté ses investissements depuis novembre 2005. Les Mousquetaires se sont, eux aussi, remis en ordre de bataille. Ils reviennent très vite et de très loin. E. Leclerc (Cf. ma note du 2/05/06) qui a fait l’erreur (nous l’avons reconnu ici) d’avoir diminué trop tôt l’offre ticket pour en reporter le financement sur la baisse directe des prix, a cédé le pas, le premier trimestre, faute que cette politique ait été suffisamment perçue par les clients. Mais depuis fin juin-début juillet, l’activité est très soutenue, et l’enseigne a terminé le mois d’août avec la plus forte progression de part de marché des hypers (0,2 point, Flash Panel).

5) Le hard-discount :

Les panélistes confirment désormais nos prévisions : la part de marché des HD plafonne. La formule voit son positionnement prix contesté par le regain d’agressivité des hypers qui, à l’instar de notre enseigne avec Eco +, multiplie les offres 1ers prix. La réforme Dutreil redonne maintenant une possibilité aux hypers de redevenir plus attractifs sur les grandes marques. Du coup, le taux de pénétration de la plupart des enseignes de HD est en régression. La formule ne recrute plus, malgré la multiplication des ouvertures ces trois dernières années (pour la plupart non soumises à CDEC). A surface constante, la croissance est même fortement négative !

J’avais dit que, sans la réforme, nos adhérents souhaitaient multiplier une formule HD, « E. Leclerc Express ». Plusieurs dizaines de magasins ont déjà été programmés, mais c’est désormais l’hyper qui redevient notre priorité.

6) Part de marché : la guerre des indices :

S’il est normal que la communication de Jose Luis Duran ou d’Intermarché cherche à valoriser leur performance respective (j’aurais fait de même), il faut néanmoins savoir nuancer l’interprétation des données brutes publiées récemment pas les panélistes dans un contexte de forte attente du côté du CAC 40.

Les méthodologies diffèrent.

a) Les évaluations des PDM établies à partir des panels-distributeurs divergent de celles qui sont établies à partir de panels-consommateurs.

Exemple : PDM E. Leclerc (PGC + FLS), de janvier à juin 2006 :

ACNielsen Panel-distributeurs – 0,3

ACNielsen Panel-consommateurs – 0,8

b) Entre deux panélistes, et à partir de panels-consommateurs, même écart :

TNS Secodip (Consoscan) – 0,3

ACNielsen (Homescan) – 0,8

J’ai fait interroger les panélistes pour avoir une explication. Mais il faut à mon sens se focaliser sur la tendance plutôt que de s’arrêter sur des résultats de courte période, très liés au calendrier promotionnel de chaque enseigne.

7) Valeur et volumes

L’autre nuance sur laquelle je voudrais insister, c’est que la plupart de ces indices sont calculés en valeur.

Le Panel de Gestion a chiffré la baisse des prix dans l’enseigne (premier semestre) à 2,4 % sur les articles dits « majeurs » (4 à 6 000 articles). Cette baisse de prix a évidemment contribué à déflater le chiffre d’affaires des produits correspondants. La baisse de PDM de E. Leclerc s’explique, au moins ces trois derniers mois, par la répercussion mécanique de ce changement de base. A contrario, la hausse actuelle en est fortement minorée. Mon groupe, dont la part de marché sur un an était, malgré la baisse de ce dernier semestre, restée stable (+ 0,1, Référenseigne), est en train de reprendre des parts de marché.

De ce fait, l’enseigne estime être bien calée sur ses fondamentaux retrouvés.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 13 septembre 2006

Sept Ecoles de commerce françaises au top ten des européennes ! Une leçon et aussi une voie pour nos universités !!!

img_blog_1300906_hec.jpg

Ecoles qui rient, facs qui pleurent…

On peut dire ce que l’on veut de ce type de classement, en contester les critères, dénoncer la part de subjectivité dans les analyses. Ou au contraire, refuser tous ces paramètres trop quantitatifs qui ne tiennent pas compte de l’adéquation des systèmes de formation avec les projets personnels, etc., etc.

Mais quand même ! Deux publications, à un mois d’intervalle, relancent le débat sur l’avenir de la fac.

1) Fin août, une équipe de l’université chinoise de Shanghai, Jiao Tong, tentait le classement des 500 meilleurs établissements d’enseignement supérieur mondiaux. En tête, les institutions les plus prestigieuses : Harvard, Cambridge, Stanford, Berkeley, MIT, Columbia, Princeton, Chicago, Oxford, Yale, Cornell… Un festival d’universités anglo-saxonnes (les USA s’offrant 17 des 20 premières places !).

Nos françaises ? 83 universités sont citées. Paris 6 (Jussieu) émerge à la 46ème place, Paris 11 (64ème), Strasbourg 1 (96ème) et l’Ecole Normale Supérieure (99ème). Les officiels français dont les avis ont été sollicités dans de nombreuses publications, tempèrent ce mauvais résultat :

« Le classement a tendance à privilégier les universités à caractère scientifique, dont les performances sont évaluées notamment en mesurant le nombre de publications des chercheurs et celui des récompenses (Prix Nobel, médailles Fields, etc.) ». Soit ! Ca agace quand même…

Permettez-moi d’ailleurs cette boutade : à l’heure où toute la classe politique, malgré ses contorsions et ses lèvres pincées, défend l’idée d’une forme « d’immigration choisie » et propose d’attirer en France « la crème des étudiants étrangers comme l’ont fait les Américains avec les jeunes scientifiques vietnamiens ou indiens » (je cite un prof sur Europe 1), ces piètres classements constituent une sacrée contre-publicité.

En tant qu’universitaire de formation, j’en ressens dépit et profonde irritation.

2) Hier, le Financial Times livrait son classement des Ecoles de commerce européennes. Les critères ? Les salaires, deux ou trois ans après avoir quitté l’école, l’opinion des chefs d’entreprise, le taux d’emploi, etc.

Et là, oh géniale surprise, 7 françaises (HEC, ESCP, EAP, EM Grenoble, EM Lyon, ESSEC, EDHEC, et Audencia) se haussent au niveau des 10 meilleures. Avec quadruple lauriers pour HEC qui caracole loin devant !

3) Je les vois venir les sceptiques avec ce genre de commentaire : « Ce n’est pas comparable, les écoles de commerce font du tri sélectif. Il est normal que leurs élèves grimpent sur les podiums. Par concours, ils ne retiennent que la crème des étudiants. Facile d’en faire de la mousse ! Alors que la fac, elle, fait du social, donne sa chance (?), forme des chercheurs ou des professeurs dont les métiers sont malheureusement moins bien rémunérés que les fonctions commerciales en entreprise ou dans le secteur financier ».

Taratata ! Il faut avoir le courage de regarder ces classements avec lucidité. Ils récompensent, pour les écoles de commerce, une politique volontaire qui s’est traduite par un formidable investissement pour organiser :

a) Le rapprochement de l’école avec les entreprises (pas seulement comme futur employeur, mais comme source d’intérêt pédagogique).

b) Une grande ouverture sur l’international (presque toutes les écoles de commerce de ce niveau obligent leurs étudiants à passer au moins un an à l’étranger, dans une entreprise ou dans une filière de formation).

c) Une culture de l’excellence inhérente, certes, à un esprit de « prépa » et de « concours », mais largement cultivée en cours d’année, sollicitant rigueur et ouverture pour que les étudiants puissent intégrer les meilleures entreprises et s’épanouir dans la vie !

A l’inverse, toutes les tentatives pour réformer un système universitaire très souvent déconnecté de l’environnement économique, et même quelquefois scientifique, ont échoué. Du fait de réactions corporatistes (du type « le mammouth contre Allègre »), mais aussi parce que l’institution continue de se fourvoyer sur ses missions. Ce n’est pas peu dire que l’idéologie du service public, confondue avec celle du « tout Etat », a produit cette certitude, si ancrée dans le milieu professoral, selon laquelle la fac produit des chercheurs et des profs, mais n’a pas vocation à nourrir le privé en compétences…

Seule une poignée de facs s’en sortent. En éco, c’est Paris Dauphine, pourtant jugée comme n’étant pas une « vraie fac » (sic), qui a servi de modèle à une dizaine de campus dont les présidents se sont extraits du carcan. Et bien sûr aussi, les facs de droit ! Vu que pour des raisons budgétaires, les grands corps de l’Etat ne payent plus et n’attirent plus systématiquement les meilleurs juristes, la fac continue de pourvoir en avocats de qualité les grands cabinets français et internationaux auprès desquels l’université garde la cote.

4) J’avais, il y a quelques années, participé à une Commission de réflexion, présidée par Jacques Attali et missionnée par Claude Allègre, pour définir un nouveau « modèle européen d’enseignement supérieur ». Avec l’aide de fortes personnalités comme Georges Charpak, Axel Kahn, Julia Kristeva, Alain Touraine, Jérôme Monod, Alain Etchegoyen et quelques autres, nous avions (mai 1998) proposé une refonte des cycles universitaires, en introduisant ou valorisant la notion de « master » (réforme qui a été mise en œuvre), mais aussi préconisé un rapprochement entre universités et grandes écoles (vous imaginez la bronca !). Nous plaidions pour la mise en place d’un système d’évaluation des enseignements (initiative évidemment vouée à l’échec !). Et aussi la possibilité pour les universités de se doter de financements privés…

Mais surtout, considérant que « les missions du système d’enseignement supérieur ne sauraient se limiter à celles que le législateur a arrêtées il y a un siècle (!!!) », nous proposions la possibilité que chaque étudiant « atteigne individuellement son niveau d’excellence ». Républicain, mais pas égalitariste.

Et, cerise provocatrice sur le gâteau, « considérant qu’on ne compte que deux entreprises françaises parmi les cinquante premiers éditeurs mondiaux de logiciels, aucune société française parmi les dix plus gros constructeurs d’ordinateurs, une seule parmi les cent premières entreprises mondiales dans les biotechnologies…, les universités devraient contribuer à la création d’entreprises et à leur développement. Pour cela, elles devraient valoriser leurs recherches, prendre des brevets, organiser des entreprises en leur sein… Tous les cryptos (marxistes, maoïstes, et même trotskistes, je ne vous parle pas des anars) planqués derrière leur statut de fonctionnaire, s’étaient sentis meurtris par l’insulte.

Inutile de vous dire que tout cela est reparti au musée des énièmes rapports enterrés. Mais voilà pourquoi, à défaut d’accepter la compétition des systèmes pédagogiques et de revoir leurs missions, « l’écart s’est creusé entre les groupes sociaux dont les enfants monopolisent le meilleur de l’enseignement supérieur (grandes écoles) et les autres qui en seront de plus en plus irréversiblement exclus ».

Comment ne pas s’émouvoir des réactions aussi négatives, dans les entreprises, à la vue d’un CV uniquement universitaire ? C’est intolérable.

Amis de l’université, il faut relever le défi. Comme dirait le slogan de L’Oréal : « Parce que vous le valez bien » !

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 12 septembre 2006

Foires aux vins : Les journalistes s’investissent

img_blog_120906_Le_Point.jpg

La presse magazine a pris l’habitude de se mettre au diapason des mouvements de société. Les titres, comme les accroches publicitaires dans les kiosques, rythment les thématiques saisonnières aussi sûrement que la position de la grenouille sur l’échelle indique le temps qu’il va faire :

- « Un régime vraiment efficace » : nous sommes en mars, tenez bon, les vacances se profilent à l’horizon…

- « Les destinations hype de l’été » : ça y est, plus que quelques semaines !

- « Les 15 bonnes résolutions » : c’est la rentrée…etc.

On appelle cela un marronnier. Il y a les calendaires, les thématiques (l’immobilier, la santé, les impôts…).

Au début du mois de septembre, alors que nos chérubins envahissent à nouveau les écoles et slaloment entre les marronniers (les vrais, ceux de la cour de récré), et tandis que le Trésor Public adresse à ceux qui ont le privilège de travailler leur avis d’imposition pour 2005, chaque magazine y va de son « spécial vins », « supplément vin », « foire aux vins », « nos 500 meilleures bouteilles »…

On trouve ces suppléments, plus ou moins développés, de Voici à Paris Match. Et des articles à profusion, du Parisien au Monde (notamment dans un Monde 2 qui s’encanaille, loin de son registre habituel, jusqu’à associer les vins et les people).

Prélude aux vendanges, démarrage des foires aux vins, tout ceci nous a un petit air d’été indien bien sympathique. Tout cela donne soif. Allons-nous chausser les lunettes de Bacchus, biffer ou stabilo-bosser chaque sélection pour pouvoir endosser un costume d’expert et arpenter les rayons des cavistes ou des GMS. Ou regarderons-nous cette presse en prenant l’air détaché de celui à qui on ne la fait pas (sous-entendu : « Tout ça, c’est de la pub déguisée… »).

L’heure est grave, il faut choisir son camp.

Comme je sais de toute façon que je serai étiqueté des insignes de la partialité supposée du commerçant, je n’ai aucun complexe à me rattacher au lobby des rabelaisiens et des épicuriens. Oui, mesdames et messieurs, cette presse-là (pas seulement celle-là bien sûr) me plaît, j’y trouve du bonheur, de la saveur, de la mise en bouche…et même dirais-je aux sceptiques : j’y apprends toujours à foison. J’en fais le sarment.

Alors permettez que, sans flagornerie, j’ose appeler « grands reporters » tous ces professionnels du secteur qui ont osé la dégustation, la visite aux viticulteurs, et le retour sans ivresse. Tous recrachent bien sûr, même le bon ! Ils rendent compte, ils soupèsent, le moût et le dur, ils classent mieux que ne feraient nos Christine Angot, nos Amélie Nothomb, avec des mots comme « sensualité », « passion », « plaisir », « authenticité », « exemplarité », des mots accessibles…non sans digressions des plus poétiques. (Si les journalistes de l’équipe travaillent à l’esthétique d’une littérature du sport, L’express Mag sait brosser l’âme des vignobles et Cuisine et Vins de France faire parler Arditi, Pivot, Frédéric Lodéon ou encore William Boyd. Des hommes qui devant les flacons tombent les masques. Des héros de cave dont la langue et la plume sont trempés des meilleurs crus.

img_blog_120906_Cuisines_Vins.jpg

C’est qu’il est plus que désormais nécessaire de parler au consommateur avec un langage qu’il comprend. Un langage fait d’émotion, mais qui permet aussi de défricher les étiquettes. Dans le vin aussi, la méthode globale a failli. Il faut revoir les manuels.

Devenue une science trop complexe, et un brin obséquieuse, la communication du vin perd en audimat, notamment auprès des plus jeunes. Conjuguée aux dérapages tarifaires de ces dernières années et aux progrès considérables de nos concurrents étrangers, elle désempare une partie des consommateurs. Ou tout simplement, vieillissante, elle séduit moins. Au fard, aux effluves capiteux, les nouveaux explorateurs préfèrent le naturel !

Il fallait donc se ressaisir. La montée des femmes au créneau dans une agriculture traditionnellement masculine n’est pas le plus petit signe que les temps s’annoncent rudes…pour les buveurs de simple piquette (il y en a encore sur le marché) et leurs fournisseurs (je ne parle évidemment pas des meilleurs), quelle que soit l’élégance trompeuse de certaines parures.

Et le consommateur ? Puisqu’il ne peut ni tout boire ni tout acheter, serait-il condamné à tout lire ? Non, assurément… Encore qu’on n’y perdra pas son temps : la plupart des publications sont précieuses : une offre en colonnes par enseigne : région, appellation, désignation, millésime, prix et, selon le magasin, un avis sur chaque bouteille présentée.

Puisque tout cela n’est qu’affaire de confiance, je décerne deux mentions particulières :

a) Le Point Spécial Vins (n° 1773 du 7 septembre)

Je vous invite à vous plonger dans les six pages d’introduction que signe l’inépuisable Jacques Dupont, en avant-scène d’une des plus belles sélections de l’année. C’est un savoureux morceau de pédagogie : une synthèse très intelligente, sans jargon facétieux, des problématiques du vin, depuis le descriptif des systèmes d’appellation jusqu’au parcours de l’acheteur. C’est clair, bien torché, ça se boit mieux que du petit lait. Voilà « une base de données » qu’on pourra, dans les dîners, resservir à nos convives en les resservant. En plus, Jacques Dupont a eu la géniale idée de demander à un Pétillon, pas encore imbibé, d’illustrer cet article. Allez, dis-nous, toi qui étripes, chaque mercredi, hommes politiques et chefs d’entreprise…dans tes dessins du Canard Enchaîné, de combien de Pétrus t’es-tu fait arroser ?

img_blog_120906_petillon.jpg

© René Pétillon pour Le Point

Détail pratique :

- La date des foires aux vins est précisée pour chaque enseigne, y compris quelques sites internet.

- JD fournit une liste d’écoles de dégustation. Apprendre le vin, c’est éventuellement apprendre à savoir ce que l’on aime et ce que l’on n’aime pas. Et mettre des mots sur ses sensations.

- La sélection est rigoureuse. Les coups de cœur sont personnalisés. L’auteur, plus que jamais, assume ses préconisations.

b) La revue du Vin de France (Foires aux vins – septembre 2006)

img_blog_120906_Revue_Vin.jpg

Le premier critère de choix d’un magasin : c’est la proximité. Ce qui intéresse l’acheteur, c’est de savoir ce que vont lui proposer les magasins proches de chez lui.

La RVF propose un panorama et une critique de l’offre nationale des grandes enseignes de distribution, soit ! Mais aussi une sélection de foires aux vins régionales et locales qui permet de mettre en évidence que certains magasins arrivent à offrir quelques pépites introuvables dans les foires nationales. A ce petit jeu, les indépendants s’en sortent plutôt bien et les lecteurs de la RVF pourront, s’ils se précipitent, dénicher des trésors.

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 11 septembre 2006

Pouvoir d’achat : Le rationnel et le subjectif

Le 21 septembre, je publierai les dernières estimations de l’évolution du pouvoir d’achat effectif des Français, telle que mesurée par le BIPE (Bureau d’Information et de Prévisions Economiques).

Depuis trois ans, en partenariat avec cet important institut d’études économiques, nous travaillons à partir des données macroéconomiques de l’INSEE, dont nous ne contestons pas la fiabilité, mais que nous affinons en essayant d’intégrer toutes les données objectives qui conditionnent la perception qu’ont les consommateurs de leur pouvoir d’achat réel (Cf. note du 5/07/05 et note du 11/10/05).

L’enjeu est de taille.

1) D’abord, parce que ce sera un thème central de la campagne électorale pour les Présidentielles. Tous les partis politiques se focalisent sur ce thème.

2) Il conditionne le maintien du rythme de la consommation et, de surcroît, celui des bons indices (en tout cas moins mauvais) qui redonnent un peu de couleur à la croissance française.

En attendant la publication de ces nouveaux chiffrages (je rappelle que Thierry Breton parle d’une perspective d’augmentation de 2,4 % alors que la CFTC parle d’une baisse de 0,5 % !!!), je relève ici deux points de vue qu’il faut garder en mémoire si l’on veut comprendre la perception qu’ont les Français de leurs revenus et les comportements qui en découlent (épargne et consommation).

a) La mesure objective du pouvoir d’achat

Le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin n’avait pas apprécié nos premières publications BIPE/E. Leclerc. Outre que nous contredisions les perspectives officielles, nous plaidions pour qu’on « revisite » les statistiques nationales en défalquant des revenus l’augmentation des dépenses « contraintes » sur lesquelles le consommateur n’a pas de prise. (A l’époque, Jean-Pierre Raffarin, Francis Mer, puis Renaud Dutreil avaient considéré que nos observations étaient « trop subjectives pour être honnêtes »).

Que disions-nous ? Rien d’autre que ce que Favilla (Les Echos, 30/08/06) résume à son tour : « Le ménage est habitué à mesurer son pouvoir d’achat à ce qui lui reste pour ses dépenses courantes, après prélèvements fiscaux et sociaux. Or, s’y ajoutent depuis quelques années diverses cotisations et abonnements (internet, téléphone portable), nouvelles dépenses contraintes s’ajoutant à l’électricité, au gaz, au loyer, à la mutuelle ».

C’est ainsi. Chaque mois, dans de nombreux foyers, on continue physiquement ou dans la tête à « mettre de côté », outre les sommes destinées aux impôts, les montants correspondant au remboursement des emprunts, des loyers et les sommes affectées au budget énergie (carburant, fuel) et transport. Dans l’esprit des gens, et par nécessité de gestion, ces dépenses sont perçues comme une sorte de deuxième fiscalité.

De fait, ces dernières dépenses augmentent plus vite que l’inflation moyenne. Et c’est ce que reprend aussi à son compte l’Institut National de la Consommation (INC) qui, dans sa livraison de septembre (datée du 29/08/06), estime qu’une fois déduites ces charges, « la hausse du pouvoir d’achat n’est que de 0,9 % ».

Il est étonnant que l’INSEE n’ait pas de lui-même cherché à affiner la présentation de ces indicateurs. Une telle approche d’ailleurs ne lui est pas étrangère puisqu’il publie des statistiques sur le « niveau de vie des Français » qui corroborent assez bien les analyses du BIPE.

Mais c’est la réaction du politique qui me paraît témoigner d’un total aveuglement. Du point de vue des ménages (et donc des électeurs), il est de toute façon contre-productif de vouloir à tout prix s’appuyer sur des statistiques macroéconomiques qui, pour être justes, n’en sont pas moins incompréhensibles et considérées comme irréalistes par chacun. Agiter de bons indices globaux, les brandir comme une victoire (même si c’est le cas), entraînent forcément scepticisme et irritation chez ceux que l’on présente comme « plus riches » mais qui sont peut-être dans le rouge.

A cette distorsion croissante entre la statistique nationale et la comptabilité des foyers s’ajoute une frustration née justement de l’accroissement des dépenses contraintes.

- Les économistes ont certes raison : une grande partie de ces dépenses sont des consommations qui, en théorie, participent de l’accroissement du niveau de vie des Français. Et pour ainsi dire, même les cotisations-retraite constituent une forme de consommation différée…

- Mais…comme le dit encore très bien Favilla : « Au sein de l’enveloppe des pouvoirs d’achat, l’accroissement et l’espace de ces charges (contraintes) réduisent…ceux des libres dépenses et…subjectivement de la liberté ». Le BIPE estime qu’elles représentent plus d’un tiers du revenu consommé.

b) Pouvoir d’achat, vouloir d’achat et niveau de vie

L’autre idée, c’est celle que développe Olivier Dauvers dans sa « Tribune Grande Conso » (n° 33, septembre). Je cite : « La perception du pouvoir d’achat dépend tout autant de la froide réalité du budget familial que du « vouloir d’achat ».

On aborde là l’aspect subjectif du problème.

Oui, les Français consomment plus. En fait, ils n’ont d’ailleurs jamais autant consommé. Question : comment concilier cette boulimie d’achats avec cette notion de stagnation du pouvoir d’achat !

Outre l’explication précédente, objective (les dépenses de transport ou de fuel constituent bien « une consommation »), l’explication tient à la distorsion entre deux courbes qui s’éloignent : celle de la capacité d’achat et celle de l’accroissement (de l’accélération de l’offre) de produits achetables.

Nous sommes passés d’une économie de la demande à une économie de l’offre dont les produits ont des valeurs unitaires sans commune mesure avec la valeur des biens vendus dans les années 60/70. Hier, on arbitrait dans les foyers entre « manger à la maison » ou « aller au restaurant ». Aujourd’hui, on parle de choisir entre « 15 jours au ski » ou « acheter un écran plat ». En quinze ans, les Français n’ont pas eu le temps de s’apercevoir combien ils ont radicalement changé leur mode de consommation. Et le coût réel de celle-ci.

Olivier Dauvers donne cet exemple : « En 18 mois, le prix des écrans plasma a été divisé par deux : de 3 000 à 1 500 €… C’est certes une extraordinaire déflation…mais c’est encore…1,5 fois le Smic ». Alors dit O. Dauvers, le marché des nouveaux écrans « se démocratise » peut-être. Il fait naître une envie d’achat, mais il faut évidemment beaucoup plus de pouvoir d’achat pour acheter cet article qu’il n’en fallait pour acheter une TV ordinaire.

Les exemples abondent en ce sens (deuxième voiture, scooter, lecteur DVD, GPS, deuxième ordinateur, téléphones mobiles, etc.) qui plombent la facture mensuelle à coups d’abonnements, de prélèvements automatiques, et en remboursement d’emprunts. Quand dans les médias ou sur les pubs, tous ces produits sont présentés finalement d’une manière assez banalisée, on finit par le croire même quand on n’a pas vraiment les moyens de les acquérir. (C’est une des raisons d’une recrudescence de l’endettement des ménages). Ca soutient la consommation, mais entretient aussi l’anxiété quand viennent les échéances.

Conclusion :

Ne nous faisons donc pas d’illusion. La querelle sur le pouvoir d’achat va être l’objet d’une âpre surenchère, dans le contexte de la rentrée sociale, mais probablement plus encore dans la perspective des élections présidentielles.

Mais au-delà de cet impact de court terme, il va falloir compter sur la permanence (bien au-delà des échéances électorales) du divorce entre les statistiques et les frustrations des Français.

C’est autant une leçon de philosophie que de politique. Il faut s’attaquer à la pauvreté, et à l’amélioration du pouvoir d’achat (par les revenus, les transferts sociaux et les prix). Mais si l’on veut durablement s’attaquer aux tensions liées aux frustrations de la société de consommation, il faut réfléchir à un mode de vie qui suscite d’autres espérances, d’autres projets qu’un matérialisme fondé sur la seule quête de l’avoir et l’accumulation. (Question subsidiaire : le système peut-il survivre à cette alternative… Voilà de quoi interroger nos présidentiables).

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 8 septembre 2006

Oui, nos sacs de caisse en coton équitable…sont complètement équitables !!!

img_blog_080906_sac_coton.jpg

Je réponds à Ecolo78 qui s’est exprimé sur ce blog, ainsi qu’aux interrogations de consommateurs que m’ont relayées les services d’Allo Leclerc, notre service consommateurs. Et comme l’initiative dont je vais parler correspond à un engagement personnel, je comprends qu’il me faut ici, sur ce blog, préciser les conditions de cette initiative.

Parallèlement à notre combat pour la suppression des sacs plastiques, avec la généralisation de sacs consignés et recyclables, j’ai demandé à ce que, partout dans notre réseau, on étudie les solutions les plus écologiques possibles, étant bien entendu qu’on n’allait pas pour les produits frais ou les produits délicats obliger les consommateurs à repartir, filets de poisson dans les poches, steaks, clé USB, et sous-vêtements enrobés dans du papier journal, etc. La défense de l’environnement a ses contraintes, mais on n’est pas obligé de mettre tout le monde au pain sec et de tourner le dos à une consommation plaisir !

Aussi, très prochainement, les magasins mettront à disposition des consommateurs des sacs complètement biodégradables, issus d’amidon de maïs (le Mater-Bi de chez Novamont). D’autres entités du groupe, séduites par les articles issus de fécule de pomme de terre, envisagent de faire travailler cette filière qui constitue un débouché potentiel pour nos surproductions agricoles…

Mais, présentement, l’initiative dont j’ai à répondre concerne la commercialisation à grande échelle, depuis mai 2006, dans tout notre réseau, du premier sac de caisse en coton « entièrement équitable ».

img_blog_080906_coton_01.jpg

Nos collaborateurs l’ont d’abord conçu pour être pratique (contenance 30 litres), solide, lavable, et durable. Il se glisse facilement dans un sac à dos ou même un sac à main.

C’est un cabas cent pour cent biodégradable. Sa biodégradabilité a été testée (« désintégration » en trois mois )en milieu compostable, norme EN ISO 846 – méthode D.

Enfin, il est économique. Il ne coûte qu’un euro.

Il est labellisé Max Havelaar. Et c’est ici que se place le débat. Coton équitable ou sac complètement équitable ?

Récemment, il a été commercialisé en France des produits qui, bien que labellisés Max Havelaar, se revendiquaient d’être équitables alors que, seule, la matière première l’était. Je parle ici, par exemple, des jeans Rica Lewis que nous avons été parmi les premiers à vendre en France.

img_blog_080906_coton_02.jpg

Eh bien, dans le cas des sacs de caisse qui portent notre logo « Protégeons l’environnement », je peux garantir que « l’équité » n’est pas un vain mot. Toute la filière d’approvisionnement et de fabrication est totalement labellisée.

a) D’abord la provenance : Le coton est cultivé en Inde, dans l’Etat du Gujarat. AGROCEL, une coopérative regroupant plus de 240 fermiers, en assure la récolte.

La Fairtrade Labelling Organizations (FLO), organisme international de certification du commerce équitable, contrôle les conditions de culture qui vaut à ce produit la labellisation Max Havelaar : maîtrise de l’eau, utilisation minimale des pesticides, critères sociaux et économiques sont analysés par les auditeurs de l’ONG.

img_blog_080906_coton_03.jpg

b) Filature et tissage : Ces opérations sont réalisées dans le même Etat par une autre coopérative, The Arvinds Mill, aussi contrôlée par FLO et, de ce fait, labellisée « équitable ».

img_blog_080906_coton_04.jpg

c) La confection : Le Sewa Trade Facilitation Centre (toujours dans l’Etat de Gujarat en Inde) s’est lui aussi engagé sur la charte FLO.

J’espère que ces précisions auront pu lever les doutes sur cette initiative. Les photos publiées dans ce post ont été prises dans les champs cultivés par AGROCEL et les villages qui en vivent.

Michel-Edouard Leclerc