Archive pour octobre 2006

Mardi 31 octobre 2006

Publicité sur l’alcool et le tabac : Pourquoi l’Europe fait-elle la différence ?

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« L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération» 

Ça chauffe à Bruxelles. La commission s’apprête à édicter ses propositions concernant le marché de l’alcool. Confortée par les suites données à ses recommandations sur le tabac (interdiction dans les lieux publics) la commission doit faire face à une forte campagne de lobbying, des négociants en alcool, mais surtout, des organisations de viticulteurs de l’Europe du Sud.

Conscients des dangers, et du risque de tout faire capoter en défendant une position jugée trop jusqu’au-boutiste (ou ingérable politiquement, ce qui est pareil !), les services de Monsieur Kyprianou ont d’ores et déjà annoncés la couleur :

a) La commission proposera une série d’orientations pour limiter la publicité sur les alcools,

b) Elle n’appellera pas à faire systématiquement campagne contre la consommation d’alcool, mais seulement contre les abus !

Ce sont les jeunes qui constituent d’abord la première préoccupation des experts de la commission. Monsieur Kyprianou envisage de limiter très fortement toute publicité ciblant les jeunes, dans les salles de spectacles, les lieux de vente et même dans les magazines. On parle aussi d’en interdire l’achat ou la consommation à tous les jeunes de 18 ans (ce n’est pas le cas dans tous les pays européens) et même de relever l’âge limite.

La plupart de ces dispositions feront débat, mais ne provoqueront probablement pas de très grandes oppositions.

C’est sur le fond des messages qu’on attend la commission au tournant. Va-t-on dénigrer la consommation d’alcool ? L’enjeu santé va-t-il jusqu’à justifier des allégations du type « la consommation d’alcool tue ». A l’instar de ces épitaphes qui sont imprimées sur tous les paquets de cigarettes ?

A priori non. Monsieur Kyprianou semble faire le distinguo :

Pour le tabac, il n’y a pas un niveau de consommation sans risque.

Pour l’alcool, la cible n’est pas la consommation mais l’abus.

Bruxelles insiste : la commission n’est pas « préoccupée par la consommation modérée d’alcool » mais veut s’attaquer aux effets dramatiques (pour la santé, ou lors des accidents de circulation) d’une consommation répétée et trop abondante. Bref : participer à une politique d’hygiène, à une bonne information des consommateurs.

Ce traitement différencié a-t-il sa raison d’être ? Je ne suis pas médecin, et je ne connais pas le degré de corrélation entre telle ou telle maladie et la consommation parallèle d’alcool ou de tabac. A priori, j’aurais tendance à refuser la diabolisation et à éviter tout esprit de prohibition (qui suscite tant d’effets contraires !). Mais reste à savoir justement, dans le compromis final, si ce sont véritablement des préoccupations de santé publique qui l’emporteront ? Ou si la commission se retranchera derrière de subtiles arguties pour faire droit aux seuls intérêts économiques.

Le seul moyen d’y voir clair, serait de rendre publiques les études statistiques et les analyses factorielles qui permettraient d’apprécier les effets de la consommation d’alcool sur les maladies et les situations sociales…auxquelles on prétend s’attaquer ?

Voilà encore un débat concret pour les présidentielles françaises ? Un débat qui permettrait de redéfinir les prérogatives de l’état, de l’éducation nationale, et de l’administration de la santé, dans tous ces problèmes de nutrition, d’hygiène de vie, d’accident de la route et qui touche peu ou prou des milliers de nos concitoyens.

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 16 octobre 2006

Industriels et publicitaires sont-ils « des fabricants d’obésité » ?

Toutes les revues professionnelles se sont focalisées sur le sujet. Colloques, prises de position, mobilisation de scientifiques…les grandes marques agroalimentaires affûtent leurs arguments. Elles refusent d’être « les boucs émissaires » des campagnes lancées par les organisations de consommateurs et les pouvoirs publics contre le « trop de sel, trop de sucre, trop gras ».

C’est le secteur de la pub qui a, le premier, senti le boulet. Trois échéances vont conditionner le nouveau discours nutritionnel des marques.

a) En décembre 2006, la directive « Télévision sans frontière » sera discutée au Parlement. Les consommateurs veulent y faire interdire toutes les pubs qui font la promotion de la « malbouffe ». Notamment à destination des enfants.

b) En février 2007, la Commission Européenne va commencer à élaborer une proposition de texte pour harmoniser les étiquetages nutritionnels. (On peut compter sur la résistance de quelques lobbies).

c) Début mars 2007 devrait être publié, enfin, le décret (dont la sortie a été tant de fois remise, la loi a été promulguée en 2004) pour fixer les types d’informations qui, à l’instar des publicités sur le tabac et l’alcool, devront accompagner toute publicité alimentaire.

Les réactions :

Trop, c’est trop, répondent les publicitaires : et pêle-mêle, ils anticipent les contresens, les lourdeurs, les perturbations de messages qu’une telle prolifération d’écrits ne manquera pas de produire.

Tous s’accordent pour dire qu’en s’attaquant à la publicité, on se trompe de responsable.

Dans un édito fort bien torché, comme il en a l’habitude, l’énergique Christian Blachas, directeur de la rédaction de CB News, lance une salve contre les « maniaques de l’interdiction ».

Sur le fond, on ne peut pas lui donner tort quand il dit : « Il est clair que l’inaction, la sédentarité, le « moulage » devant la télé et les problèmes psychologiques liés à des situations familiales sont certainement plus responsables de la surcharge pondérale des enfants que la pub pour des barres chocolatées… ».

Assurément, il a encore raison quand, dans une approche globale, il estime qu’il faut d’abord « éduquer le jeune consommateur, lui assurer des messages d’hygiène alimentaire puisque les parents ne le font plus. Par manque de temps. Ou par démission ». (De fait, quand je vois tous ces parents filer des ronds pour qu’au cinéma, leur progéniture se goinfre de coca cola géant et de pop-corn, je crie à l’inconscience. Certains conditionnements proposent, le temps d’un film, d’avaler l’équivalent en sucre d’une consommation mensuelle pour un être normal !!!).

Mais, à vouloir exonérer à tout prix la pub et l’industrie, Christian Blachas en fait trop.

La discussion :

Il dit : L’obésité infantile est un phénomène récent, « pourquoi les gamins qui regardaient la télé en 68 (date de l’apparition de la pub télé) auraient-ils été épargnés par l’obésité » et pas ceux d’aujourd’hui. Il rajoute : « Je fais partie d’une génération gavée de carambars et de malabars…autant de produits qui ne faisaient pas de publicité. Or, je n’ai pas le souvenir que cette époque ait engendré beaucoup d’obèses ».

Allons, Christian, ce n’est pas sérieux. Tu aurais pu dire que la cuisine traditionnelle, jusque dans les années 60, abusait de charcuteries saumurées, de pâtés en croûte, de saindoux et de beurre salé… Mais il aurait aussi fallu dire que les modes de vie étaient moins sédentaires.

Mais surtout, il ne faut pas méconnaître les lois de la génétique. Les prédispositions à l’obésité ont été façonnées par les habitudes alimentaires des générations précédentes. Et si le nombre d’enfants obèses explose aujourd’hui, c’est bien parce que la tendance est à l’excès. Comme jamais, on a autant mangé de sel et de sucre. Enfin, jamais la pub n’a autant préconisé le snacking (le grignotage) dans les stations d’autoroute, dans les salles de spectacle, sur le lieu de travail…et même à la maison.

La démonstration :

L’étude réalisée par Que Choisir (n° 441, octobre 2006) est édifiante. Non seulement, « parmi les aliments qui font l’objet de pub télé pendant les émissions consacrées aux enfants, neuf sur dix sont déséquilibrés ». Mais l’investissement publicitaire sur les marques finit par surpondérer la présence, dans nos foyers, de ces produits festifs au détriment de produits plus équilibrés.

Alors, disons-le tout net : nous sommes tous responsables, parents, éducateurs, industriels, publicitaires, distributeurs. C’est un chantier énorme qu’il nous faut ouvrir. Un chantier qui passe par l’éducation à l’école, la place de la nutrition dans la formation des médecins généralistes, une information consommateur plus lisible sur les packagings, la refondation du discours nutritionnel des marques et la discrimination positive pour les produits moins caloriques, à l’école, au restaurant, etc.

Après tout, voilà un défi sacrément intéressant pour la publicité.

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 13 octobre 2006

Le blog, vous et moi

Beaucoup de contributions. Beaucoup de questions. Malheureusement, je suis très souvent en déplacement.

Je promets de répondre à partir de lundi.

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 9 octobre 2006

Vins français : Pour ou contre les copeaux de bois ?

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Cette histoire peut faire grand bruit. Peut-être moins sur le fond du problème (vin naturel ou vin cuisiné ?) que sur le tournant qu’il représente : la fin d’une image un peu trop allégorique, l’industrialisation d’un produit jusqu’ici vendu sur un mode « artisanal ».

Personnellement, je crie casse-cou. Il me semble qu’à vouloir trop en faire, et tout faire, face à la crise viticole, certains producteurs finissent par scier…le bois qui, malgré tout, constitue les racines d’une viticulture proposant…sa différence, et porte encore les fruits de sa notoriété mondiale !

Problème de coût ou problème de goût ?

Bruxelles vient d’accepter que pour accélérer « l’effet de vieillissement des vins de pays », les viticulteurs puissent avoir recours à l’imprégnation de copeaux de bois dans les cuves. Pas n’importe lesquels. L’étiquetage devra justifier l’origine des espèces botaniques du chêne en décoction, en l’occurrence du quercus, arbre habituellement utilisé pour fabriquer les tonneaux.

L’objectif ? Obtenir ce goût de bois dont on nous dit qu’il imprègne les plus belles réussites, les plus beaux flacons commercialisés par nombre de producteurs du « Nouveau Monde ». Et tout cela à moindre frais. La technique est peu coûteuse, dix à vingt fois moins chère que le vieillissement en barrique pour un bon cru.

La polémique et ses protagonistes

Le syndicat des vins de pays soutient que cette mesure est primordiale pour pouvoir lutter contre la concurrence des nouvelles zones de production qui, de la Nouvelle Zélande au Chili, en passant par la route des vins sud-africaine, usent et abusent de cette technique.

Les zélateurs du copeau estiment pouvoir, par cette méthode, s’aligner en terme de prix sur la concurrence de ces vins « au goût international » qui saperaient les positions françaises à l’export.

Mais si, en apparence, le monde agricole se félicite du décret bruxellois, les premières moues, à défaut de crier au vinaigre, dénoncent, dans ces futurs moûts, un faux miracle de la transmutation : « si vous mettez des copeaux dans du vin, ce n’est plus du vin, ça devient de la tisane. Que des gens aiment ça, je n’ai rien contre, mais ça n’est pas ma tasse de thé ! », dit, non sans humour, Hubert de Montille, viticulteur à Volnay (Le Parisien, 9/10/2006). Et de fait, rien ne dit que les amateurs de vins français ne restent perplexes devant l’aveu de telles pratiques.

Plus de questions que de certitudes

Je comprends qu’en pleine période de crise (baisse des débouchés et des prix), tout un monde viticole s’accroche à ce type de mesure, et qu’alors où le coca cola côtoie aussi facilement le grand cru sur les tables, il faut savoir lever les tabous. Le monde du vin n’est pas un musée. Et, comme le dit ce viticulteur à Fronsac (Le Parisien, idem), les puristes ne cotiseront pas aux pertes d’exploitation.

Mais tout de même, n’est-on pas en train de « jeter le bébé avec l’eau du bain », et après avoir dénoncé la dictature du « goût international » trop facilement attribué au seul Robert Parker (auteur du célèbre guide et œnologue trop vite flingué par le film de Jonathan Nossiter, « Mondovino ») et revendiqué la diversité de nos terroirs, fallait-il orchestrer cette trahison par rapport à ceux qui ont justement investi dans « leur différence ».

Je me pose tout simplement les questions suivantes :

1) Jusqu’à quel point les arguments mis en avant par le lobby des copeaux sont-ils pertinents : quelle part de vins étrangers procèdent vraiment de la sorte ? Peut-on décemment attribuer le succès des vins chiliens, espagnols, italiens ou même californiens à la recherche de ce « goût boisé international ».

2) A supposer que cela soit vérifié, comment mettre en scène, dans nos rayons, la communication de ces vins dont on nous dit qu’ils sont d’abord destinés à l’export, et la faire cohabiter avec toutes les autres bouteilles dont les étiquettes continueront de se revendiquer de la typicité du terroir ?

3) Ces questions qui concernent le fond du problème, rejoignent des préoccupations plus formelles dont la mise en œuvre risque encore plus de brouiller la lisibilité de l’offre proposée aux consommateurs.

On nous dit que l’opération sera encadrée. L’étiquetage des bouteilles sera balisé. On nous dit surtout que l’opération est destinée aux producteurs de vins de pays.

Mais on nous dit aussi qu’elle pourra être étendue « expérimentalement » à des producteurs de zone AOC, de Bordeaux, de Touraine ou du Beaujolais. Comment cette cohabitation va-t-elle être gérée ? Une image chassant l’autre, qu’en pensent vraiment les viticulteurs qui ont « tiré leur vignoble vers le haut » à coups d’investissements, d’endettement et d’exigences qualitatives.

Le bon marketing, ça ne sera jamais efficace sur de la daube

Je suis plutôt fine gueule, mais pas naïf. La bonne cuisine est souvent faite de quelque alchimie mélangeant bien des ingrédients pour obtenir les goûts, les couleurs, les saveurs que parfois des artifices viennent rehausser. Parmi ceux-ci…des possibilités de chaptalisation modérée, d’assemblage de cépages dans des proportions infinitésimales…

Je comprends qu’on ne puisse pas produire des vins uniquement pour les élites. Mais je ne peux m’empêcher d’adhérer aux propos de Montille : « Depuis plus de 150 ans, on plante des vignes sur des terres qui n’étaient pas faites pour ça. Alors on aura beau ajouter des copeaux…ça ne fera jamais un bon vin ». Vrai problème de concurrence avec les vins étrangers, solution risquée que de les singer.

Comme je l’ai déjà développé ici (Cf. ma note du 31/07/06), les problèmes de notre viticulture sont réels, mais il n’y a pas de fatalité de la crise. Les actions correctrices sont connues : réduction des zones de production et arrachage (en cours) des vignes trop productives et peu qualitatives. Rénovation du « marketing de l’étiquette » en respectant la diversité de l’offre, mais en se focalisant sur la fourniture d’une information consommateur plus adaptée à des demandes d’usage, à des demandes de goût. Avec indication du cépage et ses caractéristiques.

Le risque, dans l’affaire des copeaux, c’est qu’on ne retienne que « l’écume » des choses. Que cet ersatz de politique, souhaité par les uns, sabote les efforts des autres et jette le trouble sur l’ensemble de la production.

Qu’en pensent les amateurs ?

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 6 octobre 2006

Mon pari : un blog personnel, un service consommateur, deux manières de dialoguer qui se complètent

Je reviens brièvement sur cette affaire de points sur le site internet. Incontestablement, vos interventions sur ce blog ont été efficaces. Elles m’ont permis d’être tenu au courant, de réagir, et de questionner les services commerciaux concernés. En cas d’incident, de crise, c’est bien ainsi.

Mais je voudrais insister sur un point (sans jeu de mots). Mon blog est une sorte de journal personnel. Vous me croyez ou non, je ne dispose pour cet exercice d’aucune équipe relais, hormis l’intervention d’une formidable webmaster qui, en mon absence, assure tout le suivi technique de ma relation avec vous.

Bien sûr, je pourrais demander qu’on mette à disposition plus de moyens. Mais ne serait-ce pas une manière de trop me lier à la communication institutionnelle de l’enseigne alors que, justement, ce qu’attendent de moi les internautes (ils me l’expriment de multiples manières), c’est de la disponibilité personnelle.

Sur ce blog, je réfléchis « tout haut » à des préoccupations qui me sont propres, mais aussi professionnelles. J’essaie de répondre à toutes sortes de questions qui me sont formulées, lors de rencontres quasi hebdomadaires, par des étudiants, des salariés de mon enseigne, des cadres et des chefs d’entreprise exerçant dans mon métier ou dans d’autres.

Je veux garder à ce blog un caractère spontané et une liberté de ton comme d’analyse qui ne soit pas complètement « phagocytée » par une prise de parole à caractère purement commercial.

Certains s’en étonnent ou s’en offusquent : « Plutôt que de parler de politique, occupez-vous de vos clients ! ». Mais les deux choses sont-elles incompatibles ?

Eh bien, non. Ici, je veux pouvoir parler de politique. C’est mon droit. Je n’ai certes pas à me soustraire à mes obligations professionnelles, à ma responsabilité sociale, mais ce blog est mon journal de bord. J’ai choisi d’y faire partager des idées, des émotions, des rencontres. Chacun y est le bienvenu. Après tout, ce qui intéresse des centaines d’internautes n’est pas opposable aux préoccupations des autres, et tant pis si ça dérange : « on ne peut pas plaire à tout le monde ».

Il n’y a pas beaucoup de chefs d’entreprise (c’est le moins qu’on puisse dire) qui acceptent de se rendre disponibles, de sortir de leur rôle et de tenter un dialogue direct, fût-ce au risque de recevoir des boulets d’invectives.

Moi, j’accepte de m’exposer. Vous pouvez constater que je ne censure personne. Je pourrais, comme d’autres « grands patrons », faire répondre par une direction de la communication, produire des propos aseptisés, finalement sans aspérités, ne pas risquer de prêter le flanc à la critique. Tel n’est pas mon choix. Nous vivons dans une société qui ne sait plus écouter, qui limite les relations humaines à leurs aspects fonctionnels. Une société dont les élites finissent par se soustraire à une obligation de parler vrai. J’ai la naïveté de croire que, sur un blog tel que celui-ci, on peut tenter une autre forme d’échange qu’un dialogue de sourds.

Ma webmaster a mis en ligne ce qui pourrait constituer la charte de ce blog. Vous y retrouverez aussi les coordonnées du site Allo E. Leclerc sur lequel il est préférable de poster critiques et demandes d’informations pratiques. Ne l’oubliez pas, je ne suis pas un homme de bureau, je suis, tous les jours, dans les entreprises, en province ou à l’étranger. Sans vouloir me défausser, vos interventions sur ce blog ne me permettent pas d’agir rapidement ni efficacement. Au mieux suis-je amené à les relayer vers Allo E. Leclerc au gré de mes déplacements. N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires et des améliorations souhaitées.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 4 octobre 2006

Les points de fidélité sur le site E. Leclerc (précisions)

Il était normal que je sois interpellé sur ce blog, suite au cafouillage généré par le manque de communication dans l’application de la charte qui permet d’être crédité de points de fidélité sur le site de l’enseigne. Dans les jours qui viennent, tous ceux qui étaient créditeurs de points recevront un mail qui réitérera toutes nos excuses et informera du re-crédit des comptes.

J’ai demandé à ce que les personnes en charge du dispositif « briefent » mieux le service consommateurs « Allo E. Leclerc » afin qu’il réponde à toutes les questions techniques. Je me permets d’y renvoyer les internautes. Et je réponds simplement ici aux quelques questions postées hier.

1) Comment peut-on récupérer 1 000 points alors qu’il n’en est distribué que 50 par mois ?

La distribution des points est faite pour fidéliser et récompenser les clients assidus. C’est par une recherche dans les rubriques qu’ils peuvent récupérer les points.

Voici différentes façons de gagner des points :

- S’inscrire à la lettre d’informations mensuelle E.LECLERC.

- Parrainer d’autres clients.

- Naviguer dans les différentes rubriques du site. J’ai fait valider qu’effectivement une telle navigation peut amener une accumulation de points substantielle. Mais nous allons, pour faciliter la collecte, mettre dans l’espace personnel de chaque membre des liens redirigeant vers les rubriques dans lesquelles des points sont cachés. On peut en obtenir d’autres dans un système plus aléatoire, mais qui resteront cachés sans qu’il n’y ait d’indices particuliers.

2) Pourquoi ne mettez-vous pas les compteurs à zéro le 31/12/2006 ?

Oui, c’est une bonne idée. Autant se caler sur la date du 31/12/2006. Les personnes en charge du dispositif confirmeront par mail, dans les jours qui viennent, le re-crédit des points sur les comptes, et la remise à zéro des compteurs se fera au 31/12/2006.

3) Où peut-on lire les nouvelles Conditions Générales d’utilisation ?

Les conditions actuelles peuvent être lues en cliquant sur le lien suivant :

http://www.e-leclerc.com/c2k/portail/footer/cgu_ptinternet.asp

Les nouvelles Conditions Générales d’utilisation seront lisibles au même endroit. Mais toutes les personnes en seront prévenues par mail préalablement.

4) Pour toutes les autres questions, j’invite évidemment les internautes intéressés à questionner le service « Allo E. Leclerc ».

J’espère, avec toutes ces précisions, avoir répondu à vos attentes. En tout cas, vous en avez été témoins, un patron, ça sert au moins à quelque chose (prendre les coups aux lieu et place des services commerciaux ad hoc). Mince ! Peut-être serais-je, à mon tour, crédité d’un « bon point » !

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 2 octobre 2006

Cafouillage sur le site E. Leclerc : on s’excuse et on répare les dégâts…

Vous avez été très nombreux à réagir. Et moi, en déplacement à l’étranger, je ne comprenais pas ce qui se passait. A ma connaissance, aucune décision n’avait été prise allant dans le sens que vous décriviez. Je voyais bien pourtant, sur mon écran, qu’il y avait problème. Il m’a donc fallu attendre ce matin, fort de vos commentaires, pour obtenir des clarifications…que voici.

(Je rappelle, pour les petits nouveaux sur mon site, que ce blog est un blog personnel, qu’il n’est pas connecté aux équipes professionnelles et qu’à part l’aide d’un webmaster, je m’y implique personnellement et sans autre relais dans le groupe.)

1) Le programme « Les points internet E. Leclerc » est un programme de fidélisation. Il permet aux consommateurs qui fréquentent le site d’un magasin de gagner des points…et de les transformer en chèque-cadeau.

2) Le règlement, clairement lisible et identifiable sur le site, prévoyait qu’avant la fin de chaque année, les points internet E. Leclerc devaient être convertis. A défaut, ils étaient perdus et ne pouvaient faire l’objet de compensations.

3) J’insiste. Ce règlement est clairement écrit (article 5.4). Il n’a jamais donné lieu à aucune contestation.

4) L’erreur (car c’en est une) fut d’avoir attendu trop longtemps pour l’appliquer, surprenant ainsi les détenteurs de points périmés par la brutalité du rappel au règlement. Pas assez d’information, et surtout pas de délai supplémentaire qui aurait pu permettre aux retardataires d’être épargnés par cette clause.

5) L’erreur est d’autant plus bête que les gestionnaires du système, parallèlement à l’apurement des comptes, devaient annoncer une amélioration du système : au lieu d’être calculé sur une année calendaire (du 1er janvier au 31 décembre), le délai de validité doit désormais courir sur une année glissante, à partir de la date d’acquisition des points.

6) Je confirme donc. L’erreur va être réparée. Les comptes vont être re-crédités. Les gestionnaires du système proposent que les consommateurs détenteurs de points les convertissent d’ici le 1er novembre. Comme cela, personne ne sera lésé.

De toute façon, évitons la mauvaise foi : il n’y a jamais eu d’arnaque dans cette affaire, pas la moindre entourloupe. Pour 99 % des destinataires du mail indiquant la nouvelle donne, l’affaire était entendue… Mais je ne veux pas polémiquer davantage. Nous n’avions pas à prêter le flanc à la critique.

7) Je suis sincèrement désolé que tant d’internautes aient ainsi attrapé des sueurs froides. En tout cas, nous avons ici la preuve qu’un blog ouvert, non censuré, peut permettre des actions correctrices rapides.

Et si certains internautes avaient encore des doutes sur la pertinence des bons d’achat ou des chèques-cadeaux, fussent-ils de petit montant, la vivacité des réactions qu’ils peuvent lire sur ce billet (je les ai conservées comme telles), pourra achever de les convaincre de la forte sensibilité des consommateurs à tout avantage commercial de ce type.

Que ceci nous serve de leçon. Mon propos est général, mais il s’adresse évidemment en premier lieu à tous les collaborateurs de l’enseigne…

Et s’il fallait une morale à cette histoire, je dirais : il ne suffit pas d’être de bons commerçants, ni de bons techniciens des prix. La relation clients ne saurait se réduire à l’application d’un contrat ou d’un règlement. La qualité de l’information, du dialogue et les marques de respect sont…en même temps que la performance prix, le b a ba de notre métier.

Pour faciliter la lecture des commentaires et permettre aux internautes qui ne sont pas des habitués de ce blog de s’y retrouver, j’ai demandé qu’on reclasse ici tous les commentaires qui justifient cette note et qui avaient été postés sous mon billet du 28/09. Je n’ai laissé sous la note du 28/09 que les commentaires adéquats avec ce post plus politique.

Merci de votre compréhension.

Michel-Edouard Leclerc