Archive pour le 6 octobre 2006

Vendredi 6 octobre 2006

Mon pari : un blog personnel, un service consommateur, deux manières de dialoguer qui se complètent

Je reviens brièvement sur cette affaire de points sur le site internet. Incontestablement, vos interventions sur ce blog ont été efficaces. Elles m’ont permis d’être tenu au courant, de réagir, et de questionner les services commerciaux concernés. En cas d’incident, de crise, c’est bien ainsi.

Mais je voudrais insister sur un point (sans jeu de mots). Mon blog est une sorte de journal personnel. Vous me croyez ou non, je ne dispose pour cet exercice d’aucune équipe relais, hormis l’intervention d’une formidable webmaster qui, en mon absence, assure tout le suivi technique de ma relation avec vous.

Bien sûr, je pourrais demander qu’on mette à disposition plus de moyens. Mais ne serait-ce pas une manière de trop me lier à la communication institutionnelle de l’enseigne alors que, justement, ce qu’attendent de moi les internautes (ils me l’expriment de multiples manières), c’est de la disponibilité personnelle.

Sur ce blog, je réfléchis « tout haut » à des préoccupations qui me sont propres, mais aussi professionnelles. J’essaie de répondre à toutes sortes de questions qui me sont formulées, lors de rencontres quasi hebdomadaires, par des étudiants, des salariés de mon enseigne, des cadres et des chefs d’entreprise exerçant dans mon métier ou dans d’autres.

Je veux garder à ce blog un caractère spontané et une liberté de ton comme d’analyse qui ne soit pas complètement « phagocytée » par une prise de parole à caractère purement commercial.

Certains s’en étonnent ou s’en offusquent : « Plutôt que de parler de politique, occupez-vous de vos clients ! ». Mais les deux choses sont-elles incompatibles ?

Eh bien, non. Ici, je veux pouvoir parler de politique. C’est mon droit. Je n’ai certes pas à me soustraire à mes obligations professionnelles, à ma responsabilité sociale, mais ce blog est mon journal de bord. J’ai choisi d’y faire partager des idées, des émotions, des rencontres. Chacun y est le bienvenu. Après tout, ce qui intéresse des centaines d’internautes n’est pas opposable aux préoccupations des autres, et tant pis si ça dérange : « on ne peut pas plaire à tout le monde ».

Il n’y a pas beaucoup de chefs d’entreprise (c’est le moins qu’on puisse dire) qui acceptent de se rendre disponibles, de sortir de leur rôle et de tenter un dialogue direct, fût-ce au risque de recevoir des boulets d’invectives.

Moi, j’accepte de m’exposer. Vous pouvez constater que je ne censure personne. Je pourrais, comme d’autres « grands patrons », faire répondre par une direction de la communication, produire des propos aseptisés, finalement sans aspérités, ne pas risquer de prêter le flanc à la critique. Tel n’est pas mon choix. Nous vivons dans une société qui ne sait plus écouter, qui limite les relations humaines à leurs aspects fonctionnels. Une société dont les élites finissent par se soustraire à une obligation de parler vrai. J’ai la naïveté de croire que, sur un blog tel que celui-ci, on peut tenter une autre forme d’échange qu’un dialogue de sourds.

Ma webmaster a mis en ligne ce qui pourrait constituer la charte de ce blog. Vous y retrouverez aussi les coordonnées du site Allo E. Leclerc sur lequel il est préférable de poster critiques et demandes d’informations pratiques. Ne l’oubliez pas, je ne suis pas un homme de bureau, je suis, tous les jours, dans les entreprises, en province ou à l’étranger. Sans vouloir me défausser, vos interventions sur ce blog ne me permettent pas d’agir rapidement ni efficacement. Au mieux suis-je amené à les relayer vers Allo E. Leclerc au gré de mes déplacements. N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires et des améliorations souhaitées.

Michel-Edouard Leclerc