Archive pour décembre 2006

Mercredi 13 décembre 2006

L’ouverture des magasins le 24 décembre

Je l’ai déjà dit, ici, je n’en fais pas un combat. Je laisse à chacun le loisir d’apprécier s’il croit nécessaire qu’on généralise l’ouverture des magasins le dimanche. Par principe, je suis pour la liberté. Mais je suis aussi pragmatique. Et je conviens que si tout le monde ouvrait le dimanche, il n’y aurait pas une augmentation de chiffre d’affaires suffisante pour couvrir les charges supplémentaires de chaque magasin. Alors, va pour une législation hybride qui limite le nombre de dimanches ouvrables. Voilà une base socialement acceptable pour les salariés. Et si, en zone touristique ou pour accompagner tel ou tel évènement local, il faudrait en accroître le nombre, faut-il en faire une affaire nationale. A mon sens, non. La loi doit fixer des principes. Il vaut mieux traiter les adaptations et les dérogations au niveau régional et dans un cadre contractuel.

Je ne vois pas de raison de faire de cette question un enjeu idéologique.

Mais quand j’entends des associations et des syndicats appeler au boycott des magasins ouverts le 24 décembre, franchement je me demande à quoi on joue.

Ah, oui, on nous dit qu’il faut refuser « l’aliénation de la marchandise », et sortir « d’une vision purement consumériste » de la société (CGC). On nous dit aussi, sans rire, que c’est « la diversité de notre système de distribution qui est remise en cause » !!! (CFTC). Beaucoup de mots, de discours, en apparence généreux. Mais s’il s’agit vraiment de protéger le droit des salariés (CGT), pourquoi réserve-t-on ces flèches au seul secteur de la distribution é

Pourquoi n’entendons-nous rien dire du sort de tous ceux qui, ce jour-là, et jusque tard dans la nuit, travailleront, ce 24 décembre, dans les restaurants, le métro, sur l’autoroute ou à la SNCF…pour que la fête soit belle aussi pour les autres… Pour ceux-là, dont les métiers sont souvent aussi exposés à la pression du public et au stress de la suractivité, point de couplet, aucune sollicitude.

Allons, cette discrimination est trop louche pour être sincère. Je répète, s’il faut légiférer pour que le 24 décembre soit férié, alors que ce soit pour tous les métiers. Et encore mieux : je suggère à ceux qui soutiendraient sincèrement cette demande d’éviter, dans leur propre pratique, la fréquentation des magasins, des centres de loisirs et des services publics ce jour-là. Chiche !

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 12 décembre 2006

Carrefour Rosny 2, l’interdiction faite aux mineurs

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Je ne supporte pas la langue de bois et encore moins les concerts trop unanimes quand il s’agit de s’acheter à bon compte une vertu qu’on n’aura pas à mettre en pratique. Oui, vraiment il y a de la tartuferie dans la surenchère de dénonciation de ce directeur de Carrefour qui a malencontreusement et maladroitement limité l’accès de jeunes (des mineurs) à son hyper.

La Ligue des droits de l’Homme a dénoncé une politique discriminatoire. Le président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenczweig, a fait de même. Sur les blogs et dans les chats, les critiques fusent de toute part.

En droit, en équité, toutes ces critiques sont justes. Et loin de moi l’idée qu’une telle méthode puisse être généralisée, ou même tolérable.

Cette interdiction est illégale ? Assurément. Oui, oui, rappelons-le. Mais tout autant que les exactions commises chaque jour à l’intérieur de l’hyper et que reconnaissent les associations locales.

S’il s’agissait d’un cas général, il faudrait évidemment condamner cette pratique. Mais que dire dans le cas d’espèce ?

Posons la question différemment : que peut faire concrètement un directeur de magasin dans une telle situation. Quelle est l’alternative, que peut-on lui suggérer !

Oui, pour moi, cette question est primordiale. Si on n’y répond pas, on reste dans la posture moralisatrice, on ne résout rien, on laisse les gens avec leurs problèmes, des problèmes qui les dépassent.

Quand, dans un magasin ou n’importe quel lieu ouvert au public, des clients se sentent menacés…que des petits malfrats considèrent l’hyper comme un terrain de chasse…qu’ils déciment les rayons et provoquent les clients ou les salariés…sans que les policiers ne daignent plus se déplacer, ni même recevoir les plaintes…que faut-il faire ? Hein ? Vous dites quoi ?

Les grands principes, c’est sûr, il faut les défendre. Mais entre le droit à la non-discrimination et le droit à la sécurité, que faut-il choisir ? Pourquoi faut-il choisir ? Et peut-on reprocher à un responsable de choisir l’exigence de sécurité ?

Je ne connais de cette histoire que ce qui en a été dit dans la presse. Ca se passe chez un concurrent, ça aurait pu se passer (et ça arrive peut-être) dans un magasin à notre enseigne. Il y a une chose dont je suis sûr : au moindre problème, c’est bien le directeur du magasin qui sera considéré comme coupable !

La mesure discriminatoire à l’égard des jeunes de Rosny n’est assurément pas une bonne mesure. Mais les bonnes âmes et les puristes du droit universel, plutôt que de s’en offusquer, devraient faire preuve d’un peu plus de retenue. Plutôt que d’attiser les rancoeurs et de surenchérir par leurs commentaires, ils devraient déjà chercher à calmer le jeu. Ca les rendrait quand même sacrément plus crédibles.

Dans ces quartiers, beaucoup de parents ont démissionné, l’éducation nationale n’a plus de prise et le chômage conduit au désoeuvrement.

Au moment même où à l’UMP comme dans le camp socialiste, on ose parler de la présence de policiers à l’école et d’éducation militaire, comment peut-on encore chercher des poux aux types qui ont accepté d’investir, à la demande des élus, dans des cités où toute autorité s’est fait la malle depuis longtemps.

Michel-Edouard Leclerc