Archive pour le 26 février 2007

Lundi 26 février 2007

Restauration dans le TGV : deux TVA, mais un seul prix !!!

Cette affaire de double TVA dans la restauration restera pour longtemps une incongruité, une ineptie, si caractéristique des contradictions de l’économie française.

- Je n’ai jamais cru aux arguments des employeurs de l’hôtellerie ou de la restauration : l’alignement du taux de TVA pratiqué « en salle » sur celui de « la vente à emporter » n’aurait créé que peu d’emplois à court terme. Tout au plus un peu d’aise dans la négociation salariale, et certainement une amélioration des marges.

- Mais cette mesure aurait eu le mérite, à long terme, de mieux armer les professionnels de la « bonne cuisine » en supprimant une discrimination incompréhensible, à l’heure où tous nos politiques prétendent vouloir transformer « l’art culinaire » en « produit culturel ». Et oui, mon cher José, même à Aurillac, le fast-food à emporter, c’est vachement moins cher que la poularde du chef chez le chef.

On sait ce qu’il en est. Erreur d’appréciation de Jacques Chirac qui en avait fait la promesse ? Ou blocage de nos autres partenaires au sein de la Communauté Européenne ? Toujours est-il que la mesure n’est plus à l’ordre du jour.

Et donc, ce week-end, j’étais dans le TGV. Les wagons (on dit désormais « les voitures ») filaient « bon train » sur la ligne Paris/Bordeaux et quand l’appétit fut venu, je me rendis au bar pour y acquérir quelque substance alimentaire.

Vite fait, bien fait, je commande et j’achète. Au moment de payer, tombe cette question qui, dans ce lieu étroit, m’apparaît franchement surréaliste : « Vous consommez sur place ou vous emportez ? ». Comme je n’ai pas l’esprit tatillon, je ne sais pas objecter que seule une différence de dix mètres sépare le « sur place » du siège où je loge « ailleurs ». Je m’intéresse tout simplement à l’existence d’une différence de prix.

Que me répond-on ? Il y a bien une différence de TVA mais dont je ne profiterai pas en tant que consommateur. « La TVA est de 5,5 % si vous emportez le plat, elle est de 19,6 % si vous le consommez au bar. Mais pour ne pas compliquer les choses pour le client, on garde cette différence en marge, et on laisse tout au même prix ». Et le serveur de continuer « comme au McDo » !

Il m’avait semblé que dans la restauration rapide, on pratiquait deux prix différents. Je ne suis plus sûr de moi. Pouvez-vous confirmer, ô blogueurs impénitents ?

Mais dans le cas d’espèce, je trouve ça sacrément gonflé.

D’abord, ça sert à quoi de poser la question, d’allécher le chaland, si c’est sans suite.

Ensuite, qui contrôle la réalité de ces pratiques. Le client s’en va, le caissier peut enregistrer ce qu’il veut, et taper un coup 5,5, un autre 19,6. Ce n’est pas vérifiable.

J’invite l’inspecteur de la DGCCRF qui quitte, en ce moment même notre siège où il siège en quasi permanence, à fourrer son nez dans cette gratifiante cuisine. Pour une fois que je les envoie chez les autres, ça nous donnera un petit répit.

Michel-Edouard Leclerc