Archive pour mars 2007

Mardi 27 mars 2007

Pour Maëster, il faut savoir en rire…

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La politique, c’est du sérieux. Certes, il y a les coups de pied de l’âne, les petites phrases, les pitreries captées par l’objectif des paparazzi. Mais c’est clair : la campagne présidentielle ne donne place à aucun moment d’humour.

L’humour, c’était pourtant, dans l’esprit des étrangers, une des caractéristiques majeures de l’identité française. Depuis les chansonniers jusqu’aux Nuls, en passant par Fernand Raynaud, Jean Yanne et Coluche, l’humoriste a souvent nourri la fonction politique de « rassembleur ». Et de Daumier à Pétillon, Cabu ou Wolinski, la franche rigolade comme la joyeuse provocation de nos dessinateurs ont contribué, dans notre identité, à lisser les expressions souvent arrogantes de nos prétentions culturelles et moralisatrices à l’échelle planétaire.

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Alors, puisque l’on parle beaucoup d’identité en ce moment, revisitons-la, cette marotte électorale, ce coup de marketing qui, je le crains, pourrait bien faire le jeu des vrais nationalistes… (les méchants, ceux qui éructent, taguent les cimetières, et se rêvent en agents du Ku Klux Klan). Revisitons le concept d’identité nationale, mais en bonne compagnie, celle de Maëster, l’un de nos meilleurs pourfendeurs de la connerie institutionnalisée.

De lui, on connaît les aventures jubilatoires de « Sœur Marie-Thérèse des Batignolles » (éditions Albin Michel et Fluide Glacial) et « Meurtres Fatals » (Fluide Glacial).

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Les éditions du Lombard publient ce mois-ci « L’actu tue », un collector de dessins que l’auteur prend plaisir à mettre en ligne sur son blog (www.maester.over-blog.com). Je vous invite à y jeter un coup d’œil. Décapant !

Dans le dossier de presse qui est parvenu à notre équipe chargée de la diffusion des produits culturels, il y avait un petit calendrier illustré. Avec, en guise d’explications sur les intentions de l’auteur, ces quelques phrases-clés :

- « …Il y a des coups de pied aux cultes qui se perdent…»

- « …Il me semble que tout le monde doit être engagé. Etre vivant, c’est être engagé. Même le chômeur doit être engagé (mais lui, c’est plus urgent). »

- « …Ce qui m’agace, c’est la façon dont sont sélectionnées puis présentées les infos…. On instille un sentiment d’insécurité pour rendre les gens plus vulnérables et donc plus dociles… On livre du spectaculaire, on reste à la surface. Les débats ne sont là que pour devenir des jeux du cirque, pas pour y développer des idées. »

- « …J’ai eu envie de partager ma colère, mais aussi l’aspect caricatural et risible de tout ça. »

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C’est sur son blog… (www.maester.over-blog.com). Je vous invite à y faire un tour, je ne prends pas de commission. Pire, connaissant la bête, il serait même capable de me taxer au passage, arguant du fait que je me serais servi de sa notoriété pour rehausser la mienne ! Si, si, il en est capable.

Bon, c’est pour rire. Transmettez mes amitiés à l’artiste.

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Michel-Edouard Leclerc

Mardi 20 mars 2007

Loi Dutreil : les prix, comment ils vont… ?

Comment ne pas être étonné par le silence du gouvernement. Muet comme une carpe, incapable de valoriser son bilan en termes d’inflation ! Renaud Dutreil chantonne de temps en temps un petit air en forme de satisfecit. Mais Villepin et Breton restent finalement aphones dans cette lutte contre la vie chère. A croire, décidément, qu’ils n’ont toujours pas digéré d’avoir été obligés de réformer la loi Galland suite à nos campagnes de pub et par l’entremise des accords Sarkozy.

1) C’est pourtant le chariot type de Thierry Breton qui fait thermomètre

Gadget ? Assurément ! 135 articles seulement composent le panier. Mais, pourquoi faire la fine bouche. C’est tout autant que dans l’indice de l’UFC-Que Choisir. Et 7 organisations de consommateurs ont fini par cautionner « ce chariot ».

Alors, pourquoi bouder le plaisir : les prix n’y ont augmenté que de 0,7 % en deux ans (contre 2,7 % pour les prix à la conso). Ma foi, c’est toujours ça qu’on ne reprochera pas aux hypermarchés.

2) L’évolution générale des prix à la conso (ACNielsen)

Toujours mesurée sur la durée, l’inflation devient carrément négative si l’on en croit l’indicateur ACNielsen-Panel International. D’avril 2004 à Janvier 2007, l’indice « exhaustif » baisse de 0,16 %. Les grandes marques y chutent le plus (- 2,23 %). Du jamais vu depuis les accords Sarkozy. Du quasi spectaculaire quand on sait que ces relevés se font « hors promotions ».

Encore une fois, ce sont les hypers qui se font les champions de la lutte contre la vie chère avec une baisse de 3,1 %.

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Source : LSA – n° 1987 – 1er mars 2007

3) L’inflation mesurée par l’INSEE

Même démo : l’indice INSEE, bien qu’il intègre de nombreux autres produits que ceux qui sont vendus en hyper, témoigne d’un niveau d’inflation extrêmement bas : plus 1 % sur un an, taux jamais vu depuis novembre 1999. La France rejoint, grâce à la réforme Dutreil, le peloton de tête des pays européens les moins inflationnistes.

4) Pour l’INSEE, la baisse continue en ce début 2007

Bon, d’accord ! Ne nous faisons pas d’illusion. Le mouvement n’a pas vocation à se poursuivre indéfiniment. Les distributeurs devront bien être obligés de répercuter quelques hausses tarifaires industrielles.

N’empêche, moins 0,3 % dans les hypermarchés, c’est du pouvoir d’achat en plus.

On dira ce qu’on voudra, la réforme Dutreil, ça marche ! C’est compliqué, c’est risqué, difficile à négocier, mais ça marche !

Certains (mauvais coucheurs) avaient vivement critiqué les accords Sarkozy, et douté de l’efficacité d’une réforme de la loi Galland. Pour nous, E. Leclerc, qui avions mené ce combat, longtemps en solitaires, c’est une belle satisfaction.

Et puisque le législateur a prévu la possibilité de poursuivre la réforme en la menant à son terme (liberté des prix !!!), j’aurai à cœur de continuer à marteler : la liberté des prix, c’est bon pour le consommateur.

Passons à l’étape suivante.

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 5 mars 2007

Présidentielles : l’Europe, enfin !

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© Communauté européenne

Eh bien, il en aura fallu du temps. Depuis bientôt quatre mois que les candidats se sont pleinement lancés dans la course à la présidence, on désespérait de les entendre sur l’Europe : leur vision, leur plan d’action. Comme si, s’agissant des grands domaines qui échoient à la fonction présidentielle (sécurité, politique étrangère, accords internationaux), la nouvelle donne médiatique exigeait qu’on esquive ces sujets !

J’ai aimé la mise au point de Laurent Cohen-Tanugi (Le Monde, 2/03).

Mieux qu’un coup de gueule ou qu’un rappel à l’ordre, il explique la nécessité d’un repositionnement de la campagne sur les obligations constitutionnelles qui incomberont au candidat.

1) « Le Président de la République a-t-il principalement vocation à répondre aux problèmes sociaux et aspirations diverses des Français, ou est-ce là d’abord le rôle du gouvernement et du Parlement ? »

Aux yeux de Laurent Cohen-Tanugi, la bonne réponse est dans le second membre de la phrase. Certes, il fallait bien renouer avec le peuple, se faire entendre, et une fois trouvée la bonne fréquence d’écoute, préparer l’opinion aux réformes et à l’expression des éventuelles ambitions nouvelles. Mais s’il se limite à une démocratie d’opinion, l’exercice de la fonction présidentielle reste « autiste » versus ce qui se passe dans les autres pays du monde, et « anachronique » au regard des chamboulements géopolitiques qui exigent de nos institutions qu’elles fassent preuve d’audace et d’initiatives.

2) LCT met en garde : « La démocratie directe nous a mis en vacance d’Europe… La démocratie participative, tout aussi éloignée de l’intérêt général, n’est pas près de nous y faire rentrer ».

La démocratie ne saurait se réduire à suivre l’opinion, ni à tenter de la séduire.

Pour nous représenter, il est temps que sur des sujets, même aussi peu populaires, les candidats fassent preuve « de compétence, de convictions, de vision et de courage politique ». Ils commencent à aborder le thème de l’Europe et de la défense. Tant mieux…

« A supposer même que les Français ne s’intéressent plus à leur sécurité ou au rayonnement de la France en Europe et dans le monde, celui ou celle qu’ils éliront en mai…devra en faire sa responsabilité première » (LCT).

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 2 mars 2007

Manara : de Hugo Pratt à Fellini, une vie nommée « Désir »

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© Jean Bibard

Il y a de cela quelques mois, Milo Manara s’était énervé. Un journaliste de la revue Bodoï l’interviewait par téléphone. Toute la fourberie, il la sentait venir. A 61 ans, on n’a plus envie de se laisser enfermer dans les stéréotypes, dans la banalisation d’un regard prétendument critique et sans reconnaissance. Ce pouvait n’être qu’un jeu. Pas pour Milo. Pas question de laisser le gamin parisien réduire tant d’années de dessins, de peinture, des dizaines d’albums et de livres…à un condensé libertin et sulfureux de littérature érotique. Pas question de réduire à l’anecdote son travail avec Hugo Pratt, Fellini ou Almodovar…

Peine perdue, l’autre avait pour lui le pouvoir du journaliste. Et la distance des traîtres. Milo raccrocha le combiné, furax.

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1) Les traits d’Eros

A première lecture, et même si le journaliste était trop potache pour être honnête, il était tout de même sacrément culotté notre Maurilio (c’est son vrai prénom). Dans presque tous ses albums, Eros allume les passions.

On se rappelle « Le Déclic », adapté au cinéma par Bob Rafelson et Jean-Louis Richard. C’est dans le magazine italien « Playmen » et dans « l’Echo des savanes » qu’il en publia les premières planches (1983). Puis il y eut « Le parfum de l’invisible » (1986), « Candide caméra » (1988), trois autres livraisons du « Déclic », « Le piège » et « Journal intime ».

On ne dira pas non plus que le « Kamasutra » et « L’art de la fessée » sont des traités d’économie, pas plus qu’il nous convaincra que ses illustrations de Pierre Louÿs dans « Aphrodite » ne traitent de l’art floral.

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Oui, Milo aime « ça ». Dans toutes ses bandes dessinées, et dans la multitude de ses dessins et croquis, l’érotisme est présent. Mais plus encore que chez Wolinski ou Serpieri, le sexe est l’instrument (sic) et non l’aboutissement d’une libération des corps et des femmes.

C’est un érotisme choisi, revendiqué. Et quand le sexe est intrusif (re-sic), violent, violé, jamais les hommes, les mâles, ceux qui en abusent et dominent, ne sortent vainqueurs au final. D’une manière ou d’une autre (re-re-sic), la femme finit par maîtriser le rapport de force. Et Milo ne donne pas cher de la peau des phallocrates.

Alors que dire de tout cela ?

Milo excelle dans le genre érotique. Mais personne n’osera dire de Picasso, de Cocteau, ni même de Fellini ou de Pasolini que leur œuvre se limite au cul ! Un genre ne fait pas le moine, fût-il lubrique. Et s’il faut trancher, Milo rappelle à qui veut l’entendre qu’avant tout, l’érotisme, chez lui, n’est qu’un prétexte…l’occasion de réaliser un dessin qui sublime les femmes, et pas simplement leur corps. Oui, Milo aime la Femme.

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2) Les Vénus de Milo

Ses premiers modèles avaient pour nom « Barbarella », créature rêvée par Jean-Claude Forest, avant que d’être celle de Roger Vadim, avec Jane Fonda dans le célèbre rôle. Ce fut aussi « Jodelle », du pop artiste français Guy Peellaert, qui stylisa superbement Sylvie Vartan et Françoise Hardy (cette dernière dans « Pravda »).

Sa première femme à lui avait pour nom « Jolanda », une femme pirate et espiègle (1973). Et par la suite, elles furent légion, de « Guilliveriana » à « Lucrèce Borgia ».

Ses détracteurs (si, si, il y en a) prétendent que Manara dessine toujours la même femme : un patron unique, stylisé, maintes fois remasterisé, sans cesse réadapté.

Ah les tartuffes !

A l’automne dernier, Città di Castello (Italie) consacrait une belle exposition au maestro. Dans une vitrine, une centaine de publications disposées en un habile patchwork, donnait à voir d’un seul regard, les héroïnes dont il fit son Panthéon.

Oui, on peut parler d’une déclinaison, ou plutôt d’une « varia ». Car étonnante est l’évolution graphique et la progression quasi scénaristique de la représentation des corps dont aucune position, aucune expression n’échappe à la maîtrise du dessinateur. La belle « Molly Malone », la pétulante « Aureliana » sont pour moi des aboutissements graphiques inégalés (« El Gaucho »).

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« Toute ma vie, j’ai travaillé avec et pour les femmes, et je ne suis jamais parvenu à les connaître ». La phrase a été écrite par Almodovar. Il l’a mise dans la bouche de « Ming », un Chinois dont il a confié à Manara le dessin. La suite pourrait être de Milo : « J’ai découvert une seule chose : blonde, brune, rousse, petite ou grande, toutes les mêmes. Des garces ». Ne vous y trompez pas. C’est une déclaration d’amour.

3) Ecce homo

J’ai eu l’occasion de rencontrer Milo à quatre ou cinq reprises. A Angoulême bien sûr, au FIBD. Pédagogue et généreux devant le public du forum. Grâce à Jeanine Cuckermann, son mentor français, à la fois agent et amie, j’ai pu l’interviewer à Vérone alors que j’effectuais un déplacement professionnel. Il y tenait, jusqu’à l’année dernière, un atelier, tout près du balcon de « Juliette », au premier et dernier étage d’un immeuble du XVIIIème. La fenêtre de son bureau donnait sur des magasins de fringues, en bas, dans la rue piétonne. Les vendeuses, disait-il, étaient ses modèles (fantasme ou réalité, allez savoir !). Aux murs, des affiches de films (Fellini, bien sûr), des publicités (Le chaperon rouge de Chanel n°5) et des livres. De la documentation historique !

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© Jean Bibard

Ce jour-là, il dessinait à plat sur une table. Je me souviens de cette chute de reins inachevée, là devant nous. De bas en haut, on devinait le délicat sillon vertébré qu’il lui fallait prolonger vers un somptueux globe fessier que le pinceau allait rattacher à la vie.

On imaginait Raphaël plutôt que Vinci, Klimt plutôt que Schiele, Modigliani aussi, et le Cézanne du « Déjeuner sur l’herbe ». Tous, peintres à qui il ne cesse de rendre hommage dans ses propres toiles.

Les autres artistes le lui rendent bien.

Hugo Pratt, bien sûr ; des 7 ans de collaboration et d’amitié, deux albums ont marqué durablement ma génération : « Un été indien » (1987) et « El Gaucho » (1995). Somptueux, magistral ! Et puis, en héritage, il y eut « HP », le maître d’aventure qui guide Guiseppe Bergman dans ses voyages initiatiques, prétextes à rencontres et dépassements. Un monde fou, fantastique, étrange et beau ! Un univers graphique étourdissant, une technique encore jamais vue en bande dessinée. (Hélas pour nous, souvent réalisé au feutre, avec une encre qui s’estompe à la lumière ; les noirs deviennent très vite violacés).

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Et il y eut Fellini. Une collaboration artistique qui fut probablement plus délicate.

« De Milo, j’avais lu « Le Singe » et puis naturellement j’aimais ses nymphettes, sa vision joyeuse du sexe, la classe de son dessin ». Sur une proposition du Corriere della Sera, Fellini proposa à Manara d’illustrer, puis de reprendre en BD le scénario abandonné d’un film « Voyage à Tulum ». Une collaboration réitérée pour « Le voyage de G. Mastorna ». Dit par Milo, son apport fut décisif : « Fellini a dû se contenter de ma représentation. Tout comme au cinéma…il est obligé de tenir compte de la personnalité des auteurs, des décorateurs… Mastorna ne peut pas être celui qu’il avait pensé, imaginé, rêvé ».

Il s’établit entre les deux artistes un superbe dialogue sur les mérites comparés du cinéma et de la bande dessinée. Un dialogue qui continue d’obséder les Bilal, Moebius, Loisel, attirés par le 7ème Art. « Un film t’inspire, t’empêche de penser. Une BD, c’est un arrêt dans le temps, avec le côté spectral d’une séance de spiritisme… » (Fellini).

A ce stade, on conviendra qu’on est loin des polémiques sur le caractère exclusivement érotique de l’œuvre de Milo.

A la fin d’un dîner, cet automne, il est sorti sur la place du village pour fumer une cigarette. Les habitants y fêtaient la Saint Michel au rythme d’un orchestre rock. Avec ses cheveux blancs, sa veste de cuir noir, cheap et molle, il passait pratiquement inaperçu. L’esprit ailleurs, mais, heureux, souriant, contemplatif ! Son ami, Liberatore, dessinateur de génie lui aussi, me prit par l’épaule. Et d’un coup d’œil fraternel vers Milo, me glissa : « Tu vois, il a l’air d’un ange, mais en ce moment même, il nous a oubliés, nous et les habitants. Il est en train de dessiner mentalement une « Lucrèce Borgia », faisant périr un de ses amants. Ou « Savonarole » procédant à l’empalement d’une donzelle trop belle pour n’être pas sorcière… ».

Oui, décidément, Milo trompe son monde !

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Michel-Edouard Leclerc