Archive pour le 5 mars 2007

Lundi 5 mars 2007

Présidentielles : l’Europe, enfin !

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© Communauté européenne

Eh bien, il en aura fallu du temps. Depuis bientôt quatre mois que les candidats se sont pleinement lancés dans la course à la présidence, on désespérait de les entendre sur l’Europe : leur vision, leur plan d’action. Comme si, s’agissant des grands domaines qui échoient à la fonction présidentielle (sécurité, politique étrangère, accords internationaux), la nouvelle donne médiatique exigeait qu’on esquive ces sujets !

J’ai aimé la mise au point de Laurent Cohen-Tanugi (Le Monde, 2/03).

Mieux qu’un coup de gueule ou qu’un rappel à l’ordre, il explique la nécessité d’un repositionnement de la campagne sur les obligations constitutionnelles qui incomberont au candidat.

1) « Le Président de la République a-t-il principalement vocation à répondre aux problèmes sociaux et aspirations diverses des Français, ou est-ce là d’abord le rôle du gouvernement et du Parlement ? »

Aux yeux de Laurent Cohen-Tanugi, la bonne réponse est dans le second membre de la phrase. Certes, il fallait bien renouer avec le peuple, se faire entendre, et une fois trouvée la bonne fréquence d’écoute, préparer l’opinion aux réformes et à l’expression des éventuelles ambitions nouvelles. Mais s’il se limite à une démocratie d’opinion, l’exercice de la fonction présidentielle reste « autiste » versus ce qui se passe dans les autres pays du monde, et « anachronique » au regard des chamboulements géopolitiques qui exigent de nos institutions qu’elles fassent preuve d’audace et d’initiatives.

2) LCT met en garde : « La démocratie directe nous a mis en vacance d’Europe… La démocratie participative, tout aussi éloignée de l’intérêt général, n’est pas près de nous y faire rentrer ».

La démocratie ne saurait se réduire à suivre l’opinion, ni à tenter de la séduire.

Pour nous représenter, il est temps que sur des sujets, même aussi peu populaires, les candidats fassent preuve « de compétence, de convictions, de vision et de courage politique ». Ils commencent à aborder le thème de l’Europe et de la défense. Tant mieux…

« A supposer même que les Français ne s’intéressent plus à leur sécurité ou au rayonnement de la France en Europe et dans le monde, celui ou celle qu’ils éliront en mai…devra en faire sa responsabilité première » (LCT).

Michel-Edouard Leclerc