Il a raison, François-Régis. Ras-le-bol des polémiques de ruisseau, des défausses sur l’essentiel ! Et que dire encore de ce troublant pas de deux Bayrou-Royal ? Ségolène s’engage-t-elle par exemple à appliquer le programme économique de François Bayrou, si éloigné de celui qu’elle a « vendu » aux électeurs de gauche ? Non, décidément, trop de questions restent sans réponses. Les citoyens que nous sommes ont le droit d’attendre de ce deuxième tour des engagements plus précis.
Je voudrais relayer ici l’excellent éditorial de F.R. Hutin paru dans Ouest France du 28 avril (l’une des deux bibles, pour tout Breton de Paris, avec Le Télégramme). J’adhère, j’applaudis…
« Ce qui compte, dans la semaine capitale qui s’ouvre, c’est d’analyser la situation du pays et, en regard, de comparer les programmes des deux candidats en lice et d’apprécier leurs propositions.
Il ne s’agit pas de nous laisser infantiliser. Il ne s’agit pas d’accroître nos peurs, de décrire nos malheurs ou nos difficultés par le menu pour mieux faire preuve ensuite de compassion. La question est de regarder les réalités en face et nous tenons à dire notre espoir que les questions de politiques étrangère et économique seront davantage étudiées qu’elles ne l’ont été jusqu’à présent.
[…] L’Europe nous paraît le moyen, le passage obligé pour faire face au mieux. L’Europe devrait venir au centre des réflexions et des déclarations des candidats. Se pose aussi, bien sûr, le problème de notre défense, celle de la France, mais aussi celle de l’Europe. On voit bien l’obligation où nous sommes d’y réfléchir au moment où se précise le projet d’implantation des missiles américains en Pologne qui provoque l’irritation et les menaces de la Russie. Et que dire de la poudrière au Moyen-Orient ?
/…/ C’est aussi la dette faramineuse qui écrase notre pays qu’il faut juguler immédiatement. Les candidats doivent nous dire avec netteté comment ils orienteront l’action de leur gouvernement pour y parvenir. De même, dans les relations sociales, comment restaurer un véritable dialogue où les relents idéologiques dépassés seront remplacés par la volonté commune d’aboutir à de meilleures performances économiques et sociales ?
L’élection en cours est une nouvelle donne qui se propose à nous, un nouveau départ et, souhaitons-le, un renouveau. Tout cela est bien plus important que les petites querelles ou les combines mesquines. »
Voilà, toute notre attente est là. Espérons que le 2 mai au soir (puisque c’est le seul débat qu’on nous promet, dingue, n’est-il pas !!!), nous aurons des réponses. C’est ça la démocratie, Madame Royal, ce n’est pas simplement le dialogue, c’est la qualité du contenu qui compte.





