Cela sent les vacances à plein nez. Chez les politiques et dans les médias. Incroyable comme l’annonce effectuée par Nicolas Sarkozy, proposant des franchises sur certains actes médicaux, n’a suscité aucun prurit d’acné chez ceux qui restent farouchement opposés à la « privatisation rampante de la santé ». Pratiquement pas un mot de l’UFC Que Choisir, ni des syndicats de salariés. Personne n’a moufté. Il faut croire que la com autour de cette affaire a été rondement menée.
Et pourtant ! Il existe déjà depuis 2005 différentes formes de franchises.
C’est le forfait de 1 euro non remboursé sur les consultations médicales.
Il y a aussi le forfait de 18 euros sur les actes supérieurs à 91 euros.
Et le forfait de 17 euros sur les actes en secteur hospitalier.
Tout le monde n’est pas touché par ces déremboursements. Mais si l’on compte l’effet du ticket modérateur (souvent prix en charge par une mutuelle) c’est près de 110 euros en moyenne qui restent à la charge de l’assuré français.
Personnellement, je ne suis pas contre une certaine forme de déremboursement. Il faut responsabiliser ! Les Français consomment beaucoup trop de médicaments. Et la sécu n’a plus les moyens de cette gabegie.
Mais l’histoire de ces franchises médicales, c’est un peu comme le coup des heures supplémentaires versus les 35 heures, ou le vote de la grève au septième jour versus l’obligation de service minimum. On tourne autour du pot, on refuse d’affronter les corporatismes ou le confort des gens concernés. On ne dit pas les choses clairement. On invoque la mobilisation contre alzheimer quand d’autres prétendaient affecter l’argent de la quête à la lutte contre le cancer. Mais comme on sait que tout cela passe le pot commun de la sécu, on finit par susciter de l’incompréhension (face à la complexité du système) et certainement aussi beaucoup de méfiance.
Avec 6 milliards de déficit dans la seule branche maladie de la sécu, les arguments ne manquent pourtant pas pour serrer les vis de la dépense. Tout le monde le sait bien en son for intérieur. Faute d’argent, nos organismes sociaux sont condamnés à rembourser moins, et à renvoyer les accros du médicament vers les assurances privées !
Je ne sais pas s’il est techniquement possible de plafonner les franchises médicales en fonction du revenu des Français. Ce serait certainement une bonne chose. Mais une chose est certaine. Pour la moyenne des Français dont le pouvoir d’achat reste modeste, la question centrale va redevenir celle du prix des médicaments.
Pour les pharmaciens de mon groupement (près de 200 diplômés de pharmacie sont actuellement au commande de nos parapharmacies), la question mérite qu’elle soit posée. Devant les instances ordinales, et devant le législateur. Et pourquoi ne pas l’annoncer dès maintenant. Nous avons aussi quelques réponses et propositions à faire. A bientôt donc sur ce sujet.





