Archive pour septembre 2007

Vendredi 28 septembre 2007

Foires aux Vins, c’est parti !

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Pour le moment, la fréquentation reste poussive. Mais toutes les enseignes ont sorti de leur chai de superbes flacons. Nous allons en reparler ici, dès la semaine prochaine.

Je commence à répondre, dans cette note, aux étudiants d’une demi-douzaine d’ESC et d’IUT qui m’ont envoyé toute une série de questionnaires, histoire sans doute que je participe à la rédaction de leur mémoire de fin d’année. Eh, eh, pourquoi se gêner, quand l’info est gratuite.

Part de marché ?

E. Leclerc est toujours le numéro 1 de la vente de vins en France, aussi bien sur les vins rouges, vins blancs, rosés et les AOC, Vins de Table et Vins de Pays. Leader en volume (17,7 % de part de marché) et en valeur (16,7 % de part de marché), l’enseigne a vendu, en 2006, plus de 168 millions de litres de vin, soit 224 millions de bouteilles.

Que représentent les foires aux vins dans le CA ?

Les foires aux vins représentent 25 % du chiffre d’affaires annuel vins de l’enseigne. Des résultats commerciaux qui enregistrent une progression (+1,8 % en 2006), contrairement au marché qui reste frileux.

Innovation ou régression : les « Bag in Box » ?

La première fois qu’on m’en a parlé, je n’imaginais pas miser un picaillon dessus. J’ai perdu. Ce nouveau conditionnement rencontre un vif succès auprès des consommateurs qui le trouvent pratique et fiable. Il permet de conserver le vin au moins 3 semaines après ouverture. Le BIB représente déjà 11,2 % du chiffre d’affaires en valeur et 18 % en volume. Notre enseigne détient une part de marché de 20 % en valeur sur les ventes des Bag in Box.

La percée des vins rosés ?

Pour la première fois en France, il se vend plus de vin rosé que de vin blanc. Le marché des rosés dans notre enseigne a connu une croissance, en 2006, de + 8,2 % en volume et 8,3 % en valeur. A l’origine de cette tendance de fond, le souhait des consommateurs de privilégier des moments de dégustation déconnectés des repas. Mais surtout, la production s’est nettement améliorée : bravo les viticulteurs du Midi !

A suivre…

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 25 septembre 2007

Hausse des tarifs : la suppression des marges arrière n’y suffira pas !

Des hausses de 4 à 12 %. Certaines atteignant même 20 %. Telles sont les demandes d’augmentations tarifaires qui parviennent à notre Groupement d’Achat. Ce sont des moyennes, avant négociations, avec possibilité d’étalement. Mais tout de même, c’est beaucoup. C’est trop.

J’affirme ceci :

1) La libre répercussion des marges arrière, telle qu’annoncée par le gouvernement, va permettre de temporiser. Les distributeurs « prendront sur leurs marges », volontairement dans certains cas, mais surtout contraints et forcés par le jeu de la concurrence. C’est là-dessus que compte le gouvernement.

2) Mais ça ne suffira pas pour contrer l’ampleur des hausses.

a) D’abord parce que les distributeurs les plus agressifs ont déjà baissé leurs marges (désormais à la limite du seuil de rentabilité). La baisse des prix en GMS dépasse 3 % depuis le 1er janvier 2005 (et 5,3 % chez EL). Rien que dans mon enseigne, les premières analyses de bilan font état d’une baisse de résultat avant impôt de 2,8 % à 2,2 %. Les comptes d’exploitation de nos concurrents les plus immédiats subissent une même évolution. C’est ce qui explique la légère remontée du prix des grandes marques, et même des MDD, au détriment desquelles s’effectue désormais la péréquation financière.

b) Les tarifs des fournisseurs ne sont toujours pas directement négociables. Pour compenser des hausses aussi importantes, la loi Dutreil continue d’obliger les distributeurs à négocier la rémunération de prestations de services (tête de gondole, présence dans catalogues, etc.) dont le montant pourra être répercuté en baisse de prix. Encore faut-il pouvoir justifier ces demandes. Quand les marges arrière atteignent déjà 35 et 40 %, comment expliquer qu’on demande 8 à 10 points supplémentaires aux fournisseurs. Ca n’a plus de sens et ça devient même légalement condamnable.

c) De toute façon, quel que soit le résultat des négociations, c’est le tarif du fournisseur qui fixe la limite du prix de vente (SRP). Si l’on veut que les prix n’augmentent pas trop (pas plus que les matières premières), il faut que le législateur autorise les distributeurs à négocier les tarifs, soit par des baisses directes de prix, soit par des remises ou des ristournes (liées à des objectifs commerciaux par exemple).

Cette demande n’a rien d’exorbitant. Partout en Europe et dans le monde, elle est une pratique courante. Les industriels eux-mêmes l’exigent de leurs propres fournisseurs de matières premières.

Il reste 2 semaines environ avant que Luc Chatel, Secrétaire d’Etat à la Consommation, ne rende sa copie et que le gouvernement puisse présenter au parlement un projet de réforme de la loi Galland.

Hier, dans Les Echos, Luc Chatel admettait la possibilité de revenir sur la sacro-sainte intangibilité des tarifs (CGV). C’est une ouverture très positive.

On arrive à l’heure de vérité. Il faut sortir des rivalités corporatistes. Soit on ménage la chèvre et le chou, on ripoline, et l’architecture du système ne permettra pas de faire obstacle aux hausses tarifaires. Soit on réforme complètement, pour que le consommateur en profite durablement.

C’est mon choix, c’est mon combat.

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 24 septembre 2007

Tests ADN : pouah ! Ca sent pas bon…

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Foule – 1986 (acrylique sur toile) – © Jacques Muller

J’hésitais à monter au créneau, je soutenais dans ma tête l’initiative du courageux maire de Versailles, Etienne Pinte. Je me disais : je parle déjà sur plein de sujets, quelle légitimité ai-je à intervenir sur ce dossier.

Et puis, basta, on a beau être chef d’entreprise, on n’en est pas moins citoyen.

Et pour le coup, j’ai envie de dire ma colère, d’associer mon opprobre à tous ceux qui n’aimeraient pas, à leur tour, faire l’objet d’une telle mesure.

Quoi ? Vous imaginez la réaction des Français, Français de sang, de terre et d’histoire, si les Américains avaient annoncé, avec l’aplomb et le cynisme qui les caractérisent, que pour vivre là-bas avec un conjoint expat, il faudrait se soumettre à de tels tests ? Mais ce serait la bronca à droite et à gauche. Nos ego seraient blessés. On accuserait Bush-le Yankee de viser fasciste. (Je rappelle que tous les professionnels français ont manifesté debout comme un seul homme quand il s’est agi, pour obtenir les visas américains, d’avoir accès à leurs numéros de carte de crédit.) Ah ça, oui, on aurait tous gueulé à l’imposture.

Eh bien, mes amis, imaginez la tête de nos amis africains, maghrébins, et jusque dans les territoires que nous appelions autrefois « colonies ».

Imaginez l’impact de ce mauvais coup porté au rayonnement culturel de la France, à cet humanisme de portée universelle dont nous nous prévalons…

Dans les pays d’émigration, le discours de la rigueur, même s’il donne des boutons, est tout à fait compréhensible.

- Mettre un terme à l’émigration clandestine,

- Exiger des autorités nationales qu’elles tiennent leur état civil,

- Filtrer l’accès en émettant des visas,

- Lutter contre les fraudes,

- et tous ceux qui veulent venir en France se faire soigner à l’œil et aux frais du Gaulois…

…Oui, même si elle est dérangeante, cette politique n’est plus contestable. D’autres pays, de l’Europe du Nord ou d’Amérique (le Canada) ont su mettre en place des dispositifs sélectifs (n’ayons pas peur des mots) sans que ne soit altéré le caractère démocratique et non ségrégationniste de leurs pratiques administratives.

Mais fallait-il, pour marquer la rupture avec le laxisme précédent, agiter le chiffon rouge avec l’emblème du test ADN.

Non. C’est de la pure provoc.

Depuis quand d’ailleurs le législateur se sent-il obligé d’enfermer l’administration dans des dispositifs opérationnels particuliers ? Il suffisait de faire voter l’obligation de parenté, y compris par tout moyen de droit. Voilà qui aurait pu être suffisant, quitte à ce que, par impossible, le recours au test ADN puisse être requis, mais en utilisation marginale et sous contrôle de justice.

Nos juges et nos policiers ont tellement insisté sur l’intérêt de ces tests dans le cas de recherches criminelles que leur image en est désormais et pour longtemps connotée. Et c’est de cette image-là que, volontairement ou non, on est en train de qualifier l’immigrant !!!

J’invite les lecteurs de ce blog à lire cette semaine le cri du cœur de Philippe Val, dans Charlie Hebdo (19/09/07). L’éditorialiste dit son dégoût et renvoie dos à dos une droite cynique et une gauche molle : « se contentant de se frotter les mains en voyant la droite faire le boulot… »

« Cette pratique du test ADN fait revenir par la fenêtre toute la barbarie ethnique que l’universalisme des lumières a voulu foutre à la porte de l’humanité. Depuis quand la constitution génétique d’un individu décide s’il est apte ou non à devenir le citoyen d’une démocratie ? »

«…Dans notre période obscure où la menace la plus immédiate est l’indifférence, l’égale valeur de toute chose est la monégasquisation de la politique, …j’enrage de vivre dans un pays privé de sens au point de manger ainsi sa merde sans protester. »

Philippe Val parle crûment. Il s’adresse évidemment en priorité à cette gauche qui le déçoit. Mais son cri est juste, j’en fais le mien.

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 21 septembre 2007

La diaspora bretonne s’éclate joyeusement à Paris. C’est la Breizh Touch !

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© Delfikprod-ALDAG/GRESLE

De gauche à droite : Yann Queffélec, Alan Stivell, Jean Yves Le Drian, Jean Pierre Pichard, Irène Frain, Jean Louis Jossic, Michel Edouard Leclerc

L’Elysée a démenti. Même si Yasmina Reza en a rapporté le propos, Nicolas Sarkozy n’aurait jamais dit « Je me fous des Bretons », dans un accès d’irritation.

Toujours est-il que les Bretons, eux, ont décidé de faire campagne. Pas pour les municipales, même pas pour les présidentielles ! Jean-Yves Le Drian, président socialiste de la région Bretagne, voit plus loin. C’est toute la Celtie qu’il entend rameuter, de gauche et de droite, de terre et de mer, pour rappeler que dans nos globules, il n’y a pas que du rouge, mais aussi une bonne matière dont on a su faire de grands chefs d’entreprise, des écrivains exceptionnels et des bardes que s’arrachent les majors.

Avec humour et non sans panache, les organisateurs de la Breizh Touch offriront aux Parisiens une Breizh Parade tout en couleurs, avec plus de 3 000 sonneurs, souffleurs de binious et bombardes, chapeaux ronds et coiffes au vent, pour le plaisir, pour la fierté.

Mercredi soir, tous ceux qui comptent dans le Landerneau politique et culturel ouvraient le bal sur la terrasse de Publicis. Mais je voudrais juste ici, sur ce blog, vous narrer un temps fort de cette joyeuse manifestation, très émouvant.

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M. Levy et M. Yannick Le Bourdonnec, nos hôtes chez Publicis

Ce fut d’abord Maurice Lévy qui, impressionné par le côté jubilatoire et indiscipliné des représentants du Breizh Power, a fini par se demander si cette diaspora des prés salés n’était pas l’héritière d’une de ces tribus perdues d’Israël, au même titre que les Cosaques ou les Kashars qui le revendiquent déjà.

Malicieusement, je lui ai fait remarquer que « Lévy », ça ne sonnait tout de même pas comme « Divellec », « Queffélec » ou « Stivell », et donc que quelqu’un avait dû fauter en d’autres temps historiques. Pas déstabilisé pour un sou, il a rétorqué que Leclerc n’était certainement pas non plus un nom breton. Touché, coulé !

Pendant le discours d’accueil de Maurice Lévy, Irène Frain, très dissipée, m’apprenait que dans l’entre-deux-guerres, et surtout après la montée des Ligues, les Juifs parisiens originaires d’Europe Centrale s’appelaient entre eux « les Bretons », pour évoquer leur statut d’expat.

Yann Queffélec, nous rejoignant, rappelait qu’en Bretagne, il n’y eut jamais de pogroms (je ne suis pas sûr que ce soit vrai, et que notamment il n’y ait pas eu d’exactions au XVIIIème siècle contre la communauté juive en Bretagne Sud. A vérifier.).

Mais c’est Michel Drucker qui a suscité le plus d’émotion en rappelant qu’il doit la vie à des Bretons.

« En 1942, mon père étant parti là où vous savez, ma mère s’est retrouvée en Bretagne avec mon frère Jean. Moi, j’étais encore dans son ventre.

Elle habitait dans un village des Côtes du Nord (ancienne appellation des Côtes d’Armor). Un jour qu’elle se trouvait à la gare de Rennes, un officier de la gestapo l’a interpellée. Par chance, un homme s’est interposé et a su passionner l’officier en l’entraînant dans une discussion sur la culture germanique (les deux hommes étaient manifestement lettrés). Au point que le soldat en oubliât un instant l’objet de son intervention. Et quand, reprenant son rôle, il interrogea ma mère, le Breton l’a prise sous sa coupe en disant tout simplement « c’est ma femme ». L’affaire en resta là.

L’homme en question s’appelait Pierre Le Lay. Prémonition, manifestation du surréel, tout ce que vous voulez, c’est la famille Le Lay qui protégea notre famille. C’est dans ce même village où je suis né que, jusqu’en 1946, j’ai joué dans les copeaux de la scierie de François Pinault. Et si je suis amoureux de la petite reine, c’est sans doute parce qu’on allait chercher le pain chez les parents de Louison Bobet. Vous comprenez ainsi les liens qui m’unissent à la Bretagne.»

Emouvantes, improbables…ces anecdotes ont, mercredi, coloré cette soirée inaugurale d’une charge affective très forte entre les deux diasporas, la juive et la bretonne.

Toujours est-il que cette semaine parisienne s’annonce prometteuse : hommes et femmes de Bretagne animeront des stands, des expositions dans divers endroits de la capitale.

- Sur le quai Saint-Bernard (5ème arrondissement), 3 chalutiers ont jeté l’ancre et ont pris pied dans Breizh sur Seine.

- Le 21, au Zénith, à partir de 16h00 et jusque tard dans la nuit, un Cyber Fest-Noz fera péter les décibels.

- Du 20 au 22 septembre, Harvest Festival et toute la bande de Jean-Pierre Pichard, ancien directeur du Festival interceltique de Lorient, organisent des concerts dans plusieurs salles parisiennes.

La Breizh Attitude, c’est vraiment cool !

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Michel Drucker remet le DVD d’Or à Alan Stivell

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 20 septembre 2007

Comparateur de prix : nouveaux relevés, même classement, mêmes écarts

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Tant pis pour les mauvais joueurs et les grincheux, je remets le couvert !

Eh oui, malgré la pression des enseignes concurrentes pour faire échec à notre comparateur, mon groupe met en ligne la quatrième édition des résultats de son site « quiestlemoinscher.com ».

Plus de 500 000 prix relevés et comparés.

Voilà qui devrait clarifier les choses dans ce contexte cacophonique de surenchère publicitaire. A les en croire et sans qu’elles aient à le prouver, chaque enseigne prétend être la moins chère. Nous au moins, nous mettons les cartes sur la table. Et personne ne pourra plus prétendre que E. Leclerc joue petit bras, vu désormais le nombre et la périodicité des prix relevés.

1) Le contexte juridique

A plusieurs reprises, des enseignes concurrentes ont cherché à dénigrer cet outil y compris devant les tribunaux.

Le 29 mars 2007, le Tribunal de commerce de Paris a débouté Carrefour de toutes ses demandes. Cette enseigne a, dans un premier temps, fait appel en réclamant une procédure d’urgence. Devant l’impossibilité de Carrefour de conclure ses plaidoiries dans les délais, la Cour d’appel de Paris a fixé l’audience au 16 avril 2008.

En attendant les résultats de cette nouvelle procédure, mon groupe, se fondant sur la jurisprudence de la Cour européenne de justice (arrêt Lidl/ Colruyt du 19septembre 2006), continue la mise à jour régulière de son site et vient de faire procéder à de nouveaux relevés, selon une méthodologie garantie par le BIPE.

2) Les nouveaux résultats

Du 10 au 31 août 2007, 570 193 prix ont été relevés dans 339 magasins des 8 plus grandes enseignes de la grande distribution. Les comparaisons de prix entre enseignes ont porté sur les 2 389 produits de grande consommation les plus bataillés en terme de prix. En moyenne, E.Leclerc est moins chère de 2,8 % à 7,9 % par rapport aux enseignes concurrentes. Cet écart de prix représente l’équivalent de 18 mois à 4 années d’inflation.

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L’analyse des prix relevés par catégorie renforce cette performance :

• E. Leclerc est l’enseigne la moins chère sur chacun des 7 rayons observés

• E.Leclerc est l’enseigne la moins chère pour 35 des 37 familles de produits analysés.

Ces résultats confirment la tendance observée par les panélistes professionnels. Dans sa dernière publication, le magazine Linéaires (Cf. ma note du11/09/07) confirme lui aussi la première place de E. Leclerc avec des écarts allant jusqu’à 15% avec l’enseigne Monoprix.

3) Amélioration du dispositif

A partir d’aujourd’hui, « quiestlemoinscher.com » propose une nouvelle fonctionnalité : l’historique des écarts de prix sur les 3 dernières périodes de relevés de prix. Ainsi, le consommateur se rend compte de l’évolution des écarts de prix entre les enseignes.

4) Communiquer et convaincre

A la veille de la réforme de la loi Galland annoncée par Nicolas Sarkozy et des perspectives de concurrence accrue, nos adhérents veulent réaffirmer l’importance d’un outil de comparaison des prix pour permettre durablement aux consommateurs de savoir vraiment quelle est l’enseigne la moins chère.

J’ai confié aux créatifs de Vincent Leclabart (agence Australie) la création d’un film TV qui sera diffusé, dès demain 21 septembre, sur les grandes chaînes. C’est un jeune réalisateur, Arno Salters (on continue de soutenir la culture), qui en est l’auteur.

Avec cette obstination et de tels investissements, j’espère que nos détracteurs commencent à comprendre qu’on ne va pas s’arrêter à un « one shot » et que nous allons faire de ce comparateur une vraie référence européenne en lui apportant toutes les améliorations et le rayonnement nécessaire.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 19 septembre 2007

Bernard Accoyer : un siphonneur de caddies ?

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© Photo AFP

C’est passé inaperçu, et ça lui aura évité bien des diatribes ! C’était hier, dans Les Echos. Bernard Accoyer, président UMP de l’Assemblée, répondait aux questions de la rédaction.

On sait l’offensive que plusieurs de ses collègues (Jean-Pierre Raffarin, Pierre Méhaignerie) ont menée contre l’idée de TVA sociale du gouvernement. Il était donc intéressant de l’entendre (de le lire). Je n’ai pas été déçu !

Que dit-il ?

Il dit :

« Il n’est plus possible que le financement de la protection sociale pèse quasi exclusivement sur le travail et la production ». Bien, très bien, nous ne disons pas autre chose.

« A titre personnel, je suis favorable à d’autres sources de financement ». Ah, ah, ça peut être intéressant.

« Nous devrions parler de contribution sociale sur la distribution ». Aie, aie, aie, qu’est-ce encore qui va nous arriver à nous, pauvres épiciers de France ! « Le réseau d’approvisionnement planétaire des grandes enseignes de distribution, qui se fournissent notamment au Bangladesh ou en Chine, leur donne suffisamment de marges pour absorber cette contribution sans augmenter leurs prix ».

Oui, vous avez bien lu. Il ne parle plus de TVA remboursable, il parle tout simplement d’un nouvel impôt qui serait prélevé sur les marges du commerce.

Bon, réfléchissons. Ne nous laissons pas emporter par une réaction purement corporatiste et étudions la chose dans l’intérêt général. Après tout, si tout le monde est logé « à la même enseigne » (joke de mots), la position relative de chaque groupe restera inchangée ! Donc, là n’est pas le problème. Ce qui me gêne, c’est le principe. Notre secteur est encore considéré comme une vache à lait.

Et ce qui me gêne encore plus, c’est que l’auteur de cette proposition farfelue n’en imagine pas l’impact sur les prix. Bernard Accoyer prétend s’opposer à la TVA sociale au motif qu’elle serait inflationniste. Mais comment peut-il penser que son nouvel impôt serait neutre sur les prix ?

Incompétence ? Simple coup de griffe revanchard à l’égard des distributeurs qui se sont battus contre la loi Galland votée sous son égide ? Ou parce qu’avec Nicolas Sarkozy, JP Raffarin et lui ont dû avaler les couleuvres de la réforme Dutreil ?

Toujours est-il qu’une telle proposition ne fera pas de Bernard Accoyer le premier économiste de France !

1) Appliqué au stade de la production ou de la distribution, un prélèvement fiscal sera forcément intégré dans les coûts de l’entreprise et répercuté dans les prix au consommateur !

2) L’idée que les distributeurs (H&M, Habitat, Fnac, ou autre Auchan) prennent cette ponction sur leurs marges participe soit d’une totale naïveté, soit d’un altruisme par procuration qu’on ne connaît pas dans la profession, ça je vous le dis !

3) 3) Plus sérieusement encore : un point de TVA représentant 6 milliards de ponction fiscale, pour augmenter la TVA de 5 points (chiffre cité par François Fillon), ce ne sont pas les marges des hypermarchés qu’il faudrait ponctionner, mais c’est carrément un pourcentage de leur chiffre d’affaires qu’il faudrait siphonner.

Siphonner? Oups, j’allais me laisser aller et ainsi qualifier une intervention qui aura au moins un mérite : nous empêcher de baisser la garde dans le futur débat parlementaire !

Sans rancune, M’sieur Accoyer !

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 17 septembre 2007

Biocarburants : stop ou encore ?

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Qui dit vrai sur l’intérêt écologique des biocarburants ? Comment expliquer un tel revirement : hier, tout le monde était pour, maintenant tout le monde « il est sceptique ». Que disent vraiment les experts et quel crédit accorder à telles ou telles études ?

J’ai engagé massivement mon groupe dans la distribution des biocarburants :

- En réponse à la pression des écologistes qui, depuis 10 ans, ont préconisé leur développement.

- A la demande des constructeurs qui souhaitaient pouvoir disposer d’un réseau suffisant pour approvisionner les nouveaux moteurs flex fuel progressivement mis sur le marché.

- Enfin, pour offrir un débouché aux coopératives agricoles (betteraviers, céréaliers) qui avaient investi sur le développement de ce futur « pétrole vert ».

Tout cela avec l’aval du parlement qui a, l’année dernière, voté une fiscalité incitative, pour booster le plan bioéthanol. Et sous le regard approbateur de la Commission Européenne soucieuse que la France atteigne, dans le cadre de ses engagements anti-CO², un pourcentage d’incorporation de biocarburants bien supérieur aux 5 % actuels.

Concrètement, ça donne :

- Super éthanol : sur 137 pompes ouvertes en France, E. Leclerc en a ouvert le plus (34) suivie de Carrefour, toutes deux devant Total (31 !). D’ici fin 2007, il y en aura 49 à notre enseigne, et 32 autres sont programmées sur 2008. Le gouvernement (Villepin) avait obtenu un engagement des distributeurs (charte de Matignon), nous tenons notre parole.

- Ethanol : E. Leclerc prévoit d’en incorporer en 2008 plus de 45 000 m3 dans 940 000 m3 de sans plomb 95. (Doublement versus 2007).

- E.M.H.V. : Siplec, notre société pétrolière, prévoit d’augmenter de 60 % les additivations d’esther commercialisé dans 3 400 000 m3 de gasoil. (La réglementation incite à passer d’une additivation maxi de 5 % à une additivation de 7 %.)

Nous étions donc sur une bonne pente, et certainement pas le plus mauvais élève de la classe.

Mais voilà ! Sur la foi de quelques études partielles publiées aux Etats-Unis, le balancier semble repartir dans l’autre sens. On nous dit désormais que le bilan écologique de cette nouvelle filière énergétique est catastrophique. On accuse les tenants de cette politique d’accélérer finalement les pénuries alimentaires, et à tout le moins, de participer au renchérissement des céréales destinées au Tiers-monde !

(Cette parenthèse un peu ironique : hier, les écologistes altermondialistes dénonçaient (à juste titre) les subventions européennes parce qu’elles tiraient le prix des exportations céréalières à la baisse et empêchaient l’émergence de marchés rémunérateurs dans les pays du Sud. Les mêmes nous disent aujourd’hui que les biocarburants font monter le prix des céréales qui deviennent trop chères pour les populations des mêmes pays : cherchez donc à comprendre cette contradiction !!!)

Bref, tout en admettant qu’il puisse y avoir débat sur l’ampleur des investissements à réaliser dans les biocarburants, toutes ces affirmations paraissent si excessives, si peu rationnelles et tellement peu étayées qu’on ne sait plus si les experts parlent au nom de la science ou de lobbyings particulièrement actifs.

En réponse à une étude récente de l’OCDE, « Biocarburants : les remèdes sont-ils pires que la maladie ? », le Ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, a confirmé, la semaine dernière, l’intérêt de la « chimie verte » en parlant de focaliser l’investissement sur « les carburants bio de deuxième génération ». Et lors d’un dîner organisé au ministère avec les distributeurs, il temporisait en disant qu’au fond, tout ça est une question de proportion.

Peut-être…

Toujours est-il qu’en tant qu’investisseur-clé dans la distribution des carburants, il me semble normal et urgent que les pouvoirs publics et les organismes experts nous aident à clarifier ce débat : on continue ou on arrête ?

En France, personne ne conteste la qualité des recherches pilotées par l’ADEME. A quand une prise de position sur cet épineux dossier ?

Et toi, camarade Jean-Louis, que disent tes services ? Qu’en penses-tu ?

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 14 septembre 2007

FNSEA / Distribution : Henri Loizeau invite au cessez-le-feu !

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Je voudrais dire, sur ce blog, un grand merci à Henri Loizeau, directeur de la rédaction de LSA. Merci pour son appel à la raison (son édito du 13/09/07).

La polémique, je sais faire avec ! Certains diront que j’aime ça. Ce n’est pas vrai. Je n’aime pas ces rapports de force souvent artificiellement mis en scène dans le débat télévisé, pas plus que dans la vie. Le débat d’idées, oui. Les anathèmes, les tirs sous la ceinture, non !

Ras le bol donc des opérations « commandos » lancées du siège de la FNSEA contre les magasins de notre enseigne et ceux de nos concurrents. Certes, les éleveurs, la semaine dernière, n’étaient pas très nombreux (une quarantaine) et leur comportement ne fut pas, cette fois-ci, exagérément agressif. Mais pourquoi devrais-je tolérer, sans broncher, qu’on me désigne personnellement à la vindicte d’une population agricole désemparée par la réforme de la PAC.

C’est sur l’instigation d’agriculteurs du Finistère (fournisseurs et amis, mais oui !) que j’ai réagi aux propos délirants de Jean-Michel Lemétayer sur Europe 1 : «La France a plus besoin de son agriculture et de ses produits que de Michel-Edouard Leclerc et de ses magasins.» A Saint-Brieuc et à Rennes, j’étais montré du doigt, comme un ennemi public. Dans des tracts, dans les médias locaux et dans les magasins, on ne s’est pas privé de vouloir faire pression sur ma personne, officiellement « pour que MEL diminue ses marges », mais, dans les faits, pour que mes adhérents augmentent leurs prix.

C’est minable et contre-productif. Ce genre d’attitude ne peut qu’accroître ma détermination (je ne suis pas Breton pour rien !).

Bruyamment interpellé à Rennes à propos des hypermarchés, le Président de la République a montré son irritation d’être ainsi pris à partie. Il a refusé de rentrer dans cette opposition « industrie-commerce » : « Arrêtez de crier. Il y a trop de pagaille dans l’offre agricole, et la distribution est bien organisée… ». Et faisant allusion au projet de réforme de la loi Galland, il a confirmé sa volonté de traiter les produits agricoles de manière spécifique. Il a plaidé l’équilibre et non l’affrontement : « Face à la distribution, je ne vous laisserai pas seuls, mais je n’oublie pas que les Français ont aussi un problème de pouvoir d’achat ». (Le Figaro et Ouest France du 12/09/07).

Dans son éditorial, Henri Loizeau appelle la FNSEA à cesser la polémique : « Les rapports délicats du monde agricole et de la distribution méritent assurément mieux que l’anathème médiatique permanent qui semble tenir lieu de politique à la FNSEA. »

Un leader syndical peut avoir besoin de « chauffer ses troupes » à la veille de la visite d’un Président. Mais Jean-Michel Lemétayer ne doit pas oublier que les distributeurs sont d’abord des clients avant que d’être une source éventuelle de problèmes. Nous n’avons pas de conflit majeur à ce jour avec nos propres fournisseurs. Nous entrons dans une période de négociations. Nous avons besoin de sérénité et de respect réciproque pour trouver les bons compromis.

Et quel que soit le montant des hausses qui seront négociées, il s’agira pour nous, de toute façon, de les minimiser.

Qu’on nous laisse donc faire notre métier. Il faut que l’on comprenne, rue de la Baume, qu’il est de l’intérêt des agriculteurs de rassurer les consommateurs sur la justification de nos prix, de garder leur confiance.

Toute la cacophonie générée par les appels à la hausse produit les effets inverses.

Je propose donc qu’agriculteurs et distributeurs tiennent un discours commun pour rassurer les clients et leur dire qu’ensemble on fera tout pour que la revalorisation des produits agricoles ne lèse pas le « panier de la ménagère ». Voilà un discours qui serait socialement efficace.

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 11 septembre 2007

Linéaires publie son comparateur et confirme les écarts entre enseignes

Cette note est particulièrement destinée aux étudiants, aux chefs d’entreprise et aux consommateurs qui n’ont pas forcément accès à l’une des trois grandes revues professionnelles de la distribution (Linéaires, LSA, Points de Vente), ainsi qu’aux différentes « lettres » qui fourmillent d’informations sur notre secteur.

La revue Linéaires suit, depuis 1999, le prix d’une centaine de références incontournables dans les rayons des hyper et supermarchés français. Comme ces relevés émanent d’une revue indépendante, personne n’en conteste la probité ni l’objectivité.

1) Le tableau ci-dessous corrobore les grandes tendances observées dans l’indice Opus (Nielsen/Panel de Gestion). Il donne du crédit au discours des distributeurs qui ne cessent d’affirmer que les prix ont baissé en hyper… Quelles observations ?

a) E. Leclerc reste l’enseigne la moins chère : « Le groupement d’indépendants a atteint l’indice 95,6…C’est le meilleur score jamais obtenu par une enseigne depuis la création de l’enquête Linéaires en 1999. »

b) Le peloton, mené par Auchan (avec Intermarché, Carrefour et Système U), est bien sur une tendance baissière depuis la fin 2005.

c) L’écart se creuse entre E. Leclerc et des enseignes comme Atac, Géant, Casino, et bien sûr Monoprix (près de 15 % d’écart).

2) Florent Vacheret, rédacteur en chef, insiste pour dire que, sans remettre en cause la performance de E. Leclerc, l’écart avec ses concurrents est moindre que celui affiché sur le site « quiestlemoinscher.com ».

C’est exact. Mais l’explication est simple. Linéaires visite 164 magasins (pour 12 enseignes) et relève les prix de 102 références alimentaires (dont 7 Premiers Prix). Mais ses relevés s’effectuent sur 6 mois !!!

Dans sa version actuelle, le comparateur E. Leclerc compare 2 327 articles de marques nationales exclusivement, dans 345 magasins de 8 grandes enseignes. Avec des prix relevés sur une dizaine de jours ouvrables.

Il est facile pour toutes les enseignes (même les plus chères) de bagarrer les prix de quelques dizaines d’articles (prix d’appel ou pas). Mais dès qu’on élargit l’observation à un panier plus large représentant 20 à 30 % de l’assortiment…les écarts se creusent.

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Michel-Edouard Leclerc

Lundi 10 septembre 2007

La FNSEA et les prix : J.M. Lemétayer se trompe de cible

C’est demain à Rennes que Nicolas Sarkozy viendra expliquer sa politique devant les agriculteurs. Il confirmera sans aucun doute sa volonté de réformer la loi Galland et la suppression des marges arrière. Mais pour autant qu’il en recherche un effet bénéfique pour le consommateur, le Président a toujours dit qu’il fallait accompagner cette réforme d’une « réflexion spécifique sur l’agriculture ».

Les choses étant ainsi cadrées, comment interpréter le coup de gueule de Jean-Michel Lemétayer, patron de la FNSEA, sur Europe 1 ce matin.

Certes, il lui faut faire diversion. Si la loi Galland existe (et donc les marges arrière), c’est bien parce que la FNSEA l’a défendue. Comme les grands industriels et certains distributeurs, la FNSEA, depuis dix ans, fait pression sur le gouvernement pour limiter la concurrence par les prix.

J’ai participé à toutes les discussions de travail organisées au Parlement comme dans les ministères depuis 1996. Je peux témoigner que la FNSEA, jusqu’aux accords Sarkozy, plaidait pour que les discounters arrêtent de brader. Christian Jacob, ancien FNSEA, a été un ministre-clé du dispositif. On se rappellera son slogan : « Les prix bas tuent l’emploi ». Tout ce petit monde accusait la distribution de se « goinfrer de marges arrière », mais n’a jamais voulu remettre en cause le dispositif législatif.

Alors, puisque le Président a décidé de s’y attaquer, il faut bien quelques contorsions de langage et un bouc émissaire pour justifier le revirement du syndicat devant ses troupes.

A y regarder de près cependant, les propos de J.M. Lemétayer ont quelque chose de contradictoire. Puisqu’il dénonce les superprofits de la distribution, on aurait imaginé qu’il applaudisse des deux mains la suppression des marges arrière. Et puisqu’il s’agit de faire profiter les agriculteurs de la revalorisation des produits agricoles, on aurait pu imaginer qu’il s’en prenne principalement aux distributeurs les plus chers.

C’est tout le contraire qui se passe. Il a décidé de s’en prendre à ceux qui vendent moins cher (preuve si c’était nécessaire d’un double langage !).

Dans les Côtes d’Armor, les militants sont allés demander à un patron d’Intermarché d’arrêter ses promotions (opération « 2 000 prix moins chers chez ITM dans toute la France »). Et dans des tracts distribués par la FNSEA, mon groupe devient la bête noire.

Je n’irai pas plus loin dans cette polémique inutile. J’invite Jean-Michel Lemétayer à parcourir la dernière livraison du mensuel « Linéaires », journal reconnu pour son expertise dans le domaine alimentaire. Il y lira en pages 20 et 21 que sept années d’inflation séparent E. Leclerc de Monoprix, et qu’il y a, entre E. Leclerc, Intermarché, Auchan, et la queue de peloton, de 5 et 10 % d’écart en moyenne.

Je cite encore : « E. Leclerc reste intouchable au classement des discounters. Il décroche désormais de 15 % le dernier de la classe, Monoprix, dans un contexte clairement déflationniste pour les produits leaders de l’alimentaire ».

Si la FNSEA veut s’en prendre aux marges, qu’elle change de cible. Mais si elle veut que la revalorisation des produits agricoles n’effraie pas les consommateurs, qu’elle laisse faire leur métier aux distributeurs qui ont leur confiance.

Michel-Edouard Leclerc