Archive pour janvier 2008

Vendredi 25 janvier 2008

Société Générale : arnaque ou manip ? Où est le loup ?

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Ce n’est pas possible, ce n’est pas crédible ! Ou alors, c’est pire que grave.

N’en déplaise à Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France, qui, sur RTL ce matin, assurait que la Société Générale était plus saine aujourd’hui qu’hier ; n’en déplaise à Daniel Bouton, PDG de la Société Générale qui, dans sa conférence de presse, lundi, rejetait toute la responsabilité sur son trader.

Les 5 milliards d’euros perdus de la Société Générale remettent en cause tous les discours sécurisants que, de la Commission Bancaire aux guichets de quartier, l’on rabâche aux clients !

Tous ces ménages surendettés auxquels on oppose des règles de saine gestion. Toutes ces PME auxquelles on refuse des crédits pour ne pas avoir su mobiliser l’hypothèque des grands-mères, tout ce baratin sur les ratios Cooke, la sécurité des engagements, les comités de contrôle, les audits et les injonctions de la Commission Bancaire…tous ces argumentaires sont relégués au rang de mascarades, si l’on s’obstine, à la direction de la Société Générale, à faire passer des vessies pour des lanternes.

Moi, je n’ai rien contre cette banque. Les Centres E. Leclerc en sont clients. La Société Générale nous a souvent accompagnés sur des dossiers d’investissements lourds (mais jamais à risques). Donc je ne règle pas mes comptes (sans jeu de mots).

Mais tout de même ! Qu’on arrête de nous faire croire qu’un homme seul ait pu gérer des positions de 40 à 50 milliards, en solitude complète, sans rendre des comptes, sans limitation d’enveloppe. Et faire perdre à la Société Générale 5 milliards d’euros sans que, sur une année, personne n’ait été au courant ! Pas de comité de suivi, pas de contrôle d’opérations journalier, pas d’évaluation des positions ? Allons donc ! Foutaises !

Ou alors, c’est encore plus grave. C’est la révélation, sur la place publique, qu’une de nos plus vénérables institutions ne dispose d’aucune cellule de contrôle efficace de ses traders (on parle tout de même de plusieurs centaines de contrôleurs administratifs), qu’elle est incapable de suivre des opérations d’une telle importance, qu’elle est un danger public pour ses actionnaires, petits ou grands !

Pour l’explication donc, il faudra choisir : le bouc émissaire, ou la remise en cause générale du système !

A moins que…

A moins que ce ne soit l’un des représentants des actionnaires, entendu ce matin sur BFM, qui aurait raison. Il posait cette bonne question : tout cela et le caractère rocambolesque d’une découverte effectuée le samedi et révélée le lundi, jour de publication des comptes annuels, ne cacheraient-ils pas tout simplement l’irresponsabilité d’une direction qui, poussant le risque trop loin, n’a pas hésité à spéculer sur les sub-primes ou des marchés pourris, comme ces banques américaines dont on disait en France : pas nous, ça ne peut pas nous arriver. On chercherait aujourd’hui à nettoyer les positions sur le dos, bien large, du trader indélicat qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

En tout cas, le mal est fait ! C’est la confiance dans le système bancaire qui est ébranlée. Il suffisait d’entendre, ce matin, après les journaux de 8 heures, animateurs et journalistes inciter les auditeurs à cracher carrément dans la soupe. La radio a ses quarts d’heure d’émissions beaufs (vous savez, cette manière de demander à tout le monde ce qu’il pense de tout !). L’onde de choc va s’amplifier. Les professionnels et les institutionnels vont avoir bien du mal à rattraper le coup.

Dégâts assurés pour la Société Générale, pour l’ensemble des banques, et pour la confiance dans l’économie française.

On se serait bien passé de ce tintamarre rocambolesque et coûteux.

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 24 janvier 2008

Rapport Attali : qui a intérêt à caricaturer le débat ?

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316 propositions. 240 pages d’une densité impressionnante. Des dizaines de contributions expertes, venant d’hommes de gauche ou de droite, et de personnalités européennes rarement consultées sur des sujets aussi concrets et engageants ! Voilà qui méritait certainement mieux que l’indécente et scandaleuse présentation qu’en a faite le JT de 20 heures sur France 2, hier soir.

Jacques Attali, présent sur le plateau, en est resté médusé, tout autant que nous, spectateurs. Et il a certainement fallu qu’il aille rechercher tout au fond de lui un gisement de patience et de calme avant de dire, posément, son indignation, et de balancer, stoïquement mais fermement, quelques claques à la rédaction. Je n’aurais pas aimé être à la place de David Pujadas.

Il faut arrêter ces mauvais scénarios à la française, ceux qui autorisent désormais les médias à distribuer bons et mauvais points, à qualifier ou disqualifier avant même que d’avoir nourri l’information de leurs clients. Comment peut-il y avoir débat dans ces conditions.

J’ai lu, hier soir, une bonne partie du rapport. Et j’ai essayé d’apprécier son contenu à la lumière des deux ou trois qualificatifs qui ont circulé dans toute la presse avant même sa publication…histoire d’apprécier comment tout cela a été catalogué.

1) Le rapport Attali serait ultralibéral :

Incontestablement, la commission veut s’attaquer à toutes sortes de rentes, de situations. Elle propose des dispositifs de dérégulation : retour à la liberté des prix (j’approuve, sauf la levée de l’interdiction de revente à perte), d’implantation des commerces, des hôtels et des cinémas, et ouverture de professions à numerus clausus.

Mais dans le même temps, la commission propose des mesures d’accompagnement (rachat des plaques de taxi, réduction des délais de paiement aux PME, renforcement du pouvoir des autorités de concurrence), des mesures qui ne se réfèrent évidemment pas à la théorie de la « main invisible » chère aux partisans du laisser-faire.

Certes, de nombreuses mesures préconisées, s’agissant de la recherche ou de l’innovation, tentent de rapprocher les entreprises privées de l’université et des centres de recherche. Mais pour autant, cette politique tient plus du volontarisme politique, du projet de « civilisation » que de l’asservissement aux seuls critères des marchés.

Mauvais procès donc que d’affubler d’une étiquette libérale (en forme de repoussoir) un rapport qui aborde aussi bien l’aménagement du territoire, la revalorisation du salaire direct, le transfert des cotisations sociales sur l’impôt, la création par la puissance publique de technopoles et d’écopoles…

2) Les mesures ne seraient pas financées ?

C’est justement le contraire. On peut discuter des méthodes, on peut discuter des moyens, on peut rester incrédule. Mais là encore, c’est un mauvais procès. Toutes les propositions sont étudiées dans leur interaction par rapport à leur effet sur la création de richesses ou sur les besoins de financement.

3) Ce groupe d’experts menacerait la légitimité du Parlement ?

Holà, déjà des grands mots ! Mr Accoyer ne connaît décidément pas la « mesure » !

S’il a effectivement souhaité l’application de l’ensemble de ses recommandations (il y croit, c’est normal, non ?), Attali n’a jamais prétendu imposer une république d’experts ou de technocrates. Ce sont des arguments de beaufs qu’on lui oppose ! En réalité, il insiste, comme tous les autres membres de la commission, sur la nécessaire cohérence entre l’application des mesures de dérégulation et des mesures de contrôle ou d’accompagnement.

En tant que tel, le rapport Attali constitue d’abord une formidable boîte à outils. Avec une vision globale (vis-à-vis de la mondialisation, de l’impact des technologies sur les rapports sociaux…) qui décoiffe et qui surprend les penseurs recroquevillés sur les seuls paramètres d’une France nostalgique de sa grandeur passée… Le gouvernement, tout autant que l’opposition, y a librement accès. Personne ne peut douter justement que cette matière première, intelligemment présentée, puisse et doive nourrir le débat public.

Fi donc du cynisme médiatique, des procès personnels (on aime ou on n’aime pas Jacques Attali ou ce qu’il représente, and so what ?) !

Moi, en tout cas, ce qui me plaît, c’est que les membres de la commission aient osé écrire qu’il serait bon que nos gosses parlent anglais couramment dès la sixième, qu’on supprime l’empilement des strates administratives qui plombent le budget de l’Etat et nos impôts. Des citoyens qui, dans leur diversité, ont osé rêver de la fierté retrouvée de notre pays pour faire la course en tête, en tout cas dans le Top Ten des nations qui tentent de maîtriser le destin de leur population.

C’est aussi ça la marque d’une grande démocratie.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 23 janvier 2008

Niveau des prix dans la distribution : l’UFC-Que Choisir confirme

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Le relevé de prix publié dans le mensuel « Que Choisir » (01/2008) confirme que :

1) « Les prix ont baissé entre septembre 2005 et septembre 2007 en moyenne de 2,6 % pour l’ensemble de la grande distribution (3,13 % pour les hypermarchés) ». La revue confirme que pratiquement toutes les enseignes ont baissé le prix des grandes marques depuis la réforme Dutreil.

2) « En moyenne nationale, Leclerc (est) l’enseigne qui a le plus baissé ses prix sur ces deux dernières années ».

3) Sur 106 produits de grandes marques, E. Leclerc est premier, décroché, devant un peloton : Hyper U, Intermarché, Auchan et Carrefour pratiquement au même niveau.

4) E. Leclerc est encore premier sur 155 produits de grandes marques et de marques de distributeurs, encore nettement décroché devant Auchan, Carrefour et Intermarché.

Ces relevés (qui ont été faits en septembre 2007) ne sont pas aussi exhaustifs que ceux qui sont effectués pour notre comparateur « quiestlemoinscher.com ». Ils ont la qualité incontestable d’avoir été réalisés par une ONG neutre. Ils confortent tous les relevés professionnels de ces deux dernières années, et même les relevés de prix récemment effectués par le journal « Linéaires ».

Je le dis à tous les cadres ou aux dirigeants de mon groupe. Il faut continuer en 2008. Nous ne devons pas nous laisser impressionner par les lobbyistes adverses. Le débat, très technique sur les marges arrière, n’est pas toujours compris par les consommateurs qui renvoient dos à dos industriels et distributeurs. Notre combat pour l’abrogation de la loi Galland est juste. Nous ne lâcherons pas la pression.

Mais ce qui compte avant tout, c’est le niveau de nos prix. C’est ce leadership qui rend crédible nos idées. C’est parce que nous vendons moins cher que nous sommes écoutés…et c’est bien comme ça.

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 21 janvier 2008

Audimat : Sarko « bling-bling » rattrapé par « la théorie des marqueurs »

Nicolas Sarkozy était pourtant l’un des meilleurs propagandistes de « la théorie des marqueurs ». Il vient de se faire piéger faute de l’avoir respectée.

Lors de sa prise de pouvoir à l’UMP, puis dans le parcours qui devait l’amener aux présidentielles, il avait élaboré cette stratégie de communication : le monde est hyper médiatisé ; il y a du bruit et de l’action partout ; pour être audible, il faut produire son propre son, en permanence, quitte à saturer l’offre. Seule condition de cette frénésie médiatique : laisser à chaque fois un « marqueur », un mot, une phrase, une attitude, qui soit symbolique ou partie signifiante d’un puzzle que le public n’aura pas de mal à assembler et à reconstituer.

Tous les spécialistes de communication n’étaient pas d’accord là-dessus : risque de brouillard médiatique, disaient-ils, danger de saturation ou de lassitude ! Nombre d’experts conseillaient aux communicants (hommes politiques ou chefs d’entreprise) de se « choisir un profil stable, un message principal et de s’y tenir ».

En occupant en permanence le terrain, Nicolas Sarkozy a donné un sacré coup de vieux aux recommandations trop prudentes de ces gens-là. Il a réussi à la fois à paralyser l’adversaire (le PS) et à s’imposer par les qualités de chef qu’il a ainsi mises en scène : énergie, volonté, maîtrise des dossiers, etc.

Mais voilà, pour qu’une telle stratégie réussisse, il faut choisir « les bons marqueurs » et s’assurer, en permanence, que pour le spectateur (on est dans la Société du spectacle selon Guy Debord), le parcours soit lisible et cohérent.

Sur cet objectif, le Président n’est momentanément plus audible. Il a lui-même brouillé l’écoute. Il avait su habilement tisser une relation de confiance auprès d’une grande majorité de Français en reprenant leurs attentes à son compte. Mais le « bling-bling » et le côté « people » ont tout effacé. A un artiste, on pardonne les frasques et les fastes. C’est sans conséquences. Mais d’un gestionnaire de l’Etat, ça la fout mal ! Et puis aussi, il y a cette apparente désinvolture : « le Président du pouvoir d’achat », celui qui venait dans nos magasins pour parler des prix et des petits salaires ne devait pas répondre d’une manière aussi cavalière aux questions sur le pouvoir d’achat (questions qu’il avait lui-même relayées et attisées).

En période de croissance, on pouvait, après tout, comprendre qu’il cherche à forcer le trait pour plaider la réhabilitation de l’argent, le droit au plaisir, la transparence des modes de vie, l’ambition matérielle… Mais quand l’économie reste en panne et que les chômeurs sont encore légion, il ne faut pas se tromper de « marqueur ». Sinon, le public finit par ne lire dans le comportement présidentiel qu’une indifférence, voire une provocation de nouveau riche, sur le modèle tant récrié en Italie de l’attitude berlusconienne.

Pas étonnant que ce soit Fillon, le pudique, le discret, le bon serviteur de l’Etat…qui rafle la mise. Par défaut plus que par son investissement personnel ? Pas sûr, et n’en déplaise à ceux qui persistent à ne voir en lui qu’un monsieur « nobody ». Non, les marqueurs de la communication de Fillon sont les bons.

Patrick Devedjian (Secrétaire Général de l’UMP) s’obstine à ne voir dans la baisse des sondages présidentiels que l’effet pervers du retour à la transparence revendiquée par Sarko sur sa vie privée : « Les gens ne retiennent que les images du luxe. C’est plus facile et plus amusant de regarder les photographies d’un couple heureux que l’argumentaire juridique et austère de la réforme du contrat de travail ». Il persiste : « C’est mieux d’être un Président bling-bling qu’un candidat plan-plan ».

Le « pourtant tout aussi sarkoziste » Dominique Paillé, son secrétaire adjoint, a une analyse plus juste : « Fillon est en train de gagner…Il n’a pas changé de voie, il est toujours sur le même ligne de demander des efforts, mais en étant capable d’en fournir lui-même. Il rassure, il correspond à ce que les Français attendent de l’exécutif. »

La leçon est essentielle, elle vaut tout autant pour l’homme politique que pour le chef d’entreprise. Il faut savoir choisir « les bons marqueurs » et s’y tenir. (Les exemples de dérapage ne manquent pas : Jean-Marie Messier, Bernard Tapie, Jacky Setton, etc.).

Et s’agissant du Président, il est impératif que son entourage se ressaisisse et ose lui conseiller de vivre son bonheur en privé (il en a le droit) pour redevenir l’interlocuteur des attentes des Français.

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 17 janvier 2008

Prix « Décoincer la bulle » : « La Ligne de fuite » de Benjamin Flao (Futuropolis), meilleure BD 2007

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J’ai eu le plaisir de demander à Vincent Perez, l’acteur, mais aussi le scénariste de « La Forêt»  (dessins de Tiburce Oger, Casterman), de présider le jury du Prix « Décoincer la Bulle»  2008. En partenariat avec Paris Match, ce prix récompense le meilleur jeune auteur de l’année 2007. Il a été décerné à Benjamin Flao pour « La Ligne de fuite » (scénario : Christophe Dabich, éditions Futuropolis).

Le jury était composé de scénaristes de renom, Jean Van Hamme (XIII, Largo Winch…), Christophe Arleston (Lanfeust, Trolls de Troy…), Franck Giroud (Le Décalogue, Quintet…), Xavier Dorison (Le Troisième Testament, Les Brigades du Tigre…), Davis Foenkinos (romancier et scénariste de Pourquoi tant l’amour ?).

« La Ligne de fuite » a conquis le jury : « Benjamin Flao est un dessinateur très talentueux, un formidable croqueur d’atmosphères. » a déclaré Jean Van Hamme.

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La BD lauréate a été élue parmi 12 BD présélectionnées par cinq journalistes de Paris Match et deux libraires des Espaces Culturels E. Leclerc. Elle bénéficiera d’une mise en avant dans les 138 Espaces Culturels E. Leclerc et dans le catalogue BD de l’enseigne diffusé à 1,6 millions d’exemplaires. Le lauréat remporte une dotation de 3 000 euros, coup de pouce des Espaces Culturels E. Leclerc pour la préparation d’un nouvel album.

Aux côtés du grand gagnant, deux autres bandes dessinées se sont démarquées et ont su retenir l’attention du jury :

- « Commando Toquemada » de Xavier Lemmens (Dargaud)

- « Elle(s) » de Bastien Vivès (Casterman)

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« La ligne de fuite » (résumé)

Dans le Paris de cette fin du XIXème siècle, le jeune Adrien ne rêve que de poésie. Complètement subjugué par l’œuvre d’Arthur Rimbaud, le jeune poète rencontre les membres du journal littéraire « Le Décadent ». Ceux-ci, tout à leur obsession d’être les continuateurs du style du grand poète, poussent Adrien à écrire des faux de Rimbaud.

Benjamin Flao (un dessinateur génial)

Benjamin Flao a fait Saint-Luc de Tournai en Belgique. C’est l’un des dessinateurs les plus talentueux de sa génération. Lauréat 2003 du prix Lonely Planet à la Biennale du carnet de voyage de Clermont-Ferrand pour « Carnets de Sibérie – Mammuthus expeditions », il a cosigné depuis « Sillages d’Afrique : 20000 milles d’aventure maritime et littéraire » (Nouveaux Loisirs Gallimard).

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Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 16 janvier 2008

La pub qui dérange l’inflation

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Le monde industriel est en émoi. Mes collègues des centres E. Leclerc ont décidé de retirer de la vente, dès le 1er février, des articles dont le taux d’inflation est très élevé, je dirais exorbitant.

Cela fait trois mois que j’annonce une reprise de l’inflation. Cela fait trois mois que j’essaie de convaincre les élus que la hausse des matières premières a bon dos et que les grandes marques profitent de la législation française pour faire de la gonflette tarifaire.

Nicolas Sarkozy a pris conscience du problème puisqu’il a annoncé qu’au printemps, le gouvernement demanderait aux députés de voter la négociabilité des tarifs. Mais les industriels de l’ANIA et de l’ILEC ont su y faire. Question lobbying, chapeau. Passant derrière eux dans les Commissions parlementaires, ni Jérôme Bédier (président de la FCD), ni Arnaud Mulliez (Auchan), ni moi-même n’avons été suffisamment pris au sérieux. Nous disions « les hausses tarifaires qui arrivent dans nos centrales d’achat sont de l’ordre de 8 % en moyenne, avec des bouffées atteignant quelquefois 20 % ». Les députés et les sénateurs ont cru que nous exagérions. Il faut dire que l’ILEC avait même réussi à convaincre Luc Chatel et certains Conseillers du Président que les industriels procèderaient à des « baisses techniques » de tarifs profitables aux consommateurs.

Pauvres ministres : sur la foi de cet engagement, ils avaient annoncé des baisses de 3 % (l’équivalent d’une remise de 600 euros par foyer). Mais voilà, il leur faut aujourd’hui déchanter et reconnaître que c’est de « hausses » qu’il faut parler.

Tous les jours, je fais un point avec l’équipe en charge de notre politique commerciale. Nos acheteurs sont unanimes. Il n’y a pas de fatalité d’inflation, en tout cas d’une inflation supérieure à 2 ou 2,5 %. C’est la loi Galland qui pousse à la surenchère. Et avant qu’elle ne soit définitivement réformée, pas mal d’industriels veulent rafler la dernière mise.

Notre stratégie s’appuie sur le constat suivant : si nous laissons passer ces hausses en l’état :

1) Ce sont les distributeurs qui seront accusés,

2) Les consommateurs bouderont les étals,

3) Et le rythme de la consommation en pâtira.

Comme nous ne pouvons toujours pas re-négocier les tarifs directement (par des remises sur facture), comme il n’est pas imaginable de compenser ces hausses par des rémunérations de coopération commerciale (comment les justifier ?), il ne reste qu’une solution, retirer de la vente les articles qui augmentent trop dans leur gamme. C’est le message que nous adressons dans notre publicité.

Peut-être se trouvera-t-il quelques industriels pour dire qu’au fond, une baisse tarifaire vaut mieux qu’une perte de marché.

A suivre…

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 15 janvier 2008

Du bon usage du blog

Les internautes qui me sollicitent pour des raisons professionnelles, trouveront un lien plus efficace en s’adressant, selon les sujets, aux adresses suivantes :

- Service consommateurs Allo E. Leclerc : 0 810 870 870 (Numéro Azur : prix appel local à partir d’un poste fixe).

- Recrutement/Ressources humaines : GALEC, 26 Quai Marcel Boyer 94859 Ivry-sur-Seine cedex (Tél. 01 49 87 50 00).

- Relations fournisseurs/Relations clients : GALEC, 26 Quai Marcel Boyer 94859 Ivry-sur-Seine cedex (Tél. 01 49 87 50 00).

Ce blog est dédié en priorité aux sujets traitant de la distribution, de la consommation, et plus généralement de l’économie, de la politique et des questions de société, telles la protection de l’environnement, les énergies. Ces choix recouvrent les questions pour lesquelles je suis fréquemment sollicité par les étudiants ou les autres professionnels (cadres ou chefs d’entreprise) auxquels je consacre également une partie de mon temps.

Tous les visiteurs de ce blog peuvent réagir aux notes, en postant des commentaires. Pour poster un commentaire, cliquez sur le texte « Donner votre avis » à la fin de chaque note. Vous pouvez alors entrer votre texte. N’hésitez pas à signer vos commentaires par un pseudonyme, cela facilitera la réponse et vous permettra de retrouver votre commentaire, via le moteur de recherche.

Le moteur de recherche – présent à droite du blog – vous permet de retrouver facilement toute note ou commentaire en tapant un mot clé, un pseudo ou une date.

A vous lire très bientôt…

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 14 janvier 2008

2008 : Un coup de blues et ça repart…

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© Martin Bureau – AFP

Ca y est, je suis de retour. Oh, n’imaginez pas que j’étais parti en vacances. J’ai bien effectué quelques allers et retours sympathiques ici ou là, mais la période de Noël, puis la période des soldes, sont, pour un distributeur, des moments d’intense activité professionnelle.

Non, je n’étais pas parti très loin. Mais, je le reconnais bien volontiers, j’avais quelque peu abandonné la fréquentation de mon propre blog. Pourquoi ? Eh bien, je vais vous le dire tout simplement : j’ai eu un coup de blues devant des échanges devenus de plus en plus brouillons, un espace squatté par les mêmes qui se faisaient passer pour d’autres (sic), et par des interpellations pas toujours sincères.

Eh oui, s’agissant de mon activité de blogueur, je n’hésite pas à dire que j’ai éprouvé un sacré coup de blues, avec une vraie interrogation sur l’utilité de persévérer.

Il faut comprendre : j’écris toutes ces notes moi-même, dans les avions, dans les trains, et souvent sur un coin de table, dans un café, ou au bureau, entre deux rendez-vous.

J’aime ça, écrire. Coucher sur le papier une réflexion, la relation d’une rencontre, rechercher avec les internautes une piste, une tendance, une idée.

Contrairement à ce que ressassent les squatteurs établis dans une posture dubitative permanente, cette liberté d’écrire, je ne la délèguerai à personne d’autre. A part ma webmaster, fidèle témoin de mon implication, aucune agence de communication, aucun service consommateurs…ne vient relayer mon travail. Alors, quand surmontant mes appréhensions, je découvre, de retour d’un long déplacement, 30, 40 commentaires me posant toujours les mêmes questions concernant tel magasin ou tel produit alors qu’à de multiples reprises, j’ai informé les consommateurs de la procédure à suivre, c’est vrai, les bras m’en tombent, je n’ai pas le courage.

Et puis, il y a aussi tous ceux qui font les petits malins, se font passer pour des consommateurs ou des salariés du groupe. Ils déposent, dans l’anonymat, leur venin. Et moi, bonne pâte, je commence à répondre à tout le monde, malgré le temps qui défile trop vite, malgré l’énergie déjà dépensée…jusqu’à ce qu’on me démontre l’arnaque (un même numéro IP, par exemple, pour 10 ou 15 pseudo consommateurs). Et au final, tout ça n’aurait servi à rien…

Oui, vous avez compris que, comme d’autres blogueurs, j’ai atteint « une limite de motivation ».

Bon, tout ça, c’était l’année dernière. Depuis, j’ai repris mon courage à deux mains. Par email, par courrier, vous avez été des dizaines, étudiants, profs de fac, salariés de la distribution, et même de mon groupe, à me demander de persévérer.

J’ai compris aussi que c’était ça la fameuse Toile. 10 % d’efficacité pour 90 % de vent. Mais après tout, 10 %, c’est déjà énorme.

Alors, je retrousse les manches et je promets : en 2008, ça va re-déménager…

Encore une fois, meilleurs vœux à tous, à vous, internautes fidèles.

Michel-Edouard Leclerc