Archive pour le 2 février 2008

Samedi 2 février 2008

Prix trop chers : 6 articles retirés de la vente !

Je lis le titre du Monde daté de samedi (02/02) : « Leclerc fait semblant de retirer La Vache qui Rit… ». Le journaliste a le droit d’être critique ou de relayer les arguments de nos adversaires. Pour autant, je confirme, une centaine d’articles sont sur la sellette : les hausses tarifaires pour 2008 proposées par les industriels nous semblent exagérées, sans rapport avec la hausse des matières premières. Date limite de décision : fin février puisque la loi a prévu que cette échéance devait servir de terme à la négociation commerciale.

En attendant, les 6 articles dont nous avions publié les hausses et annoncé le retrait, ne devraient plus être en rayon dans les centres E. Leclerc, en cette fin de semaine.

J’entends bien le bruit de fond qu’essaie de générer l’ILEC ou l’ANIA pour n’avoir pas à s’expliquer sur ces hausses tarifaires incongrues : « coup de pub de Leclerc, chantage à la négo, marques prises en otages, etc., etc. ».

Nos amis de l’industrie peuvent dire ce qu’ils veulent, mais si, dans deux mois, les consommateurs étaient venus constater l’inflation en magasins, ce sont bien nos enseignes qui auraient été tenues pour fautives de ces dérapages de prix. Notre publicité aura au moins eu un premier mérite : obliger les industriels à assumer publiquement leurs hausses tarifaires ! (Aucun d’entre eux n’a contesté la véracité des augmentations que nous avons publiées !)

En réalité, ils n’ont pas d’argument.

Analysant les conditions tarifaires de chaque fournisseur, nos acheteurs se sont aperçus que, selon les conditionnements, certains articles augmentaient de 50 à 100 % plus vite que les autres articles d’une même gamme.

Ils se sont posés légitimement la question : pourquoi le Pulco Citron Vert a-t-il un tarif en augmentation de 4 % et le Pulco Citron Jaune de 19 % ? Les variations de cours du citron n’expliquent pas ce dérapage, n’est-ce pas ? Une seule interprétation possible : l’industriel pousse le prix à la hausse dans le cadre d’une stratégie marketing de repositionnement de son produit.

Idem pour La Vache qui Rit. Le prix du lait a certes augmenté spectaculairement, mais ce n’est pas avec ce lait de consommation que l’on fabrique le fromage. Et de toute façon, comment expliquer qu’avec un même lait, La Vache qui Rit par 12 augmente de 20,63 % quand celle qui est conditionnée par 32 n’augmente que de 13,84 %, et par 16 de 14,39 % ?

Et l’Ajax Fête des fleurs me direz-vous : eh bien, la hausse de 19,72 % ne s’explique évidemment par la hausse de la matière plastique. Il s’agit d’un repositionnement à la hausse d’une gamme, alors que, chez le même fournisseur (Colgate Palmolive), l’Ajax Multi-usages n’augmente pratiquement pas.

Bref, nos acheteurs ne font rien d’autre que leur métier de commerçant. S’ils ne le faisaient pas, on les accuserait de profiter eux-mêmes de la hausse des prix. Ils ont certes pris le risque que se déverse sur notre enseigne l’opprobre de quelques fournisseurs ou de clients insatisfaits. Mais il fallait choisir. Nous avons décidé que la sur-inflation ne passerait pas par nous.

Nous voulons écrêter les hausses et re-sculpter nos gammes pour les rendre plus attractives.

Le hard-discount doit sa réputation de prix bas à la non-commercialisation de produits de grandes marques (en tout cas, pas de manière importante). Les industriels n’y ont rien trouvé à redire. Des centaines de supermarchés et même de petits hypermarchés, faute de place, ont limité leur gamme en ne proposant aux consommateurs que les articles à plus forte rotation. Ca ne choque personne.

Nous, nous conservons l’objectif de tout promouvoir en linéaires. Si après réflexion, nos fournisseurs décident de reporter ces hausses ou de les modérer, c’est avec plaisir que nous les réintroduirons en rayons et nous le ferons savoir. Je m’y engage.

Michel-Edouard Leclerc