
Peter Brabeck n’est pas un homme facile. Je parle de son caractère, de son tempérament. Je connais, je me suis frotté à lui lors d’une négociation récente. Mais la difficulté relationnelle n’exclut pas de saluer l’artiste professionnel. L’ancien alpiniste cède la barre du groupe Nestlé en ayant, cette année, franchi ses plus beaux sommets : 100 milliards de francs suisses de chiffre d’affaires et plus de 10 milliards de bénéfice net.
Sur un plan purement commercial, c’est un exploit ! Chapeau : superbe manager, entreprise bien gérée, stratégie confirmée !
Mais s’agissant pour nous, Français, de rechercher quelques indications sur l’évolution des prix pratiqués par nos amis industriels, il faut regarder derrière la vitrine et lire les comptes puisqu’on nous les livre pour illustrer l’exploit.
En pleine crise du lait, Nestlé a su faire son beurre.
« La force de Nestlé », dit un analyste helvétique, « c’est l’anticipation. Nestlé n’attend pas pour répercuter les hausses ». C’est ce que P. Brabeck lui-même appelle « les mesures préventives pour contrer la hausse des matières premières ».
Comme son éternel rival, Danone, Nestlé n’a pas attendu pour répercuter la hausse du cours du lait. Résultat : « Les produits laitiers frais ont amélioré de manière significative leur rentabilité ». La marge de cette catégorie de produits a progressé de 90 points de base (source Agra Alimentation) et atteint 11,1 %.

Loin des profits réalisés sur les produits pharmaceutiques (33 %), mais supérieure aux marges sur les eaux en bouteilles et sur la confiserie. Pour un secteur en crise, ce n’est pas mal !
D’ici jeudi, François Fillon trouvera bien deux ou trois distributeurs à fustiger, histoire de dénoncer quelques dérapages de prix sur les produits laitiers.
Mais qu’on se rassure, 2008 s’annonce encore un très bon cru pour l’industrie de la transformation laitière.





