Archive pour juillet 2008

Vendredi 25 juillet 2008

Mécénat et sponsoring d’entreprise : la pudeur des médias confine à l’ostracisme

C’est un phénomène très français. Contrairement aux médias anglo-saxons, la presse généraliste hésite encore à citer les mécènes ou les sponsors. C’est si vrai que les spécialistes en communication conseillent aux entreprises de doubler leur budget pour s’assurer des retombées médias en investissant en publicité parallèlement à l’initiative sponsorisée.

L’exception, c’est le sport ! Les télévisions ne peuvent empêcher la retransmission en directe des marques affichées sur les stades, les circuits automobiles ou les bateaux de course. Mais dès que le contexte exige plus de discrétion en matière de logo (dans le domaine culturel, par exemple), on se demande ce qui peut motiver les entreprises à devenir mécène ou sponsor tant il faut investir en RP(« en évènementiel » !) pour obtenir quelques retombées.

Mercredi 16 juillet dans le journal « Le Monde » :

Plein de bonnes intentions, Francis Gouge signe un papier intitulé « Dix-sept mécènes pour Camille Claudel ». Il relate l’acquisition, au profit du musée de Nogent-sur-Seine (Aube), d’une sculpture de renommée mondiale, « Persée et la Gorgone » de Camille Claudel. « Il s’agit, pour la France, d’une opération « exemplaire » de mécénat pour un musée municipal de cette taille… » Et FG rappelle que cette opération n’a pu se faire que « grâce à l’aide de dix-sept entreprises, qui ont contribué pour 768 500 euros… ».

Voilà effectivement une opération remarquable. Au moment où l’Etat désinvestit (comptes dans le rouge !) et s’attaque aux niches fiscales (dont celles qui incitaient les particuliers à investir dans le patrimoine), le mécénat d’entreprise peut prendre le relais. (Beaucoup d’entreprises sont intéressées à améliorer leur image par des investissements dans le culturel ou l’environnement !).

Oui mais voilà, encore faut-il qu’il y ait quelques retombées. L’article du Monde est de ce point de vue assez « exemplaire ». Car de leur raison sociale, de leur identité ou de leurs marques, pas un mot, pas une référence. Silence total sur le nom des investisseurs.

Ces entreprises auraient pourtant mérité une citation. Pour l’applaudissement, pour la reconnaissance, pour donner envie à d’autres…

Ne me dites pas qu’il s’agit là de pudeur professionnelle. C’est un problème culturel, nourri de préjugés.

Chaque soir, sur nos écrans, nous sommes abreuvés d’émissions dans lesquelles un écrivain vante les vertus de son livre, un réalisateur celles du film qu’il vient de sortir, un chanteur…, etc. Ces gens sont des artistes, ils font aussi du business. Et si ce n’est pas eux, leurs éditeurs s’en chargent.

Comment qualifier alors, si ce n’est par parti pris idéologique, ce refus de citer des entreprises commerciales ou industrielles alors même qu’on qualifie de remarquable leur initiative.

Je rappelle un propos que j’ai rapporté ici. Il émane d’un rédacteur d’une chaîne de télévision : « On n’est pas là pour servir la soupe aux entreprises, ni faire leur publicité ». Mais pourquoi pas ? Le mécénat, le sponsoring d’un industriel, c’est assurément de la pub. Tout comme le financement des institutions (Conseil Régional, Conseil Général) qui bénéficient, elles, d’une médiatisation dont profitent les élus.

Si l’on veut que les entreprises sponsorisent autre chose que les équipes de foot, les circuits de Formule 1 ou les courses cyclistes, si l’on veut qu’elles dotent les musées, défendent le patrimoine, participent à l’entretien des GR ou financent le spectacle vivant, il faudra bien sortir de cette posture caricaturale et en quelque sorte…donner le change !

Vous me direz, les journaux parlent des opérations de mécénat d’un Pinault, d’un Lagardère, ou même font la part belle aux initiatives d’un Michel-Edouard Leclerc, d’un Franck Riboud avec Zidane ou de la Fnac…

Oui, certes, et ceux-là ne sont pas à plaindre. Mais ceux-là, justement, savent payer de leur personne et investir à côté, en parallèle, dans leur propre communication.

Or, ce savoir-faire ou cette capacité financière ne sont pas donnés à toutes les entreprises, loin de là. Des centaines d’artisans, plusieurs milliers de PME sont sollicités, chaque année, partout sur notre territoire, par des élus politiques, des associations, des clubs…pour financer la culture et l’environnement. Ils seraient certainement plus enclins à investir si on traitait leur démarche avec un peu plus de considération et en leur offrant un meilleur écho.

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 10 juillet 2008

Carburant : la RATP fait ses courses chez E. Leclerc

Cette information est destinée à tous ceux qui s’intéressent au marché de l’énergie et à la capacité des grandes surfaces de capter des nouveaux marchés.

Siplec, la coopérative d’achat de carburants des Centres E. Leclerc, vient de remporter un important appel d’offres pour approvisionner le réseau de bus de la RATP.

Pierre Mongin, Président de la RATP, avait invité les principaux acteurs de la distribution pétrolière, le 11 mai 2007, au siège social de la RATP, quai de la Rapée.

Le Président de la Régie, dans un contexte de forte tension des marchés pétroliers, avait annoncé sa volonté d’élargir à de nouveaux acteurs l’appel d’offres d’approvisionnement en carburant de la flotte de la RATP pour une période de 2 ans.

Siplec, société pétrolière des Centres E. Leclerc, avait donc fait acte de candidature et répondu à un premier appel d’offres lancé le 27 juin 2007. Présélection, rounds de négociation, les équipes de Siplec (22 personnes encadrées par Patrick Rébuffie, Thierry Forien, Vincent Muller et Rémi Thomas) ont remporté le marché pour un approvisionnement exclusif sur la période décembre 2007/juin 2008. Durant ces 6 mois, les 4 200 bus de la Régie ont été fournis en gazole classique et en gazole B30 (30 % d’ester d’huile végétale), soit environ 44 500 m3 de gazole et 2 500 m3 de gazole B30.

Au terme de ce contrat, un nouvel appel d’offres a été lancé par la RATP. C’est encore Siplec qui l’a remporté pour livrer les 25 centres bus, en quantités équivalentes, pour une nouvelle période de 6 mois (22 juin 2008 au 21 décembre 2008).

Le contrat est d’abord un contrat de fourniture. Mais les techniciens de Siplec travaillent aussi en étroite collaboration avec la RATP dans le suivi technique du gazole B30. Ce produit est actuellement réservé aux flottes captives. Son avenir dépendra évidemment du sort réservé aux biocarburants dans la Communauté Européenne.

Je suis particulièrement fier de la mobilisation de nos équipes. Siplec est un peu mon bébé. Je l’ai créée, j’y ai fait mes armes, et c’est grâce à l’investissement de nos cadres que l’enseigne a gagné ses galons de crédibilité dans la bataille sur le prix des carburants. Non seulement cette coopérative est devenue le deuxième opérateur français sur le marché pétrolier, livrant les centres E. Leclerc et même une grande partie des magasins à l’enseigne « U », mais voilà qu’elle élargit sa clientèle. C’est évidemment une preuve de sa performance prix, mais c’est aussi une réponse à tous ceux qui s’interrogent sur les limites des capacités commerciales des hypermarchés en matière d’énergie.

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 8 juillet 2008

Le blog, le service consommateurs et quartier libre (juillet 2008)

Nombreux sont ceux qui me disent aujourd’hui à quel point il est difficile de surfer entre des commentaires qui ne répondent pas aux préoccupations de la note sous laquelle ils sont postés. Pas facile en effet de jouer à saute-mouton entre critiques, commentaires passionnés, spams et réclamations commerciales.

Je reprécise donc, à nouveau :

1) Ce blog doit rester un blog personnel. Je veux pouvoir, ici, participer au débat public qu’il s’agisse de questions de société ou même de préoccupations professionnelles.

2) J’écris moi-même les textes en fonction de ma disponibilité.

3) Je ne dispose d’aucune assistance relais pour faire suivre les réclamations commerciales ou même en contrôler la véracité (beaucoup de pseudos émanent souvent d’un même ordinateur ou d’un même réseau d’internautes poursuivant des buts plus ou moins sincères !).

Comme je suis souvent en déplacement, vous pensez bien que je suis incapable de donner suite à un client qui a un problème avec ses achats. Je ne cherche pas à me défiler. Mais ne mélangeons pas forcément le commercial et le débat d’idées.

4) Par souci d’efficacité, j’invite donc les consommateurs qui le souhaitent (demande d’infos ou réclamation) à contacter directement le service consommateurs de l’enseigne (Allo E. Leclerc : 0 810 870 870 -Numéro Azur : prix appel local à partir d’un poste fixe-).

5) Vous avez pu le constater. Il n’y a pas de censure sur ce blog. Ce n’est pas une raison pour le transformer en fourre-tout.

6) Par souci de clarté, je demande à ma dynamique webmaster de reclasser, sous cette rubrique, les commentaires qui ne correspondent pas au thème des notes journalières.

Tout le monde y gagnera en confort de lecture.

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 4 juillet 2008

Prix littéraire au supermarché

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Sur le site de Télérama, sous l’intitulé « J’aime pas les supermarchés », Martine Laval, critique littéraire, réagit a l’attribution du Prix Landerneau à Yasmine Char, « La main de Dieu » (Gallimard).

« Ce qui me chiffonne, c’est que ce prix est organisé par une chaîne de supermarchés rebaptisée Espaces culturels E. Leclerc…Là où l’affaire se corse, où tout cela se révèle pernicieux, très pernicieux, c’est que ce prix Landerneau…a été décerné à une romancière extra…».

Suit une série de questions sur le professionnalisme de nos libraires, le nombre de titres disponibles en fond de rayon, la présence de petits éditeurs, etc…

Eh oui, on en est encore là, dans le Landerneau culturel.

Ce qui me choque, ce n’est pas l’inculture (sic) de la blogueuse (au demeurant sympathique car elle a bon goût). Rien, comme elle le reconnaît ne l’empêche d’aller visiter, d’aller fureter dans nos Espaces Culturels et de se construire un avis objectif.

Ce qui me choque, c’est ce sectarisme revendiqué qui dénigre par avance, disqualifie une initiative sous prétexte qu’elle n’émane pas des « bons acteurs culturels », mais de ces barbares qui faisaient naguère profession de vendre des petits pois. Nous ne sommes pas du même monde, nous dit-on. Eh bien, figurez-vous, les lecteurs non plus, ceux qui fréquentent les milliers de supermarchés français et qui, malgré tout, contribuent à faire vivre auteurs, éditeurs, et tous les acteurs de la filière du livre.

Le propos n’est pas bien méchant. Il n’est pas sans humour, ni autodérision. Il prétend se démarquer d’une pensée élitiste. Et pourtant, il l’est. Il témoigne d’une ghettoïsation inconsciente de la culture.

Les libraires des Espaces Culturels E. Leclerc sont devenus de vrais professionnels du livre. Mais au-delà de ce résultat que je revendique, comment une amoureuse des livres peut-elle encore s’offusquer de ce que les lecteurs puissent en trouver partout, dans les librairies bien sûr, mais aussi dans les kiosques de gares, d’aéroports, et dans les supermarchés.

Tenez, je vous écris ce billet depuis Zurich. J’y suis en réunion avec les dirigeants des Coop Suisse. Ils n’ont pas de grandes librairies comme les nôtres.

Pourtant, sur la table, là, devant moi, c’est Yasmine Char qui fait la Une de leur consumer magazine tiré à 2 500 000 exemplaires. Oui, comme nous, comme nos libraires, ils ont eu un coup de cœur. Bien sûr, me direz-vous, cette jeune femme d’origine libanaise vit aujourd’hui en Suisse, il est normal qu’ils fassent la promotion d’une de leurs compatriotes. D’accord ! Mais c’est bien dans la rubrique littéraire que la chaîne de supermarchés Coop lui consacre une interview de 2 pages. Et avec la volonté d’attirer l’attention d’un large public sur ce livre.

Croyez-moi, Yasmine Char, elle, ne s’en plaindra pas, pas plus que son éditeur.

C’est à ça que sert une initiative comme le Prix Landerneau : un coup de projecteur, un coup de pouce pour un premier roman de qualité. Avec une audience que les seules critiques de Télérama ou du Magazine Littéraire n’atteindront pas. Moi, je n’oppose pas l’action de ces revues spécialisées à toute autre initiative qui permet aux auteurs d’accroître leur lectorat. Cette complémentarité est même souhaitable. Dans l’économie des produits culturels, c’est l’offre qui fait la demande. Plus il y aura d’offres de qualité, quel que soit le statut de l’émetteur, plus la diffusion du livre sera assurée.

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 1 juillet 2008

Pharmaciens contre épiciers : une querelle vieille de trois siècles !

Les plus anciens s’en souviendront : il y a 20 ans, les Centres E. Leclerc ont pris l’initiative de vendre des produits de dermocosmétique et de parapharmacie, déclenchant une polémique mémorable. Débats télévisés, harangues et publicités, procès jusque devant le Conseil de la Concurrence et la Cour de justice européenne. Tout cela pour finalement obtenir la libre commercialisation de cotons-tiges, crèmes solaires, préparations multivitaminées, préservatifs…

Notre dernière campagne sur le prix des médicaments non remboursés a provoqué un même prurit de colère de la part d’une corporation arc-boutée sur la défense de son monopole.

Vues de l’étranger, toutes ces polémiques sont décrites comme les avatars d’un corporatisme excessif, comme l’expression d’un protectionnisme complètement décalé vu les pratiques des autres pays européens. Les commentaires les plus acerbes n’hésitent pas à qualifier d’archaïque « une législation si peu ouverte à la concurrence et à la défense des usagers ».

Archaïque ? Si le terme est polémique, la réalité confirme que la querelle puise sa raison d’être dans une histoire qui remonte au moins à trois siècles. Une amie historienne, plongée dans la rédaction d’une thèse sur le marché du sel au XVIIIème siècle, m’a fait parvenir quelques vieux textes trouvés au Centre Historique des Archives de Paris.

I – « 16 juillet 1775 : Réflexions proposées par les Commissaires de la Faculté (de médecine) pour fixer les limites des deux états d’Apothicaires et d’Epiciers.

- Nul Epicier ne pourra…vendre et débiter aucune drogue simple servant à la médecine avant d’avoir passé un examen devant les Députés ordinaires de la faculté…

- Il sera permis à tout Epicier reçu de vendre à tout poids toutes les drogues simples en substance, entières, hachées, coupées, râpées, concassées…mais ne pourra pas mêler les poudres de différentes substances.

- Il lui sera défendu de tenir confondues dans la même boutique les objets comestibles avec les drogues dangereuses par leur nature comme les poisons et les préparations de minéraux servant à la peinture… Au moins il sera contraint de tenir ces marchandises dans un endroit séparé… Il y aura un comptoir, des balances et autres instruments qui ne pourront servir qu’à la vente de ces sortes de marchandises.

- Il sera permis aux Epiciers d’acheter chez les Apothicaires de Paris les mêmes compositions galéniques et chimiques dont l’importation leur est permise… L’Apothicaire sera tenu de les sceller de son cachet que l’Epicier n’aura pas le droit de rompre…

1- Tableau des drogues simples permises aux Epiciers (extrait):

Du règne végétal : les racines, les champignons,…

Du règne minéral : les sels, les minéraux inflammables…

Du règne animal : les crapauds et grenouilles, les scorpions, les vipères, les cloportes, les yeux et les pattes d’écrevisse, les mâchoires de brochet, l’os du cœur de cerf, le sang de bouquetin, le fiel de taureau, le poumon du renard…

2- Préparations interdites aux Epiciers (extrait):

La lotion et coction de la térébenthine

La préparation philosophique de corne de cerf

Les fécules des plantes

3- Compositions que les Epiciers ne pourront vendre en débit (extrait):

Les sirops d’absinthe, de quinquina, de chou rouge

Les gelées de corne de cerf et de vipère

4- Préparations de chimie dont la confection et la vente sont permises aux Epiciers (extrait):

Les huiles essentielles de plantes

L’eau de mélisse, l’eau divine, les eaux odorantes de feuilles, tiges, fleurs, fruits, écorces, bois et racines

II – 25 avril 1777 : Déclaration du Roi portant règlement pour les professions de la pharmacie & de l’épicerie à Paris.

Nous avons considéré qu’étant une des branches de la médecine, la pharmacie exigeait des études et des connaissances approfondies… Nous avons eu pour but de prévenir le danger qui peut résulter du débit médicinal des compositions chimiques, galéniques ou pharmaceutiques entrant dans le corps humain confié à des Marchands qui ont été jusqu’à présent autorisés à en faire commerce sans être obligés d’en connaître les propriétés…

Nous avons jugé nécessaire de fixer entre les deux professions des limites qui nous ont paru devoir prévenir toutes contestations et opérer la sûreté dans le débit des médicaments…

- Les Maîtres en pharmacie…ne pourront à l’avenir, cumuler le commerce de l’épicerie : ils seront tenus de se renfermer dans la confection, préparation…de compositions médicinales.

- Les Epiciers continueront d’avoir le droit de faire le commerce en gros des drogues simples.

- Défendons aux Epiciers de fabriquer et vendre des sels, compositions ou préparations entrant dans le corps humain sous forme de médicaments…

III– Juin 1777 : Requête du Corps de l’Epicerie présentée au Roi

…les limites des deux états ont de tout temps été établies :

- L’état de l’apothicaire réside dans les compositions médicinales.

- L’état de l’épicier droguiste consiste dans la vente de toutes les productions de la nature.

- …les pâtes et conserves de guimauve, de violette, d’angélique, de coing et autres qui sont le plus souvent de simples agréments sous le titre de bonbons, deviennent quelquefois des médicaments par l’ordonnance du médecin… Si les prohibitions subsistaient, les apothicaires pourraient contester aux épiciers leur état de confiseurs !

Plaise à Votre Majesté de défendre aux apothicaires de vendre des dragées, pastilles, chocolats, bonbons, sirops d’agrément, liqueur de table, parfums, eaux odorantes servant à la toilette.

IV– Août 1777 : Réponse du Collège de Pharmacie à la requête du Corps de l’Epicerie (extrait)

La déclaration ôte aux Epiciers environ 100 concurrents (produits) ; elle ne leur enlève aucune partie de leur commerce dont les branches sont à l’infini. Elle ne laisse aux pharmaciens que la vente et le débit de toutes les compositions et préparations médicinales… Les épiciers voudraient-ils leur enlever leur seul et unique avantage ?

V– Octobre 1777 : Requête du Corps de l’Epicerie en réponse à la réplique des Apothicaires.

…Le corps de l’épicerie s’est trouvé dépouillé sans avoir été entendu.

Les apothicaires, par des motifs de jalousie, veulent faire croire au public que toutes les préparations vendues par les épiciers sont défectueuses. On ne les croira pas lorsqu’on saura qu’elles sont scrupuleusement visitées par Messieurs de la Faculté de Médecine avant d’être mises en vente.

Le public peut donc se tranquilliser sur la bonne qualité des médicaments que distribuent les épiciers. »

Le débat ne date donc pas d’aujourd’hui. Des écrits de cette nature, il y en a pour nourrir toute une bibliothèque. Et au rythme où va la polémique, on a comme l’impression qu’effectivement les corporations françaises ne sont pas près de sortir de leurs rivalités de comptoir !

Michel-Edouard Leclerc