Archive pour le 8 septembre 2008

Lundi 8 septembre 2008

« Le Théorème d’Almodovar » d’Antoni Casas Ros

Suite à ma note du 6/09, je vous livre ces quelques extraits, histoire de vous inciter à la lecture…

- Page 16 : « …Mon père était une ligne droite, ma mère une courbe… »

- Page 19 : « …Les écrivains sont obligés au réalisme car ils sortent de leur cartable des images mentales alors que le peintre a le droit magnifique de faire violence à notre imaginaire… »

- Page 32 : « …qu’on ne peut pardonner certaines choses qu’à ceux qu’on ne reverra jamais. Le pardon, parfois, ne supporte pas la proximité… »

- Pages 52 et 53 : « …J’ai besoin d’un alcool fort pour descendre mes sept étages et me retrouver dans la rue. C’est toujours une épreuve…Un peu comme si je marchais dans un autre monde. Un univers parallèle avec d’autres lois, une autre physique, c’est peut-être ça le théorème d’Almodovar : la puissance du monde divisée par mon incapacité à le rencontrer. Il me faut l’apprivoiser progressivement. Je dois l’effleurer, me glisser à sa surface, le palper comme s’il s’agissait d’un poisson abyssal et monstrueux…Au début, je rase les murs, je marche vite, je ne donne à personne le loisir de s’attarder sur moi. J’évite les zones trop lumineuses. Les ruelles étroites du port me conviennent. C’est le domaine des chats qui filent vite, des adolescents à la recherche d’un mauvais coup, des prostituées, des transsexuels. J’aime la manière dont ces clandestins de la nuit ne s’appesantissent pas. Il y a une légèreté du désespoir qui me touche… »

- Page 62 : « Finalement, je ne sais pas si j’aime assez le monde pour tenter de m’y intégrer. J’ai pris ma place au prix d’un effort surhumain mais une place qui fait l’économie des êtres… »

« …L’écrivain est un fuyard qui rêve d’être rattrapé. Il court seul dans les forêts glacées… »

- Page 77 : « …J’établis le théorème d’Almodovar : il suffit de regarder assez longtemps pour transformer l’horreur en beauté… »

- Page 82 : « …C’est ce que j’aime chez les voyous. Ils savent regarder vite et bien. Leur vie en dépend. Il y a trop de nonchalance chez les êtres qui ne sont pas en danger. Leurs sens moisissent. Le vert-de-gris envahit leur vie. Il y a dans les mondes que j’aime fréquenter, les mondes interlopes, une acuité du regard, une brillance, un éclat… »

- Page 146 : « …A cet instant je comprends enfin les mots de Juarroz : au centre du vide, il y a une autre fête… »

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Le jury du Prix Landerneau – © Philippe Matsas

Michel-Edouard Leclerc