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Vendredi 13 février 2009

Le prix des pâtes et du riz en janvier

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Panique dans les états-majors de la distribution, mercredi et jeudi derniers. Alors que toutes les enseignes s’évertuent à annoncer des baisses de prix, voilà qu’une dépêche, commentant une étude Nielsen, déclare que pâtes et riz ont augmenté de 10 à 11 % en janvier. Des hausses d’autant plus incompréhensibles qu’on observe une baisse des matières premières agricoles depuis juin 2008.

Comme tous mes collègues, j’ai été interrogé par les journalistes et sommé de nous expliquer sur ces hausses. Eh bien, j’ai beau être crédité d’une bonne capacité de communication, j’en suis resté coi.

Pourquoi ? Tout simplement parce que les relevés de prix effectués par mes services disaient exactement le contraire.

Jugez-en vous-mêmes : sur la période qui va de novembre 2008 à janvier 2009, l’évolution des prix est la suivante :

- Prix de la farine « grandes marques » : – 15 %

- Prix de la farine MDD : – 14,9 %

- Prix des pâtes MDD : – 6,2 %

- Prix des pâtes « grandes marques » : – 6 %

Certes, le prix du riz a continué d’augmenter ces trois derniers mois (+ 4,7 %), mais les accords conclus avec les industriels font qu’il baissera de 11 % début mars.

Comment alors expliquer cette contradiction entre les données statistiques issues des magasins et les études attribuées à Nielsen ?

Réponse : ceux qui ont rédigé les dépêches ont mal lu l’étude Nielsen.

1) L’étude Nielsen ne portait pas sur les prix de janvier, mais sur l’inflation annuelle observée de janvier 2008 à janvier 2009. Nielsen n’a jamais dit que le riz et les pâtes avaient augmenté de 10 % en janvier.

2) Au contraire, s’exprimant dans LSA, Georges Ferronnière, Directeur Marketing de Nielsen, constate des baisses de prix en janvier : « Janvier 2009 confirme…le retournement amorcé fin 2008. L’inflation a ainsi perdu 2 points en deux mois sur l’exhaustif… ».

3) Et il enfonce le clou : «l’inflation à un an des pâtes n’est plus que de 11 %, alors qu’elle était encore de 16 % sur le mois précédent, et avait frôlé les 50 % sur les produits d’entrée de gamme au troisième trimestre 2008».

Bref, tout ça pour dire que la communication sur les prix n’est déjà pas facile. Elle est déjà suspecte quand elle émane du commerçant, alors, vous pensez bien, quand l’information est fausse, quand l’interprétation n’est pas bonne, ça devient mission impossible.

Malgré tout, je confirme et signe. La désinflation est engagée…

Michel-Edouard Leclerc