Archive pour août 2009

Jeudi 20 août 2009

Algues vertes : enfin, l’Etat se réveille …

L’obstination de quelques écologistes et citoyens bretons serait-elle en train de porter ses fruits ?

Depuis plusieurs années, ce dossier pollue la relation entre riverains et administrations, entre citoyens et le monde agricole.

En jeu : la prolifération des ulves, un peu partout dans les baies du Finistère et les Côtes-d’Armor. Elles tuent la vie sous-marine à petite dose, elles mobilisent les communes qui en période estivale doivent ramasser quelques fois plus de 3000 mètres cube d’algues vertes, elles polluent les paysages de la baie de Morgat, de Plestan ou Saint-Michel-en Grève. Et pire encore que la gène procurée par les odeurs de putréfaction, voilà leur dangerosité reconnue par une étude de l’Institut National de l’Environnement qui confirme des taux mortels d’hydrogène sulfuré dans certaines concentrations estuaires.

Les habitants proches de Saint-Michel-en Grève n’ont jamais compris les silences de l’administration toujours prompte, pourtant, à évoquer le principe de précaution  au moindre risque sanitaire, s’agissant par exemple de risques alimentaires. Dans cette affaire, il aura fallu plus de 10 ans pour qu’on diligente une étude et des prélèvements dont les premiers tests, sitôt réalisés aient confirmé les risques sur la santé des hommes. Et il aura fallu faire procès contre les pouvoirs publics pour que le chef du Gouvernement en compagnie de cinq ministres, veuille bien se déplacer et engager l’action de l’Etat.

Les élus attendent bien sûr de l’argent pour aider les communes à ramasser et à traiter ces algues.

Mais il faudra bien que l’on s’attaque à l’origine de cette pollution. Certes, Fillon a beau jeu (Ouest France 20/08/09) de souligner « le phénomène des marées vertes résulte d’une combinaison de plusieurs facteurs : excès d’azote d’origine agricole, température de l’eau, éclairement, baies fermées… ». Il n’empêche, tout le monde le sait, tout le monde craint de le dire tellement la pression corporatiste est forte et menaçante (j’en ai fait l’expérience !). C’est la concentration des élevages de porcs, et leur capacité d’épandage du lisier auquel il faut s’attaquer. C’est ce problème qu’il faut résoudre. Avec les professionnels, bien sûr, en les accompagnant dans les investissements nécessaires. Mais résolument, et cette fois pour une solution durable.

Kenavo.

Michel-Edouard Leclerc

Dimanche 16 août 2009

Ouverture Dominicale (1)

L’idéologie et le concret.

Week-end du 15/08 à Tregunc aux environs de Concarneau. Dès jeudi dernier, la ville s’apprêtait à accueillir quelques milliers de touristes pour la fête traditionnelle des filets bleus. Podium géant sur le parking de l’ancienne criée, affiches colorées pour annoncer une soirée celtique rock le samedi, et le défilé des bagads le dimanche.

Avec le beau temps, les touristes sont revenus : beaucoup d’Anglais et de Hollandais amarrés au ponton du port de plaisance, devant la Ville close. Et des toiles jaunes et bleues qui repeuplent les campings, et des dizaines de mobil homes en tous genres le long des plages. La fête s’annonce bien.

Dès lors, on ne comprend plus pourquoi, la plupart des commerces s’obstinent à rester fermés. A l’heure de midi d’abord, entre 12h30 et 14h00. Et le samedi et dimanche après-midi, alors qu’assoiffés et affamés en tous genres sont relégués sur les aires de pique-nique ou en terrasse, pour mâchouiller les éternels sandwichs qu’ils ont été obligés de préparer à l’avance.

C’est le jour du « Seigneur » diront les bigots ! La démocratie chrétienne, il est vrai, règne ici en maître, même au cœur du PS. Mais il y a belle lurette que les églises sont désertées ! « C’est le droit au repos de l’ouvrier ! » rétorqueront les syndicats. Oui, certes, mais ici les pêcheurs vont en mer, les ouvriers agricoles moissonnent dans les champs, et on bosse dur dans  le secteur de la restauration et des loisirs.

Foin des idéologies, faut-il être aveugle, et surtout être riche (le mot est d’un anglais mécontent) pour afficher sur les vitrines : « désolé, on est fermé » Après ça, faites donc l’éloge du « service client » …

La question du salaire, du sursalaire et des droits de compensation a bien sûr tout son sens dès lors qu’il s’agit d’étendre les horaires de travail. Mais Sarkozy a-t-il vraiment si tort, quand, invoquant la manne touristique, il fustige les rigidités sur le marché du travail. Tant de chômeurs voudraient travailler, tant de corporations prétendent manquer de chiffre d’affaires !

Et en plus, les curés s’y mettent aussi, impossible de visiter nos jolies églises renaissantes, passé 18h00.

Oui je sais, il n’y a pas que le business. Mais alors, soyons cohérents et arrêtons de geindre sur cette mauvaise saison commerciale, alors que l’on a laissé passer un formidable chiffre d’affaires additionnel. Et comprenons que l’on est en train de donner une image pitoyable de notre capacité d’accueil à toute une population touristique, pourtant attirée ici à coups de pub qui valent des millions…. Des touristes anglais, hollandais, pour lesquels, pendant 48h, pas un guichet de banque ne sera ouvert, aucun restaurant traditionnel ne sert plus après 14h30 et après 21h00.

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 13 août 2009

Produits frais : ils baissent aussi.

L’Insee vient de publier une livraison de statistiques concernant l’évolution des prix depuis un an.

L’indice des prix des produits frais de juillet aurait ainsi baissé de 13,5%.

Je comprends que cela représente une vraie perte de chiffre d’affaires en valeur pour les producteurs, notamment des fruits et légumes. Mais pour les consommateurs, c’est une bonne nouvelle.

Tant pis pour tous ceux qui continuent à polémiquer contre ces « distributeurs » qui ne répercuteraient pas la baisse des cours.

C’est vrai que sur certaines catégories de produits, il y a encore de la spéculation. Mais, ces 13,5 % de baisse, c’est bien dans les étals des hypers qu’ils ont principalement été constatés.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 12 août 2009

En Bretagne, il fait toujours beau.

Je suis à Concarneau, Finistère Sud. En bas, de la Loire à la Méditerranée, on parle de chaleur, de soleil, et même anticipe-t-on un regain de canicule. Mais ici, les hôteliers et les bistrotiers pestent contre les météorologistes. Non qu’ils aient tort dans leurs prévisions, mais parce qu’ils insistent trop, les traîtres, au risque de saboter la saison touristique.

J’aime aller marcher sur les dunes, là-bas, du coté de Nevez. C’est à deux pas de Pont Aven, lieu cher à Gauguin, à Seruzier, à Emile Bernard … C’est ici qu’officiait le grand poète breton Xavier Grall.

Une gueule à la Antonin Artaud, nourrit de Rimbaud, de psaumes, et d’autres flacons aussi tanniques, mais pétrit de culture et assoiffé de tendresse.

Longtemps, il nous a abreuvé de ses chroniques, dans le journal le Monde, le Télégramme. Il a porté le fer (« Le Cheval Couché») pour s’opposer aux niaiseries d’un trop plein de tradition (contre Pierre-Jackez Helias, auteur du fameux «Cheval d’Orgueil ».

Volontiers mauvaise langue, il savait sacrément polémiquer, jusqu’à caricaturer méchamment le trait.

Mais avec la météo, il savait composer. Je vous livre :

« Il crachine sur Trévignon. Comme des hordes de chiens gris, les nuages errent dans l’espace de la baie. L’humidité sur les murs, les vitres, cette glu, mais en juin, Trévignon prend sous le soleil neuf des couleurs catalanes… Voyez cette marée braillarde, bouillonnante ! Ce remuement insensé qui secoue les coques et les barques! Ecoutez ce jazz magnifique à la bouche des Bossoirs, aux orgues des roches, aux harpes des mâtures et des haubans. C’est bon, c’est fort ! Comment cette musique ne vous porte-t-elle pas à la hauteur de l’invention de la création, de la libération, le phare, comme une clarinette où viennent hurler les vents !

Clapots aux étambots ! Percussion de la grêle au tambour des quais !… »

Ce jour, j’ai envie de soleil, comme tous les «doryphores» fraîchement descendus du train à Rosporden. Mais de cette langue superbe, je ferai ma cape et passerai joyeux sous le grain.

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 10 août 2009

Hard Rock : les Scorpions piquent encore.

Le titre n’est pas de moi. Il s’affiche à la une de l’Alsace, alors que les papys allemands de Scorpions faisaient salle comble à Colmar ce dimanche. Impressionnant : près de 10 000 personnes ont rejoint la cité de Bartholdi pour venir écouter Klaus Meine, Rudolf Schenker et Matthias Jabs. Des cinquantenaires, comme moi, étaient venus snifer l’odeur des années 80. Mais aussi des milliers d’ados, des post ados, et des éternels ados, résolument fous de musique, de Hard Rock et de Métal. Une salle chaude, brûlante, enthousiaste, mais bon enfant.

Les Scorpions traînent 40 ans de tubes et de concerts, soit 75 millions d’albums. Schenker titre 61 bouteilles, mais qu’importe, ça déménage, ça crache partout des décibels et ils y mettent sacrément du cœur.

Une entrée en scène tonitruante, avec «Coming Home » (1984 déjà !) et pendant une heure et demi, alternance d’eau et de feu, de terre et d’acier. Full emotion quand Klaus Meine, enchaîne sur «Send Me An Angel». Il a encore une voix sublime. Il donne, et se donne. Il faut dire que son sourire quasi béat de jouissance, même au plus haut des aigus, témoigne de ce qu’il n’est pas shooté qu’au red bull !!! Bonheur aussi que d’entendre la foule reprendre, pratiquement sans être relancée par le groupe, «Style Loving You», « Wind of Change» sublime dans une lumière orange quasi mystique .

A côté de moi un teenager de ma maisonnée qui connaît tout de Scorpions, les collectors, l’enregistrement avec le philharmonique de Düsseldorf, les reprises par Kansas etc…. C’est un fan, c’est lui qui m’a converti. Je connaissais beaucoup de mélodies mais pratiquement rien du groupe : « si les vieux reviennent sur scène, c’est sans aucun doute pour l’argent, pour se faire un dernier pactole avant la retraite. A leur époque, ils étaient dans les mains des majors, ils n’avaient pas eu l’occasion d’engranger, en tout cas pas dans ces proportions ». Bertrand Burger, le Président du festival de Colmar (dans le civil une sorte de Robert Redford en plus jeune, et qui travaille dans la filière bois) rajoute : «mais ce sont des pros, et surtout, des géants». Hier Aznavour a fait craquer l’amphi et mercredi ce sera Léonard Cohen ! Quelles que soient les qualités de Muse, Coldplay et consort, aucun ne mobilise autant les foules que les formations des années 70-80.

Voilà qui rassure. Les soixantenaires restent des valeurs sûres. En économie aussi ???

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 7 août 2009

Crise du lait : les distributeurs dédouanés

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Un mois après le « coup de colère » de la FNSEA contre les marges excessives de la grande distribution, l’enquête de l’Observatoire des Prix et des Marges vient d’être publiée. Elle avait été brandie par Michel Barnier comme une menace à l’égard des distributeurs. Ses résultats sont clairs et nets : les distributeurs sont blanchis.

-         « L’Observatoire ne démontre aucun scandale » : Hervé Novelli, Ministre de la Consommation (Le Figaro, 29/07).

-         Les éleveurs ont bien vu leur marge baisser début 2009, mais 2008 fut exceptionnelle. L’industrie laitière, elle, a continué d’accroître ses marges brutes, ces dernières années, sur la plupart des produits, y compris pendant la crise. Mais ce sont les marges des distributeurs qui se sont le plus rétractées.

Le cas du lait demi-écrémé UHT est exemplaire. La marge des industriels est passée de 34,1 % en 2005 à 52,1 au second trimestre 2009. Mais celle des éleveurs est tombée de 32,1 à 25,9 % et celle des distributeurs de 28,5 à 17,1 %. En terme d’évolution, cela signifie que la marge des industriels a augmenté de 18 %, celle des éleveurs a baissé de 6,2 % tandis que celle des distributeurs a diminué de 11,4 %.

On peut consulter le rapport complet sur le site :

www.dgccrf.bercy.gouv.fr/concurrence/prix/observatoire_prix.htm

« Les résultats de l’Observatoire prouvent que l’origine de la crise est bien le marché international » : Bruno Le Maire, Ministre de l’Agriculture.

On se félicite donc du revirement des pouvoirs publics et des propos courageux et fermes des deux ministres, Hervé Novelli et Bruno Le Maire. Et on ne finira pas de s’interroger sur l’intérêt politique de ce gâchis qui a causé, en une semaine, 1 million d’euros de dégâts (source FCD) et tant de traumatismes chez les salariés de la distribution. Tout ça parce qu’un chef syndicaliste en difficulté pour tenir ses troupes a eu le culot de désigner la distribution comme bouc émissaire.

Michel-Edouard Leclerc