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Vendredi 20 novembre 2009

Publicité radio : l’hypocrisie des « mentions légales »

De l’avis de tous les professionnels, la pub à la radio reste terriblement efficace dès lors qu’il s’agit de booster les promotions ou d’accompagner un évènement commercial. Mais je m’interroge sur la multiplication des mentions légales qui ponctuent désormais pratiquement toute « réclame ».

Il s’agit de toutes ces précautions juridiques visant, de la part des distributeurs ou des industriels, à diminuer les risques de publicité mensongère : appel à consulter la liste des magasins auxquels la pub fait référence, énoncé des restrictions au bénéfice d’une promotion, liste restrictive des consommateurs éligibles, etc.

Et puis, il y a, de plus en plus, toutes ces mentions légales imposées par le législateur. Elles concernent l’abus d’alcool, de sucre, l’incitation à consommer des fruits et légumes, etc.

De fait, les messages sont de moins en moins audibles. On comprend bien le début, puis une voix off prend le relais et débite en accéléré un texte qui finit…complètement mâchouillé.

On peut être pour ou contre « la réclame ». Les publiphobes dénonceront à cœur joie cette hypocrisie. Mais il faut reconnaître que, même du point de vue du bon sens…tout cela n’a plus de sens !

Le diagnostic de Michel Cacouault, Président du Bureau de la radio, est imparable : « La radio est particulièrement handicapée car ces mentions légales doivent être lues, contrairement à la télé (ou au cinéma) où elles sont juste affichées en petits caractères en bas d’écran ».

Je suis d’accord avec lui. Il faut changer le système.

Nous ne contestons pas la nécessité de promouvoir des allégations santé et d’alerter sur les conséquences de surconsommation d’alcool, de gras ou de sel ! La santé, la sécurité, d’abord !

Aussi, c’est dans la forme qu’il faut trouver une autre solution. M. Cacouault (toujours lui !) propose (La Tribune du 3/11) que les agences offrent, gracieusement, des spots complètement dédiés à ces sujets, riches en conseils. Pour être audibles, toutes ces allégations devraient pouvoir bénéficier de la meilleure créativité que permettrait la séparation des recommandations légales des spots purement commerciaux.

De toute façon, ce sont les annonceurs ou les agences qui paient. Alors, pourquoi ne pas leur permettre de s’approprier directement le sujet et de transformer cette contrainte en un véritable combat pour leur marque.

Michel-Edouard Leclerc