Après la FNSEA, les pouvoirs publics et l’Observatoire des prix, il était difficile pour l’organisation de consommateurs de rester muette. L’UFC Que Choisir a donc publié cette semaine le résultat de son enquête épistolaire auprès des grandes enseignes.
Je la découvre aujourd’hui dans les pages de mon Ouest France quotidien. Onze lettres auraient été envoyées aux grandes surfaces du Finistère. Une seule réponse. Le courageux Michel Roualec (Système U à Saint Pol de Léon) a voulu bien faire. Ce patron d’un supermarché a expliqué et justifié sa marge : 25 % de marge brute, dont 12 % de frais de personnel, 6 % pour l’amortissement et 7 % de frais d’exploitation et taxes. Soit une marge nette inférieure à 2 %.
Tous les professionnels sont d’accord avec ces chiffres. Ils ont été publiés des dizaines de fois, et même cet été dans Ouest France et le Télégramme.
Rien n’y fait. L’UFC-Que Choisir dit « ne pas être convaincue ». Touche là, Saint Thomas, cette vérité que tu ne veux point accepter !
Les collègues de Mr Roualec ont compris qu’il ne servait à rien d’épiloguer. Les interrogations de Que Choisir ne sont ici que médiatiques. Et les réponses de nos professionnels contestées à l’avance ! L’inflation est passée de 5 à 0 % en rythme annuel, mais on continue de nier l’ampleur de l’effort.
Pour affirmer leur position, les militants de l’UFC réclament la limitation des marges et l’imposition d’un coefficient multiplicateur maximum en temps de crise.
Les Centres E. Leclerc n’y trouvent rien à redire. Chiche !
Que Choisir propose aussi que ce coefficient soit le fruit d’une concertation entre des producteurs, transformateurs distributeurs et consommateurs.
Alors, là, pas d’accord, je ne comprends d’ailleurs pas cette suggestion. Tout au long de son histoire, Que Choisir s’est méfiée des ententes. La présence des consommateurs ne rend pas l’affaire légale. Seul, l’Etat peut se substituer à l’application stricte du libre jeu du marché. C’est donc aux pouvoirs publics de prendre cette responsabilité.
Au fait, cette possibilité n’est-elle déjà pas inscrite dans la loi ?





