Archive pour juin 2010

Dimanche 27 juin 2010

Dynasty : 40 artistes exposent…

A la cafétéria du Palais de Tokyo, le dimanche, c’est Pierre Cornette de Saint Cyr qui est aux manettes. Elégant, chaleureux et virevoltant, il inspecte les tables, s’assoie près de quelques convives et plaide pour qui veut l’entendre : « Nos artistes contemporains ne sont pas assez connus sur la scène mondiale, des lieux comme ceux-ci ont vocation à les faire sortir d’un ghetto trop élitiste qui fait la fine bouche. » Une exposition populaire donc…

A deux, ils s’y sont mis : l’ARC du Palais de Tokyo et le MAM (Musée d’Art Moderne), son jumeau face à la Seine. Une expo regroupant une centaine d’œuvres : certaines plébiscitées sans problème, d’autres, très nombreuses, dérangeantes, frustrantes, déroutantes.

Personne, ici, ne dira : « Ce n’est pas de l’art » ou « Si ça c’est de l’art, je n’y comprends rien ». Mais on est quand même en plein cœur du questionnement sur le statut de l’Art cher à Yasmina Reza.

Je ne peux pas montrer les photos, les peintures, les statues, les installations (droits de reproduction !) et j’invite donc à aller découvrir l’expo.

J’ai aimé l’austérité feinte de Farah Atassi : des intérieurs pauvres, des chambres, des cuisines… La peinture de Guillaume Bresson aussi : des scènes de souterrains, de parkings, des univers un peu glauques avec leurs anecdotes, leur atmosphère quasi banale (en quelque sorte des natures mortes en sous-sol !).

Ah oui, j’ai beaucoup été amusé par « Le Solitaire » de Théo Mercier. Un bonhomme de trois mètres dont la fiche signalétique assure qu’il est « en spaghettis ». Sa texture donne plutôt à voir des amoncellements de bouts de ficelle. En tout cas, c’est un fantôme attachant, une divinité errante, douce, triste.

D’autres, bien sûr…

Mais au risque de ne pas vous paraître branché, j’ose exprimer deux remarques.

Tout d’abord, je ne comprends pas comment les organisateurs et les artistes peuvent afficher autant de prétention et produire un discours aussi faussement savant, aussi pédant.

Tenez ! A l’entrée, on distribue un petit catalogue : une rapide monographie sur chaque artiste. Je puise dans le texte :

-  « Leur travail explore l’espace entre la sculpture fragmentaire moderne et la contemplation promise par l’industrie du loisir » (Dewar et Gicquel).

-  « L’ordinaire s’enrichit de la sublimation d’un réel assez bas » (Armand Jalut)

-  «…proposent une lecture originale de recherches scientifiques sur la modulation du bourdonnement des moustiques au cours de leur accouplement. Les artistes proposent de modifier ce comportement en invitant des insectes à interférer avec un chant traditionnel indien » – sic !!!- (Robin Meier et Ali Momeni)

 - « Ces moulages excluent le spectateur, le tenant à l’écart d’une œuvre mise hors d’atteinte…elle annonce une mise en chantier de l’espace d’exposition » (Masahide Otani).

 - « l’artiste expose Ghost Dance, des empreintes de pas fossilisées….référence à une danse amérindienne…dont il reste aujourd’hui peu de traces » (Julien Dubuisson).

Quand je corrigeais les devoirs de philo à la fac, on appelait cela du remplissage et on biffait la page.

Et puis, dans ce genre d’exposition, on ne peut échapper à la confusion des genres. A force de blablater sur l’Art et de refuser toute pédagogie, on finit par faire jouer aux spectateurs des scènes dignes de Jacques Tati.

Je raconte : dans une grande pièce, des monceaux de matières sont proposés, les uns suspendus (amas de poussière grise agglomérée, façon sac d’aspirateur), d’autres au sol, caisson percé d’alvéoles comme pour recevoir des culs de bouteille. Facile, c’est spectaculaire, c’est signé. Donc, de l’Art. Au milieu d’une autre pièce, l’échafaudage est incontournable. Je pense que c’est une « installation », même s’il n’y a pas d’indication spécifique. Ailleurs, voici des volets fermés accrochés au mur (sans doute pour dire un truc comme « exclusion »). Je crois que je comprends. Mais plus loin, une porte est simplement ouverte, avec une lumière intérieure qui attire. Je rentre en respectant le caractère sacré (supposé) du lieu et, à ma suite, d’autres curieux. Effectivement, contre le mur, des chaises empilées intriguent et aussi des objets domestiques rangés sur une échelle façon Ikéa ! On cherche l’auteur. Mais c’est une voix qui interpelle : « Désolé, vous n’avez rien à faire dans ce débarras ». Je n’aurai pas pu l’inventer !

Je ne veux pas sortir de cette expo définitivement perdu pour l’art contemporain.

Je reviens dans le hall du MAM. Gigantesque, l’accrochage est d’une grande sérénité. Les peintures aux murs sont puissantes. Mais là, à gauche, me fait face une hyène (ou un lycaon) empaillée. J’observe la scène. L’éclairage englobe à la fois la bestiole et un gardien assis sur sa chaise près de laquelle est posée une bombe anti-incendie. Eh bien, je m’interroge toujours, figurez-vous, je ne suis plus tout à fait sûr de savoir lequel de ces « trois objets » est l’Oeuvre. Courez-y et dites-le moi.

Michel-Edouard Leclerc

Samedi 26 juin 2010

Muse, nouvel héros de sa génération

 Beaucoup d’articles avant les concerts, peu de critiques dans les journaux à l’issue de leur prestation. Et pourtant…

Pari gagné. Les 11 et 12 juin derniers, Muse a rempli et conquis le Stade de France. Le trio avait sorti l’artillerie lourde, enchaînant pendant 2 heures hit sur hit, avec une mise en scène impeccable. Enorme, génial !

Au début, j’ai cru à une vraie manif, genre « intermittents du spectacle », quand un groupuscule de contestataires, en bas de la scène, a fait voler haut bannières et drapeaux rouges et noirs. Mais c’était de toute façon tellement dérisoire par rapport à la monstruosité du podium multi-écrans, sorte d’antre sidéral abritant matériel et musiciens ! Eh oui, en matière d’ouverture, Muse ne propose pas d’apéro. C’est tout de suite que l’on passe à la surmultipliée avec « Uprising » et « Supermassive Black Hole ».

Pendant les 2 concerts, mêmes sensations. Tant que le jour persiste, « l’effet Stade » s’oppose à toute intimité. Le public sautille, chacun dans son coin, public de fans, public bon enfant. Mais on en sent peu le pouls. Il faut dire que la scène est loin des tribunes opposées, et les écrans trop petits malgré leur démultiplication. Avec des images très rapides, morcelées, rythmées, mais difficiles à apprécier ! Même « Hysteria » ne soulève pas les foules, si ce n’est dans les premiers rangs de la fosse.

Mais vient la nuit. Et là, c’est une totale et belle communion : parterre de lucioles pour « Soldier’s Poem ». Emerveillement partagé au survol d’un danseur féérique, sous sa capsule argentée, le temps d’un majestueux « Exogenesis Symphony ».

La dernière demi-heure fut « de folie ». Gigantesque, émouvante, sans jamais de faiblesse. Matthew Bellamy est un grand chanteur, en plus que d’être un génial compositeur. Chris Wolstenholme ne se départit pas de ses airs de bûcheron appliqué et jouisseur. Howard, lui, apparaît plus que jamais comme le chef d’orchestre, l’animateur de qui dépend essentiellement la relation avec le public.

« Resistance Tour » était le titre de leur album et de ces pérégrinations qui, de l’Europe à l’Australie, préparent leur reconnaissance américaine. Mais les résistants ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

Sur les blogs de fans, le succès populaire entraîne aussi des frustrations, une sorte de jalousie : « Ils se sont embourgeoisés, ils font du showbiz…façon Futuroscope du pauvre ». C’est aussi la nature du public qui est visée : « On ne peut plus triper ».

Remarques injustes et pourtant compréhensibles.

A l’origine, Muse était un groupe discret : premiers concerts français devant 200 personnes à l’initiative de MTV, diffusion par, ce qui n’était encore qu’un petit label, Naïve. Même encore à Bercy, les équipes de Warner me faisaient remarquer que l’enthousiasme des fans était bien supérieur aux ventes. Et le mois dernier, au concert privé organisé par Orange (Casino de Paris), Bellamy avait voulu limiter les invitations aux seuls fans…en reconnaissance.

Désormais, ils sont au sommet, et crédités d’une musique intelligente, complexe, notamment pour ses rifts, ses préludes glamours, ses réminiscences classiques, ses astucieux collages et les arrangements les plus fous.

Au Stade, Muse a démontré l’étendue de sa démesure. Il leur fallait « se mesurer à la gloire » (Matthew Bellamy).

Je ne doute pas un seul instant qu’un jour, ils reviendront en salle !

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 24 juin 2010

Prix du bio à deux vitesses : chez Casino, on n’a pas de complexe

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Qui eût cru que Jean-Charles Naouri, cet ancien fonctionnaire bien sage du Ministère des Finances devenu PDG du groupe Casino, oserait un jour s’encanailler sur le territoire très bagarré de la publicité comparative.

Il y a deux mois, il focalisait la comparaison sur un panier de 40 produits de consommation courante. Un peu petit bras, disais-je alors, par rapport aux milliers d’articles vendus en hyper. Il revendique aujourd’hui la gamme bio la moins chère.

On ne l’attendait pas vraiment sur ce segment de marché, vu l’étroitesse de son offre. 29 articles en promo, il n’y a pas de quoi faire trembler les concurrents. Sûr, en tout cas, que ça ne rend pas crédible la comparaison ! (Cf. ma note du 20 avril 2010). On en reparlera prochainement !

Le coup de pub est malin. Leader Price se contente de challenger E. Leclerc et Carrefour. L’enseigne omet de se comparer à l’autre fleuron du groupe Naouri, j’ai cité Géant, ex Géant Casino.

Pourquoi se faire du mal en effet.

Mes collaborateurs ont comparé les prix des produits dans la publicité Leader Price avec ceux du Géant de Chalon sur Saône qui dispose d’un site de courses en ligne consultable sur Internet (prix magasin).

Sur les 29 produits bio de la pub Leader Price, 20 sont aussi vendus chez Géant. Le panier de ces 20 produits bio est 42 % plus cher chez Géant que chez Leader Price. Voici quelques exemples :

 Tableau

« Bio chez Géant », « Bio chez Leader Price »… Deux politiques de prix très éloignées pour des articles que les publicitaires de JCN s’évertuent à nous dire « comparables ».

Les écarts entre les deux enseignes du groupe Casino sont d’autant plus incompréhensibles que les conditions d’achat doivent être, à peu de choses près, les mêmes. On voudrait donner raison à Que Choisir sur l’ampleur des marges dans certains magasins qu’on ne s’y prendrait pas autrement (sic).

Voilà, en tout cas, un effet boomerang que n’avaient pas prévu nos confrères de Casino. C’est l’arroseur arrosé. Dans sa première pub comparative, Leader Price faisait fi des segmentations du marché, en s’arrogeant le droit de tout comparer chez les autres et même des produits (du 1er Prix aux MDD) qui ne sont pas réellement comparables. A partir d’un tel raisonnement, on comprend  pourquoi Leader Price ne se compare pas à Géant. Ce serait reconnaître l’inefficacité des politiques de différenciation d’enseignes.

Allez, ça c’était pour le fun.

Pour le reste, reconnaissons que cette bataille sur le bio est bonne pour la santé. Voilà les distributeurs obligés de « se bouger ». Et vous allez voir (j’insiste !!!), ça va beaucoup décoiffer.

A suivre…

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 11 juin 2010

Les Misérables, d’après Victor Hugo, de Schönberg et Boublil

Lesmiserables2

C’était au Théâtre du Châtelet. Assurément, ce fut du grand spectacle.

Il faut dire que les décors étaient magnifiques : tantôt sous forme de dessins d’Hugo, projetés, agrandis, et au final en 3D (astuce qui nous a valu une fuite terrifiante de Jean Valjean dans les égouts de Paris), tantôt d’une machinerie savamment construite, magnifiée par un éclairage des plus beaux effets.

 La mise en scène est impressionnante. Beaucoup de plans (trop ?) se succèdent dans la première partie : on passe, toutes les dix minutes, dans un décor différent, du bagne à l’usine, de la sortie du bordel au presbytère, d’une taverne à sa ruelle riveraine. Alors qu’en deuxième mi-temps, les acteurs évoluent devant une gigantesque barricade à laquelle les seconds rôles qui tournent le dos au public, semblent scotchés.

Bon, je n’ai pas aimé la musique de Schönberg. C’est du lourd, du grave, une vraie musique de genre, comme dans certains films des années 50. Rien que du prévisible et il faut beaucoup de talent aux chanteurs pour personnaliser un livret qui voudrait nous familiariser avec tant de personnages. De ce fait, on sent tout de suite le parti pris : les partitions intimistes (Valjean et Cosette, Cosette et Marius, Marius et Eponine) sont interprétées avec beaucoup de sensibilité. John Owen-Jones (Valjean) domine son monde autant par le coffre que par la subtilité. Mais la mort de Gavroche, pourtant si bouleversante dans le texte, est traitée en off (parce que cachée par la barricade). Le monologue de Javert (très applaudi !), juste avant son suicide, virait (à mon goût) au tragi-comique. Et la prestation de la pauvre Eponine relevait de la pantomime tant il fallait, pour donner de la voix, s’échapper des bras de Marius, son amour impossible, pour y revenir agoniser entre deux tirades !

Pour qui n’a pas lu le Maître, incontestablement, l’histoire, ici, est magnifiquement racontée, spectaculaire, pathétique.

Mais pour celui dont le texte d’Hugo a bouleversé l’adolescence, cette comédie musicale laisse un goût de…produit dérivé.

Allez, Mel, ne fais pas ton snob. Un bon péplum, genre « Ben-Hur » ou « Les Dix Commandements », n’a jamais fait de l’ombre à un grand texte. Et avant que Cameron Mackintosh (le producteur) nous gratifie de cette comédie, ils furent des dizaines à avoir tenté d’adapter Hugo. J’avais aimé, en son temps, le Jean Valjean de Claude Santelli (avec très peu de moyens) quand il dirigeait à l’ORTF « Le Théâtre de la jeunesse ». J’ai gardé en mémoire Gabin des années 60 en Jean Valjean. J’ai moins aimé le film de Josée Dayan. Mais avec Boublil et Schönberg, on est au niveau des grands succès populaires de Robert Hossein.

Pas sûr que Hugo, mégalo en son temps, n’eut détesté ce parti pris et cette débauche de moyens.

Reste que, sur le fond, on a eu le droit à quelques belles incongruités. Les discours sur les barricades surmontés du drapeau rouge, avaient des airs plus « mao » que « communards ». Et à défaut que le bon peuple ne rejoigne les partisans sous la mitraille, les chœurs finissaient par ressembler à ceux d’une Armée Rouge, version vinyle restauré !

Mais alors, le pompon, c’est vraiment la scène finale.

Le syncrétisme religieux n’aurait pas fait peur à notre écrivain, amateur de spiritisme et tourneur de table. Mais voir les figures angéliques (post mortem) de Fantine et d’Eponine tendre la main à Jean Valjean pour le rejoindre au paradis céleste, c’est trop vite enterrer l’esprit des barricades. Une heure auparavant, Valjean interpellait son Dieu avec amertume : « Je lève les yeux aux Cieux, il n’y a que la lune ».

Quand la comédie s’approprie (viole ?) la tragédie, Offenbach finit par singer Hugo. Les Thénardier qui jouent ici un étourdissant vaudeville, finissent par passer pour des guignols. Et là, on est quand même bien loin du messianisme hugolien et de la critique sociale.

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 3 juin 2010

Comme pour le commerce équitable, la Grande Distribution dénaturerait le bio ???

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« Tu ne fais pas de commerce équitable, tu es un sale exploitant capitaliste. Tu vends ses produits, tu n’es qu’un habile récupérateur ! »

« Idem pour le bio. C’est bien, mais ce n’est pas pour toi !!! »

A force de taper sur la grande distribution, les zélateurs du « small is beautiful » ont fini par se caricaturer.

Le commerce équitable ? Il a suffi qu’on dise « chiche », qu’on y envoie nos cadres, et qu’ils souscrivent quelques centaines de contrats pour que les cris d’orfraie des militants purs et durs viennent essayer de couvrir la satisfaction des paysans dont les produits, enfin, arrivaient sur nos étals.

Et le bio ? Ca fait tout de même plus de 20 ans qu’on tâtonne, qu’on expérimente : Monoprix, Cora, les Centres E. Leclerc, Carrefour qui a créé ses filières, Auchan dernièrement… Et maintenant qu’on booste les ventes, nous voici accusés de ne pas prendre en compte « l’aspect social et environnemental » du bio (FNAB) et, du fait des importations, d’assurer la « liquidation de la production de nos terroirs » (Confédération paysanne). « La grande distribution va se servir du bio…sans se soucier des dégâts sociaux que ca peut entraîner » (Philippe Collin, Confédération paysanne, cité par l’AFP ce dimanche).

Mon Dieu ! Comment peut-on dire et écrire de telles bêtises et se contredire d’une année sur l’autre. Ce sont les mêmes, oui les mêmes qui font la promotion du commerce équitable (des produits forcément importés car ils viennent du Sud) et qui viennent maintenant nous dire qu’il ne faut pas importer le bio parce que ça brûle du CO².

Ah bon, et pas le cacao Max Havelaar ? Et pas non plus les jus de fruits équitables du Kerala, ni les asperges du Pérou ou les petites bananes de l’Equateur ?

Du commerce équitable comme du bio, on en oublierait qu’il s’agit avant tout d’actes économiques et commerciaux. Les petits producteurs sont dans le besoin, ils n’ont ni la taille, ni l’organisation pour rentrer sur les marchés occidentaux, et leur marché intérieur n’offre que peu de débouchés. C’est là où la distribution moderne a un rôle à jouer, avec ses faibles marges et ses moindres coûts logistiques.

Convenons au moins de deux vérités :

1)  Le prix est un frein à l’achat des produits bio ! C’est un problème d’inorganisation du marché et d’atomisation du nombre de producteurs. Si l’on estime que le bio offre une reconversion intéressante pour nos agriculteurs (et pour notre santé), alors développons le marché. Ce n’est pas en restant dans des espaces confidentiels, fussent-ils sympas, écolo baba cool militants, qu’on y arrivera !

2)  Si on doit importer du bio, c’est qu’on n’en produit pas assez en France. Plutôt que de critiquer les importateurs et d’invoquer le retour au protectionnisme, investissons dans une politique nationale du bio. Réaffectons une part substantielle des subventions agricoles dans ce secteur et même dans l’agriculture raisonnée. La demande est forte, la production plus rémunératrice, voilà un bon placement collectif de l’argent public.

A vous entendre…

Michel-Edouard Leclerc