Archive pour janvier 2011

Lundi 31 janvier 2011

Matières premières et hausse des prix : il faut trier le bon grain de l’ivraie !

Tous les médias nous interpellent sur les hausses de prix. Je me garde bien de mettre de l’huile sur le feu connaissant les crispations actuelles.

Vu les pressions contradictoires auxquelles ils sont soumis, les négociateurs commerciaux n’ont pas la partie facile. Qu’ils soient salariés d’une coopérative agricole, de l’industrie de transformation ou d’une enseigne de distribution, il est difficile pour eux de ne pas devenir schizophrène.

Je sors d’une réunion avec les adhérents et les cadres en charge de boucler, d’ici fin février, le round des négociations annuelles prévues par la loi.

Les convictions sont claires s’agissant des demandes du secteur agricole ou de la plupart des PME qui commercialisent des produits peu transformés : la hausse des tarifs est inéluctable mais doit rester proportionnelle à l’inflation des coûts d’approvisionnement.

Mais derrière « les petits », il y a des fournisseurs dont les prétentions sont énormes. Ca va de 8 à 17 % d’augmentation pour les produits à base de volaille, 6 à 15 % pour les denrées à base de laitage et de fromage, 18 à 49,5 % pour les cafés, 25 à 48 % pour les farines, mais aussi de 8 à 12 % pour les détergents, les produits d’hygiène-beauté. Le textile sera impacté par la hausse du coton et du transport avec des hausses de 15 à 20 %.

Dans le collimateur des pouvoirs publics depuis le vote de la LME, les acheteurs de E. Leclerc sauront agir en responsables. Ils savent de toute façon qu’ils n’ont pas le droit à l’erreur. Entourés de juristes, dépouillant les informations en provenance des marchés amont et tenant compte des situations financières et sociales des entreprises, ils doivent procéder à des arbitrages dont ils devront rendre compte.

Nous ne pouvons rester insensibles aux appels du Ministre de l’Agriculture invoquant la nécessité d’apprécier l’ampleur de la crise. (Nous serons d’ailleurs présents à la réunion organisée par Monsieur Le Maire et Monsieur Lefebvre, mercredi prochain). Mais faut-il, pour autant, lâcher le barrage devant la grande industrie ?

Dans cette crise, certains ont choisi la surenchère. Mais au jeu du poker menteur, les dindons risquent de ne pas être ceux que l’on croit. C’est la consommation qui va tirer la croissance en 2011 comme elle l’a fait en 2010. Un regain d’inflation casserait complètement la machine. On peut encore la contenir à 2 ou 3 % (moyenne annuelle intégrant des pics de hausse des produits agricoles à 2 chiffres parfois). Mais au-delà, la frustration et la revendication pourraient surprendre tant la préoccupation du pouvoir d’achat focalise l’attention de l’ensemble des Français. Et croire que les émeutes seraient réservées aux autres…

Avec humilité, je rappelle à nos décideurs politiques ce sondage Viavoice, publié dans Les Echos du 27/01. A la question posée aux Français : « A qui faites-vous le plus confiance pour améliorer votre pouvoir d’achat ? », la réponse est : « Personne » à 45 %. Les acteurs économiques sont crédités de 16 % (grandes surfaces) et de seulement 11 % (politiques et syndicats).

Chacun a raison de défendre les intérêts de son entreprise, de son secteur. Mais sans une volonté collective de maîtriser les dérapages inflationnistes, tous les secteurs pourraient y perdre !

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 28 janvier 2011

Hausse des prix des matières premières : la tendance et la bulle !

Florence de Guitarre©

Le sujet agite le G-20 et divise les experts. Les agriculteurs et les gestionnaires de L’Aide Alimentaire Internationale préconisent un « lâcher  de production » pour faire face aux prévisions d’augmentation de la demande alimentaire mondiale. La Commission Européenne, elle, veut limiter les instruments de régulation à la gestion des stocks. Et les acteurs du marché (analystes, traders, stockers…) ne veulent pas entendre parler des phénomènes spéculatifs dont ils s’obstinent à minimiser le rôle.

Pour moi, pour nos acheteurs, on a affaire au contraire à une énorme bulle spéculative. Et si on nous joue aujourd’hui la politique de l’autruche, c’est qu’il y a vraiment beaucoup de monde qui a intérêt (malgré les émeutes au Maghreb, en Inde ou en Chine) à faire avaler aux consommateurs qu’ils devront s’habituer à payer leurs denrées alimentaires au prix fort. On nous tient le même discours qu’en 2008.

Je voudrais vous soumettre quelques motifs de scepticisme sur la version qu’on nous sert aujourd’hui :

 1)    Il y a, incontestablement, un accroissement de la demande mondiale de matières premières, notamment de la part des pays émergents : Chine, Russie, Brésil, Inde, etc. Les ressources se raréfient. La demande va durablement tirer à la hausse les prix de l’étain, du cuivre, etc., comme ceux du pétrole. Il y a bien une tendance inflationniste.

Quid des produits agricoles dont le cycle de production se renouvelle ? Probablement aussi, mais cette tendance n’explique pas la volatilité et l’irrationalité des cours (variations de prix de 40 à 200 % sur quelques mois). On ne nous fera pas croire qu’Indiens ou Chinois ont changé leurs habitudes alimentaires en une aussi courte période et influenceraient ainsi le prix du lait ou du cacao.

2)    Les phénomènes climatiques (incendies et sécheresse en Russie, Kazakhstan, Ukraine, inondations en Chine et Australie) ? Oui, bien sûr. Mais c’est conjoncturel et pourquoi faudrait-il anticiper une inflation durable alors que les estimations les plus pessimistes ne sont pas alarmistes (la France continue d’exporter !!!). Si, cet été, les récoltes en Europe ou aux Etats-Unis sont bonnes, les cours (mais les tarifs fournisseurs ?) chuteront aussitôt.

3)    Les biocarburants ? Explication valable mais partielle. Même si on considère que la production de céréales alimentaires a été raréfiée au profit de la culture de céréales destinées à la combustion, ça n’explique pas la flambée des autres denrées. Et vu les écarts de rémunération versus les produits consommables, il y aura dès l’année prochaine, c’est sûr, une réaffectation des surfaces cultivées.

4)    Alors donc, pourquoi cette volatilité ? N’en déplaise au camarade Chalmin, éminent analyste, coordinateur du rapport Cyclope, elle n’est pas que l’écume des vagues. Si l’on en croit les salles de marchés, elle en est même l’accélérateur.

De fait, il y a deux types de spéculateurs :

-   D’abord, les professionnels qui valorisent leurs stocks (nos Beaucerons, nos Briards, nos Picards vont, sans travailler plus, faire une « double récolte » en retenant leurs ventes) quand d’autres alimentent la flambée en demandant à Cargill, à Louis Dreyfus et autres traders de les « couvrir » jusqu’à des prix prohibitifs, etc.

-   Mais il y a aussi de nouveaux intervenants (fonds de pension, banques d’affaires, investisseurs institutionnels) qui placent leur argent sur ces matières premières compte tenu de la faible rémunération sur d’autres marchés. Ces fonds (et les fameux « dérivés »), suscitent plus de 50 % des transactions sur le marché des matières premières. Les économistes libéraux nous disent qu’ils participent de l’équilibre offre/demande. Peut-être. Mais leur motivation n’a aucun rapport avec un quelconque usage professionnel, quand les vrais professionnels pâtissent de ces variations erratiques de cours.

Les organismes publics ou les Etats peuvent tenter de freiner l’inflation tendancielle en organisant la transparence des stocks. Mais pour s’attaquer à la volatilité de ces marchés, c’est à la spéculation financière qu’il faut s’attaquer.

Nier ces pratiques, nier leur impact, c’est par avance vouer à l’échec toute politique de régulation physique des produits, telle que préconisée par la Commission Européenne ou la FAO.

Quant à nous, quant à nos acheteurs, il faut donc faire le tri. Accepter de donner de l’air aux entreprises agricoles (éleveurs, par exemple) dont les coûts d’approvisionnement font perdre toute espérance de rentabilité si on ne lève pas le couvercle de la soupape.

Mais s’agissant des produits de plus en plus transformés, il convient de ramener les prétentions tarifaires au seul impact de l’augmentation des matières premières, étaler les hausses pour ne pas cautionner leur anticipation. Et surtout, prévoir des clauses de révision de prix en cas de retournement des marchés (histoire qu’on ne nous refasse pas le coup des années 2008/2009 !!!).

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 26 janvier 2011

Prix des médicaments : le grand écart

Je réponds à Prévost, Levi, Steeve, Fredkar, Vexlard, Baudoin, Michon, guillaume…

Vous avez raison, je m’y prends mal. En voulant argumenter sur les qualités d’un système qui serait plus concurrentiel, je suscite forcément l’énervement de la corporation. Posons donc la question autrement : trouvez-vous normal… ?

Trouvez-vous normal que le magnésium ait autant augmenté ?

Laissons donc tomber le problème que constitue l’arrivée éventuelle de E. Leclerc sur ce marché ! Quelle justification les tenants du système actuel peuvent-ils produire ?

Trouvez-vous normal des écarts de prix aussi énormes entre pharmaciens d’une même zone ?

Pensez-vous que dans ces exemples, les officines qui vendent 200 % moins cher vont déposer le bilan ? Et pensez-vous réellement que celles qui sont les plus chères ont des coûts de fonctionnement 2 à 3 fois supérieurs à ceux de leurs collègues les moins chers ?

Nous dérangeons parce que nous posons clairement les termes du débat. Mais si vous pensez que la solution n’est pas de vendre des médicaments non remboursés dans nos parapharmacies sous le contrôle de nos diplômés de pharmacie, que proposez-vous ?

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 25 janvier 2011

La Légion d’Honneur d’Edouard Leclerc : selon qui vous la donne…

Je réponds à « Tschuss1 ».  

On pouvait s’attendre au pire,  mais je ne m’attendais ni à ces mensonges, ni à cette manipulation ! Certes, il y eut bien une phrase pour dire « Edouard Leclerc n’a pas dénoncé… », mais tout le reste n’était là que pour faire penser le contraire. Le témoignage des descendants d’une famille meurtrie, une instruction à charge…sans aucune référence aux décisions de justice, ni aux commentaires connus d’historiens ayant rétabli la vérité des faits. Jusqu’à la mise en scène filmée devant le domicile, voulant faire croire qu’Edouard Leclerc aurait refusé de fournir des réponses alors que les journalistes avaient sollicité (par lettre recommandée !!!) et reçu  toutes précisions justifiant qu’on ne revienne pas sur ces polémiques nauséabondes.

Il est un fait qu’à la fin de la guerre et dans un climat de règlements de comptes (son père était très engagé politiquement à droite), Edouard Leclerc, encore adolescent, a payé de sa réputation des accusations dont les tribunaux de la résistance l’ont complètement dédouané. C’est lui-même qui lors de différentes interviews (d’ailleurs maladroites !), au tout début de sa carrière, a dit à quel point il a vécu cette période comme un traumatisme.

Mais les histoires familiales ont leur côté sordide. Deux des frères d’Edouard, commerçants ayant connu des difficultés, n’ont pas hésité, dans des moments de jalousie, à se prêter à des déclarations indignes qui ont été instrumentalisées par les adversaires des Centres E. Leclerc. Une première fois, elles ont été relayées par un syndicat de commerçants poujadistes (CIDUNATI), puis par des hommes politiques (UNR) quand Edouard Leclerc dénonçait le financement des partis politiques. A chaque fois, pour faire taire les calomnies, Edouard Leclerc a saisi la justice et obtenu la condamnation de ses diffamateurs.

Pourquoi cette polémique aujourd’hui ? 65 ans après ? Parce que c’est le Président de la République qui a remis la Légion d’Honneur à Edouard et Hélène Leclerc ?

Dieu sait qu’ils n’ont jamais couru après les médailles. Pas leur genre.

Personne n’avait rien trouvé à redire quand, en 1965, on fit Edouard Leclerc Chevalier de l’Ordre National du Mérite au nom du Général de Gaulle ! Peu importe aux accusateurs d’aujourd’hui que ce soient des habitants de Landerneau qui, voulant honorer les époux Leclerc pour leur contribution au développement économique, ont demandé cette distinction. Voilà, à 84 ans, Edouard Leclerc instrumentalisé dans une émission qui ne cachait pas sa motivation politique.

Cette affaire aura une suite judiciaire (le journaliste à l’origine de ces rumeurs a annoncé lui-même qu’il allait probablement être mis en examen).

Un total gâchis dont il ne sortira que des blessures !

P.S. : Telle offense au père, mais pas au fils. De bons esprits ont cru malin de rappeler qu’en 2003, je fus ainsi honoré (je n’avais rien demandé) en remerciement de l’implication du mouvement E. Leclerc lors du passage à l’euro. (Le patron de Carrefour aussi, figurez-vous.) J’aurais pu aussi, lors de l’émission de France 2, rentrer dans la cible, sans doute aux côtés d’autres people. Mais voilà, qui songerait aujourd’hui à brocarder une initiative de…Laurent Fabius !

Eh oui, selon qui vous « fait » Légionnaire…

Michel-Edouard Leclerc

Dimanche 23 janvier 2011

La fonction de l’épicier (fable)

Quelques bonnes âmes se sont étonnées de voir mon nom cité dans le classement « Top 10 » des patrons mondiaux préférés des Français (Baromètre France Inter/Viavoice/HEC/Le Figaro). Quoi ! dit un journaliste sur France Inter : un distributeur, un épicier…juste derrière Bill Gates et Steve Jobs (comme si ce dernier, d’ailleurs, n’était pas le meilleur vendeur d’Apple !). Mon ego, d’abord flatté, s’en est trouvé chatouillé.

Pour répondre à ces remarques ironiques, l’adhérent de Clermont-Ferrand (Michel Buchard) m’a malicieusement fait parvenir ce panégyrique célèbre de l’épicier, ancêtre du distributeur d’aujourd’hui. C’est évidemment pour le fun que je vous le livre !

« Enfant, l’épicier te vend des billes d’agate, aussi jolies que tes yeux brillants, des soleils toujours aussi infatigables à tourner que tu l’es à courir, de la ficelle pour le cerf-volant et le cerf-volant lui-même.

Vieil invalide, il te vendra le tabac, éternel, que tu fais passer de ton mouchoir dans ta tabatière et de ta tabatière à ton mouchoir, car le tabac, le nez et le mouchoir d’un invalide sont une image de l’infini aussi bien qu’un serpent qui se mord la queue, et mieux que cela, l’épicier te vendra la roquille d’eau-de-vie qui t’aide à endormir tes douleurs.

L’épicier vend l’hostie et les cierges au prêtre, l’abécédaire et les plumes au maître d’école, les dragées au parrain, du savon à la mariée, de la liqueur à l’époux, du papier à l’électeur, des fusées au député, je ne sais pas ce qu’il ne vend pas…

Il vend des drogues qui donnent la mort et des spécifiques qui rendent la santé. Il s’est vendu lui-même au public comme une âme à Satan. Il est l’alpha et l’oméga de toute société humaine. Vous ne pouvez pas faire une lieue, un crime, une bonne action, un repas, une œuvre d’art, une orgie, une maîtresse sans avoir recours à la toute puissance de l’épicier.

C’est la civilisation en boutique, la société en cornet, la nécessité armée de pied en cap. C’est l’encyclopédie en action, c’est la vie elle-même distribuée en tiroirs, en bouteilles, en sachets, en bocaux.

Je préfère la protection d’un épicier à celle d’un roi. Soyez abandonnés de tout, même de Dieu, s’il vous reste un épicier pour ami, vous vivrez chez lui comme un rat dans son fromage.

Aussi « nous tenons tout !… », vous disent-ils avec juste orgueil. Alors quand vous lirez en lettres d’or : Un Tel, épicier du roi, demandez-vous avec terreur, qui est plus souverain, ou du roi de l’épicier ou de l’épicier du roi. »

Honoré de Balzac, Fresque de la société humaine et française, 1840

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 20 janvier 2011

Prix des médicaments non remboursés : toujours trop d’écarts

Thinkstock©

C’était l’idée de Roselyne Bachelot. Mettre les médicaments non remboursés devant le comptoir des officines avec un affichage des prix pour que la concurrence puisse jouer. Beaucoup de pharmaciens étaient réticents et les organisations de consommateurs restaient perplexes, mais sans vraiment prendre parti pour une concurrence ouverte à d’autres circuits.

Eh bien, maintenant, on sait que cela ne fonctionne pas.

En 2009, une première étude du BIPE montrait que les écarts de prix entre pharmacies d’une même zone atteignaient 70 % en moyenne, avec même des pointes à 300 %.

Un an plus tard, la situation reste inchangée. Une deuxième étude confirme que les prix continuent de varier du simple au double selon le médicament.

Plus préoccupante encore, l’augmentation constatée sur certains médicaments après déremboursement : jusqu’à 53 % par rapport au prix tarifé !

L’exemple du Magnésium est révélateur. Remboursé à hauteur de 35 % jusqu’en juillet 2010 et alors vendu au prix imposé de 3,22 €, il est aujourd’hui vendu 4,69 € en moyenne au niveau national, soit une augmentation significative de 46 %.

Tout cela n’est déjà plus marginal. Il y a eu deux vagues de déremboursements en mars 2006 et en janvier 2008. On en annonce d’autres. L’impact inflationniste est double pour les consommateurs. Il leur faut payer ce qui est déremboursé et en plus, maintenant, c’est au prix fort.

36 % des Français annoncent vouloir reporter leurs soins en raison de leur coût, ou même y renoncer.

Ce constat me conforte qu’il faut persévérer et continuer à mener campagne, non pas contre les officines, mais pour que ces médicaments puissent être commercialisés moins cher dans d’autres circuits (parapharmacies) et sous contrôle d’un diplômé de pharmacie.

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 18 janvier 2011

Les mystères de l’informatique !

J’étais très surpris de ne pas pouvoir lire vos commentaires depuis quelques jours. En effet, même si tous n’ont pas de rapport direct avec la note postée, le site enregistre, quotidiennement, un certain nombre de contributions.

Or, depuis le 10 janvier…plus rien. On attend un peu avant de réagir : il n’y a peut-être rien à dire, nos habitués font relâche ! Mais voilà, plusieurs jours passent et toujours rien ! Nos services s’activent alors et oh, surprise, découvrent un bug informatique.

Toutes les communications sont maintenant rétablies, mais nous avons perdu les messages que vous auriez postés entre le 10 et le 17 janvier.

Alors, si vous avez toujours vos notes, n’hésitez pas à nous les renvoyer.

 Et mille excuses pour ce désagrément provisoire…

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 17 janvier 2011

Jean-Christophe Rufin (membre de l’Académie française) présidera le Prix Landerneau 2011

Après les écrivains Dan Franck, Jean Rouaud et Philippe Grimbert, c’est Jean-Christophe Rufin qui m’a fait l’honneur d’accepter de présider le jury qui décernera le Prix Landerneau 2011.

Jean-Christophe Rufin est Docteur en médecine, spécialisé en neurologie et en psychiatrie. Il s’est fait connaître pour son dévouement dans des grandes organisations humanitaires (Médecins Sans Frontières, Croix-Rouge française, Action Contre la Faim…). Il a été, jusqu’au 30 juin 2010, ambassadeur de France au Sénégal. Ces expériences ont inspiré une œuvre déjà riche de plusieurs essais (Le Piège humanitaire, Un léopard sur le garrot) et de romans (L’Abyssin, Rouge Brésil (Goncourt 2001), Le Parfum d’Adam). Malgré son jeune âge (sic), il a été élu en 2008 à l’Académie française au fauteuil d’Henri Troyat.

L’idée de ce Prix littéraire, c’est de mettre toute la force du réseau commercial des Espaces Culturels E. Leclerc et la capacité de communication de l’enseigne pour promouvoir des auteurs accessibles au grand public alors qu’ils ne se sont encore fait connaître que par quelques ouvrages.

C’est ainsi que le Prix a été attribué ces dernières années à Yasmine Char (La main de Dieu, Gallimard), Jérôme Ferrari (Un dieu un animal, Actes Sud) et, l’année dernière, à Kéthévane Davrichewy (La Mer Noire, Sabine Wespieser).

Cette année, nous avons souhaité avancer la proclamation de ce Prix littéraire pour le faire concorder avec « la rentrée littéraire de janvier » et pouvoir ainsi accompagner les livres sélectionnés pendant toute l’année par des rencontres et des campagnes de promotion dans les médias nationaux et régionaux.

329 romans sont parus depuis janvier ! Une première sélection a circulé dans notre réseau et 9 ouvrages (la sélection n’est pas limitative) ont déjà été sélectionnés par le jury pour cette édition 2011 : 

  • La blessure la vraie de François Bégaudeau (Verticales)
  • Une lointaine Arcadie de Jean-Marie Chevrier (Albin Michel)
  • Samba pour la France de Delphine Coulin (Le Seuil)
  • Tu verras de Nicolas Fargues (POL)
  • Les hommes sirènes de Fabienne Juhel (Le Rouergue)
  • Un homme ébranlé de Pascale Kramer (Mercure de France)
  • L’homme de Lyon de François-Guillaume Lorrain (Grasset)
  • Une langue venue d’ailleurs de Akira Mizubayashi (Gallimard)
  • Les champs de Paris de Yann Suty (Stock) 

J’ai déjà lu 5 de ces titres. Passionnants. Je ne doute pas que le débat entre les libraires qui constituent le jury du Prix Landerneau sera très animé : 

  • Carole Luziak – Bayeux (Calvados)
  • Jean Philippe Durant – Clichy sous bois (Seine-Saint-Denis)
  • Isabelle Anoman – Limoges (Haute-Vienne)
  • Alexandre Muller – Saint Gilles Croix de Vie (Vendée)
  • Gaêlig Christien – Landerneau (Finistère)
  • Stéphane Vinckel – Margon (Eure-et-Loir)
  • Armelle Bayon – Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines)
  • Emmanuel Gak – Saint Denis les Sens (Yonne)
  • Gwen Duguy – Gouesnou (Finistère)

Voilà, il ne reste plus (sic) qu’à choisir. Le calendrier des réjouissances s’annonce comme suit :

- 11 janvier 2011    Annonce de la première sélection
- 19 janvier 2011    Café littéraire de présentation des auteurs sélectionnés
- 1er février 2011    Réunion de délibération du jury
- 9 février 2011        Proclamation du lauréat et remise du Prix Landerneau

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 6 janvier 2011

2011 : Nouvelle année, nouvelle décennie, quelle espérance ?

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Thinkstock©

J’ai cherché ! Ca fait 4 ou 5 jours que je tourne en rond. Je voulais vous offrir mes vœux. Des vœux sincères de bonheur. Et en même temps, dans cet univers qui dézingue « à tout va » le moindre propos positif, la moindre promesse ou initiative réformatrice, je me disais que les mots sonneraient creux…

Et puis, je suis tombé sur un édito de mon ami Jean-Claude Guillebaud, dans le Nouvel Obs (n° 2407-2408 du 23/12 au 5/01). Je veux vous en faire partager la lecture. Il est si juste. Si critique, mais si juste !

« Ainsi entrons-nous dans une période soupçonneuse, désenchantée, critique jusqu’à la dérision… Elle porte en elle la raillerie générale, le sarcasme et la désespérance, un peu comme la juste révolte contre les « élites » risque à tout moment de se métamorphoser en cynisme désabusé. Tout est pourri ; tous des salauds ; tout est faux ; rien n’est estimable, etc. ». Guillebaud ose ce que beaucoup d’intellectuels n’ont pas tenté : dénoncer « la panne », la grande panne psychique de nos sociétés. « La cohésion sociale est en péril, mais la « cohésion mentale » l’est plus encore. »

Ce que j’aime dans cet éditorial, c’est la charge contre tous les nihilismes et le caractère vain de toutes ces vagues d’indignation, de rébellion, de protestation tant que n’y sont pas accolées des alternatives crédibles.

« On ne peut vivre ensemble sans un minimum de confiance et de convictions partagées ».

La confiance se mérite. Dont acte. Mais pour qu’il y ait des convictions, pour qu’il y ait un horizon, il faut le croire possible, le laisser émerger, le faire émerger !

Pour 2011, je n’exprimerai donc que cet unique vœu : remettons-nous en marche et ne nous laissons plus dévorer par cette neurasthénie mentale qui, sous prétexte de dénoncer la malbouffe, nous ferait oublier de manger pour survivre.

Meilleurs vœux à tous !

Michel-Edouard Leclerc