Curieux débat que celui qui nous a été servi depuis lundi dernier, dès la sortie d’une réunion à Bercy avec l’industrie pétrolière.
Les prix des carburants flambent ?
Au lieu de nous annoncer une baisse de la TVA sur les carburants, voilà qu’on nous annonce une taxe : un crédit d’impôt pour les uns compensé par quelques centimes additionnels pour les autres.
En fait, si l’on s’en tient au communiqué des fédérations et du ministère, on ne sait pas vraiment qui va bénéficier de cet allègement fiscal, ni qui sera ponctionné. Apparemment, c’est l’activité « raffinage et distribution » qui paiera, sauf que les intéressés (dont on a fait croire qu’ils offraient une contribution volontaire !!!) ne savent pas quels sont vraiment les opérateurs concernés.
Mais que cherchait-on au fond à Bercy ? A alléger la facture des professionnels ou celle des citoyens qui n’ont pas accès à d’autres moyens de mobilité que la voiture ?
Les prix des carburants flambent, oui mais pour tout le monde. On irait prochainement jusqu’à 2 € (dixit Christophe de Margerie) ?
Le Président a dénoncé le propos : il est vrai que le PDG de Total est mal placé pour agiter le chiffon rouge vu que Bercy a décidé (pour le moment) de ne pas remettre en cause son privilège fiscal.
Mais tout de même. Le discours, même s’il est déplacé, n’est pas imbécile. Un carburant à 2 € n’étonne pas des analystes aussi sérieux que Philippe Chalmin ou Jean-Marie Chevalier.
En fait, le propos de Margerie révèle l’impréparation (et une forme d’hypocrisie) des élites économiques et politiques. Tout le monde parle de l’inéluctabilité d’une énergie plus chère. Mais personne n’a vraiment réfléchi aux moyens de diminuer « la douloureuse » pour les consommateurs.
Qu’on s’interdise de toucher à la fiscalité du carburant, pourquoi pas ! Nécessité écologique oblige, autant faire basculer l’ensemble de l’économie vers des systèmes de « mobilité durable ». J’en suis partisan. Mais d’ici que les trois quarts de la population puissent accéder à ces nouveaux services, encore faut-il apprécier à sa juste mesure l’impact de cette hausse sur le pouvoir d’achat.
Ça peut être un vrai choc. Ça va être un vrai choc.
Tous les ministères sont en train de concocter, dans l’urgence et le brouillard le plus total, des propositions d’allègements fiscaux limités aux corporations dont ils ont la charge.
C’est nul !
La fiscalité des carburants est l’une des variables les plus déterminantes du pouvoir d’achat des Français. La traiter isolément ne fait que retarder l’explosion du principal moteur de la croissance en 2011 : la consommation.






