Archive pour la catégorie ‘Communication’

Vendredi 15 janvier 2010

Le prix de la musique, suite…

Réponse à « spam », « julien », « François » et « elodie »

Les commentaires sur les systèmes de tarification de la musique sur Internet confondent souvent deux problèmes différents :

-         la marge de l’intermédiaire qui diffuse le service ;

-         la rémunération de l’artiste lui-même.

On peut discuter des marges prises par les labels sur le marché physique du disque ou par les sites légaux comme Deezer sur le Web. Place à la concurrence et à celui qui est le moins cher.

Mais, j’insiste. Si personne ne paie (invoquant l’obligation de gratuité ou l’appel au piratage), il faudra bien trouver un mode de rémunération pour l’artiste.

Un artiste qui ne vit pas de son art, c’est un chômeur. Si l’on ne reconnaît pas le droit d’auteur, il ne restera plus que des artistes sponsorisés (jusqu’à devenir l’homme sandwich d’une marque) ou financés par les collectivités publiques (vive le temps des soviets !). En caricaturant, je dirais qu’on aura le droit de choisir entre la Star Ac sur TF1 et l’Eurovision sur France 3.

Désolé, spam, tu as adopté une posture parce que, aujourd’hui, l’offre est pléthorique et qu’il y a largement le choix. Mais demain ?

Pour moi, une société qui n’accepte pas de payer les artistes, ses journaux et même son accès à l’éducation (ne serait-ce que par l’impôt), c’est une société qui aliène sa liberté de choix.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 6 janvier 2010

La musique, la lecture, l’info sur le Web : les pirates rasent toujours gratis

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Getty Images©

Bonne nouvelle pour les artistes, ce matin : le barème de rémunération des chanteurs et des musiciens pour la diffusion de musique « dans les lieux sonorisés (bars, restaurants, commerces, parkings) a été revalorisé pour la première fois depuis 1987 » (source AFP). Selon la Société des Auteurs, cette revalorisation n’excèdera pas « le prix de deux cafés par semaine pour un bar » ou « moins d’une coupe de cheveux tous les 5 mois pour un coiffeur ». Génial.

Mais en attendant l’efficacité supposée de la loi Hadopi, le piratage continue de faire des ravages.

Les artistes déjà bien établis en notoriété s’en tirent encore. Ils font des concerts, arrivent à marketer des CD sympas. Pour les autres, c’est le début de la galère. Et si les majors, pourtant décriés, n’arrivent plus à financer « les jeunots » par la marge sur des blockbusters, toutes ces filières (incluant labels musicaux, production DVD et jusqu’aux journaux papier) vont vivre une crise pas possible !

Le 3 janvier dernier, Bono, le chanteur de U2, a dénoncé les opérateurs économiques : ceux qui abritent le nouveau marché de la musique en ligne, ceux qui couvrent les échanges de fichiers et qui empochent les profits.

Dans l’économie réelle, tout commerçant, grand ou petit, généraliste ou spécialiste, est tenu de s’assurer de la qualité des produits vendus, tant en matière de sécurité, de respect des normes d’hygiène et des conditions légales d’accès. Pas de journaux pédophiles au rayon presse, pas d’alcool aux moins de 18 ans, pas de white spirit en vente libre, pas de produits frelatés, etc., etc. Et si des trafiquants opéraient des échanges de denrées illégales (drogue) dans nos magasins, nous aurions à rendre compte.

Pourquoi les commerçants du Web seraient-ils exonérés des mêmes responsabilités !

Bono a raison. Les opérateurs du Web ont bien la clé de l’antivol. La plupart des sites ont segmenté leur offre par zone géographique, ne serait-ce que pour s’adapter aux langues locales. Ils doivent déjà rendre compte de certaines pratiques illégales : propos racistes, publications nazies, transactions financières douteuses, etc. Les algorithmes de leur moteur de recherche sont même capables de tenir compte des préoccupations politiques de certains pays (censure en Chine, garde-fous « moraux » dans plusieurs républiques islamiques).

Cessons donc, dit Bono, cette hypocrisie qui focalise toute la répression sur les clients, sans exiger que la liberté d’exercice professionnel sur le Web soit liée au respect de la légalité.

Au fait, où en est-on avec Hadopi ?

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 20 novembre 2009

Publicité radio : l’hypocrisie des « mentions légales »

De l’avis de tous les professionnels, la pub à la radio reste terriblement efficace dès lors qu’il s’agit de booster les promotions ou d’accompagner un évènement commercial. Mais je m’interroge sur la multiplication des mentions légales qui ponctuent désormais pratiquement toute « réclame ».

Il s’agit de toutes ces précautions juridiques visant, de la part des distributeurs ou des industriels, à diminuer les risques de publicité mensongère : appel à consulter la liste des magasins auxquels la pub fait référence, énoncé des restrictions au bénéfice d’une promotion, liste restrictive des consommateurs éligibles, etc.

Et puis, il y a, de plus en plus, toutes ces mentions légales imposées par le législateur. Elles concernent l’abus d’alcool, de sucre, l’incitation à consommer des fruits et légumes, etc.

De fait, les messages sont de moins en moins audibles. On comprend bien le début, puis une voix off prend le relais et débite en accéléré un texte qui finit…complètement mâchouillé.

On peut être pour ou contre « la réclame ». Les publiphobes dénonceront à cœur joie cette hypocrisie. Mais il faut reconnaître que, même du point de vue du bon sens…tout cela n’a plus de sens !

Le diagnostic de Michel Cacouault, Président du Bureau de la radio, est imparable : « La radio est particulièrement handicapée car ces mentions légales doivent être lues, contrairement à la télé (ou au cinéma) où elles sont juste affichées en petits caractères en bas d’écran ».

Je suis d’accord avec lui. Il faut changer le système.

Nous ne contestons pas la nécessité de promouvoir des allégations santé et d’alerter sur les conséquences de surconsommation d’alcool, de gras ou de sel ! La santé, la sécurité, d’abord !

Aussi, c’est dans la forme qu’il faut trouver une autre solution. M. Cacouault (toujours lui !) propose (La Tribune du 3/11) que les agences offrent, gracieusement, des spots complètement dédiés à ces sujets, riches en conseils. Pour être audibles, toutes ces allégations devraient pouvoir bénéficier de la meilleure créativité que permettrait la séparation des recommandations légales des spots purement commerciaux.

De toute façon, ce sont les annonceurs ou les agences qui paient. Alors, pourquoi ne pas leur permettre de s’approprier directement le sujet et de transformer cette contrainte en un véritable combat pour leur marque.

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 5 décembre 2008

Agrocarburants : toujours d’actualité !

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Une publicité, ce matin, me fait réagir. Elle est signée de Abengoa Bioenergy. Je trouve que c’est une contribution positive au débat (devenu impossible parce qu’irrationnel) sur l’avenir des agrocarburants et de ce qu’on appelle désormais « la chimie verte ».

- D’abord, les entreprises ont raison d’alimenter désormais directement le débat public, à l’instar de ceux qu’ont initiés les campagnes publicitaires des Centres E. leclerc.

- Ensuite, les statistiques qui nous sont proposées constituent les preuves incontestables (et vérifiables) qu’on nous a fait gober des balivernes ces deux dernières années.

Qu’on se rappelle ! Tout juste deux ans après (2006) que les pouvoirs publics français et européens aient lancé un premier plan d’envergure pour développer les agrocarburants, la flambée des prix alimentaires de 2008 leur était déjà imputée. Presque tout le monde s’y est mis, pétroliers et chimistes classiques, constructeurs automobiles, politiques et ONG…

Même les agriculteurs (céréaliers surtout) ont été pris par le doute quand leurs propres représentants syndicaux se sont mis à justifier les hausses par l’accroissement durable de la demande et le risque de pénurie alimentaire.

Sans qu’aucun argument ne soit venu étayer cette thèse, les agrocarburants sont devenus les fauteurs de l’inflation des prix agricoles. Ils n’étaient pas nombreux ceux qui, comme nous, dénonçaient des comportements spéculatifs sur le marché des matières premières.

Là ! La bulle financière a explosé, entraînant la chute des matières premières agricoles (sauf le riz). Et comme le démontre la publicité de Abengoa Bioenergy, l’exploitation des agrocarburants a pourtant continué de croître.

Je sais bien que nous avons affaire à une bataille de lobbies. Les plaidoyers des uns et des autres doivent être passés au crible du bon sens critique.

Mais puisque j’ai engagé les Centres E. Leclerc sur la voie des agrocarburants, je trouve aujourd’hui, dans l’analyse objective de la crise, des arguments pour continuer. En tout cas, il me semble que le débat peut et doit reprendre, à la lumière de ces considérations.

Une politique alternative de production d’énergie n’est pas une mince affaire à élaborer. L’installation de centrales éoliennes, photovoltaïques, tout comme l’énergie d’origine agricole, ne constitueront probablement que des productions d’appoint pour couvrir nos besoins futurs. Mais même à ce niveau d’investissement, il est important qu’on sorte des attitudes obscurantistes pour justifier des investissements qui coûteront de toute façon très cher et qui nécessitent qu’on leur accorde le bénéfice de la durée.

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 24 novembre 2008

Pub comparative : en France, c’est compliqué !

Beaucoup de déplacements en ce moment ! J’ai beaucoup délaissé ce blog. C’est aussi parce qu’avec la crise qui s’annonce, il me faut organiser la riposte pour 2009. Vous verrez, notre enseigne ne sera pas à la traîne… Je réponds néanmoins rapidement aux interrogations exprimées ici, par André et Augustin, sur la publicité comparative (commentaires du 17/11/2008).

La publicité comparative est légale.

1) La législation européenne :

Les conditions de publicité sont clairement balisées : les comparaisons doivent porter sur des données objectives, vérifiables et les publicités ne sauraient contenir d’allégations dénigrantes à l’égard des concurrents.

Plusieurs distributeurs ont publié des comparateurs (notamment Tesco en Angleterre, Colruyt en Belgique). La jurisprudence est claire. Et au fil des pratiques comme des contestations, elle s’affine et laisse place à une interprétation suffisamment large pour animer la concurrence. Les organisations de consommateurs n’y trouvent rien à redire et soutiennent le principe.

2) En France, c’est moins simple :

Ce n’est pas tant une affaire de jurisprudence. Les occasions de saisir les tribunaux n’ont pas été légion puisque, de fait, peu d’acteurs s’autorisent cette forme de publicité.

Paradoxalement (je dis paradoxalement parce que c’est cette enseigne qui nous a attaqués la première lors du lancement de notre comparateur), c’est Carrefour qui a introduit la pratique de la publicité comparative en France dans le secteur de la grande conso. Et à l’époque, dans les années 70, les centres E. Leclerc de la région nantaise avaient alors contesté la qualité et le bien-fondé des comparaisons de prix. Comme quoi !!!

Dans les années 80, Pierre Bérégovoy et Véronique Neiertz avaient voulu modifier la législation française. Leur objectif était d’inciter « les gros », industriels ou distributeurs, à se comparer entre eux. Mais uniquement « les gros ». J’avais alors rué dans les brancards puisque le projet excluait du champ de la concurrence les commerçants déjà les plus chers (GSS, franchisés, distribution sélective, etc.).

J’avais lancé une campagne de publicité dévastatrice, co-signée Jacques Séguéla et Georges Wolinski, pour montrer l’aberration d’une telle limitation. Tous les professionnels cités dans nos pubs, de la boulangerie à la bijouterie en passant par les pompistes, avaient crié au scandale puisque E. Leclerc avait osé révéler leur indice de cherté.

3) Une ambiguïté cultivée par les pouvoirs publics :

Les pouvoirs publics ont toujours tergiversé. Jugez-en : les distributeurs n’ont toujours pas le droit d’afficher leur prix de carburant à la télévision, malgré un intérêt concurrentiel évident. Mais ils sont obligés (c’est un texte législatif) d’alimenter le site de Bercy qui publie sur Internet les prix des carburants de toutes les enseignes, y compris ceux des majors.

Les pouvoirs publics (les ministres à titre personnel) veulent tirer profit d’une médiatisation maîtrisée par eux sans que chaque acteur économique puisse faire valoir sa propre performance et en tirer avantage.

Avec le panier Darcos (quelques dizaines d’articles incontournables de la rentrée des classes) et celui de Luc Chatel (en projet), on est toujours dans la même épure.

Bref, en théorie, tout le monde pousse à la comparaison, la publicité comparative est autorisée, mais à condition que ça n’apparaisse pas vraiment comme de la publicité. C’est un sacré handicap culturel.

4) Les difficultés techniques :

En Angleterre, Tesco compare sans problème le prix des grandes marques chez ses concurrents, mais aussi les marques de distributeur entre elles et les premiers prix. Rien que de normal : après tout, quand un consommateur vient dans un magasin chercher du café, il raisonne bien en « unité de besoin » pour pouvoir tantôt choisir un café de marque ou plutôt choisir un café premier prix…selon ses goûts ou ses moyens.

En France, il a fallu la validation de la Cour d’appel de Paris pour établir la légalité de « quiestlemoinscher.com ». Mais, pour le moment, ça ne concerne que les produits de marques nationales parfaitement identiques. La plupart des industriels et des distributeurs se refusent jusqu’ici à aller plus loin, alors que la législation européenne autorise la comparaison de produits comparables, c’est-à-dire répondant aux mêmes besoins.

Qu’entend-on par comparables ? Ce sont des produits qui ne sont pas les clones les uns des autres, mais dont les variations dans la composition de l’article, de la présentation ou du packaging n’altèrent pas substantiellement la possibilité de rapprocher les prix et de choisir le moins cher. Bref, ce n’est pas parce qu’il y a deux olives de plus sur une pizza ou une tranche de chorizo en moins, que les produits, par ailleurs composés des mêmes ingrédients, ne répondraient pas au même besoin et ne seraient donc pas comparables.

La plupart des internautes qui m’ont interpellé ici depuis deux ans, ne comprennent pas que l’on exclue les MDD et les premiers prix du champ de la comparaison. Ils ont raison d’évoquer le problème.

La publicité que nous avons lancée très récemment sur les chaînes de télévision (comparaison des prix des flans) ose lever ce tabou. Elle repose sur une analyse technique comparative de produits qui répondent aux mêmes besoins. Je veux qu’on poursuive dans cette voie.

Dans la restauration, l’assurance, la banque, les prestations de services, jamais aucun « produit » n’est vraiment totalement identique. A quoi servira la publicité comparative si on limite ainsi la comparaison aux seuls produits « clonés ».

Mon combat, celui des Centres E. Leclerc, c’est d’obtenir, en France, une application large de la législation européenne. J’y arriverai.

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 25 juillet 2008

Mécénat et sponsoring d’entreprise : la pudeur des médias confine à l’ostracisme

C’est un phénomène très français. Contrairement aux médias anglo-saxons, la presse généraliste hésite encore à citer les mécènes ou les sponsors. C’est si vrai que les spécialistes en communication conseillent aux entreprises de doubler leur budget pour s’assurer des retombées médias en investissant en publicité parallèlement à l’initiative sponsorisée.

L’exception, c’est le sport ! Les télévisions ne peuvent empêcher la retransmission en directe des marques affichées sur les stades, les circuits automobiles ou les bateaux de course. Mais dès que le contexte exige plus de discrétion en matière de logo (dans le domaine culturel, par exemple), on se demande ce qui peut motiver les entreprises à devenir mécène ou sponsor tant il faut investir en RP(« en évènementiel » !) pour obtenir quelques retombées.

Mercredi 16 juillet dans le journal « Le Monde » :

Plein de bonnes intentions, Francis Gouge signe un papier intitulé « Dix-sept mécènes pour Camille Claudel ». Il relate l’acquisition, au profit du musée de Nogent-sur-Seine (Aube), d’une sculpture de renommée mondiale, « Persée et la Gorgone » de Camille Claudel. « Il s’agit, pour la France, d’une opération « exemplaire » de mécénat pour un musée municipal de cette taille… » Et FG rappelle que cette opération n’a pu se faire que « grâce à l’aide de dix-sept entreprises, qui ont contribué pour 768 500 euros… ».

Voilà effectivement une opération remarquable. Au moment où l’Etat désinvestit (comptes dans le rouge !) et s’attaque aux niches fiscales (dont celles qui incitaient les particuliers à investir dans le patrimoine), le mécénat d’entreprise peut prendre le relais. (Beaucoup d’entreprises sont intéressées à améliorer leur image par des investissements dans le culturel ou l’environnement !).

Oui mais voilà, encore faut-il qu’il y ait quelques retombées. L’article du Monde est de ce point de vue assez « exemplaire ». Car de leur raison sociale, de leur identité ou de leurs marques, pas un mot, pas une référence. Silence total sur le nom des investisseurs.

Ces entreprises auraient pourtant mérité une citation. Pour l’applaudissement, pour la reconnaissance, pour donner envie à d’autres…

Ne me dites pas qu’il s’agit là de pudeur professionnelle. C’est un problème culturel, nourri de préjugés.

Chaque soir, sur nos écrans, nous sommes abreuvés d’émissions dans lesquelles un écrivain vante les vertus de son livre, un réalisateur celles du film qu’il vient de sortir, un chanteur…, etc. Ces gens sont des artistes, ils font aussi du business. Et si ce n’est pas eux, leurs éditeurs s’en chargent.

Comment qualifier alors, si ce n’est par parti pris idéologique, ce refus de citer des entreprises commerciales ou industrielles alors même qu’on qualifie de remarquable leur initiative.

Je rappelle un propos que j’ai rapporté ici. Il émane d’un rédacteur d’une chaîne de télévision : « On n’est pas là pour servir la soupe aux entreprises, ni faire leur publicité ». Mais pourquoi pas ? Le mécénat, le sponsoring d’un industriel, c’est assurément de la pub. Tout comme le financement des institutions (Conseil Régional, Conseil Général) qui bénéficient, elles, d’une médiatisation dont profitent les élus.

Si l’on veut que les entreprises sponsorisent autre chose que les équipes de foot, les circuits de Formule 1 ou les courses cyclistes, si l’on veut qu’elles dotent les musées, défendent le patrimoine, participent à l’entretien des GR ou financent le spectacle vivant, il faudra bien sortir de cette posture caricaturale et en quelque sorte…donner le change !

Vous me direz, les journaux parlent des opérations de mécénat d’un Pinault, d’un Lagardère, ou même font la part belle aux initiatives d’un Michel-Edouard Leclerc, d’un Franck Riboud avec Zidane ou de la Fnac…

Oui, certes, et ceux-là ne sont pas à plaindre. Mais ceux-là, justement, savent payer de leur personne et investir à côté, en parallèle, dans leur propre communication.

Or, ce savoir-faire ou cette capacité financière ne sont pas donnés à toutes les entreprises, loin de là. Des centaines d’artisans, plusieurs milliers de PME sont sollicités, chaque année, partout sur notre territoire, par des élus politiques, des associations, des clubs…pour financer la culture et l’environnement. Ils seraient certainement plus enclins à investir si on traitait leur démarche avec un peu plus de considération et en leur offrant un meilleur écho.

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 14 février 2008

L’information économique : c’est vraiment le service minimum

Je suis souvent intervenu, pour dénoncer la pauvreté de l’information économique dans les médias. Il y a bien quelques émissions remarquables sur BFM, Radio Classique etc. Et même sur les chaînes généralistes : « Rue des Entrepreneurs » sur France Inter par exemple, et « Capital » sur M6, désormais tenaillées entre le besoin de renouveler le genre et la recherche d’audience. Mais si l’on s’en tient aux JT, aux émissions diffusées aux heures de grande écoute, l’économie est le parent pauvre de l’information. Elle est trop souvent présentée sous des formes caricaturales, lapidaires ou idéologiquement biaisées. Le principe étant : quand cela va mal, on en parle, et quand cela va bien, « on n’est pas là pour servir la soupe aux entreprises ».

On peut comprendre les craintes des journalistes, de moins en moins formés aux choses de l’économie : les politiques, les syndicalistes, les entrepreneurs et même les ONG tentent d’instrumentaliser les données économiques à leurs fins partisanes. Tout le monde essaie de manipuler tout le monde. Mais faut-il que les médias eux-mêmes participent à cette désinformation. Au mieux, ils se retranchent derrière une paresse pédagogique, maquillée en forme de prudence. Plus facilement, ils adoptent le point de vue le plus racoleur.

Dans ce contexte, il n’y a rien d’étonnant à ce que nos concitoyens deviennent définitivement suspicieux à l’égard de tout indicateur, prévision ou information économique.

Pas plus tard qu’en fin de semaine dernière. Je discutais avec un rédac chef sur les bons résultats de l’économie française en matière d’emploi. 10% de chômeurs en moins, en un an, c’est vraiment un bon score ! Eh bien, cherchez dans les journaux : je ne parle pas des Echos ou de La Tribune. Non, je parle du Progrès, de Nice Matin, du Populaire ou des journaux « grand public ». L’affaire est bâclée, traitée comme une brève. Directement reprise de l’AFP. Très peu de commentaires.

On nous tartine des pages et des pages sur les risques de licenciement économique dans une usine Arcelor ou une usine Michelin. Légitime sur le plan social me direz-vous ! Certes ! Mais l’un n’empêche pas l’autre.

Ce rédac chef m’a rétorqué : « Les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent personne. Et puis, les gens ne croient plus aux statistiques officielles ».

- « Soit. Mais qu’est-ce qui empêche les journalistes de faire une investigation sur la réduction du chômage en France ? Un article ou une opinion qui émanerait de vous et non du politique ? ».

Il est resté sans voix, perplexe et sceptique. Je reprends alors un autre exemple : cela fait deux mois que j’ai fait le tour de toutes les émissions de radio pour parler de la réforme de la loi Galland. A cette occasion, j’ai annoncé plus de dix fois que mon groupe avait créé près de 6 000 emplois en 2 ans. Bien plus que les licenciements potentiels des usines précédemment citées. Eh bien, figurez-vous, pas une seule reprise de l’info, alors que mes autres propos, critiques il est vrai, ont été largement repris dans la presse.

Un climat de défiance de l’opinion à l’égard de la chose économique ? Allons donc, en matière culturelle, c’est l’offre qui fait la demande. C’est l’offre aujourd’hui qui fait défaut. Une offre de qualité, pédagogique, intéressante.

Je persiste donc : sur les questions qui les concernent directement (pouvoir d’achat, emploi, organisation du travail, produits et mode de consommation, etc.) nos concitoyens méritent plus de respect. L’information économique devrait devenir une priorité. Et puisque l’on parle d’une redéfinition des missions du service public, je me demande s’il ne s’agit pas là de son principal chantier ?

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 16 janvier 2008

La pub qui dérange l’inflation

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Le monde industriel est en émoi. Mes collègues des centres E. Leclerc ont décidé de retirer de la vente, dès le 1er février, des articles dont le taux d’inflation est très élevé, je dirais exorbitant.

Cela fait trois mois que j’annonce une reprise de l’inflation. Cela fait trois mois que j’essaie de convaincre les élus que la hausse des matières premières a bon dos et que les grandes marques profitent de la législation française pour faire de la gonflette tarifaire.

Nicolas Sarkozy a pris conscience du problème puisqu’il a annoncé qu’au printemps, le gouvernement demanderait aux députés de voter la négociabilité des tarifs. Mais les industriels de l’ANIA et de l’ILEC ont su y faire. Question lobbying, chapeau. Passant derrière eux dans les Commissions parlementaires, ni Jérôme Bédier (président de la FCD), ni Arnaud Mulliez (Auchan), ni moi-même n’avons été suffisamment pris au sérieux. Nous disions « les hausses tarifaires qui arrivent dans nos centrales d’achat sont de l’ordre de 8 % en moyenne, avec des bouffées atteignant quelquefois 20 % ». Les députés et les sénateurs ont cru que nous exagérions. Il faut dire que l’ILEC avait même réussi à convaincre Luc Chatel et certains Conseillers du Président que les industriels procèderaient à des « baisses techniques » de tarifs profitables aux consommateurs.

Pauvres ministres : sur la foi de cet engagement, ils avaient annoncé des baisses de 3 % (l’équivalent d’une remise de 600 euros par foyer). Mais voilà, il leur faut aujourd’hui déchanter et reconnaître que c’est de « hausses » qu’il faut parler.

Tous les jours, je fais un point avec l’équipe en charge de notre politique commerciale. Nos acheteurs sont unanimes. Il n’y a pas de fatalité d’inflation, en tout cas d’une inflation supérieure à 2 ou 2,5 %. C’est la loi Galland qui pousse à la surenchère. Et avant qu’elle ne soit définitivement réformée, pas mal d’industriels veulent rafler la dernière mise.

Notre stratégie s’appuie sur le constat suivant : si nous laissons passer ces hausses en l’état :

1) Ce sont les distributeurs qui seront accusés,

2) Les consommateurs bouderont les étals,

3) Et le rythme de la consommation en pâtira.

Comme nous ne pouvons toujours pas re-négocier les tarifs directement (par des remises sur facture), comme il n’est pas imaginable de compenser ces hausses par des rémunérations de coopération commerciale (comment les justifier ?), il ne reste qu’une solution, retirer de la vente les articles qui augmentent trop dans leur gamme. C’est le message que nous adressons dans notre publicité.

Peut-être se trouvera-t-il quelques industriels pour dire qu’au fond, une baisse tarifaire vaut mieux qu’une perte de marché.

A suivre…

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 21 septembre 2007

La diaspora bretonne s’éclate joyeusement à Paris. C’est la Breizh Touch !

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© Delfikprod-ALDAG/GRESLE

De gauche à droite : Yann Queffélec, Alan Stivell, Jean Yves Le Drian, Jean Pierre Pichard, Irène Frain, Jean Louis Jossic, Michel Edouard Leclerc

L’Elysée a démenti. Même si Yasmina Reza en a rapporté le propos, Nicolas Sarkozy n’aurait jamais dit « Je me fous des Bretons », dans un accès d’irritation.

Toujours est-il que les Bretons, eux, ont décidé de faire campagne. Pas pour les municipales, même pas pour les présidentielles ! Jean-Yves Le Drian, président socialiste de la région Bretagne, voit plus loin. C’est toute la Celtie qu’il entend rameuter, de gauche et de droite, de terre et de mer, pour rappeler que dans nos globules, il n’y a pas que du rouge, mais aussi une bonne matière dont on a su faire de grands chefs d’entreprise, des écrivains exceptionnels et des bardes que s’arrachent les majors.

Avec humour et non sans panache, les organisateurs de la Breizh Touch offriront aux Parisiens une Breizh Parade tout en couleurs, avec plus de 3 000 sonneurs, souffleurs de binious et bombardes, chapeaux ronds et coiffes au vent, pour le plaisir, pour la fierté.

Mercredi soir, tous ceux qui comptent dans le Landerneau politique et culturel ouvraient le bal sur la terrasse de Publicis. Mais je voudrais juste ici, sur ce blog, vous narrer un temps fort de cette joyeuse manifestation, très émouvant.

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M. Levy et M. Yannick Le Bourdonnec, nos hôtes chez Publicis

Ce fut d’abord Maurice Lévy qui, impressionné par le côté jubilatoire et indiscipliné des représentants du Breizh Power, a fini par se demander si cette diaspora des prés salés n’était pas l’héritière d’une de ces tribus perdues d’Israël, au même titre que les Cosaques ou les Kashars qui le revendiquent déjà.

Malicieusement, je lui ai fait remarquer que « Lévy », ça ne sonnait tout de même pas comme « Divellec », « Queffélec » ou « Stivell », et donc que quelqu’un avait dû fauter en d’autres temps historiques. Pas déstabilisé pour un sou, il a rétorqué que Leclerc n’était certainement pas non plus un nom breton. Touché, coulé !

Pendant le discours d’accueil de Maurice Lévy, Irène Frain, très dissipée, m’apprenait que dans l’entre-deux-guerres, et surtout après la montée des Ligues, les Juifs parisiens originaires d’Europe Centrale s’appelaient entre eux « les Bretons », pour évoquer leur statut d’expat.

Yann Queffélec, nous rejoignant, rappelait qu’en Bretagne, il n’y eut jamais de pogroms (je ne suis pas sûr que ce soit vrai, et que notamment il n’y ait pas eu d’exactions au XVIIIème siècle contre la communauté juive en Bretagne Sud. A vérifier.).

Mais c’est Michel Drucker qui a suscité le plus d’émotion en rappelant qu’il doit la vie à des Bretons.

« En 1942, mon père étant parti là où vous savez, ma mère s’est retrouvée en Bretagne avec mon frère Jean. Moi, j’étais encore dans son ventre.

Elle habitait dans un village des Côtes du Nord (ancienne appellation des Côtes d’Armor). Un jour qu’elle se trouvait à la gare de Rennes, un officier de la gestapo l’a interpellée. Par chance, un homme s’est interposé et a su passionner l’officier en l’entraînant dans une discussion sur la culture germanique (les deux hommes étaient manifestement lettrés). Au point que le soldat en oubliât un instant l’objet de son intervention. Et quand, reprenant son rôle, il interrogea ma mère, le Breton l’a prise sous sa coupe en disant tout simplement « c’est ma femme ». L’affaire en resta là.

L’homme en question s’appelait Pierre Le Lay. Prémonition, manifestation du surréel, tout ce que vous voulez, c’est la famille Le Lay qui protégea notre famille. C’est dans ce même village où je suis né que, jusqu’en 1946, j’ai joué dans les copeaux de la scierie de François Pinault. Et si je suis amoureux de la petite reine, c’est sans doute parce qu’on allait chercher le pain chez les parents de Louison Bobet. Vous comprenez ainsi les liens qui m’unissent à la Bretagne.»

Emouvantes, improbables…ces anecdotes ont, mercredi, coloré cette soirée inaugurale d’une charge affective très forte entre les deux diasporas, la juive et la bretonne.

Toujours est-il que cette semaine parisienne s’annonce prometteuse : hommes et femmes de Bretagne animeront des stands, des expositions dans divers endroits de la capitale.

- Sur le quai Saint-Bernard (5ème arrondissement), 3 chalutiers ont jeté l’ancre et ont pris pied dans Breizh sur Seine.

- Le 21, au Zénith, à partir de 16h00 et jusque tard dans la nuit, un Cyber Fest-Noz fera péter les décibels.

- Du 20 au 22 septembre, Harvest Festival et toute la bande de Jean-Pierre Pichard, ancien directeur du Festival interceltique de Lorient, organisent des concerts dans plusieurs salles parisiennes.

La Breizh Attitude, c’est vraiment cool !

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Michel Drucker remet le DVD d’Or à Alan Stivell

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 20 septembre 2007

Comparateur de prix : nouveaux relevés, même classement, mêmes écarts

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Tant pis pour les mauvais joueurs et les grincheux, je remets le couvert !

Eh oui, malgré la pression des enseignes concurrentes pour faire échec à notre comparateur, mon groupe met en ligne la quatrième édition des résultats de son site « quiestlemoinscher.com ».

Plus de 500 000 prix relevés et comparés.

Voilà qui devrait clarifier les choses dans ce contexte cacophonique de surenchère publicitaire. A les en croire et sans qu’elles aient à le prouver, chaque enseigne prétend être la moins chère. Nous au moins, nous mettons les cartes sur la table. Et personne ne pourra plus prétendre que E. Leclerc joue petit bras, vu désormais le nombre et la périodicité des prix relevés.

1) Le contexte juridique

A plusieurs reprises, des enseignes concurrentes ont cherché à dénigrer cet outil y compris devant les tribunaux.

Le 29 mars 2007, le Tribunal de commerce de Paris a débouté Carrefour de toutes ses demandes. Cette enseigne a, dans un premier temps, fait appel en réclamant une procédure d’urgence. Devant l’impossibilité de Carrefour de conclure ses plaidoiries dans les délais, la Cour d’appel de Paris a fixé l’audience au 16 avril 2008.

En attendant les résultats de cette nouvelle procédure, mon groupe, se fondant sur la jurisprudence de la Cour européenne de justice (arrêt Lidl/ Colruyt du 19septembre 2006), continue la mise à jour régulière de son site et vient de faire procéder à de nouveaux relevés, selon une méthodologie garantie par le BIPE.

2) Les nouveaux résultats

Du 10 au 31 août 2007, 570 193 prix ont été relevés dans 339 magasins des 8 plus grandes enseignes de la grande distribution. Les comparaisons de prix entre enseignes ont porté sur les 2 389 produits de grande consommation les plus bataillés en terme de prix. En moyenne, E.Leclerc est moins chère de 2,8 % à 7,9 % par rapport aux enseignes concurrentes. Cet écart de prix représente l’équivalent de 18 mois à 4 années d’inflation.

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L’analyse des prix relevés par catégorie renforce cette performance :

• E. Leclerc est l’enseigne la moins chère sur chacun des 7 rayons observés

• E.Leclerc est l’enseigne la moins chère pour 35 des 37 familles de produits analysés.

Ces résultats confirment la tendance observée par les panélistes professionnels. Dans sa dernière publication, le magazine Linéaires (Cf. ma note du11/09/07) confirme lui aussi la première place de E. Leclerc avec des écarts allant jusqu’à 15% avec l’enseigne Monoprix.

3) Amélioration du dispositif

A partir d’aujourd’hui, « quiestlemoinscher.com » propose une nouvelle fonctionnalité : l’historique des écarts de prix sur les 3 dernières périodes de relevés de prix. Ainsi, le consommateur se rend compte de l’évolution des écarts de prix entre les enseignes.

4) Communiquer et convaincre

A la veille de la réforme de la loi Galland annoncée par Nicolas Sarkozy et des perspectives de concurrence accrue, nos adhérents veulent réaffirmer l’importance d’un outil de comparaison des prix pour permettre durablement aux consommateurs de savoir vraiment quelle est l’enseigne la moins chère.

J’ai confié aux créatifs de Vincent Leclabart (agence Australie) la création d’un film TV qui sera diffusé, dès demain 21 septembre, sur les grandes chaînes. C’est un jeune réalisateur, Arno Salters (on continue de soutenir la culture), qui en est l’auteur.

Avec cette obstination et de tels investissements, j’espère que nos détracteurs commencent à comprendre qu’on ne va pas s’arrêter à un « one shot » et que nous allons faire de ce comparateur une vraie référence européenne en lui apportant toutes les améliorations et le rayonnement nécessaire.

Michel-Edouard Leclerc