Archive pour la catégorie ‘Objectif qualité’

Mardi 26 février 2013

Kermené et l’histoire de la vache bio : mise au point nécessaire !

Crédit photo : Thinkstock

J’étais ce soir l’invité de Marc-Olivier Fogiel sur RTL pour venir répondre aux accusations infondées d’un éleveur breton diffusées sur BFM-TV ce matin.

J’ai mené ma petite enquête aujourd’hui, notamment auprès de notre abattoir de Kermené, afin de me faire expliquer ce qui aurait poussé cet éleveur à balancer une telle grenade. Je suis en mesure de décrypter le processus. S’il y a eu un problème d’étiquetage sur deux de ses carcasses (pour deux vaches, le certificat de vente comporte un mauvais code d’affectation), contrairement à ce que raconte ce monsieur, il n’y a eu ni tromperie, ni escroquerie.

Ses vaches bio lui ont été achetées au prix du bio. Elles ont été transformées en steak haché bio. Elles ont été vendues au consommateur au prix et en tant que steak haché bio.

A aucun moment les vaches laitières de ce monsieur n’ont été revendues au consommateur comme étant de la viande issue de race à viande. D’ailleurs, dans le bio, cette différence entre vache à viande et vache laitière n’existe pas !

Il n’y a donc eu aucune magouille, aucun profit injustifié, aucune escroquerie. C’est clair et net.

Alors pourquoi une telle sortie ? Pourquoi avoir attendu 8 mois pour soulever le problème d’étiquetage (la transaction dénoncée remonte à juillet 2012!) ? Salon de l’agriculture ? Proximité de la date butoir des négociations commerciales entre fournisseurs et enseignes de la distribution ? Recherche d’un petit coup de com’ de la part d’un syndicaliste agricole, en pleine crise de la viande de cheval ?

Est-ce que le fait qu’E.Leclerc n’ait pas été impliqué dans la crise du horsegate en a fait enrager plus d’un ? Car en effet dans cette affaire notre enseigne a été irréprochable :

- retraits sans délai des produits Findus incriminés (nous sommes même allés au-delà des exigences du fabricant en procédant à des rappels de tous ses produits auprès de nos clients).

- pas de trace de viande de cheval dans les hachis de bœuf ou les moussakas de nos marques propres.

Nous ne l’avons pas claironné sur tous les toits, chacun ayant pu constater qu’E.Leclerc n’était jamais cité dans les médias parmi les enseignes concernées par le horsegate.

Nous n’avons pas non plus cherché à courir derrière les annonces du salon de l’agriculture en promettant que nous aussi nous allions désormais nous approvisionner uniquement en viande française. Et pour cause !

Aujourd’hui la viande utilisée par E.Leclerc pour ses marques propres est à 90% d’origine française (bÅ“uf et porc). Ok on peut encore un peu progresser mais pour qui connaît le marché de la viande, chacun sait qu’un approvisionnement à 100%, tous les jours et dans de telles quantités, est difficile.

A ceux qui essaient de nous faire porter le chapeau du horsegate en dénonçant les prix bas que nous pratiquons dans nos magasins, je leur réponds qu’ils oublient de dire que nous avons accepté en moyenne 10% de hausse sur la viande hachée et 7% sur la boucherie en général.

Voilà. Je ne suis pas d’une nature parano mais je m’interroge sur le moment choisi par cet éleveur et sa façon biaisée de présenter les choses.

Foin des polémiques et des manips, nous continuerons évidemment à exercer notre vigilance et à renforcer nos contrôles sur la viande que nous vendons au consommateur.

J’aurai d’ailleurs prochainement l’occasion de proposer des mesures qu’il semble indispensable d’imposer à la filière pour améliorer la traçabilité et mettre fin à certaines pratiques professionnelles inadmissibles. Mais on reparlera de tout ça plus tard (après les négo, après le salon de l’agriculture…).

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 31 janvier 2013

Drive, performance-prix, bio, boissons, classement des enseignes de la distribution, made in France… Les échos de la distribution

Crédit photo : Thinkstock

Made in France by E. Leclerc Lanester

Beaucoup de bruit après la parution dans Le Parisien/Aujourd’hui en France (28 janvier) d’un article sur le rayon made in France du E.Leclerc de Lanester (Morbihan).

Bon ok, le concept est encore un peu artisanal. Notre adhérent teste ce que Montebourg pourrait appeler le « marketing patriotique ». Et pour le moment, cette initiative ne concerne que l’alimentaire car dans le non-alimentaire, il y a carence de produits 100% français.

Tous nos concurrents, invités à réagir à notre initiative, font la moue…même ceux qui avaient cet automne applaudi aux déclarations gouvernementales sur la consommation patriotique ! C’est le jeu.

Je ne leur jette pas la pierre. Chez nous aussi il y a débat. Tous les adhérents sont d’accord pour mieux valoriser les produits français. Certains croient au label made in France et à l’instar de celui de Lanester, vont expérimenter…

La majorité, comme moi, croit plus efficace de les promouvoir via des labels ou des marques régionales (du type « Nos Régions ont du Talent », « Produit en Bretagne », « Alliances locales »).

Sur ce sujet, pas question de céder au dogmatisme. Restons pro. Je laisse donc le débat s’installer au sein du groupe. Réponse dans quelques mois…

Où acheter moins cher ? La presse répond…

Le n°511 de Que Choisir (février 2013) consacre un dossier sur les prix des grandes surfaces. A la rubrique prix, le journal confirme ce que tant de concurrents nous envient : « Parmi les 100 magasins les moins chers de notre enquête, on trouve 79 Leclerc. Ils sont souvent grands et la taille joue sur les prix, mais même quand ils sont plus petits (<2.500m²) ils sont 5% en dessous de la moyenne nationale. Victoire nette. ».

Voilà qui vient faire écho au classement des enseignes les moins chères de la revue Rayon Boissons : « Sur le second semestre 2012, Leclerc a conforté son statut d’enseigne la moins chère en rééditant un indice prix canon dans les boissons ».

Dans la même veine, le n° 478 (janvier 2013) de 60 Millions de Consommateurs se penche lui sur le bio et confirme « Parmi les cinq marques de distributeurs bio que nous avons étudiées, la marque repère Bio Village des centres E.Leclerc remporte haut la main la palme des prix. Notre chariot est inférieur de 7% à la moyenne des autres enseignes ».

Quant aux drives, c’est Olivier Dauvers avec son étude Drive Insights qui l’annonce : « Tous les produits comparables entre sites drive sont comparés et non quelques dizaines ou quelques centaines. A ce jeu, et sans surprise, c’est donc Leclerc qui gagne », mettant par ailleurs en évidence que sur les 12 drives les moins chers de France, 11 sont sous enseigne E.Leclerc.

L’enquête de satisfaction de Que Choisir (14.604 avis, pas mal !) nous classe 2e pour la satisfaction globale, avec quelques très belles performances concernant le rapport qualité-prix. Nos magasins sont jugés propres et accueillants, nos salariés dans les rayons comme à l’accueil sont très positivement évalués par les lecteurs. Mais cette 2e place nous laisse quelques marges d’amélioration.

Je note que les principaux reproches des lecteurs s’adressent à toutes les enseignes indistinctement et portent principalement sur l’étiquetage des prix, les politiques de promotions, les prospectus. Dont acte. Il nous faut mieux faire.

Comparateur de prix : Que Choisir prépare le terrain !

Evidemment je toussote un peu quand je lis dans le dossier de Que Choisir : « En fait, Quiestlemoinscher est avant tout un outil publicitaire qui sert à Michel-Edouard Leclerc à montrer que ses magasins proposent les prix les plus bas ».

Si l’intention du journaliste est de dire que nous utilisons les résultats de notre comparateur pour rendre visible notre performance-prix, il a raison. Si l’intention est de laisser entendre que notre comparateur est un « gadget publicitaire pipeau », là je proteste et vous invite, chers lecteurs, à lire ma note du 18 janvier dernier sur ce sujet.

Si j’en crois une récente dépêche AFP, l’UFC Que Choisir va bientôt lancer son propre comparateur pour les grandes surfaces. Allez, ne prenons pas la mouche, n’est-ce pas de bonne guerre de minimiser le travail de la concurrence au moment de lancer son propre produit ?

Moi, j’aime bien la concurrence. Je suis impatient de voir si le comparateur de Que Choisir va vraiment relever plus de prix que le nôtre. Ca m’intéresse diablement vu que je sais combien coûte le développement d’un tel outil ;-)

 

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 2 novembre 2012

ACTUALITE DE LA DISTRIBUTION : FNAC, LIDL, E. LECLERC A « SO OUEST », COMPARATEUR DE PRIX A MADRID (ESPAGNE) ET A LA REUNION

Voilà bien longtemps que je n’avais pas pris le temps de passer en revue l’actualité du secteur de la distribution. Je me rattrape aujourd’hui, d’autant que la période est riche d’annonces et d’événements.

FRANCE, TON POUVOIR D’ACHAT FOUT LE CAMP.

Le contexte ne change pas.  On passe tranquillement  de la stagnation à la récession. La consommation tire toujours la croissance. Pas d’autre relais en vue. On n’a pas encore basculé dans le modèle de l’Europe du Sud.  Mais le moral est en berne. Plus de la moitié des Français (57%) estiment que leur pouvoir d’achat va diminuer au cours des trois prochains mois (Viavoice, octobre 2012). Les prévisions du BIPE E. Leclerc confirment. C’est dans ce contexte très pesant qu’il faut interpréter les signaux émis par le secteur de la distribution.

SO CHIC MAIS SO LECLERC QUAND MÊME !

L’événement de ces derniers jours en région parisienne aura été l’ouverture du centre commercial « So Ouest », à Levallois-Perret. L’initiative semble intriguer les franciliens, puisqu’ils étaient environ 270.000 à s’y être rendus dans les six premiers jours.

Unibail a mis le paquet pour séduire les clients. Et évidemment, pour attirer les enseignes les plus prestigieuses dans son centre commercial. Guillaume Poitrinal, son P.D.G., a toutes les bonnes raisons de positionner sa communication sur ce créneau des « courses-plaisir », voire, du luxe. C’est ce type de loyer qu’il a recherché.  Logique. 

Alors que vient donc faire un E. Leclerc dans cette galère ? Et bien, figurez-vous, il préexistait sur site. Et ses promoteurs, Alain et David Thibault, n’entendaient pas qu’on leur prenne la place. D’autant que, contrairement à une idée reçue, il n’y a pas que Neuilly pour faire ses courses à Levallois-Perret. C’est une région de très grande mixité sociale. Toutes les classes sociales, toutes les catégories de consommateurs fréquentaient déjà les deux anciens E. Leclerc (aujourd’hui fermés). Ce n’était d’ailleurs pas la moindre prouesse des Thibault (en terme de marketing) de faire cohabiter les acheteurs de morue séchée comme de caviar dont ils étaient devenus les plus gros vendeurs dans l’ouest parisien.

Qu’on se rassure donc : Le E. Leclerc de « So Ouest » vise un indice de 93 sur l’échelle Opus Nielsen, soit 7 points de moins que l’indice national. De Carrefour Auteuil à Auchan La Défense, on devrait entendre et réagir à cette petite musique. 

 COMPARATEURS A LA REUNION ET EN ESPAGNE

Vendre moins cher, le dire et le prouver. Cela a toujours été notre dada… et maintenant hors l’Hexagone.

Depuis la semaine dernière, nos amis Réunionnais peuvent désormais le vérifier de leurs yeux en visitant le site « kilemoinscher.re ». Ce sont près de 600 produits de marques (dont 25 % à 30 % de produits locaux) qui y sont recensés (soit beaucoup plus que le « chariot type » localement aussi appelé « panier moyen du préfet »).  Les prix de 6 enseignes de La Réunion sont ainsi relevés.

Evidemment, je m’attends à ce que nos concurrents critiquent cet outil au service du consommateur. Cela s’est passé comme ça en métropole il y a quelques années. Nous avons eu gain de cause ou, le cas échéant, nous avons adapté nos comparateurs. Cette stratégie du prix bas « par la preuve » est efficace et fonctionne bien.

Sitôt ouvert le comparateur de la Réunion, voici sa première mouture espagnole.

Cette semaine j’étais à Madrid – où E. Leclerc compte 18 magasins – pour faire le point sur la reprise de 7 magasins anciennement Eroski. Et pour lancer le comparateur «buscaelmasbarato.com».

Nous y comparons désormais 450 marques nationales de 7 distributeurs. Et là encore, nous y sommes les moins chers. Une mention spéciale pour le magasin de Vallecas, dans la banlieue de Madrid, qui a été élu le moins cher de la capitale par l’une des deux grandes associations espagnoles de consommateurs.

L’AVENIR DES DRIVES

Comme le révélait LSA fin septembre, notre pays compte aujourd’hui quelque 1.500 drives. La formule a du succès et les consommateurs y voient un moyen commode d’éviter stress et foule. Ce gain de temps sur leurs courses leur permet aussi de consacrer leur temps libre à autre chose qu’aux « courses-corvées ». Cette aspiration, bien compréhensible, n’est pas sans poser de nouveaux défis à nos hypers, évidemment.

Mais pour l’heure, le développement du groupe E. Leclerc passe aussi par les drives. Pour 73% des consommateurs, le drive est en effet un moyen commode qui, en plus de leur faciliter la vie quotidienne, leur permet de mieux gérer leur budget (Harris Interactive, octobre).

Plaisir et maîtrise des dépenses. Voilà autant d’arguments dont la Ministre du Commerce, Sylvia Pinel, tiendra certainement compte au moment où elle annonce vouloir réformer l’urbanisme commercial, notamment pour mieux contrôler l’ouverture des drives. A moins que ce ne soit pour y puiser une nouvelle manne fiscale? A suivre, n’est-ce pas?

IL PARAÃŽT QUE LIDL ARRETE LE HARD DISCOUNT

« La LME m’a tuer » pourraient crier certains discounters. C’est vrai que la LME, en rendant la liberté de négociation tarifaire aux distributeurs, a permis à E. Leclerc de faire clairement chuter les prix sur les PGC.

En baissant le prix des produits de grandes marques et en développant des gammes premier prix, nous sommes devenus, depuis plusieurs années, des concurrents terribles pour les hard discounters.

Dans ce cadre de compétition-prix, nos concurrents HD n’avaient pas d’autres choix que de revoir leur stratégie. Question de survie. Lidl a ouvert le bal en annonçant qu’il renonçait au hard discount.

Vrai-faux scoop qui ne surprendra que les professionnels inattentifs ou paresseux.  Depuis 2008, les HD ont ouvert la porte de leurs magasins aux marques nationales. Ils avaient déjà un air de soft discount. 

Alors quand Friedrich Fuchs, le patron de Lidl France, annonce que Lidl ne deviendra pas pour autant un supermarché… on a envie de dire, en chœur avec Olivier Dauvers : trop tard !

FNAC OR NOT FNAC ?

Que reste-t-il de la Fédération Nationale de l’Achat des Cadres ? Voilà une manière de tuer deux fois le père. Les anciens trotskystes fondateurs de la FNAC, André Essel et Max Théret, n’auraient sans doute jamais imaginé que leur bébé finirait coté en Bourse, puis perdu dans le total anonymat des actionnaires sur les marchés financiers. Ce sera pourtant une réalité à partir de janvier 2013 !

Au-delà de cette annonce « choc », c’est toute la stratégie de la FNAC qui est désormais repensée.

Ainsi s’est ouverte récemment à La Roche-sur-Yon une FNAC d’un nouveau genre : la FNAC franchisée. Le PDG du groupe, Alexandre Bompard, annonce vouloir développer le modèle et ouvrir 10 magasins franchisés par an. C’est ce qui s’appelle exploiter une rente, un gisement. Le jour où vous me verrez autoriser ça, moi, je vous le dis crûment, ce sera le début de la fin de E. Leclerc. Quelques affiliés en attendant de rejoindre le statut d’adhérent, pourquoi pas? Comme le disait mon père, «pour faire une belle procession, on peut recruter des porteurs de bannières. » Mais le développement par la franchise, ça n’a rien à voir avec l’esprit et donc l’efficacité d’un vrai réseau d’adhérents. J’y veillerai toujours.

Et puis voilà que nos voisins d’Ivry (leur siège social est situé juste à côté du nôtre) annoncent aussi se placer désormais sous l’aile protectrice d’I-Tunes pour continuer à vendre de la musique en ligne!

La FNAC avait déjà engagé le mouvement dans « la vie réelle », en cédant des espaces dédiés SFR, Orange, Bouygues Telecom, puis Apple et bientôt même Disney au sein de ses magasins.

Faut-il vraiment s’étonner de cette rafale d’annonces depuis quelques jours ? L’introduction en bourse fait qu’on change de modèle. « Agitateur culturel » hier, la FNAC va faire dans la location d’espaces. Une stratégie financière qui succède à une réelle contribution au consumérisme français. Si j’en parle, ce n’est pas pour manier l’ironie. C’est à usage interne. Puisqu’on nous laisse la place, qu’on se bouscule pour la prendre !

 

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 25 octobre 2012

Le « Made in France » by Landerneau

 

Arnaud Montebourg, Ministre du Redressement productif, à la Une du Parisien Magazine ?  Pourquoi pas ? Voilà une manière de faire le buzz. Le coup de com d’Arnaud Montebourg s’est mué en ventes de cartons pleins pour Armor-Lux. Je m’en réjouis pour mes amis bretons.

La veille de cette publication, Arnaud Montebourg m’avait reçu à Bercy. Il m’avait interpellé sur la manière de booster les rayons « Made in France ». Je lui ai avoué être franchement sceptique sur l’efficacité d’un marketing à mon sens trop ringard et sans autre démarche pour parler « qualité ».

Sur le fond, rien ne nous oppose dans l’objectif de vouloir revaloriser les produits français. Mais  je crois plus à la nécessité d’accompagner les industriels français dans leur démarche de reconquête commerciale : visibilité des indicateurs de provenance (produits régionaux, A.O.C.) pour autant qu’ils renvoient à des spécificités culinaires locales, des pratiques culturelles, un art de vivre ; et la diffusion des signes de qualité, d’argumentaires écologiques, etc.

Bref, communiquer plutôt sur ce qui fait la qualité et l’image des produits français, chacun sur leur marché respectif, plutôt que de vouloir rassembler, sous un même label, des artichauts, du poisson, des jouets artisanaux, des pull-overs marins ou des parfums de luxe !

Je ne suis pas choqué que les pouvoirs publics, à travers Monsieur Garot, Madame Pinel ou Monsieur Montebourg, sollicitent la mobilisation des distributeurs. Mais il faut laisser à chacun sa manière. Nous en avons discuté entre adhérents E. Leclerc. Résumé :

-  Construire un îlot « Made in France » au cœur d’un magasin ? L’îlotage, c’est bon pour une promo éphémère ou pour faire découvrir une gamme.

-  Mettre des stops-rayon « Achetez français » sur les gondoles ? Il y en aurait tellement dans l’agroalimentaire que ça tuerait toutes les autres communications dont celles qui portent sur les prix. Effet pervers assuré !

Et puis il ne faut pas se faire piéger. Le « Made in France » a une histoire. S’il a eu ses heures de gloire et nourri un capital positif d’image, il a eu aussi de nombreux ratés !

Une dizaine de ministres se sont déjà essayés à relancer le label (Michel Noir, Michel Jobert dont on ne se rappelle même plus qu’il avait exigé le dédouanement à Poitiers des produits techniques importés, Jean-Pierre Raffarin, Yves Jégo, etc.). Camouflant mal les arguments protectionnistes (pour ne pas tomber sous les récriminations de nos partenaires européens), ils avaient essayé de noyer le poisson pour que le consommateur paye plus cher les produits français. Les clients ont tout de suite su décrypter …

D’autant qu’à la télévision, dans les magazines, le « Made in France » a une image ambivalente.  A part dans le secteur du vin, notre production agricole a-t-elle vraiment une image qualitative homogène ? Dans le secteur automobile, on a plutôt une image moyenne gamme. Dans l’alimentation, le prêt à porter, les arts de la table, c’est le luxe, la mode, le haut de gamme version « faubourg Saint-Honoré». Beau, bon, mais cher !

Ne fermons pas la porte. Mais ce n’est pas simple.

Pour notre part, conscients de nos responsabilités (ne serait-ce que vis-à-vis de l’emploi local), nous nous sentons  confortés dans nos initiatives. Plus fort qu’une action collective pour promouvoir le « Made in France », nous allons booster nos gammes « Marque Repère », « Nos régions ont du talent »,  « Alliances Locales » et « Consommation responsable ».

Ça c’est du concret, et ce type d’action, au-delà de la pub, nous responsabilise vraiment vis-à-vis des producteurs comme des consommateurs. Nous prenons des engagements de durée, de partenariat, d’investissements publicitaires valorisants pour les produits. Nous donnons de l’information, nous relayons des certifications, etc.

De fait, nos « Marque Repère » ont un énorme succès auprès des clients. Elles représentent 40% de nos ventes. Elles sont produites à 90% par des fournisseurs français (dont les 2/3 sont des PME). Ce sont des entreprises régionales qui fabriquent les gammes « Nos régions ont du talent ». Et ce sont pour la plupart des TPE (5.000 à 6.000) avec lesquelles nous contractons des « Alliances Locales ».

Au total, E. Leclerc fait travailler quelque 170.000 salariés français en promotionnant ses marques propres. Et ça n’a rien à voir avec le temps éphémère d’une promo. 60% de ces fournisseurs font le job avec nous depuis plus de dix ans !

On devrait faire plus, on devrait faire mieux ? Assurément.

Avec le projet de généraliser dans nos magasins les étiquettes NFC, inaugurées la semaine dernière au  E. Leclerc de Levallois-Perret, nous allons permettre aux consommateurs de tout connaître des produits vendus : les incidences environnementales, les arguments sanitaires, les conditions de consommation, les prix et…l’origine des produits.

Enorme somme de travail en perspective pour nourrir cette bibliothèque d’informations ! Mais c’est un défi pour lequel nous nous offrons, foi de  E. Leclerc, à rester pionnier.

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 20 février 2012

Marine Le Pen et la viande halal : une question pas très catholique

A propos du halal, il y a de vraies questions qui méritent débat et réponses. Il y en a d’autres qui ne sont que des postures, des tentatives de manipulation aux fins de fustiger une communauté ou de mettre en difficulté l’Etat.

La manière dont le gouvernement et certains professionnels ont répondu aux affirmations de Marine Le Pen est d’autant plus délirante que l’introduction de cette polémique dans la campagne était prévisible et annoncée. Lorsque j’ai rédigé mon billet du 3 février 2011 sur la viande halal, je sortais d’une réunion avec des conseillers du ministère de l’agriculture qui nous avaient avertis de l’imminence du sujet, de sa récupération par l’extrême droite et des précautions à prendre pour lancer une gamme de produits halal.

Que dit Madame Le Pen aujourd’hui?

Elle dit : En Ile-de-France, les abattoirs pratiquent tous l’abattage rituel. Les musulmans consomment halal mais les non-musulmans aussi, sans le savoir, sans qu’il y ait un étiquetage particulier.

Elle a tort pour ce qui est de la généralisation, elle caricature.

Mais elle a tout de même raison dans une certaine mesure. Il est abattu plus de viande « halal » que consommée.

Quand une partie de la viande halal n’a pas trouvé acheteur sur les marchés de gros, elle devient une matière première industrielle comme une autre (steak haché, plat cuisiné). Dans quelle proportion ? Des industriels disent dix pour cent, d’autres quinze pour cent de la production de certains abattoirs, mais bien moindre au niveau national. (Je tiens ces propos d’abatteurs. Je ne dispose d’aucuns chiffres agrégés et certifiés !).

Est-ce que ça change quelque chose sur les plans sanitaire ou gustatif, sur la qualité des viandes ?

Non, évidemment. S’il suffisait d’une prière pour changer une viande premium en « semelle » et vice versa, ce serait un miracle ! 

Le halal ne menace la santé de personne.

Pour quelles raisons ces pratiques industrielles ? Pour des raisons économiques évidemment. Les industriels cherchent à standardiser les processus d’abattage et à éviter l’alternance des deux process (rituel et traditionnel) qui affaiblissent la productivité.

C’est d’ailleurs aussi pour cette raison, tout autant que pour résoudre la question du « bien-être » des animaux que beaucoup d’industriels français réclament désormais (contre l’avis de certaines mosquées) de proscrire l’égorgement des animaux, sans étourdissement, comme en Suisse, en Suède, en Islande, en Norvège, en Australie ou en Nouvelle-Zélande.

En reprenant à son compte les problématiques soulevées par les industriels, Marine Le Pen joue sur du velours. L’Etat ne sait pas répondre face à une communauté musulmane divisée sur le cahier des charges des certifications.

Elle surfe surtout sur les sentiments d’une population non musulmane marginale (ne serait-ce que par méconnaissance du problème) qui voudrait obtenir une sorte de certification à rebours, garantissant que les viandes « normales » (sic) ne soient pas des viandes halal qui n’affichent pas cette particularité.

Est-ce qu’un tel étiquetage existe ailleurs en Europe ? Je n’en sais trop rien. De telles querelles n’auraient jamais lieu en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas. Une chose est sûre, les industriels ne veulent pas de ce double étiquetage. Aucun ne se précipite au portillon pour réclamer une mesure qui, selon eux, auraient l’air de diaboliser le halal, comme les certifications « non OGM ».

Je comprends la difficulté. Pour autant, a-t-on épuisé le sujet de l’étiquetage en refusant de l’aborder. Et au fond, n’est-ce pas la logique de surproduction industrielle de viande halal qui devrait faire l’objet de contestation ?

Pour ma part, je déplore que les responsables politiques, religieux et industriels n’aient pas fait une priorité de travailler ensemble à la résolution de ces questions. C’était l’appel intrinsèque contenu dans mon billet du 3 février 2011, la politique de l’autruche n’a pour seul effet que de laisser place à la récupération, à la manipulation de l’opinion, à la stigmatisation des communautés.

On ne cherche pas à résoudre un problème pratique pour des raisons économiques. On nous oppose des querelles religieuses. Voilà qu’on hérite d’une querelle politique.

Distribuant un tract Frontiste il y a quelques jours sur un marché, un militant m’avouait que derrière cet apparent « sujet de consommation », c’était en fait la participation obligatoire des non-musulmans au financement des mosquées qui était visée. Les produits halal continueraient à supporter la taxe prélevée lors de l’abattage rituel alors qu’ils sont commercialisés non halal ? On ferait supporter par les non-musulmans une partie du financement de ce clergé ?

A ce stade, et plutôt que de laisser s’installer la confusion et l’incendie qui suivra, les candidats républicains ne devraient-ils pas reconnaître l’éventuel problème, quitte à le ramener à sa juste dimension (on n’est pas dans la gestion d’un risque sanitaire ou d’une pandémie) et s’engager à la nécessaire clarification des circuits.

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 20 mai 2011

« Origine France Garantie », mais à moitié seulement ?

En promo, cette semaine, ça vient de sortir !

Même si ça a des airs de déjà vu, le label « Origine France Garantie », c’est du tout frais.

Dans la suite des recommandations faites par le sympathique député Yves Jégo, voici donc le énième avatar de la patriote- attitude. Vous vous direz que tout ça est un tantinet électoral et protectionniste et vous aurez raison.

Mais pourquoi polémiquer ? Ce label ne servira pas à grand-chose. Il n’apporte aucune valeur ajoutée, aucune garantie de qualité supérieure. Il ne fait référence à aucun savoir-faire spécifique. Pire, dès son lancement, il s’avoue quasiment être un sous-label vu qu’il suffira que les composants soient à 50 % français pour que le produit soit ainsi « naturalisé ». A ce titre, pizza napolitaine Marie, canette de coca, « jambon de Parme », etc., pourraient revendiquer l’estampille.

Quand je pense que la DGCCRF nous cherche des poux pour certifier l’origine des produits locaux commercialisés sous notre logo « Alliances locales » !!!

Moi, décidément, (et n’y voyez pas un esprit anti-français), je préfère préconiser « Produit en Bretagne », « Charcuterie corse », « l’Agneau du Poitou Charentes » ou « Nos régions ont du talent ». Ça, c’est bien de chez nous, c’est bon, c’est conquérant, et les autres pays européens ne peuvent pas y voir du protectionnisme.

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 3 juin 2010

Comme pour le commerce équitable, la Grande Distribution dénaturerait le bio ???

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« Tu ne fais pas de commerce équitable, tu es un sale exploitant capitaliste. Tu vends ses produits, tu n’es qu’un habile récupérateur ! »

« Idem pour le bio. C’est bien, mais ce n’est pas pour toi !!! »

A force de taper sur la grande distribution, les zélateurs du « small is beautiful » ont fini par se caricaturer.

Le commerce équitable ? Il a suffi qu’on dise « chiche », qu’on y envoie nos cadres, et qu’ils souscrivent quelques centaines de contrats pour que les cris d’orfraie des militants purs et durs viennent essayer de couvrir la satisfaction des paysans dont les produits, enfin, arrivaient sur nos étals.

Et le bio ? Ca fait tout de même plus de 20 ans qu’on tâtonne, qu’on expérimente : Monoprix, Cora, les Centres E. Leclerc, Carrefour qui a créé ses filières, Auchan dernièrement… Et maintenant qu’on booste les ventes, nous voici accusés de ne pas prendre en compte « l’aspect social et environnemental » du bio (FNAB) et, du fait des importations, d’assurer la « liquidation de la production de nos terroirs » (Confédération paysanne). « La grande distribution va se servir du bio…sans se soucier des dégâts sociaux que ca peut entraîner » (Philippe Collin, Confédération paysanne, cité par l’AFP ce dimanche).

Mon Dieu ! Comment peut-on dire et écrire de telles bêtises et se contredire d’une année sur l’autre. Ce sont les mêmes, oui les mêmes qui font la promotion du commerce équitable (des produits forcément importés car ils viennent du Sud) et qui viennent maintenant nous dire qu’il ne faut pas importer le bio parce que ça brûle du CO².

Ah bon, et pas le cacao Max Havelaar ? Et pas non plus les jus de fruits équitables du Kerala, ni les asperges du Pérou ou les petites bananes de l’Equateur ?

Du commerce équitable comme du bio, on en oublierait qu’il s’agit avant tout d’actes économiques et commerciaux. Les petits producteurs sont dans le besoin, ils n’ont ni la taille, ni l’organisation pour rentrer sur les marchés occidentaux, et leur marché intérieur n’offre que peu de débouchés. C’est là où la distribution moderne a un rôle à jouer, avec ses faibles marges et ses moindres coûts logistiques.

Convenons au moins de deux vérités :

1)  Le prix est un frein à l’achat des produits bio ! C’est un problème d’inorganisation du marché et d’atomisation du nombre de producteurs. Si l’on estime que le bio offre une reconversion intéressante pour nos agriculteurs (et pour notre santé), alors développons le marché. Ce n’est pas en restant dans des espaces confidentiels, fussent-ils sympas, écolo baba cool militants, qu’on y arrivera !

2)  Si on doit importer du bio, c’est qu’on n’en produit pas assez en France. Plutôt que de critiquer les importateurs et d’invoquer le retour au protectionnisme, investissons dans une politique nationale du bio. Réaffectons une part substantielle des subventions agricoles dans ce secteur et même dans l’agriculture raisonnée. La demande est forte, la production plus rémunératrice, voilà un bon placement collectif de l’argent public.

A vous entendre…

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 12 mars 2008

Obésité infantile : plus de friandises sucrées pour enfants aux caisses

 Je me suis attiré les foudres du Président de l’ANIA, Jean-René Buisson. Son association d’industriels « juge intolérable la décision prise par les Centres E. Leclerc, la semaine dernière, de retirer les confiseries sucrées pour enfants des présentoirs de caisses, d’ici le 1er juin ». Et l’ANIA m’a fait l’honneur d’un communiqué au vitriol, suspectant ma petite personne de vouloir en revenir « à l’économie administrée des magasins d’Etat » ?

1) De quoi parle-t-on ?

En septembre 2007, l’association de consommateurs UFC-Que choisir a lancé une campagne sur l’obésité infantile « Obésité : protégeons nos enfants ». Après avoir demandé aux parlementaires d’interdire la publicité TV pour les produits gras et sucrés au sein des programmes pour enfants, l’UFC interpellait toute la filière et sollicitait les distributeurs pour « juguler un marketing outrancier à l’égard des enfants, incitant à la surconsommation de produits sucrés ». L’association demandait le retrait des produits installés de manière trop tentatrice au devant des caisses.

Le gouvernement français et les autres gouvernements européens sont interpellés de la même manière. Ainsi, les Anglais ont interdit les publicités pour les aliments gras, sucrés et salés dans les programmes destinés au moins de 12 ans. Les Suédois, eux, ont totalement interdit les publicités pendant les émissions jeunesse.

Le Ministre français de la Santé, Roselyne Bachelot, a annoncé, le 4 février, une série de mesures dans un premier temps basées sur l’autodiscipline et le volontarisme des acteurs concernés. Avec une deadline fixée en juin pour apprécier les propositions et les résultats éventuels.

2) Les réponses des industriels et des distributeurs

Tout le monde convient de l’importance du fléau. 13 % des jeunes Français sont en surpoids, dont 7 % atteints d’obésité. Le mouvement ne fait que s’accélérer. Outre que l’obésité hypothèque l’espérance de vie des individus, elle préfigure une charge supplémentaire pour la collectivité.

Les industriels ont d’abord réagi viscéralement. « Consommés modérément, les produits sucrés ne sont pas dangereux. On n’est pas chez les Soviets. Les pouvoirs publics ne peuvent montrer du doigt et diaboliser le sucre ou tout autre produit festif à base de sucre tout simplement par qu’ils ont été surconsommés ». Ou alors disent-ils, il faut aller jusqu’au bout du raisonnement : supprimons la vente d’alcool puisqu’il y a trop d’alcooliques, supprimons le rayon des crèmes desserts et des fromages pour que plus personne ne mange des produits trop gras.

Derrière ce débat qui prend des airs trop passionnés et caricaturaux, il y a bien sûr des lobbies qui cherchent à forcer le trait.

Je concède cependant que :

1) Industriels et distributeurs ont raison de dénoncer la tentation des pouvoirs publics de refiler la gestion des problèmes de santé au secteur privé alors qu’elle doit d’abord émaner de l’Etat (ne serait-ce que, justement, pour qu’elle ne soit pas dictée par des intérêts privés).

2) L’origine de l’obésité est multifactorielle. Si l’on veut s’attaquer à la source, il faut mettre en place un plan de prévention global : auprès des parents, à l’école, dans les médias. Bref, chacun doit agir à son niveau de responsabilité.

3) La position de mon enseigne

Nos cadres et nos adhérents ont eu le même réflexe que les autres professionnels. Pas question de se laisser refiler la gestion exclusive d’une problématique qui nous dépasse.

Mais le dossier de l’obésité infantile rejoint celui, plus global, de la nutrition, du « bien manger » dont nous sommes évidemment un acteur à part entière.

Le distributeur doit pouvoir garantir le libre choix, mais rien ne l’empêche à travers ses gammes, ses choix marketing et publicitaires, d’adapter son offre commerciale à une demande sociale dès lors qu’elle est incontestée. C’est même un gage de sa performance commerciale future.

J’ai engagé mon groupe depuis trois ans pour revoir à la hausse tous les critères qualitatifs, gustatifs et sanitaires de notre offre alimentaire. C’est un travail de longue haleine (probablement 3 ou 4 ans pour arriver à des résultats significatifs). Par exemple, tous nos produits à Marque Repère voient leur étiquetage reprécisé, leur lisibilité améliorée, et les recettes des produits sont retravaillées pour diminuer les taux de sucre, de sel et de gras. Des nutritionnistes sont mobilisés sur ce projet, et des instruments pédagogiques à l’égard des usagers ont été mis en place (http://www.e-leclerc.com/marquerepere/Nos-valeurs/Accueil.aspx).

C’est dans ce contexte que sans se référer à une quelconque morale anti-festive, nous avons décidé de recaser les produits concernés dans l’offre classique de l’hyper d’ici le 1er juin.

4) Etoffer l’action

Il y a certes un enjeu commercial (manque à gagner situé entre 5 et 10 millions d’euros par an). Mais si elle restait isolée, nos adversaires auraient beau jeu de qualifier cette action de publicitaire. Aussi ne faut-il pas s’arrêter là.

Dans les semaines qui viennent, mon enseigne va lancer la recherche de produits de substitution, plus diététiques. Les magasins recevront des PLV informatives et pédagogiques expliquant cette action aux clients.

Enfin, j’ai demandé à ce que l’enseigne s’engage plus fort encore sur des recommandations nutritionnelles et sur la valorisation des bons comportements alimentaires.

Voilà donc ce qui me vaut le courroux de quelques apparatchiks du lobby de la malbouffe. Je ne donnais pourtant de leçons à personne, je les appliquais à nous-mêmes. C’est le paradoxe de l’ANIA : cette fédération regroupe des industriels qui, depuis 5 ans, et avec succès, ont fait de la santé un argument de vente (Danone avec Actimel, ses alicaments, etc.). Curieux de voir que le discours sur le bien manger devient « démagogique » quand il émane du seul distributeur.

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 5 octobre 2007

Foires aux Vins : quelques sélections

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Mes collaborateurs adorent le bon vin. Il leur arrive d’éplucher les catalogues de la concurrence tout autant que de rechercher les meilleures offres dans les hypermarchés de notre enseigne.

Preuve qu’on pratique ici « l’ouverture », je livre cette petite sélection effectuée par Géry, le garçon qui s’occupe du comparateur de prix au niveau national, un passionné d’oenologie. Il précise : « Je ne connais pas bien les Bordeaux, j’ai perdu le prospectus Auchan, mais j’ai trouvé ces quelques flacons qui sont vraiment remarquables ».

Alors, pour votre info, autant que pour la mienne…

Quelques sélections dans les enseignes suivantes :

- Carrefour

. Le Prieuré Saint-Joseph 2005, Jean-Luc Colombo

. Collioure, Domaine du Mas Blanc « Terre de Schistes » 2003

. Bandol, Château Vannières « Les Hauts de Vannières » 2005

- Monoprix

. Chateauneuf du Pape, Château Fortia 2005

. Chateauneuf du Pape, Domaine du Galet des Papes 2003

. Vin de pays des coteaux Charitois, Pinot noir, Alphonse Mellot, Les Pénitents 2005

. Chablis 1er cru Vaillons, Domaine William Fevre 2004

. Vin de pays des coteaux Charitois, Chardonnay, Alphonse Mellot, Les Pénitents 2005

. Sancerre, Alphonse Mellot, La Moussière 2006

- Casino

. Bandol, Château de Pibarnon 2004

. Palette, Château Simone 2005

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 3 mai 2007

Pas d’OGM dans les croissants vendus chez Leclerc à Olivet (Orléans)

 L’information est dans Le Parisien, ce 3 mai 2007. Toujours en chasse de produits OGM, un enquêteur de Greenpeace serait tombé sur des lots de croissants en promotion au centre E. Leclerc d’Olivet (banlieue sud d’Orléans dans le Loiret). Avec une étiquette mentionnant « la présence d’OGM ».

A juste titre, Arnaud Apoteker m’interpelle : j’avais dit, sur ce blog, que je ne souhaitais pas lancer mon enseigne dans la commercialisation de produits à base d’ingrédients génétiquement modifiés. (Dans un cadre légal, certains produits sont autorisés, même dans l’alimentation, mais dès que la présence d’OGM dépasse 0,9 %, ils doivent être repérables par une mention spéciale informant les consommateurs). Et donc, les croissants d’Olivet faisaient tache dans la démonstration.

Vérification faite (même dans mon enseigne, j’agis tel Saint Thomas et exige des vérifications et preuves), les croissants ne contenaient pas de produits transgéniques.

C’était une simple erreur d’étiquetage. Très localisée. Plutôt incompréhensible d’ailleurs, mais enfin, une erreur d’étiquetage, je confirme !

Afin qu’aucun doute ne subsiste, nous avons proposé aux enquêteurs de Greenpeace de faire analyser les produits.

Comme effectivement sur ce blog, nous avons eu quelquefois des échanges assez vifs sur les risques OGM, je tenais à rectifier l’information, dès à présent.

Michel-Edouard Leclerc