<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>De quoi je me M.E.L &#187; Commerce équitable</title>
	<atom:link href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/category/developpement-durable/commerce-equitable/feed" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress</link>
	<description>Un blog utilisant WordPress</description>
	<lastBuildDate>Mon, 26 Jul 2010 14:20:35 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.8.6</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>Comme pour le commerce équitable, la Grande Distribution dénaturerait le bio ???</title>
		<link>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2010/06/comme-pour-le-commerce-equitable-la-grande-distribution-denaturerait-le-bio.php</link>
		<comments>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2010/06/comme-pour-le-commerce-equitable-la-grande-distribution-denaturerait-le-bio.php#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 03 Jun 2010 12:18:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités / Débats (Conso.)]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités / Débats (DD)]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités / Débats (Distrib.)]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce équitable]]></category>
		<category><![CDATA[Consommation]]></category>
		<category><![CDATA[Distribution]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Objectif qualité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/?p=1216</guid>
		<description><![CDATA[
« Tu ne fais pas de commerce équitable, tu es un sale exploitant capitaliste. Tu vends ses produits, tu n’es qu’un habile récupérateur ! » 
 « Idem pour le bio. C’est bien, mais ce n’est pas pour toi !!! »
A force de taper sur la grande distribution, les zélateurs du « small is beautiful » ont fini par se caricaturer.
Le commerce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-1226" title="IMG_0377" src="http://prod1-edleclerc.integra.fr/wordpress/wp-content/uploads/2010/06/IMG_03771-337x450.jpg" alt="IMG_0377" width="337" height="450" /></p>
<p><em>« Tu ne fais pas de commerce équitable, tu es un sale exploitant capitaliste. Tu vends ses produits, tu n’es qu’un habile récupérateur ! » </em></p>
<p><em> </em><em>« Idem pour le bio. C’est bien, mais ce n’est pas pour toi !!!</em> »</p>
<p>A force de taper sur la grande distribution, les zélateurs du « small is beautiful » ont fini par se caricaturer.</p>
<p>Le commerce équitable ? Il a suffi qu’on dise « chiche », qu’on y envoie nos cadres, et qu’ils souscrivent quelques centaines de contrats pour que les cris d’orfraie des militants purs et durs viennent essayer de couvrir la satisfaction des paysans dont les produits, enfin, arrivaient sur nos étals.</p>
<p>Et le bio ? Ca fait tout de même plus de 20 ans qu’on tâtonne, qu’on expérimente : Monoprix, Cora, les Centres E. Leclerc, Carrefour qui a créé ses filières, Auchan dernièrement… Et maintenant qu’on booste les ventes, nous voici accusés de ne pas prendre en compte « l’aspect social et environnemental » du bio (FNAB) et, du fait des importations, d’assurer la « liquidation de la production de nos terroirs » (Confédération paysanne). « La grande distribution va se servir du bio…sans se soucier des dégâts sociaux que ca peut entraîner » (Philippe Collin, Confédération paysanne, cité par l’AFP ce dimanche).</p>
<p>Mon Dieu ! Comment peut-on dire et écrire de telles bêtises et se contredire d’une année sur l’autre. Ce sont les mêmes, oui les mêmes qui font la promotion du commerce équitable (des produits forcément importés car ils viennent du Sud) et qui viennent maintenant nous dire qu’il ne faut pas importer le bio parce que ça brûle du CO².</p>
<p>Ah bon, et pas le cacao Max Havelaar ? Et pas non plus les jus de fruits équitables du Kerala, ni les asperges du Pérou ou les petites bananes de l’Equateur ?</p>
<p>Du commerce équitable comme du bio, on en oublierait qu’il s’agit avant tout d’actes économiques et commerciaux. Les petits producteurs sont dans le besoin, ils n’ont ni la taille, ni l’organisation pour rentrer sur les marchés occidentaux, et leur marché intérieur n’offre que peu de débouchés. C’est là où la distribution moderne a un rôle à jouer, avec ses faibles marges et ses moindres coûts logistiques.</p>
<p>Convenons au moins de deux vérités :</p>
<p>1)  Le prix est un frein à l’achat des produits bio ! C’est un problème d’inorganisation du marché et d’atomisation du nombre de producteurs. Si l’on estime que le bio offre une reconversion intéressante pour nos agriculteurs (et pour notre santé), alors développons le marché. Ce n’est pas en restant dans des espaces confidentiels, fussent-ils sympas, écolo baba cool militants, qu’on y arrivera !</p>
<p>2)  Si on doit importer du bio, c’est qu’on n’en produit pas assez en France. Plutôt que de critiquer les importateurs et d’invoquer le retour au protectionnisme, investissons dans une politique nationale du bio. Réaffectons une part substantielle des subventions agricoles dans ce secteur et même dans l’agriculture raisonnée. La demande est forte, la production plus rémunératrice, voilà un bon placement collectif de l’argent public.</p>
<p>A vous entendre…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2010/06/comme-pour-le-commerce-equitable-la-grande-distribution-denaturerait-le-bio.php/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>14</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Cinéma : « Le Marché de la faim » par Erwin Wagenhofer</title>
		<link>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2007/05/cinema-%c2%ab-le-marche-de-la-faim-%c2%bb-par-erwin-wagenhofer.php</link>
		<comments>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2007/05/cinema-%c2%ab-le-marche-de-la-faim-%c2%bb-par-erwin-wagenhofer.php#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 May 2007 17:38:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités / Débats (Arts)]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités / Débats (DD)]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités / Débats (Eco)]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Arts / Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce équitable]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Engagements]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/?p=404</guid>
		<description><![CDATA[
…Vu cette semaine « We Feed the World » (le Marché de la faim) d’Erwin Wagenhofer.
Sur un plan purement cinématographique, rien à voir avec le professionnalisme du film d’Al Gore, « An Inconvenient Truth » (Une vérité qui dérange). Ici, on cultive un côté brouillon, un scénario chancelant, une image peu exigeante, sans doute pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="img_blog_280507_feed_the_wo.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_280507_feed_the_wo.jpg" width="355" height="587" /></p>
<p>…Vu cette semaine <em>« We Feed the World » (le Marché de la faim)</em> d’Erwin Wagenhofer.</p>
<p>Sur un plan purement cinématographique, rien à voir avec le professionnalisme du film d’Al Gore, <em>« An Inconvenient Truth » (Une vérité qui dérange)</em>. Ici, on cultive un côté brouillon, un scénario chancelant, une image peu exigeante, sans doute pour respecter un look « docu militant », à l’instar du film <em>« Le Cauchemar de Darwin »</em> <a href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2005/06/_le_cauchemar_de_darwin_lenque.php">(Cf. la note du 21/06/05).</a></p>
<p>Sur le fond, les questions sont pertinentes et certains arguments font mouche.</p>
<p>Dommage que le lecteur soit obligé de rester « sur sa faim » (sic). EW flingue les trusts de l’agrobusiness, charge les multinationales (ça ne mange pas de pain, re-sic !). On a le droit au recensement de toutes les critiques contre l’hyper productivisme industriel et les excès du libéralisme. Faute de tenter l’ébauche de quelques solutions, le film est finalement assez frustrant.</p>
<p>1)	<u>Le scandale de la faim ! </u></p>
<p>On pourrait synthétiser comme suit l’argument du film :</p>
<p>a)	« L’agriculture mondiale pourrait nourrir 12 milliards d’individus » (J. Ziegler). Tous les moyens existent pour nourrir les populations démunies. De ce fait, <strong>« tout enfant qui meurt actuellement de faim est en réalité assassiné »</strong>. La phrase peut choquer. Elle me semble juste : il y a bien aujourd’hui « non assistance à personnes en danger ».</p>
<p>b)	Comment en est-on arrivé là ? Par la guerre, la guerre économique que se livrent les riches nations. Elles ont choisi de <strong>produire toujours plus </strong>et au-delà de leurs besoins nationaux. Pour vendre à l’extérieur, pour gagner des devises. (L’arme alimentaire !)</p>
<p>L’amélioration de la productivité, mais aussi la course aux subventions…<strong>ont contribué à faire baisser les prix sur les marchés mondiaux et jusque dans les pays sous-développés</strong>. Ce qui rend impossible, dit EW, l’éclosion d’une agriculture locale, vivrière, faute qu’elle soit suffisamment rémunératrice.</p>
<p>c)	La thèse n’est pas nouvelle. C’est celle de la plupart des ONG. Elle trouve un écho favorable dans le mouvement altermondialiste (jusqu’à José Bové, en France). Mais paradoxalement aussi, auprès des libéraux pour qui les subventions américaines ou européennes altèrent le fonctionnement du libre marché.</p>
<p>2)	<u>Les dégâts sociaux et écologiques à l’échelle planétaire </u></p>
<p>Le film a le mérite de présenter une critique globale et de l’illustrer.</p>
<p>-	Critique des <strong>dégâts sociaux issus de l’hyper spécialisation agricole </strong>: on voit notamment des fils d’agriculteurs qui ont quitté leur Maghreb ou leur Centrafrique. Ils viennent travailler pour des producteurs de tomates du Sud de l’Espagne. Situation d&#8217;autant plus paradoxale que pour un même salaire, ils pourraient exercer chez eux le même métier, avec le statut de propriétaire.</p>
<p>-	Focus sur les <strong>conséquences écologiques de ces choix alimentaires</strong>, telle la destruction de la forêt primitive (ici amazonienne, mais le cas est patent aussi en Indonésie ou en Afrique) pour laisser place à des productions plus rentables (l’huile de palme, par exemple).</p>
<p>-	Evocation, enfin, des problèmes de qualité et la perte du goût liés à des modes de production hyper industriels (de la culture sous serres et hors sol aux OGM !). <em>(Mais là, pour le coup, le sujet n’a plus vraiment de lien avec la démonstration principale sur la faim dans le monde).</em></p>
<p>On peut chipoter sur certaines affirmations, mais l’analyse globale « tient la route ». En tout cas, les spectateurs sortent de ce film convaincus des perversités, et surtout de l’injustice du système de répartition de la nourriture dans le monde.</p>
<p>3)	<u>Les limites du film </u></p>
<p>Le problème avec ce genre de documentaire militant, c’est le manichéisme. C’est aussi une forme de manipulation qui joue avec l’émotion du spectateur. Et c’est au final la frustration d’avoir adhéré à une analyse sans que ne nous soit proposée aucune alternative concrète, en tout cas à la mesure du drame qu’on a mis en scène.</p>
<p>a)	<strong>Trop de manichéisme</strong></p>
<p>Le film est construit autour des interventions de Jean Ziegler, rapporteur à l’ONU sur les questions alimentaires. Il est, sans conteste, un bon expert. Mail il est aussi un homme politique engagé à gauche (en Suisse). Quand il dit que ce film « est extraordinaire par son refus de l’émotionnel, un film purement analytique ». Ce n’est pas vrai. Exemples :</p>
<p>-	<strong>Les témoins à charge sont systématiquement valorisés</strong>. Ils ont forcément raison (personne ne les contredit). Quant aux accusés (les dirigeants de Pioneer, Nestlé, les géants du food business), ils sont désignés coupables par avance et très peu interrogés. Si ce n’est ce pauvre Brabeck (PDG de Nestlé), piégé par un habile montage, caricatural dans son éloge d’un libéralisme qu’il ne pratique même pas lui-même. Tout entier à faire le panégyrique du Marché, il n’oppose à la famine qu’un discours surréaliste sur la nécessité de faire de l’eau une marchandise !</p>
<p>-	<strong>Le film n’aborde pas la responsabilité des Etats</strong>, dont les carences en matière d’aide internationale sont pourtant flagrantes, dont les choix à l’OMC sont pourtant critiquables, et dont les pratiques commerciales perturbent le marché. EW fait l’impasse sur tous les facteurs géopolitiques de la malnutrition (au Darfour, dans la ceinture sahélienne, en Asie, etc.).</p>
<p>-	Pas plus, <strong>EW ne dénonce l’idéologie de tous ces régimes politiques</strong>, héritiers des modèles communiste ou tiers-mondiste (cubain, algérien, coréen et vietnamien du Nord, chinois, mozambiquien, etc.) dont <strong>la corruption </strong>et les faillites ont conduit les peuples à la misère…sans qu’il n’y ait évidemment besoin d’invoquer, ici, les multinationales !</p>
<p>b)	<strong>L’émotion plus que l’argument</strong></p>
<p>Il y a des procédés qui « médiatiquement » fonctionnent toujours bien pour susciter l’adhésion ou l’empathie…mais qui, moi, me révoltent ! Une longue visite d’abattoir, des milliers de volailles électrocutées, décapitées, sur fond d’émulsions sanguines ? Qui n’en sort pas écoeuré, convaincu que nous avons là une métaphore exceptionnelle « des excès auxquels conduit le productivisme ». Et tout ça pour prouver que le bio c’est mieux ? Que small is beautiful ? Allons ! Plantez donc une caméra devant la mine réjouie d’agriculteurs qui saignent le cochon en famille, ça produira le même effet. Filmez encore tous ces moutons égorgés en plein air, le jour de l’Aïd, et vous verrez que le plus inoffensif des croyants aura l’air de participer à un délire collectif trash, plus gore encore que celui de nos abattoirs aseptisés ! Franchement, le procédé ne saurait tenir lieu d’argument.</p>
<p>Moins spectaculaire, mais tout aussi perverse : l’opposition systématique entre les petits (bons) et les gros (mauvais). OK pour dire que la pêche industrielle fait plus de dégâts que la pêche artisanale. <strong>Mais la pêche artisanale non plus n’a pas su gérer ses ressources.</strong> C’est bien parce qu’il n’y a plus assez de poissons nobles sur nos côtes qu’aujourd’hui, on est obligé d’aller « à perpète » chercher les poissons des grands fonds. L’artisanat ne constitue plus une alternative à l’industrie. Même si on ressemait de la sole et du turbot en baie de Somme ou au large de Penmarch, je doute qu’il en « pousse » suffisamment pour satisfaire le marché. Et comme les écologistes sont aussi contre les élevages !!!</p>
<p>c)	<strong>Un goût de frustration</strong></p>
<p>C’est au final ce que j’ai ressenti en quittant l’une des rares petites salles qui projetait le film. EW reste en posture contestatrice mais n’aborde pas la question des politiques alternatives.</p>
<p>-	Ziegler explique que sur le marché de Dakar, le prix bas des légumes européens subventionnés empêche l’émergence d’un marché local mieux rémunéré. Mais supposons qu’on supprime nos subventions à l’export, les produits locaux seraient donc plus chers. Question toute bête : qui aura les moyens de les acheter ? Peut-on développer un marché théoriquement plus rémunérateur pour les agriculteurs sénégalais « alors que le pouvoir d’achat local fait défaut » ? Pas évident du tout !</p>
<p>On peut multiplier les exemples et les questions de ce type. C’est vraiment la limite du film et d’un discours trop simpliste.</p>
<p>-	Plus surprenant, EW ne tente pas de brosser le schéma concret d’une nouvelle <strong>régulation des marchés</strong>. Quel rôle pour l’OMC, comment introduire les clauses sociales dans les négociations en cours ? Suppression des subventions ou réaffectation vers les systèmes de production dans les pays sous-développés ? Quels mécanismes de contrôle ? En fait, <strong>trop préoccupé à dénoncer les seules multinationales, EW reste prisonnier de son parti pris. </strong></p>
<p>-	Du coup aussi, EW n’a d’autre solution que de culpabiliser les consommateurs en leur suggérant de boycotter (comme le font quelques associations italiennes) certaines grandes marques ou de modifier leur comportement (ne pas manger des fruits hors saison, acheter bio et éthique). Mais il fait l’impasse sur toutes ces initiatives actuellement en germination partout dans le monde. Le microcrédit, bien sûr, qui soutient tant de projets au Bengladesh, en Inde, et désormais en Afrique australe. Et <strong>le commerce équitable</strong>, grand absent du film. Et alors, là, on ne comprend pas vraiment pas pourquoi.</p>
<p>J’ai été trop long. Il y aurait encore beaucoup à dire. En fait, c’est le mérite du film. Même « mal ficelé », il relance le débat. C’est tant mieux !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2007/05/cinema-%c2%ab-le-marche-de-la-faim-%c2%bb-par-erwin-wagenhofer.php/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>26</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Commerce équitable : évolution du marché français. La part de E. Leclerc</title>
		<link>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2007/02/commerce-equitable-evolution-du-marche-francais-la-part-de-e-leclerc.php</link>
		<comments>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2007/02/commerce-equitable-evolution-du-marche-francais-la-part-de-e-leclerc.php#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 28 Feb 2007 07:29:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités / Débats (DD)]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités / Débats (Distrib.)]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités / Débats (Eco)]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce équitable]]></category>
		<category><![CDATA[Distribution]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/?p=388</guid>
		<description><![CDATA[
A quelques semaines de la quinzaine du commerce équitable (du 28 avril au 13 mai 2007), les responsables de ce secteur dans mon enseigne me communiquent un état des lieux. Peut-être, cette synthèse qui concerne essentiellement l’alimentaire, pourrait-elle vous intéresser…
1)	Evolution du marché national
Malgré la création de nouvelles filières et l’accroissement du nombre de références, le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="img_blog_280207_commerce_eq.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_280207_commerce_eq.jpg" width="355" height="226" /></p>
<p>A quelques semaines de la <strong>quinzaine du commerce équitable (du 28 avril au 13 mai 2007)</strong>, les responsables de ce secteur dans mon enseigne me communiquent un état des lieux. Peut-être, cette synthèse qui concerne essentiellement l’alimentaire, pourrait-elle vous intéresser…</p>
<p>1)	<u>Evolution du marché national</u></p>
<p>Malgré la création de nouvelles filières et l’accroissement du nombre de références, <strong>le chiffre d’affaires généré par le commerce équitable reste terriblement marginal.</strong> Il ne dépasse pas 0,9 % du chiffre d’affaires des familles de produits concernées et ce CA reste concentré sur 200 ou 300 articles dont le panéliste IRI-France suit pas à pas les évolutions.</p>
<p>-	Le café torréfié réalise 61 % du CA commerce équitable, suivi par les tablettes de chocolat (11 %), le thé (9%) et les jus de fruits (6 %). Le riz, le sucre ou le café soluble ne dépasse pas 3 % du CA de leur famille (en valeur).</p>
<p>-	Les performances sur chacun de ces segments de marché sont inégales : constatons que les produits qui se développent sont déjà les produits leaders : café torréfié (+ 25 %), tablettes de chocolat (+ 52 %), thé (+ 19 %), jus de fruits (+ 30 %), riz (+ 17 %) et sucre (+ 28 %).</p>
<p>2)	<u>Le commerce équitable dans les centres E. Leclerc</u></p>
<p><strong>E. Leclerc a réalisé un CA 2006 de 19,2 millions d’euros, généré par les produits du commerce équitable. La progression est de 32 % par rapport à l’an passé.</strong></p>
<p>Presque toutes les enseignes de distribution ont désormais investi sur ce créneau. <strong>Notre enseigne conserve cependant des niveaux de part de marché très élevés (20,4 % en valeur et 21,5 % en volume).</strong> Ces chiffres sont très nettement supérieurs à notre performance globale tous produits PGC (17,5 % en valeur, 18,4 % en volume).</p>
<p>En 2006, il s’est vendu deux fois plus de références dans les magasins E. Leclerc que dans les hypers/supers : 52 références chez E. Leclerc vs 22 références en moyenne pour les hypers/supers.</p>
<p>Malgré les critiques émises par quelques intellectuels qui contestent le rôle que peut jouer la GD pour la diffusion du commerce équitable, je persiste à mobiliser tous nos adhérents. Fi des postures idéologiques. Ce qu’attendent de nous les producteurs, ce sont des débouchés et le respect de leur politique de prix.</p>
<p>Comme je le disais en présentation de cette note, il n’y a de toute façon pas de quoi pavoiser. Le chantier est ouvert, mais le marché reste encore extrêmement étroit. C’est la raison pour laquelle vous me permettrez de saluer la performance des centres E. Leclerc des Landes et de Bretagne. Dans ces deux régions où la concurrence s’investit pourtant elle aussi, la part de marché des centres E. Leclerc atteint 32 % (en valeur). Voilà qui devrait stimuler, si ce n’est culpabiliser, mes autres collègues.</p>
<p>A vos rayons, tous, mes amis, pour la quinzaine du commerce équitable !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2007/02/commerce-equitable-evolution-du-marche-francais-la-part-de-e-leclerc.php/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>29</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Commerce Equitable en grande distribution : qui conteste ?</title>
		<link>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2006/05/commerce-equitable-en-grande-distribution-qui-conteste.php</link>
		<comments>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2006/05/commerce-equitable-en-grande-distribution-qui-conteste.php#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 11 May 2006 16:12:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités / Débats (Conso.)]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités / Débats (DD)]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités / Débats (Distrib.)]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce équitable]]></category>
		<category><![CDATA[Consommation]]></category>
		<category><![CDATA[Distribution]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/?p=324</guid>
		<description><![CDATA[
Saviez-vous qu’il existe dans le domaine social et environnemental des censeurs autoproclamés qui s’érigent ainsi en gardiens du Temple. Des gens qui, sans garantie de compétence, sans agrément préalable, sans autre argument ni justification que leur propre affirmation, notent, critiquent et vont jusqu’à dénigrer des entreprises… selon qu’elles acceptent ou non de les prendre pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="img_blog_110506_producteur.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_110506_producteur.jpg" width="355" height="266" /></p>
<p>Saviez-vous qu’il existe dans le domaine social et environnemental des censeurs autoproclamés qui s’érigent ainsi en gardiens du Temple. Des gens qui, sans garantie de compétence, sans agrément préalable, sans autre argument ni justification que leur propre affirmation, notent, critiquent et vont jusqu’à dénigrer des entreprises… selon qu’elles acceptent ou non de les prendre pour interlocuteur ou prestataire. Une forme de chantage auquel se livre depuis plusieurs années un collectif « l’éthique sur l’étiquette » à l’égard de notre enseigne. Je ne me doutais pas à quel point certains de ses représentants pouvaient sans vergogne vouloir à tout prix chercher la polémique ou le discrédit.</p>
<p>Vendredi soir, un coup de téléphone de l’AFP. La journaliste, profitant de l’événement (la quinzaine du commerce équitable) m’interroge sur la performance des Leclerc et de l’intérêt de ce nouveau marché. Elle demande mon avis sur la norme française mise en place par Renaud Dutreil et sur la crédibilité du label Max Havelaar. Et tout d’un coup cette question : « comment assumez-vous la contradiction entre les valeurs de la grande distribution et la vente des produits équitables ? ».</p>
<p>Je reste un moment interloqué. J’essaie de rentrer dans la problématique, comprends que la journaliste relaye là une accusation ou un débat lancé par une des associations opérant dans cette filière. Je tente d’argumenter.</p>
<p><strong>1/ La critique et les contre arguments </strong></p>
<p>° <strong>Dans tous les pays occidentaux, les produits du commerce équitable sont en GD sans susciter ce genre de polémique typiquement française </strong>;</p>
<p>° Dans les pays nordiques, mais en Suisse surtout <a href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/2006/01/labels_bio_equitable_environne.php">(cf. ma note du 12 janvier 2006)</a> c’est la Migros  ou les Coop (dont les philosophies sont proches de la nôtre) qui ont introduit cette forme de commerce;</p>
<p>° En France justement, <strong>le marché restait trop marginal et confidentiel, faute d’être présent dans les linéaires des hypers</strong>.</p>
<p>° De toute façon, ce sont les producteurs qui nous ont interpellés ou sont venus nous chercher.</p>
<p>Je sais, pour avoir dialogué avec des représentants de ces associations, qu’Artisans du Monde ou Azimuts Artisans du Népal défendent une forme de « distribution sélective ».</p>
<p>Pour eux, qui incarnent l’esprit pionnier, mais aussi une forme de pureté idéologique, c’est toute la chaîne qui doit être équitable (du producteur au distributeur !). Mais l’argument philosophique ne serait pertinent que si les producteurs eux-mêmes l’appliquaient ou défendaient ce point de vue.</p>
<p>° Or, dans beaucoup de coopératives du Sud, même labellisées Max Havelaar, <strong>seul un certain pourcentage de la production peut encore être commercialisé sous ce label</strong>.  Nombre de petits producteurs de bananes, d’ananas, de goyaves, mais aussi de coton…. « crèveraient » s’ils ne devaient commercialiser que des produits équitables. Il faut bien être pragmatique. Comme le souligne Victor Ferrera (Max Havelaar) la labellisation cautionne <strong>une démarche forcément progressive</strong>. Elle doit justement permettre la « montée en puissance » du commerce équitable.</p>
<p><strong>Dès lors que, dans une même coopérative, on admet la cohabitation d’une démarche conventionnelle et d’une démarche équitable, pourquoi en faire grief à la distribution, et à la seule distribution française ?</strong></p>
<p>° <strong>Plus fondamentalement, que cherche-t-on ? La pureté de la Ligne, la certification militante ? Ou l’enrichissement et le développement harmonieux des petits producteurs qui ont choisi ce mode de commerce.</strong> Et que croyez-vous qu’ils préfèrent : un débouché marginal, dans des boutiques sympathiques mais un peu chères… ou un accroissement des ventes dans les enseignes phares de la société de consommation ?</p>
<p>Moi, j’ai une idée de la réponse. En tout cas, cette polémique je ne l’ai pas cherchée. <strong>Je crois les différents circuits cohabitables et nécessaires</strong>. Je comprends l’amertume des pionniers, leur irritation devant le risque de récupération, ou de dérive marketing ! Une possible anxiété financière aussi, vu la mise en concurrence des réseaux. Parlons-en. Pour ma part, je suis prêt à donner un coup de main s’il s’agit d’optimiser des achats collectifs, ou promouvoir d&#8217;autres acteurs de la filière. Oui, même des &laquo;&nbsp;petits réseaux&raquo;&nbsp; qui auraient besoin d&#8217;un coup de main.</p>
<p>Mais s’il vous plait, <strong>n’habillons pas des querelles corporatistes d’un semblant de débat philosophique dont les risques seraient de rendre incompréhensible cette démarche aux yeux des consommateurs.</strong></p>
<p>En tout cas, je suis sincèrement convaincu, à l’instar de Tristan Leconte (Alter Eco), de Jean-Pierre Blanc (Malongo) ou de Stéphane Comar (Ethiquable) que l’accroissement des débouchés via la GD va permettre de dégager des ressources supplémentaires pour tous les producteurs du Sud, et au marché français de rattraper son retard !</p>
<p><strong>En bénéficiant de l’attractivité (et de la crédibilité) de nos enseignes qui pratiquent des marges plus basses (20 à 25 %) et disposent d’une logistique performante, les produits du commerce équitable deviennent encore plus accessibles à tous les consommateurs</strong> (j’observe d’ailleurs, que lorsqu’ils étaient vendus chez Monoprix, à un prix évidemment plus élevé que dans nos réseaux, la présence de ces produits en GD ne suscitaient aucune polémique !).</p>
<p><strong>2/ L’émergence d’une mauvaise polémique</strong></p>
<p>Voilà donc ce que j’ai répondu à l’AFP. Je croyais avoir été convaincant. Mais voilà. Un collectif qui a pour nom « l’éthique sur l’étiquette » conteste notre légitimité dans le commerce équitable : « le groupe figure parmi les enseignes les plus mal notées pour ses engagements relatifs aux droits fondamentaux ».</p>
<p>Non mais ! Qui ose encore parler ainsi ? On se croirait revenus aux temps où les cellules du PC tenaient Tribunal, ou ces AG dans lesquelles on se faisait interpeller : « mais d’où parles-tu, camarade, quelle est ta légitimité ? ».</p>
<p><strong>Je reconnais aux ONG un rôle essentiel d’alerte, d’éveil et de critique.</strong> Et si j’ai engagé ces dix dernières années notre enseigne dans de multiples investissements humanitaires, écologiques, sociaux ou culturels, <strong>c’est pour beaucoup, par conviction, mais aussi, fort de leur interpellation</strong>. Mais si je consulte aujourd’hui tous les bilans sociaux et environnementaux des entreprises apparemment bien notées par ce collectif « l’éthique sur l’étiquette » je n’ai vraiment pas à rougir. Nous ne cherchons pas à vendre d’OGM tant que le débat scientifique n’offre pas d’autres garanties. Nous commercialisons des bois certifiés (FSC, TFT, etc.), privilégions les bonnes pratiques forestières pour favoriser la substitution avec d’autres composants. C’est en pionniers et seuls que nous avons pris le risque de supprimer les sacs plastiques, nous avons anticipé la récupération des huiles des batteries et des piles. Sur le plan social, nous sommes ceux qui pratiquons le plus d’audits sociaux, etc, etc…</p>
<p>Trêve de plaidoirie. <strong>Même si nous ne sommes pas au « top », nous ne méritons certainement pas cette entreprise de dénigrement. Qu’ils aillent se faire voir…</strong></p>
<p>Ce collectif n’est pas une entreprise de notation sociale. Notre Groupe est déjà accompagné dans ses démarches par de multiples experts et consultants. Mais, j’en profite pour glisser ce message. <strong>S’il s’agit d’un chantage, nous ne céderons pas.</strong> <em>Dans une enquête récente de 60 millions de consommateurs, l’association WWF primait le comportement d&#8217;une enseigne de distribution qu’elle oppose au peloton des autres distributeurs. Un hasard : cette enseigne est partenaire financier de WWF !!!</em></p>
<p>Nous n’avons pas besoin des conseils de « l’éthique sur l’étiquette ». Reconnaissez qu’ils s’y prennent en tout cas assez mal ! Mais si cela nous vaut une mauvaise « notation », tant pis. Après tout, pour servir la cause, seuls comptent les actes.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2006/05/commerce-equitable-en-grande-distribution-qui-conteste.php/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>78</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Commerce équitable : Six questions à Tristan Lecomte (PDG d’Alter Eco)</title>
		<link>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2006/04/commerce-equitable-six-questions-a-tristan-lecomte-pdg-d%e2%80%99alter-eco.php</link>
		<comments>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2006/04/commerce-equitable-six-questions-a-tristan-lecomte-pdg-d%e2%80%99alter-eco.php#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2006 10:06:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités / Débats (DD)]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce équitable]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits / Rencontres (DD)]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/?p=311</guid>
		<description><![CDATA[
Je lui dois l’intérêt que je porte au commerce équitable. Tout a commencé dans un amphi, il y a 4 ou 5 ans. Un jeune homme m’a interpellé, il venait de créer Alter Eco et ne voyait pas pourquoi les produits équitables ne seraient pas vendus en grande distribution. Depuis, nos chemins n’arrêtent pas de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="img_blog_050406_leconte_01.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_050406_leconte_01.jpg" width="355" height="236" /></p>
<p><em>Je lui dois l’intérêt que je porte au commerce équitable. Tout a commencé dans un amphi, il y a 4 ou 5 ans. Un jeune homme m’a interpellé, il venait de créer Alter Eco et ne voyait pas pourquoi les produits équitables ne seraient pas vendus en grande distribution. Depuis, nos chemins n’arrêtent pas de se croiser. Mon enseigne commercialise ses produits aux côtés des gammes Ethiquable, Lobodis, Malongo, etc. Il était avec nous, la semaine dernière, dans le Kerala, chez des petits producteurs de thé et d’ananas</em>.</p>
<p><strong>1)	Comment êtes-vous tombé dans le Commerce Equitable ?</strong></p>
<p>Quand j’étais étudiant à HEC, j’avais monté une association (Solidarité France-Népal) avec deux amis pour faire de la formation sur la construction de fours et de latrines en milieu rural au Népal. Cette expérience, à la fois utile et entrepreneuriale, m’avait passionné. Je continue à suivre l’évolution de l’association qui existe toujours.</p>
<p>Après mes études, j’ai d’abord travaillé pour L’Oréal. Le travail était techniquement très intéressant, mais il manquait une dimension humaine et spirituelle à mon activité. Je voulais trouver un sens plus profond à mon action, plus largement, un sens à ma vie. J’ai découvert le Commerce Equitable à travers un article du journal « Le Réverbère » (journal des sans-abri) A première vue, j’étais très sceptique, pouvait-on réellement concilier éthique et business ?</p>
<p>Je suis allé voir un magasin Artisans du Monde. J’ai été surpris de découvrir une offre assez large et qualitative. J’ai pensé qu’il manquait juste une pointe de marketing pour que cela se développe à grande échelle, et c’est pour cela que je me suis engagé. J’ai quitté mon poste confortable dans ce grand groupe et, deux mois après, j’ouvrais ma première boutique de 35 m2 à Paris… Depuis, le Commerce Equitable est à la fois mon métier, ma passion et presque ma principale raison de vivre, en dehors de ma vie personnelle et affective bien sûr.</p>
<p><img alt="img_blog_040506_leconte_08.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_040506_leconte_08.jpg" width="355" height="266" /></p>
<p><strong>2)	Que retirer de vos premières expériences en magasins ?</strong></p>
<p>De 1998 à 2001, j’ai ouvert deux boutiques de Commerce Equitable à Paris. Cette expérience a été très enrichissante. J’étais au contact des clients tous les jours. J’ai pu mieux comprendre ce qui nous motive à acheter des produits de Commerce Equitable et j’ai aussi pu apprendre à développer des filières Equitables.</p>
<p>Nous vendions principalement de l’artisanat du monde entier. J’aime beaucoup ces objets chargés de sens et d’histoire. C’était aussi une excellente expérience humaine avec les équipes de vente.</p>
<p>Malheureusement, pour des raisons d’emplacement et de taille, ces magasins n’étaient pas rentables et n’offraient pas les débouchés suffisants pour les petits producteurs et artisans partenaires. Ce qu’ils demandent, c’est avant tout plus de débouchés à un meilleur prix ! Quand on se retrouve face à une coopérative de 100, 1000 ou 10 000 petits producteurs et artisans, on ne peut pas répondre à leur attente avec, pour seul réseau de distribution, deux petites boutiques à Paris…</p>
<p>De plus, quand vous vendez peu, vous êtes obligés de faire de grosses marges et vu la faiblesse des volumes importés, vous êtes obligés de passer par des intermédiaires. Je trouvais donc ce modèle pas très en phase avec les objectifs du Commerce Equitable qui sont précisément de maximiser les débouchés et la valeur ajoutée pour les petits producteurs en achetant le plus directement possible…</p>
<p>C’est ce qui m’a amené à changer de modèle de distribution à partir de 2001. Les boutiques, c’était charmant mais pas suffisamment utile et pérenne.</p>
<p><img alt="im_blog_040506_lecomte_10.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/im_blog_040506_lecomte_10.jpg" width="355" height="224" /></p>
<p><strong>3)	Qui a eu l’idée d’Alter Eco ? Quels ont été vos partenaires ? </strong></p>
<p>J’ai monté Alter Eco, seul, sur le papier. Mais en fait, Alter Eco est une histoire collective. Alter Eco est un catalyseur d’énergies positives, pour des hommes et des femmes voulant entreprendre autrement, réintroduire du sens dans l’acte économique et replacer l’Homme au centre. J’ai voulu qu’Alter Eco soit créatrice de lien social à travers une fonction banale et quotidienne : l’achat. Pour tous ceux qui veulent changer le Monde avec leur caddie, sans pour autant faire la Révolution !</p>
<p>Dès le départ, j’ai reçu le soutien d’un grand nombre de personnes, consommateurs, distributeurs, investisseurs, journalistes, politiques, syndicalistes, religieux&#8230; Je suis très attaché à cette diversité que l’on retrouve dans le profil culturel de nos collaborateurs et de nos investisseurs. (Parmi ces derniers, on compte le Crédit Coopératif (à travers le fonds ESFIN Participations), l’Union Française des Céréaliers à travers Unigrains, tout comme l’Abbaye de Saint-Wandrille).</p>
<p>Il s’agit d’entrepreneurs qui ont déjà réussi, mais aussi de petits investisseurs rencontrés grâce à un article de presse. Ils m’ont fait confiance dès le départ. Alter Eco est toujours contrôlée par ces investisseurs privés (un dentiste, un inspecteur des impôts à la retraite, un pasteur, une femme médecin militaire, un banquier, un étudiant…). C’est en quelque sorte toute la société civile qui est représentée dans ce projet que je souhaite rentable et socialement utile.</p>
<p><img alt="img_blog_lecomte_02_bis.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_lecomte_02_bis.jpg" width="355" height="222" /></p>
<p><strong>4)	Quelle dimension doit trouver le Commerce Equitable ? « Small is really Beautiful ? »</strong></p>
<p>C’est amusant que vous fassiez référence à Frits Schumacher et à son livre « Small is Beautiful » car c’est un de mes ouvrages préférés. Ecrit en 1973, ce livre est étonnant car il prédit avec précision les dommages collatéraux engendrés par le néo-libéralisme et la mondialisation débridée. C’est aussi intéressant de voir que l’on n’a rien inventé avec le concept de Développement Durable et que Schumacher en avait déjà défini les principaux contours. Pour moi, c’est un économiste et un philosophe clé pour mieux comprendre notre monde et envisager un modèle de développement plus respectueux de l’Homme et de son Environnement.</p>
<p>Par contre, il est évident que les économies d’échelle que l’on peut réaliser en développant les volumes sont un facteur clé de succès du Commerce Equitable. Comme je l’expliquais précédemment, le modèle de distribution en petites boutiques n’est pas adapté pour garantir de bons débouchés et un achat direct à un bon prix aux petits producteurs.</p>
<p>Il faut passer par les grands circuits de distribution, ce n’est pas un choix mais un impératif. Grâce aux volumes de vente conséquents en grande distribution, nous aidons plus de 10 000 petits producteurs de 30 pays pauvres à mieux vivre. En accédant à de gros volumes de vente nous pouvons maximiser la valeur ajoutée aux producteurs tout en proposant leurs produits à un prix compétitif aux consommateurs. Notre activité est rentable, plus pérenne, nous pouvons mieux préfinancer les groupes de petits producteurs, nos circuits d’importation sont ainsi plus directs et moins onéreux.</p>
<p><img alt="img_blog_050406_leconte_05.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_050406_leconte_05.jpg" width="355" height="237" /></p>
<p>Le Commerce Equitable doit passer par les circuits classiques de vente pour sortir de sa marginalité. Les petits producteurs font d’excellents produits et leur référencement dans les circuits de la grande distribution est un signe de reconnaissance de leur qualité. Ces producteurs sont plus fiers d’être référencés chez E. Leclerc que dans mes petites boutiques… Ils nous disent que c’est un signe par ailleurs très encourageant pour eux, une issue possible à leur situation d’exclusion.</p>
<p>En synthèse, je dirais que les circuits de la Grande et Moyenne Distribution sont particulièrement adaptés à la vente des produits du Commerce Equitable pour garantir des volumes et de bons niveaux de marge aux groupes de petits producteurs. Cela peut paraître paradoxal vu l’image que l’on a de la distribution mais c’est le constat que je fais chaque jour quand je compare les filières d’importation. Il faut donc arrêter de systématiquement vouloir opposer les petits producteurs à la grande distribution, il peut y avoir une forte complémentarité à condition que la relation commerciale soit régulée, par le label Max Havelaar (le label du Commerce Equitable) par exemple.</p>
<p>C’est justement ça l’objectif du Développement Durable : mettre en place des politiques de progrès et réconcilier des organisations économiques et sociales que la taille oppose trop souvent. Je ne suis pas utopiste quand je dis cela, c’est précisément mon travail au jour le jour, Alter Eco fait le pont entre des petits producteurs parmi les plus défavorisés et les géants de la grande distribution…, et ça marche !</p>
<p><img alt="img_blog_040506_leconte_09.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_040506_leconte_09.jpg" width="355" height="419" /></p>
<p><strong>5)	Au cours de vos voyages à la rencontre des producteurs du Sud, quelles sont les personnes qui vous ont le plus marqué ? </strong></p>
<p>Le cœur de notre activité et de notre motivation, ce sont les petits producteurs. Ils sont parfois réunis en assemblée et c’est très émouvant de parler à 50, 100, parfois 1000 petits producteurs réunis et de sentir qu’ils sont satisfaits de notre relation commerciale malgré ses limites. La visite des projets financés par la prime de Commerce Equitable (machines, usines, ponts, routes, puits, écoles, fonds de retraite, de prévoyance,…) est aussi une expérience très forte. Chaque rencontre me motive car je vois les avancées concrètes de notre activité pour ces petits exploitants.</p>
<p>Monsieur et Madame Punchibanda, producteurs de thé (0,3 hectare) au Sri Lanka, m’ont particulièrement ému. Je les ai rencontrés en 2001. Grâce au Commerce Equitable, leurs revenus ont doublé (de 100 à 200 dollars par an, ce qui reste extrêmement faible) et ils ont reçu une vache et des engrais verts grâce au Commerce Equitable (ils adhèrent à la coopérative SOFA, 450 membres). Chaque fois que je vais au Sri Lanka, je les rencontre et je suis l’évolution de leur activité, j’ai l’impression que nous sommes devenus amis.</p>
<p>J’apprécie aussi beaucoup Reginaldo Vincentim de la coopérative Coagrosol (80 membres) au Brésil, rencontré en 2002, c’est un producteur et il est aussi chargé du développement de l’organisation. Il est très dynamique et nous partageons la même passion pour le Commerce Equitable. C’est intéressant de voir que, dans tous les pays, il existe des entrepreneurs sociaux qui veulent changer l’ordre des choses et rechercher l’utilité sociale de leur travail.</p>
<p>Je me rappelle un producteur de café, en 2004, en Ethiopie, qui avait trois femmes et 21 enfants. Avec 1,5 hectare de caféiers, il gagnait 120 dollars par an… On a fait une photo de famille et c’était une grande leçon de voir leurs sourires sur leurs visages, par rapport à nos sociétés où on se plaint beaucoup alors qu’on est tellement aidé.</p>
<p>C’est assez choquant de savoir que ce petit producteur n’est pas une exception dans le système, c’est même plutôt la norme dans le milieu agricole dans les pays en développement. Les petits producteurs avec lesquels nous travaillons gagnent en moyenne de 50 à 1000 dollars par an…</p>
<p>Je pourrais encore vous citer des centaines d’exemples comme ceux-ci car je les vis partout où je vais, que ce soit en Bolivie, au Ghana, aux Philippines ou dans les 30 pays où sont situées nos organisations de petits producteurs partenaires depuis que j’ai démarré en 1998. Dans chaque organisation, j’essaie de suivre l’évolution d’un ménage en particulier afin d’évaluer l’impact du Commerce Equitable. J’espère que d’ici 10 ans, leur vie aura réellement changé…</p>
<p><img alt="img_blog_040506_leconte_07.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_040506_leconte_07.jpg" width="355" height="298" /></p>
<p><strong>6)	Projetez-vous dans 10 ans, que ferez-vous, que serez-vous ?</strong></p>
<p>J’espère que le Commerce Equitable aura pris un essor significatif, au moins autant que les produits biologiques et que, malgré ses limites, il sera reconnu par tous comme une vraie alternative et un moyen efficace de développement pour les petits producteurs.</p>
<p>J’espère qu’Alter Eco sera devenue une marque reconnue du secteur, à la fois pour l’ampleur de son impact et pour la qualité de son approche, transparente et efficace.</p>
<p>J’espère enfin que nous repartirons tous les deux en Inde dans 10 ans (ou avant !) et que vous verrez que la vie des petits producteurs d’ananas que nous avons rencontrés a changé grâce, en partie, au jus d’ananas Equitable vendu dans vos magasins et ceux de vos concurrents…</p>
<p>Vous êtes partant ?</p>
<p><img alt="img_blog_050406_leconte_03.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_050406_leconte_03.jpg" width="355" height="237" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2006/04/commerce-equitable-six-questions-a-tristan-lecomte-pdg-d%e2%80%99alter-eco.php/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>22</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Labels équitables : rien n’est parfait…et c’est normal !</title>
		<link>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2006/03/labels-equitables-rien-n%e2%80%99est-parfait%e2%80%a6et-c%e2%80%99est-normal.php</link>
		<comments>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2006/03/labels-equitables-rien-n%e2%80%99est-parfait%e2%80%a6et-c%e2%80%99est-normal.php#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 31 Mar 2006 14:31:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités / Débats (DD)]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce équitable]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Engagements]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/?p=308</guid>
		<description><![CDATA[
Après les chaleurs sèches du Tamil Nadu, c’est à Koshi (Kerala), dans l’ancien comptoir portugais de Cochin, que nous retrouvons Tristan Leconte, le dynamique fondateur d’Alter Eco.
Sur les bords de l’estuaire, verre à la main, il est prolifique, insatiable pour commenter les vertus du fair trade (commerce équitable). Il y consacre toute son énergie. Les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="img_blog_310306_inde.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_310306_inde.jpg" width="355" height="237" /></p>
<p><em>Après les chaleurs sèches du Tamil Nadu, c’est à Koshi (Kerala), dans l’ancien comptoir portugais de Cochin, que nous retrouvons Tristan Leconte, le dynamique fondateur d’Alter Eco.</p>
<p>Sur les bords de l’estuaire, verre à la main, il est prolifique, insatiable pour commenter les vertus du fair trade (commerce équitable). Il y consacre toute son énergie. Les dirigeants d’une coopérative voisine en restent pantois. Ils ne comprennent manifestement pas tous les savants raisonnements que TL exprime dans un anglais très business et saccadé, mais ils savent leurs intérêts bien représentés par cet ambassadeur boulimique et sympathique de la cause des petits producteurs.</em></p>
<p><img alt="img_blog_310306_01.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_310306_01.jpg" width="355" height="237" /></p>
<p>En France, les débats sur le commerce équitable passionnent partisans ou détracteurs du projet français de normalisation. On y fustige assez facilement les grandes entreprises qui veulent développer leurs propres marques équitables (industriels ou GMS). On disserte sur ce qui pourrait vraiment être autorisé à porter le label. On en dénonce les dérives : « Quand Rica Lewis vante les vertus équitables de ses jeans, on en oublie qu’il n’y a que le coton qui est labellisé » ; « Malongo fait aussi du non équitable, la démarche n’est pas complète. C’est du marketing » ; « La GMS vend de l’équitable, mais ses propres pratiques commerciales ne le sont pas », etc. Sous-jacente à ces propos, on sent poindre une certaine méfiance pour l’extension du label Max Havelaar à des filières qui ne seraient pas reconnues comme des « pure players ».</p>
<p>Idéologie contre principe d’efficacité ? Même si elles sont parfois byzantines, ces querelles ont quelques raisons d’être. Le marché se développe et attire des opportunistes. Mais pour Tristan Leconte, ces débats traduisent aussi la nostalgie de quelques idéologues, qui ont tendance à idéaliser le concept, au risque d’oublier les aspirations concrètes des producteurs du Sud. Eux ont besoin que les marchés se développent !</p>
<p><img alt="img_blog_310106_01_bis.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_310106_01_bis.jpg" width="355" height="237" /></p>
<p><em>Justement, aujourd’hui, TL est très en colère. Il fait très chaud, 36 ou 37 ° avec un fort taux d’humidité, et ça n’apaisera certainement pas son courroux. L’émission TV « Capital » diffusera, ce dimanche, un reportage sur le commerce équitable. TL s’est plié aux exigences de l’équipe de Guy Lagache. Il a ouvert ses comptes et celui des producteurs brésiliens vers qui il a guidé l’équipe de Capital. Tout s’est bien passé jusqu’à ce qu’un journaliste, lors d’une halte chez la grand-mère d’un des coopérateurs, a repéré (et filmé) une piscine (un bassin de béton !). Ah, ah ! N’est-ce pas la preuve que le sur-prix payé par les consommateurs en achetant un label Max Havelaar…ne finance pas forcément des infrastructures sociales ou éducatives…</p>
<p>Ecoeurement de TL : 54 heures de film pour arriver à une mise en scène qui va installer tant de scepticisme ! « C’est dégueulasse pour ces producteurs. Comme si on devait remettre en cause chaque système au moindre grain de sable… ».</p>
<p><img alt="img_blog_310306_05.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_310306_05.jpg" width="355" height="237" /></p>
<p>Il fulmine et tente, par téléphone, d’enrayer cette dérive médiatique, décidément un peu systématique chez Capital.</p>
<p>TL veut en profiter pour convaincre mes collaborateurs et les journalistes qui m’accompagnent de l’intérêt d’une démarche progressive, forcément chaotique et difficile.</em></p>
<p>La démonstration, c’est à deux heures de Cochin (embouteillages compris) qu’il veut la faire. Quittant les villes, pénétrant un somptueux paysage de rizières et de forêt tropicale (arbres à caoutchouc), il nous transporte à Nadukkara. Une coopérative, N. Agro Processing Company, tente de regrouper les fermiers de 21 « panchayats » pour y produire des mangues, des bananes et surtout des ananas qu’elle vend frais ou transformés en concentré de jus.</p>
<p>Ici, et contrairement à de nombreuses coopératives labellisées Max Havelaar, ce ne sont manifestement pas les producteurs qui ont choisi, eux-mêmes, leur destin. C’est grâce à l’alliance de l’état du Kerala (premier gouvernement communiste de la planète à avoir été démocratiquement élu !!!), de la municipalité de Muvattupazha et d’experts de la Commission Européenne…que le projet a vu le jour.</p>
<p><img alt="img_blog_310306_02.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_310306_02.jpg" width="355" height="237" /></p>
<p>Ces fermiers sont très pauvres, cultivent 0,7 acre en moyenne, vivent chichement. Quelques cultures complémentaires (gousses de vanille, noix de coco), des vaches, des poulets…</p>
<p>Alter Eco est leur premier client « fair trade ». D’Alter Eco, ils perçoivent 54 % de revenus en plus. Soit pour la coopérative, une somme supplémentaire de 9 000 euros en 2005.</p>
<p>Si l’on était tatillon, les critères drastiques qui prévalent à l’obtention du fabuleux label « Max Havelaar » ne devraient pas s’appliquer encore à ce projet.</p>
<p><img alt="img_blog_310306_04.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_310306_04.jpg" width="355" height="237" /></p>
<p>-	La coop ne commercialise que 12 % de sa production en « équitable ». Pour vivre, elle conditionne des jus de fruits de marque pour le marché indien.</p>
<p>-	Dans l’usine (immense et qui tourne à moins de 20 % de ses capacités), les audits font apparaître bien des manquements au cahier des charges (sécurité, sanitaires, information des salariés). A Tirupur, je disais que partout étaient affichées les chartes éthiques des grandes marques. Ici, pas une pub pour le commerce équitable ! Pour le coup, on peut s’interroger sur la sincérité et le degré de l’engagement…</p>
<p>-	Surtout, on voit bien que le projet est piloté essentiellement par un directeur technique, avec l’appui de quelques experts fournis par l’état. C’est d’ailleurs l’état qui nomme le président de la coopérative, le premier des producteurs n’étant que vice-président. Théoriquement, ce sont les producteurs qui devraient diriger cette entité. Interpellés par TL, aucun d’entre eux n’est capable de citer le chiffre d’affaires 2005, ni d’aligner le moindre chiffre sur les réinvestissements sociaux.</p>
<p>Oui, tout cela fait un peu « bricolo ». Mais peut-on imaginer autre scénario quand on sait le niveau de pauvreté, d’illettrisme, et d’isolement des habitants de ces zones rurales.</p>
<p><img alt="img_blog_310306_03.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_310306_03.jpg" width="355" height="237" /></p>
<p>Tristan Leconte n’en démord pas (et il est diablement convaincant). Le commerce équitable, ce n’est pas un intégrisme dont les règles auraient été fixées par des Occidentaux. C’est une démarche progressive qui nécessite de notre part compréhension, patience et entraide.</p>
<p>Le message est d’ailleurs clairement passé. Le directeur désigne un bâtiment en construction. C’est le futur centre de formation pour les agriculteurs. Il est situé de l’autre côté de la route, hors les murs de la coopérative… Une initiative très concrète, mais aussi toute symbolique puisqu’elle se veut ouverte à tous, et pas simplement aux adhérents de la coop.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2006/03/labels-equitables-rien-n%e2%80%99est-parfait%e2%80%a6et-c%e2%80%99est-normal.php/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>22</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Labels bio, équitable, environnement : La leçon des Coop Suisse !</title>
		<link>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2006/01/labels-bio-equitable-environnement-la-lecon-des-coop-suisse.php</link>
		<comments>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2006/01/labels-bio-equitable-environnement-la-lecon-des-coop-suisse.php#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 12 Jan 2006 16:21:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités / Débats (Conso.)]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce équitable]]></category>
		<category><![CDATA[Distribution]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Objectif qualité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/?p=274</guid>
		<description><![CDATA[Les consommateurs suisses sont parmi les plus gros acheteurs de produits issus du commerce équitable (pour l’anecdote, 50 % des roses vendues au pays de Guillaume Tell sont labellisées Max Havelaar ! ! ! ».

Idem pour le bio : 30 % des produits agricoles helvètes, compte tenu de cet engouement, se revendiquent de cette certification.
Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les consommateurs suisses sont parmi les plus gros acheteurs de produits issus du commerce équitable</strong> (pour l’anecdote, 50 % des roses vendues au pays de Guillaume Tell sont labellisées Max Havelaar ! ! ! ».</p>
<p><img alt="img_blog_1200106_roses.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_1200106_roses.jpg" width="355" height="266" /></p>
<p>Idem pour le bio : 30 % des produits agricoles helvètes, compte tenu de cet engouement, se revendiquent de cette certification.</p>
<p><strong>Le rôle de la distribution coopérative a été exemplaire dans ce développement.</strong> Migros, puis les Coop de consommateurs ont largement relayé l’aspiration quasi naturelle des Helvètes pour la défense de leur environnement. Au point qu’aujourd’hui, <strong>Coop Suisse </strong>(2ème distributeur) y <strong>commercialise 50 % des produits bio</strong>. Avec des taux records qui interpelleront tous les professionnels hexagonaux : 50 % du marché du lait, 51 % des œufs, 35 % des carottes, etc…</p>
<p>J’avais, hier, organisé le déplacement à Bâle de toute une task force : cadres et adhérents de mon enseigne engagés dans le développement durable (secteur achats, logistique, contrôle qualité). Visite passionnante, depuis l’arpentage des rayons d’hyper où s’affichaient bien visibles les différents labels écologiques, jusqu’au siège de la coopérative avec les chefs de projet et les « category managers ».</p>
<p><img alt="img_blog_120106_groupe.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_120106_groupe.jpg" width="355" height="266" /></p>
<p>La stratégie des Coop s’appuie sur le développement de « labels de compétence » :</p>
<p>-	<strong>Coop Naturaplan</strong> distingue les aliments biologiques certifiés par un « bourgeon » ainsi que viandes et œufs issus d’élevages respectueux des animaux.</p>
<p>-	<strong>Coop Naturaline</strong> labellise les textiles et les cosmétiques produits selon un cahier des charges écologique et éthique. Exemple : vente de coton bio et équitable, origine Inde.</p>
<p>-	<strong>Coop Oecoplan</strong> souligne les produits et emballages dont les engagements environnementaux sont certifiés. Et aussi les services tels le réseau des « pressings-maison » qui ont remplacé le perchloréthylène par un solvant moins polluant.</p>
<p>-	<strong>Max Havelaar</strong> est partenaire des Coop et labellise les produits du commerce équitable.</p>
<p>-	A ces certifications viendront bientôt s’ajouter un label <strong>« végétarien »</strong> et un autre <strong>« antiallergénique ».</strong></p>
<p><img alt="img_blog_120106_logos_bio.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_120106_logos_bio.jpg" width="355" height="266" /></p>
<p><em>Pour ceux que le détail de ces initiatives intéresse, Coop Suisse édite une brochure très complète, en français ou en allemand, qu’on peut acquérir au siège des Coop (Info Service, Case postale 2550, 4002 Bâle).</em></p>
<p>De cette visite, mes collaborateurs et moi-même avons retiré beaucoup d’enseignements. Je livre, pêle-mêle, quelques observations particulières.</p>
<p>1)	Les Coop se sont engagées à fond, dès le début des années 90, dans le développement durable. Inutile de dire que même à l’époque, ce n’était ni une mode, ni un véritable investissement marketing. Le groupe a tout de suite rencontré un <strong>problème d’offre limitée</strong>. (Les producteurs bio peinaient à exister au milieu d’une agriculture hyperproductive avec sa surproduction de lait et ses montagnes de beurre).</p>
<p>Le distributeur s’est donc investi dans des accords de filières, avec des partenariats individualisés.</p>
<p><img alt="img_blog_120106_cocci.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_120106_cocci.jpg" width="353" height="227" /></p>
<p>2)	<strong>Coop a donc dû appuyer le développement de ces gammes grâce à ses propres marques</strong>.</p>
<p>a)	Aujourd’hui encore, <strong>peu ou pas de marques de producteurs</strong> (pas d’AOC, d’indications spécifiques de terroir comme en France…). Même les produits locaux sont aux marques et aux labels « Coop Suisse ». On ne peut certes pas parler de « filières intégrées », mais, à coup sûr, <strong>les producteurs sont dépendants du marketing de l’enseigne.</strong></p>
<p>b)	Conséquence : <strong>la production bio en Suisse s’est terriblement concentrée.</strong> En France, elle est atomisée dans des centaines d’exploitations. En Suisse, 4 à 5 « grosses firmes agricoles », par segment de marché, y compris dans l’élevage, proposent l’offre labellisée vendue chez Coop.</p>
<p>c)	S’il existe en Suisse des organismes « nationaux » labellisateurs, on n’en voit pas beaucoup les sigles sur les produits (contrairement au Label Rouge ou au logo AB (Ecocert) en France). Du coup, <strong>les labels Coop représentent 30 % des ventes de l’enseigne</strong> ! ! ! Coop fait cependant appel à Max Havelaar pour les produits équitables, mais pas sur tous les produits (notamment d’origine Asie).</p>
<p><img alt="img_blog_120106_collant.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_120106_collant.jpg" width="355" height="266" /></p>
<p>3)	En France, les ONG y verraient malice (Cf. débat sur la multiplication des certifications privées et l’auto-saisine des pouvoirs publics dans cette affaire). Pas de problème de ce type en Suisse (si j’en crois nos interlocuteurs). Deux explications sont avancées :</p>
<p>a)	Les ONG sont très positives (idéologie protestante, Cf. Max Weber ! ! !). Un peu plus vindicatives en Suisse romande qu’en Suisse allemande. Mais elles sont très pragmatiques. Et les 2 millions de consommateurs de Coop sont co-propriétaires (pléonasme) de leur coopérative, d’où maxi confiance.</p>
<p>b)	La demande elle-même n’est pas politisée, <strong>ni « idéologisée »</strong>. Nos interlocuteurs considèrent que l’approche environnement/bio des clients ressort d’une attitude plutôt « égoïste ». <strong>Priorité d’abord à la préservation de leur propre santé ou de leur patrimoine (paysage, qualité de vie, tourisme, etc…).</strong></p>
<p>4)	Ce contexte particulier a permis aux productions bio et aux produits du commerce équitable de sortir de leur marché de niche. Sans compter qu’indirectement, <strong>le prix du bio a bénéficié « d’un écart de prix » relativement faible par rapport à une agriculture conventionnelle déjà très chère</strong> (une réglementation très protectionniste met les agriculteurs locaux à l’abri de la concurrence européenne).</p>
<p>5)	Mais ce contexte particulier conduit aussi à quelques exubérances et contradictions. Quelques exemples en parcourant un magasin :</p>
<p>a)	<strong>Les produits bio sont très festifs</strong> (ce qui les rend très attractifs). Rien à voir avec le marketing paupérisant de certains produits hexagonaux ou nordiques. Les packagings, comme les arguments publicitaires, revendiquent plutôt le goût, l’achat plaisir…que l’achat militant !</p>
<p>b)	<strong>Les produits frais bio sont tous recouverts de polyéthylène</strong> (pas de PVC bien sûr). Explication étonnante : « Ne pas contaminer le bio dans sa cohabitation avec les produits conventionnels ». Quel gaspillage d’emballage !</p>
<p><img alt="img_blog_120106_tomates.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_120106_tomates.jpg" width="355" height="266" /></p>
<p>c)	Les gammes bio sont <strong>richement déclinées</strong>. Avec excès, parfois ! Ainsi, ces œufs durs sortis d’une gamme « Pique-nique », bio de chez bio, colorés en bleu ou en rouge(pour ne pas les confondre avec des œufs frais) ! Rien ne justifie évidemment qu’ils soient vendus 1 F suisse de plus que le bio classique (ou alors, ça fait cher la cuisson écolo ! ! !).</p>
<p><img alt="img_blog_120106_oeufs.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_120106_oeufs.jpg" width="355" height="266" /></p>
<p>Ou encore, ces œufs brouillés (bio) commercialisés en brique pour 2 ou 4 personnes ! Je ne vous dis pas le prix…</p>
<p><img alt="img_blog_120106_oeufs_broui.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_120106_oeufs_broui.jpg" width="355" height="266" /></p>
<p>Enfin, que penser de ces gammes bio spécifiques enfants (exemple : une référence de pomme, au goût sucré !).</p>
<p><img alt="img_blog_120106_pommes_gros.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_120106_pommes_gros.jpg" width="355" height="266" /></p>
<p>d)	Moins anecdotique, mais en complète contradiction avec les objectifs affichés d’économie d’énergie et de lutte contre le gaspillage, <strong>toutes les gammes bio sont déclinées en portions individuelles</strong>. Avec des dizaines de petits packagings pour abriter « sauces, yaourts, purées de fruits, confitures et condiments », etc…</p>
<p>e)	Et pour finir, ces suremballages en carton, détachables, qui entourent le plastique des « ultra-frais », théoriquement justifiés pour que les consommateurs puissent les séparer lors du tri sélectif…alors qu’il suffirait d’imprimer le pot et d’en faire l’économie !</p>
<p>6)	Nouveautés : Coop a récemment <strong>noué des partenariats de co-branding</strong> avec des grandes marques industrielles (Skip, Knorr) ou sélectives (Weight Watchers…) dans le bio et la diététique. Voilà qui ferait bien hurler les associations françaises… Mais apparemment, ici, ça passe…</p>
<p><img alt="img_blog_120106_lessive.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_120106_lessive.jpg" width="355" height="266" /></p>
<p>Bon, j’arrête là ces remarques. Au-delà de ces commentaires, je retiens la détermination et la performance de Coop Suisse. Exemplaire !</p>
<p><strong>Au Sommet sur le Développement Durable de Johannesburg, l’ONU lui a décerné le Prix International des Partenariats en faveur du Développement Durable.</strong> Bravo, c’est mérité. A nous de relever le défi…</p>
<p><img alt="img_blog_120106_roses.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_120106_roses.jpg" width="355" height="266" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2006/01/labels-bio-equitable-environnement-la-lecon-des-coop-suisse.php/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>31</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Une norme pour le commerce équitable : pour quoi faire ?</title>
		<link>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2005/05/une-norme-pour-le-commerce-equitable-pour-quoi-faire.php</link>
		<comments>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2005/05/une-norme-pour-le-commerce-equitable-pour-quoi-faire.php#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 09 May 2005 13:36:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
				<category><![CDATA[Commerce équitable]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/?p=113</guid>
		<description><![CDATA[Alors que partout dans l’hexagone la Quinzaine du Commerce Equitable bat son plein, Christian Jacob a annoncé son intention d’édicter une norme pour clarifier les différentes appellations qui se réfèrent à ce marché.
Jusqu’ici, la question ne se posait pas. Le commerce équitable restait très marginal dans notre pays, à un niveau de développement très en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que partout dans l’hexagone la Quinzaine du Commerce Equitable bat son plein, Christian Jacob a annoncé son intention d’édicter une norme pour clarifier les différentes appellations qui se réfèrent à ce marché.</p>
<p>Jusqu’ici, la question ne se posait pas. Le commerce équitable restait très marginal dans notre pays, à un niveau de développement très en deçà des autres marchés européens. Si comme les sondages l’indiquent, près de 56 % des Français ont entendu parler du commerce équitable, ils n’y consacrent qu’un euro, contre 5 euros dans les pays nordiques, et 14 en Suisse.</p>
<p>Mais le marché va croître considérablement. L’engagement de la plupart des enseignes de distribution va changer la donne. Rien que dans leurs hypers, les Centres E. Leclerc se sont donnés comme objectifs de faire passer les ventes de produits équitables de 9 millions d’euros en 2004 à 15 millions en 2005 et de représenter entre 21 et 23 % de part de marché. Les autres enseignes s’engagent plus ou moins timidement, mais résolument, sur ce marché.</p>
<p>La donne change aussi du côté des industriels. Des PME se sont associées pour créer, sous leur label (Bio Equitable) des filières dont, à l’image du chocolat « Cémoi », elles entendent contrôler l’approvisionnement. Des industriels de grandes marques ne font plus mystère de leur volonté de développer des gammes de commerce équitable (café, chocolat, banane, coton)…</p>
<p>La prolifération des labels et des marques a commencé à jeter le trouble dans le monde associatif et notamment dans les rangs des associations de consommateurs, clairement demandeuses d’une « garantie de bonne fin ». Le député Antoine Herth vient d’auditionner la plupart des acteurs de la filière et confirme l’intérêt d’un futur label français « commerce équitable ». C’est ce qui a amené Christian Jacob à ressaisir l’AFNOR pour en étudier la faisabilité et les principes.</p>
<p>L’avis de mon groupe a été sollicité par les députés comme par les ONG. Je ne peux, ici, que relayer nos doutes sur l’intérêt du projet.</p>
<p>1) Je comprends que du point de vue des usagers, il y ait besoin d’une caution incontestée qui garantisse l’appellation « commerce équitable ». Après tout, puisqu’il s’agit d’acheter « un peu plus cher » un produit et que la démarche est engageante, il faut pouvoir s’opposer aux abus et à toute forme de récupération.</p>
<p>2) L’édiction d’une norme peut aussi renforcer, d’un point de vue politique, la reconnaissance du commerce équitable, et créer des réflexes nationaux ou internationaux pour conférer, à cette forme d’échanges, un statut d’exception dans les négociations à l’OMC par exemple.</p>
<p>3) Mais je conteste qu’on puisse réduire la démarche du commerce équitable en la passant au tamis de seuls critères techniques. Rien à voir par exemple avec celle que les pouvoirs publics ont mise en place pour la normalisation du marché des produits « bio ». Contrairement aux produits bio, les produits du commerce équitable ne sont pas simplement soumis à un cahier des charges économique et technique. Ils doivent respecter des critères sociaux et environnementaux qui ne peuvent être appréciés que par les audits constants (et les conseils) des ONG, ou même des institutions officielles sur le terrain.</p>
<p>4) Rien que sur les critères économiques, le risque d’une normalisation serait de finir par valider une forme de commerce équitable au rabais, en définissant « un plus petit commun dénominateur ». Prenons, par exemple, les engagements comparés de « Flo International » qui décerne le label « Max Havelaar » avec ceux de la récente association d’industriels « Bio Equitable ». Force est de constater que Max Havelaar s’engage, en toute transparence, à rémunérer les producteurs en affichant un sur-prix clairement chiffré et ce, quel que soit l’état du marché. Ce sur-prix annoncé à l’avance est un gage de durabilité des contrats. « Bio Equitable », lui, ne s’engage qu’à offrir « un bonus » non chiffré par rapport au cours du marché. Une norme étant le résultat d’un compromis, le risque est réel qu’on s’aligne sur le « moins disant ».</p>
<p>Pour toutes ces raisons, je milite pour que, si norme il y a :</p>
<p>a) Elle soit européenne et non française. Prétendre édicter une norme franco-française ne ferait que rajouter à la confusion, d’autant que notre pays n’est ni leader, ni pionnier, ni un modèle sur ce marché (les pays nordiques, par exemple, n’exigent pas de norme étatique).</p>
<p>b) Le processus administratif ne doit, en aucun cas, démotiver les acteurs qui sont déjà, comme Max Havelaar et les adhérents de la Plate-forme pour le Commerce Equitable, engagés dans un processus de valorisation de la filière. L’idée de dénoncer « le monopole de Max Havelaar » n’a pas de sens, pas plus qu’il n’y en aurait à s’attaquer au leadership de la Croix Rouge ou de WWF. La seule garantie de bonne fin aujourd’hui sur le marché du commerce équitable, c’est justement l’implication de ces ONG dont la labellisation offre une formidable « valeur ajoutée » et la seule garantie de revenus pour les petits producteurs. Et ce sont encore plus récemment les marques (Alter Eco, Malongo, Ethiquable…) qui engagent, sous label Max Havelaar, leur notoriété et leur responsabilité en multipliant les contrôles.</p>
<p>Pour le mouvement E. Leclerc, une norme européenne sur le commerce équitable n’aurait donc de sens que si elle favorise l’agrément des acteurs de la filière équitable. L’action des administrations devrait être toute entière tournée vers l’accompagnement des ONG, quitte à exiger d’elles les moyens de leurs propres contrôles et plus de transparence.</p>
<p>M.E.L.</p>
<p>P.S. :	De tout cela, je débattrai avec Stéphane Comar, associé-fondateur d’Echange Equitable, Simon Pare, président de Flo et Joseph-Marie Ngaleko Baranga, producteur de café de la République Démocratique du Congo, lors du chat organisé le mercredi 11 mai à partir de 17h30.</p>
<p><a href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/content/xml/commerce_equitable.xml">Pour en savoir plus, pour poser une question, être prévenu(e) lors du démarrage du chat ou prévenir un(e) ami(e), cliquez ici&#8230;</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2005/05/une-norme-pour-le-commerce-equitable-pour-quoi-faire.php/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>15</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Commerce équitable : l&#8217;autre mondialisation</title>
		<link>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2005/04/commerce-equitable-lautre-mondialisation.php</link>
		<comments>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2005/04/commerce-equitable-lautre-mondialisation.php#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 20 Apr 2005 15:54:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
				<category><![CDATA[Commerce équitable]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/?p=97</guid>
		<description><![CDATA[
Tristan Lecomte, Président d’Alter Eco, organisait, hier, un petit déjeuner de presse. J’aime bien ce jeune chef d’entreprise. Par son dynamisme, il contribue beaucoup à la promotion du commerce équitable en France.
Dans le public, journalistes, étudiants, analystes, distributeurs (Carrefour, Cora), industriels (Pomona, L’Oréal…). Ah, qu’il est loin le temps des militants hurlant leur haine de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="img_blog_200405_commerce_2.jpg" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/archives/img_blog_200405_commerce_2.jpg" width="355" height="225" /></p>
<p>Tristan Lecomte, Président <a href="http://www.altereco.com/Bienvenue.php">d’Alter Eco</a>, organisait, hier, un petit déjeuner de presse. J’aime bien ce jeune chef d’entreprise. Par son dynamisme, il contribue beaucoup à la <a href="http://www.michel-edouard-leclerc.com/content/xml/commerce_equitable.xml">promotion du commerce équitable en France</a>.</p>
<p>Dans le public, journalistes, étudiants, analystes, distributeurs (Carrefour, Cora), industriels (Pomona, L’Oréal…). Ah, qu’il est loin le temps des militants hurlant leur haine de l’économie marchande. <strong>Place à l’ère des managers du développement durable.</strong> Ils sortent aujourd’hui de l’Université, d’AGRO ou d’HEC. Ils ont gardé la foi des militants, mais à l’enthousiasme, ils ont rajouté l’efficacité.</p>
<p>Sous le contrôle de <a href="http://www.maxhavelaarfrance.org">l’association Max Havelaar </a>qui décerne son label, une vingtaine de « fournisseurs équitables » approvisionnent aujourd’hui la grande distribution, Leclerc en tête. (Je dis « en tête » sans fanfaronnade, ni publicité mensongère, tout simplement parce que nos adhérents « le valent bien ». Ils ont décidé d’apporter une forte contribution au développement de ce marché et nous nous sommes fixés d’atteindre le leadership dès 2005 !). Pour le moment, ce marché est encore marginal. 0,3 % des ventes des Centres E. Leclerc en 2004. Guère mieux ailleurs. Pas de quoi pavoiser. Le marché français du commerce équitable reste à booster, même si, toutes les études le montrent, <strong>les consommateurs sont désormais sensibilisés à cette démarche « citoyenne »</strong>.</p>
<p>Les fournisseurs ont pour nom « Alter Eco », « Café le Bonifieur », « Echange Equitable », « Lobodis », « Naturalim », « Ata », « Acdis », etc… Ce sont des entreprises indépendantes, ou des filiales de petits groupes agroalimentaires déjà connus (Café Méo, Malongo, Cantalou) qui organisent la filière ou la valorisent. Elles achètent café, riz, thé, huile, cacao et jus de fruits à des groupements de producteurs ou des petites coopératives qui sont plutôt établis au Sud de nos continents. Depuis l’année dernière, il s’en trouve même qui fournissent des cotonnades (Hydra, et même une filiale de Kindy), de la papeterie et des jouets.</p>
<p><strong>Les petits producteurs organisés reçoivent un sur-prix </strong>(30 à 50 % supplémentaires par rapport au cours) en contrepartie d’une garantie de réinvestissement dans l’appareil de transformation, ou d’un apport à l’économie villageoise (réseau de transport, équipements sanitaires ou scolaires, etc…). <strong>Ni mécénat, ni sponsoring, ni charité</strong>. Ils se sont engagés volontairement dans un processus de développement durable, <strong>liant contribution économique et objectif social</strong>. Les « gringos » de Jacques Vabre ne viennent pas chercher leur production ! Ce sont eux qui sollicitent la filière du commerce équitable et tentent de venir jusqu’à nous.</p>
<p>En rentrant dans les rayonnages des hypers, le commerce équitable profite de la notoriété et de l’attractivité des enseignes. Il augmente les débouchés potentiels. Et les produits équitables deviennent plus accessibles parce que moins chers. Contrairement à une idée reçue, <strong>le prix jusqu’ici élevé du commerce équitable ne provient pas de la rémunération payée aux producteurs</strong>. (Le coût de la matière première est inférieure à 10 % de la valeur du produit fini). Ce sont les charges fixes, les coûts logistiques et les marges des intermédiaires qui plombent leurs prix. Par rapport au circuit traditionnel et trop confidentiel des réseaux militants, le référencement en hyper rend ces produits presque aussi compétitifs que les grandes marques. Et ils profitent de la politique promotionnelle, comme la présence en catalogue (15 millions d’exemplaires). Sacrée vitrine !</p>
<p>En 2004, les Centres E. Leclerc ont commercialisé une centaine de produits de commerce équitable pour un chiffre d’affaires de 9 millions d’euros. En 2005, avec 180 références, ils visent 15 millions d’euros. La plupart des autres distributeurs s’y mettent aussi. Le marché décolle au point d’intéresser les industriels multinationaux eux-mêmes et les enseignes pour en faire des marques de distributeur. Riche débat en perspective…</p>
<p>P.S. : Dans dix jours, c’est le lancement, en France, de la Quinzaine du Commerce Equitable. Ce sera l’occasion de vous présenter quelques acteurs clés de ce marché. J’organiserai <strong>un chat sur ce site le 11 mai.</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/archives/2005/04/commerce-equitable-lautre-mondialisation.php/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>35</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
