Archive pour la catégorie ‘OGM’

Jeudi 3 mai 2007

Pas d’OGM dans les croissants vendus chez Leclerc à Olivet (Orléans)

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L’information est dans Le Parisien, ce 3 mai 2007. Toujours en chasse de produits OGM, un enquêteur de Greenpeace serait tombé sur des lots de croissants en promotion au centre E. Leclerc d’Olivet (banlieue sud d’Orléans dans le Loiret). Avec une étiquette mentionnant « la présence d’OGM ».

A juste titre, Arnaud Apoteker m’interpelle : j’avais dit, sur ce blog, que je ne souhaitais pas lancer mon enseigne dans la commercialisation de produits à base d’ingrédients génétiquement modifiés. (Dans un cadre légal, certains produits sont autorisés, même dans l’alimentation, mais dès que la présence d’OGM dépasse 0,9 %, ils doivent être repérables par une mention spéciale informant les consommateurs). Et donc, les croissants d’Olivet faisaient tache dans la démonstration.

Vérification faite (même dans mon enseigne, j’agis tel Saint Thomas et exige des vérifications et preuves), les croissants ne contenaient pas de produits transgéniques.

C’était une simple erreur d’étiquetage. Très localisée. Plutôt incompréhensible d’ailleurs, mais enfin, une erreur d’étiquetage, je confirme !

Afin qu’aucun doute ne subsiste, nous avons proposé aux enquêteurs de Greenpeace de faire analyser les produits.

Comme effectivement sur ce blog, nous avons eu quelquefois des échanges assez vifs sur les risques OGM, je tenais à rectifier l’information, dès à présent.

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 19 septembre 2006

Riz américain OGM : La thèse du double marché (et du libre choix) mise à mal

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Je réponds aux multiples interrogations de consommateurs, mais aussi des écologistes qui m’ont interpellé concernant l’éventuelle présence en magasin d’un riz américain contenant des traces d’OGM, telle que signalée par la Commission Européenne la semaine dernière.

C’est aux Etats-Unis que l’alerte a été donnée. Les autorités sanitaires ont découvert dans des stocks de riz long grain produit aux Etats-Unis, les traces d’une protéine génétiquement modifiée (LL 601), non autorisée en Europe.

L’alerte a été relayée par la Commission Européenne et les professionnels, comme les autorités sanitaires, ont procédé à des relevés.

a) Les prélèvements effectués par la DGCCRF confirment la détection, dans sept échantillons sur dix neuf, de traces légères (inférieures à 0,1 %) de ce gène interdit.

b) Comme les lots ont été prélevés dans les chaînes de distribution, les distributeurs ont missionné leurs services qualité pour effectuer des investigations approfondies. C’est, bien sûr, le cas des centres E. Leclerc.

Dans l’absolu, deux cas de figure se présentent à nous :

1) Pour les marques nationales, les fournisseurs se sont engagés, au terme des conditions générales d’achat de notre groupement, à respecter la réglementation européenne interdisant la commercialisation des riz génétiquement modifiés. Ils ont donc, par contrat, la responsabilité d’apporter la preuve que leurs produits ne sont pas contaminés.

Certains d’entre eux nous ont demandé de retirer de la vente un nombre limité de produits pour réaliser des tests et pouvoir re-certifier la non contamination des lots qui pouvaient être concernés.

2) Pour nos marques de distributeur, tous les fournisseurs se sont engagés, par écrit, sur l’absence d’OGM dans les produits qu’ils fabriquent pour notre compte.

A la suite de la décision de la Commission (23/08/06), nos acheteurs leur ont demandé une confirmation écrite spécifique concernant ce riz génétiquement modifié.

Un seul fournisseur n’a pas été en mesure de fournir cette confirmation. Par mesure préventive, nous avons retiré de la vente les deux produits venant de cette entreprise. Nous les remettrons en commercialisation dès obtention des certificats.

La plupart des autres distributeurs ont procédé de la sorte. La Fédération du Commerce et de la Distribution qui, sur ce dossier, regroupe la plupart des enseignes, a communiqué sur ces pratiques. Normalement, de telles denrées contaminées ne devraient plus se retrouver sur le territoire français.

Il nous faudra cependant revenir sur cette affaire : même si elle ne pouvait représenter aucun risque pour la santé de nos concitoyens, elle pose de multiples questions, dans la forme comme sur le fond, sur la capacité d’assurer l’étanchéité des marchés (avec ou sans OGM) et sur la crédibilité d’une thèse selon laquelle le consommateur, à terme, pourrait avoir le choix entre ces deux types de consommation. J’ai déjà dit, dans une note précédente, toute ma perplexité sur cette fausse bonne réponse à l’expansion des OGM.

Vu la pression des producteurs et des laboratoires, vu l’extension des surfaces mises en culture, l’indifférence, l’ignorance ou l’acceptation tacite de certaines populations dans le monde, il est vraiment illusoire d’imaginer qu’on puisse garantir l’imperméabilité d’un territoire, fût-il européen.

La preuve : dans cette affaire, des traces d’OGM ont été trouvées non seulement en France, mais aussi en Allemagne, en Suisse et en Suède…

On en reparle très prochainement !

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 20 septembre 2005

OGM : le passage en force !

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Je rebondis sur la polémique suscitée par Le Figaro (6/09). Le quotidien dévoilait que plusieurs centaines d’hectares de maïs transgénique avaient été semés encore cette année dans le sud-ouest. Rien d’illégal (la variété utilisée avait été autorisée avant le moratoire européen de 1999). Mais la discrétion, voire le secret, dont sont entourés ces semis continuent d’alimenter (à juste titre) bien des suspicions.

Je ne fais partie des ayatollahs anti-OGM. Pas d’accord avec les faucheurs. Je ne vois pas pourquoi, pourvu que les protocoles et les conditions techniques soient contrôlés, on ne pourrait pas expérimenter. Il faut être ouvert à l’innovation. Comme beaucoup, je pressens l’intérêt et les promesses du génie génétique dans le domaine de la santé, et même pour l’écologie (économie de pesticides, d’eau, résistance aux intempéries, aux insectes, etc…).

Mais je défends ici qu’il appartient aux promoteurs des OGM d’assumer leurs responsabilités et de garantir la totale innocuité de leurs produits. C’est aussi aux pouvoirs publics de vérifier leurs assertions et de contrôler, sur le long terme, les effets des cultures OGM sur l’environnement et la santé.

Or, comme tous les Français, je constate que le lobby veut passer en force, sans même nous avoir expliqué en quoi les OGM vont améliorer notre ordinaire.

1) La première question c’est en effet : « Qu’est-ce qu’une alimentation issue de produits OGM offre de mieux qu’un produit « naturel ». Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je n’ai toujours pas la réponse.

2) Le risque sur l’environnement : dissémination, contamination croisée, sur-résistance et mutation de certaines espèces, etc… On amuse le peuple avec de prétendues barrières de séparation (25 mètres) ! Probablement, parce que l’on sait d’avance que les abeilles et les acariens respecteront les zones interdites ! ! !

Moi, je m’en tiens à l’attitude des sociétés d’assurances. Je cite (Nouvel Economiste 15/09) : « Il s’agit d’un risque émergent que nous ne pouvons pas couvrir aujourd’hui. C’est comme si on nous demandait d’assurer un prototype. Faute d’informations sur les effets sur la santé humaine, ce risque est donc exclu des polices d’assurances, au même titre que les effets des ondes électromagnétiques ou le terrorisme biologique ». Vous êtes « rassurés » ?

3) Enfin, il y a l’impact sur les filières bio et même sur toutes les filières non-OGM. On n’arrête pas de nous dire que les consommateurs auront le choix (c’est la thèse de la double filière).

Baratin ! Vu, l’accroissement des cultures OGM dans le monde (plus 20 % par an), le pré carré des producteurs non-OGM aura du mal à organiser sa résistance. Voilà déjà qu’on parle de sécuriser « les filières naturelles » (un comble !). Qui devra supporter le coût de la certification, des labels, et de cette « sécurisation » ? « Nous avons accepté de payer un prix supérieur pour garantir nos filières » annonce le président des « Poulets fermiers de Loué ». Erreur, c’est le consommateur qui paiera. Oui, c’est ça qui va se passer. Celui qui voudra manger « naturel » (je ne parle même pas de bio), devra acquitter un sur-prix. Ca ne vous choque pas, vous ?

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 2 juin 2005

OGM, produits bio : Les étiquettes doivent dire l’Ethique

Je propose que, demain, nous reparlions de la nouvelle donne politique française. Je répondrai aussi à vos intéressants commentaires sur le référendum. En attendant la composition du gouvernement (ça a l’air fastidieux !), je vous livre quelques informations sur les problématiques nouvelles de la consommation alimentaire. Ce sont des questions pour lesquelles je suis souvent interpellé par des ONG ou des associations professionnelles. Elles ne suscitent pas encore la passion du « grand public », mais elles sont emblématiques de l’évolution de notre société. Et nous avons la chance de pouvoir y réfléchir avant que le marché ne nous impose définitivement sa loi.

1) OGM : La charge de la preuve :Arnaud Apoteker, chargé de campagne OGM de Greenpeace, réclame un étiquetage positif signalant l’absence, plutôt que la présence, d’OGM dans les produits. Il y voit « un moyen de distinguer ceux qui font des efforts (sic), qui lancent des filières qualité, qui travaillent selon la charte de l’agriculture biologique… ». Moi, je suis contre. C’est un piège. Greenpeace qui passe son temps à visiter les magasins, conteste la présence de la moindre trace d’OGM dans les produits. Afficher l’absence d’OGM, c’est s’engager à en fournir la preuve. Or, aucun distributeur n’en est capable. Pourquoi alors s’auto-flageller. Et puis, il ne faudrait pas inverser la charge de la preuve. C’est aux fabricants OGM de certifier leurs produits et de les défendre.

2) OGM équitables: Max Havelaar a étendu son label à la commercialisation d’un coton équitable, produit par Dagris qui s’approvisionne auprès des producteurs d’Afrique de l’Ouest. Levée de boucliers des militants Attac, Greenpeace, et du journal L’Humanité : le coton Dagris est génétiquement modifié. Jusqu’où l’équité s’accommodera-t-elle du libre choix des producteurs. Sans mésestimer les problèmes qu’on a évoqués ici, sur les OGM, peut-on opposer un discours systématique, idéologique, à la tentative de petits producteurs d’investir dans des choix technologiques différenciants ?

Cette question me paraît fondamentale si nous ne voulons pas apparaître encore une fois comme des donneurs de leçons ou comme des néocolonialistes. Pour moi, la seule réponse est toujours contenue dans cette seule interrogation : ce coton OGM est-il nuisible ou non, respectera-t-il les règles d’étiquetage et sera-t-il importé dans un cadre légal. Subsidiairement, pourquoi un coton de marque (issu d’OGM) pourrait être librement commercialisé dans le monde, et pas un coton équitable.

3) Bio : La filière bio est en émoi. Les consommateurs plébiscitent certains produits, mais boudent franchement un label devenu trop cher. D’où une certaine crispation des producteurs. Je les soutiens sur un argument : il n’est pas normal que de grands industriels profitent de la confusion pour commercialiser sur le marché des produits « Bioplait » (Yoplait) et « Bio » (Danone) alors que ceux-ci ne contiennent aucun ingrédient issu de l’agriculture biologique. En plus, ils sont chers, même s’ils sont bons. Et ils contribuent à renchérir encore l’image du bio.

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 28 avril 2005

Directive européenne OGM : La traçabilité en défaut

Vous ne savez probablement pas quelle est la différence entre le maïs Bt10 et le maïs Bt11. Moi non plus d’ailleurs. Tout ce que je puis vous dire c’est qu’il s’agit, dans un cas comme dans l’autre, de maïs génétiquement modifié intervenant notamment dans la fabrication de la bière (sous forme de gluten). C’est l’Américain Syngenta qui exporte ces produits. La commercialisation de l’un (le Bt11) était jusqu’ici autorisée en Europe, mais pas le Bt10.

Seulement voilà, impossible techniquement de les différencier. Les tests de « dépistage » du Bt10 ne sont pas encore fiables. Au point que 1 000 tonnes de ce maïs auraient été importées en Europe, sans que nul ne s’en aperçoive. Prise de court, la Commission a intelligemment décidé l’embargo sur les deux espèces, en attendant d’y voir plus clair. Et surtout, en espérant que les Etats-Unis mettent en place une certification « sans Bt10 ».

Cette affaire a été relativement bien relayée dans la presse. Elle est la démonstration que la politique de traçabilité mise en place par la Commission Européenne ne suffit pas.

Je m’intéresse à cette affaire parce qu’en tant que distributeur, nous sommes sans cesse interpellés par des ONG écologistes, la plupart anti-OGM, mais toutes en tout cas unanimes pour revendiquer une information consommateur fiable. Je trouve cette demande légitime. Mais n’étant pas scientifique, et ne disposant pas nous-mêmes d’informations de la part de l’administration ou des industriels, ça devient un vrai casse-tête. On peut retirer du marché un produit signalé comme « susceptible de contenir des OGM ». On ne peut évidemment pas retirer des produits dont on ne sait pas s’ils contiennent des OGM.

Je viens d’en discuter avec des fonctionnaires du ministère de l’agriculture, ainsi qu’avec un conseiller scientifique très actif à Bruxelles. Ensemble, nous avons convenu que cette affaire révélait les limites de la réglementation européenne et remettait en cause le principe d’une segmentation des marchés. Ce dossier du maïs révèle en effet :

1) Manifestement, il y a eu contamination croisée ou mélange des maïs. Ce qui signifie que les exigences européennes de traçabilité n’ont d’efficacité que si les pays exportateurs l’exigent de leurs fabricants. « Elémentaire, mon cher Watson ».

2) La Commission ne dispose manifestement pas des outils de contrôle nécessaires pour faire appliquer la réglementation qu’elle édicte. Pire, des produits sont mis sur le marché alors que le fabricant est incapable lui-même de proposer les tests de repérage. Ce genre d’affaire va forcément se répéter, au gré des mises en marché de milliers d’espèces nouvelles. Ne faut-il pas lier les garanties d’innocuité et les garanties de traçabilité dans le cahier des charges avant toute commercialisation ?

3) La France vient d’inscrire, dans sa Constitution, l’obligation de respecter le principe de précaution. Ce n’est pas le cas aux Etats-Unis. Comment les états, s’ils sont un jour accusés par des consommateurs invoquant ce principe, pourront-ils se retourner contre les fabricants ? Et sur quelle base juridique ?

Voilà donc, chers amis, un épi de questions dont je vous prie de croire que les réponses ne sont pas amidonnées.

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 21 janvier 2005

OGM

 Revenant d’une conférence sur le problème des OGM, je constate ce formidable décalage : d’un côté, un mouvement écologiste, quasi intégriste, qui s’oppose à l’expérimentation (même contrôlée) de nouvelles semences ; d’un autre côté, un nombre croissant de pays développent les surfaces d’OGM cultivés. Les Etats-Unis et le Canada en tête, mais aussi l’Argentine, le Brésil et la Chine. Au total, 17 pays producteurs avec un net regain d’intérêt de la part des pays en voie de développement d’Amérique Latine ou d’Asie (Inde, Philippines). Depuis 4 ou 5 ans, je n’arrête pas de dire qu’il faut arrêter de se focaliser sur la mise en place d’une double filière permettant, théoriquement, un libre choix pour les consommateurs. La déferlante OGM arrive, les industriels multinationaux en seront les vecteurs, et aucune législation protectionniste ne pourra inverser le processus. La question n’est plus d’être pour ou contre les OGM. La seule question qui compte aujourd’hui, c’est celle de l’utilité (et de l’innocuité) de chaque nouveau produit mis sur le marché. Ceux qui refusent, parmi les professionnels, les politiques, les scientifiques, de mettre en place un système de contrôle des mises en marché (à l’image de ce qui est fait pour le médicament) sont aussi irresponsables et imprévoyants que ceux qui attisent les peurs les plus irrationnelles.

Michel-Edouard Leclerc