
Je réponds aux multiples interrogations de consommateurs, mais aussi des écologistes qui m’ont interpellé concernant l’éventuelle présence en magasin d’un riz américain contenant des traces d’OGM, telle que signalée par la Commission Européenne la semaine dernière.
C’est aux Etats-Unis que l’alerte a été donnée. Les autorités sanitaires ont découvert dans des stocks de riz long grain produit aux Etats-Unis, les traces d’une protéine génétiquement modifiée (LL 601), non autorisée en Europe.
L’alerte a été relayée par la Commission Européenne et les professionnels, comme les autorités sanitaires, ont procédé à des relevés.
a) Les prélèvements effectués par la DGCCRF confirment la détection, dans sept échantillons sur dix neuf, de traces légères (inférieures à 0,1 %) de ce gène interdit.
b) Comme les lots ont été prélevés dans les chaînes de distribution, les distributeurs ont missionné leurs services qualité pour effectuer des investigations approfondies. C’est, bien sûr, le cas des centres E. Leclerc.
Dans l’absolu, deux cas de figure se présentent à nous :
1) Pour les marques nationales, les fournisseurs se sont engagés, au terme des conditions générales d’achat de notre groupement, à respecter la réglementation européenne interdisant la commercialisation des riz génétiquement modifiés. Ils ont donc, par contrat, la responsabilité d’apporter la preuve que leurs produits ne sont pas contaminés.
Certains d’entre eux nous ont demandé de retirer de la vente un nombre limité de produits pour réaliser des tests et pouvoir re-certifier la non contamination des lots qui pouvaient être concernés.
2) Pour nos marques de distributeur, tous les fournisseurs se sont engagés, par écrit, sur l’absence d’OGM dans les produits qu’ils fabriquent pour notre compte.
A la suite de la décision de la Commission (23/08/06), nos acheteurs leur ont demandé une confirmation écrite spécifique concernant ce riz génétiquement modifié.
Un seul fournisseur n’a pas été en mesure de fournir cette confirmation. Par mesure préventive, nous avons retiré de la vente les deux produits venant de cette entreprise. Nous les remettrons en commercialisation dès obtention des certificats.
La plupart des autres distributeurs ont procédé de la sorte. La Fédération du Commerce et de la Distribution qui, sur ce dossier, regroupe la plupart des enseignes, a communiqué sur ces pratiques. Normalement, de telles denrées contaminées ne devraient plus se retrouver sur le territoire français.
Il nous faudra cependant revenir sur cette affaire : même si elle ne pouvait représenter aucun risque pour la santé de nos concitoyens, elle pose de multiples questions, dans la forme comme sur le fond, sur la capacité d’assurer l’étanchéité des marchés (avec ou sans OGM) et sur la crédibilité d’une thèse selon laquelle le consommateur, à terme, pourrait avoir le choix entre ces deux types de consommation. J’ai déjà dit, dans une note précédente, toute ma perplexité sur cette fausse bonne réponse à l’expansion des OGM.
Vu la pression des producteurs et des laboratoires, vu l’extension des surfaces mises en culture, l’indifférence, l’ignorance ou l’acceptation tacite de certaines populations dans le monde, il est vraiment illusoire d’imaginer qu’on puisse garantir l’imperméabilité d’un territoire, fût-il européen.
La preuve : dans cette affaire, des traces d’OGM ont été trouvées non seulement en France, mais aussi en Allemagne, en Suisse et en Suède…
On en reparle très prochainement !