Archive pour la catégorie ‘Distribution’

Jeudi 16 mai 2013

Qui est le moins cher ? Vérifiez par vous-même !

Les chiffres révélés hier par l’INSEE montrent que le dernier moteur de notre économie, la consommation, est en train de se gripper. Tous les distributeurs reconnaissent que pour la première fois depuis longtemps, même l’alimentaire commence à en pâtir.

De mon côté, au fil de mes visites dans nos magasins, je constate avec inquiétude un nombre important de clients qui viennent chez nous, catalogue promotionnel en mains, pour traquer les prix bas. Jamais la sensibilité prix n’a été aussi forte que ces derniers mois.

A l’heure où certains (dont des distributeurs) militent pour une hausse des prix, je le dis très clairement : on ne nous fera pas remonter nos prix. Vu l’état de notre économie, ce serait contre-productif, suicidaire même.

Non décidément, il nous faut continuer à creuser le sillon que nous traçons depuis 60 ans, quelles que soient les pressions.

Photo : François Voisin

Qui est vraiment le moins cher ?

La prolifération des publicités comparatives sur des offres limitées brouille la perception des prix. Les consommateurs doutent (à juste titre !) de la crédibilité des messages qui leurs sont destinés. Plus qu’une illustration de la performance prix de nos concurrents, ces publicités sont d’abord destinées à améliorer leur image prix.

Si tout le monde se proclame le moins cher d’une semaine à l’autre, qui est vraiment le moins cher ?

J’ai présenté ce matin à la presse une extension des applications de notre comparateur quiestlemoinscher.com pour permettre désormais une comparaison magasin par magasin, dans chaque ville !

A ma connaissance c’est une première mondiale dans la distribution.

Ces bornes installées dans nos magasins viennent compléter nos autres dispositifs (application mobile et site Internet national).

Un nouvel allié pour comparer les prix : la borne en magasin

Cette borne installée dans l’ensemble des 565 centres E.Leclerc offre désormais une solution immédiate fiable et objective pour informer les consommateurs sur les prix. Désormais, avec cette innovation, le consommateur pourra vérifier aisément qui est vraiment le moins cher sur les produits qu’il achète quel que soit son lieu d’achat

Les principaux concurrents des centres E.Leclerc ont été comparés avec les 565 centres E.Leclerc. Les enseignes concurrentes les plus notoires, dont la taille des magasins et l’offre sont les plus proches des centres E.Leclerc ont été retenues afin d’assurer une comparaison pleinement cohérente. Au total, 1935 magasins, appartenant à 15 enseignes différentes sont comparés. La comparaison entre deux magasins porte sur une moyenne de 1059 produits soit 2,6 millions de prix comparés.

Evidemment, la comparaison obéit à des critères et une méthodologie fiables, assurant l’exactitude et l’objectivité des données. La collecte de prix et les traitements sont effectués et réalisés par des sociétés indépendantes. Pas question de prêter le flanc à une faille juridique dans laquelle s’engouffreraient nos concurrents pour essayer de nous faire taire. Bref, nos équipes ont bossé sérieusement !

Nos bornes locales, dévoilées à la presse aujourd’hui, illustrent une nouvelle fois la volonté d’E.Leclerc de défendre le pouvoir d’achat des Français et d’apporter au quotidien les preuves de notre performance sur les prix.

Tous les panélistes démontrent aujourd’hui que notre enseigne est la moins chère au niveau national. Nous avons la capacité maintenant de le prouver au niveau local.

Photo : François Voisin

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 26 avril 2013

Lait – Les centres E.Leclerc acceptent le plan proposé par Stéphane Le Foll mais ne subventionneront pas le lait étranger

Crédit photo : Thinkstock

Comme l’avait précisé Stéphane Le Foll le week-end dernier en Bretagne, j’avais fait savoir au Ministre de l’agriculture que les Centres E.Leclerc soutiendraient un accord visant à verser 2,5 centimes/litre aux producteurs de lait pour rattraper la hausse de leurs charges.

Les Centres E.Leclerc, qui ont déjà accepté en 2013 au niveau national des hausses substantielles sur le prix du lait (en moyenne sur marques nationales et MDD : + 4,39%) , acceptent le principe du plan proposé aujourd’hui par le gouvernement, d’autant que les pouvoirs publics ont arbitré en faveur d’une solidarité partagée entre distributeurs et industriels.

Les centres E.Leclerc avaient toutefois la préférence pour un système d’aide directe à la production, comme ils l’avaient proposé à la mi-avril. La méthode retenue par le gouvernement pourrait s’avérer extrêmement complexe, s’agissant des modalités de calcul de hausse sur les produits très transformés.

La proposition des centres E.Leclerc avait aussi le mérite d’offrir la transparence et de cibler les bénéficiaires afin que ces aides aillent aux seuls agriculteurs français. Ce n’est hélas pas le cas avec le dispositif conçu par le gouvernement qui impose une hausse automatique sur tous les produits laitiers, quelle que soit leur origine.

J’insiste : nous nous en tiendrons scrupuleusement à la philosophie de cet accord. Ce sont les producteurs laitiers français qui ont appelé à l’aide et ce sont eux que nous soutiendrons.

Les centres E.Leclerc demanderont donc aux industriels de certifier l’origine de leur approvisionnement et excluront du dispositif de soutien les produits d’importation et/ou les produits élaborés à partir de lait importé.

Je veux également interpeller le gouvernement sur la nécessité de faire adhérer à cet accord les distributeurs étrangers présents en France (notamment les hard discounters). La non-participation de ces enseignes au plan de solidarité avec les producteurs laitiers français viendrait créer une situation de distorsion de concurrence par rapport aux distributeurs français.

Enfin, alors que le pouvoir d’achat des Français a marqué un net recul en 2012 et que l’année 2013 s’annonce difficile pour nos concitoyens, les centres E.Leclerc renouvellent leur engagement de rester les moins chers, y compris sur les produits laitiers.

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 22 avril 2013

Prix du lait : E.Leclerc confirme sa contribution aux producteurs, via un fonds de soutien ou un versement aux collecteurs

Crédit photo : Thinkstock

En lisant mon Télégramme et mon Ouest France ce week-end j’ai pris connaissance des propos du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll qui a demandé au Médiateur « de pousser les industriels et les grandes surfaces à conclure un accord garantissant une hausse de 25 € les 1 000 litres de lait du prix payé aux producteurs pour avril, mai et juin. J’ai eu Michel-Édouard Leclerc au téléphone, il est d’accord avec cette proposition ».

Je confirme cet échange téléphonique et la position favorable de notre enseigne à la demande du ministre. Reste à en définir les modalités d’application, ce qui n’est pas le plus simple.

La proposition d’E.Leclerc permettait d’agir dès la paie d’avril

Les adhérents E.Leclerc avaient fait au Médiateur une proposition assez simple, que j’ai présentée à plusieurs syndicats agricoles dont la Coordination rurale et les Jeunes Agriculteurs (j’attends encore le coup de fil de Xavier Beulin qui depuis 10 jours dit aux journalistes qu’il va m’appeler…).

Notre solution en créant un fonds temporaire de soutien à hauteur de 180 millions d’euros permettait :

1. D’être opérationnel immédiatement, assurant ainsi la paie dès avril aux producteurs,

2. De porter sur l’ensemble de la collecte de lait en France (et pas que le lait de consommation) ;

3. D’éviter l’enlisement dans des discussions sans fin entre industriels et distributeurs sur la composition de chaque produit transformé sur laquelle se fonderaient les augmentations tarifaires proportionnelles à la quantité de lait ;

4. D’impliquer l’ensemble des intervenants de la filière (dont les hard discounters) en fonction de leur part de marché, ce qui aurait été une décision juste et légitime ;

5. De s’assurer que le soutien apporté par ce fonds irait bien aux producteurs français et pas à des producteurs de lait étranger (car qui me dit que dans tel biscuit ou yaourt de tel industriel, c’est du lait français et pas allemand qui est utilisé ?) ;

6. D’éviter tout risque de sanction puisque les cotisations «volontaires» versées dans ce fonds n’influaient pas sur les conditions de la négociation commerciale et dès lors évitaient l’écueil de « l’entente », que la loi punit.

Pour le moment seul le Président de la FNSEA a rejeté cette proposition d’un revers de la main, et dans l’heure qui a suivi sa formulation. Trop rapide pour être honnête ? Surprenant en tous les cas. D’autant que l’idée du fonds que nous proposons est assez similaire à celui qu’il souhaite mettre en place !

Les pouvoirs publics et d’autres syndicats agricoles n’ont pas opté pour un tel refus. Au contraire même, les éleveurs avec qui j’étais en dialogue ce week-end trouvaient que notre solution avait deux mérites : répondre rapidement à une situation d’urgence et à hauteur des besoins exprimés par les éleveurs (3 centimes par litre collecté).

La seule objection entendue chez les Jeunes Agriculteurs comme chez le Médiateur, viendrait de ce que les pouvoirs publics ne souhaitent pas le gérer. Un tel point de vue peut-il encore évoluer ?

A défaut d’un fonds, quelle solution serait aussi efficace ?

Les adhérents E.Leclerc sont ouverts à toute suggestion. Le Médiateur ne semblait pas insensible à l’idée qu’à défaut de passer par un fonds de solidarité, chaque contributeur verse sa quote-part aux transformateurs qui en répercuteraient le bénéfice aux producteurs. Pourquoi pas. Ce serait alors aux pouvoirs publics de nous garantir la transparence du système et que ce sont bien les producteurs français qui en bénéficieraient.

Alors qu’ils pourraient relayer cette idée, les industriels ne jurent que par une demande de hausse tarifaire et donc la réouverture des négociations commerciales avec les distributeurs. Allons…Qui croit qu’on pourrait faire aboutir de nouvelles négociations commerciales en quelques jours, alors même qu’il faut 4 à 5 mois chaque année pour y parvenir et alors même que le cadre légal s’y oppose !

Ce type de solution (soutenue par mon collègue de Système U) présente deux inconvénients majeurs. D’abord, il nous expose à des risques d’entente. Comment qualifier une hausse collective, même avec les apparences du volontariat, qui serait proposée par tous les fournisseurs, en même temps, à tous les distributeurs ?

Mais surtout, augmenter les tarifs, sauf à supposer que Nestlé, Danone et consorts ne collectent pas de lait étranger, rémunérerait tout autant le lait français que le lait allemand importé.

Au fait, comment se fait-il que les hard discounters ne soient pas sollicités ?

Ne pas se tromper de combat…

Les propositions faites par les adhérents E.Leclerc sont sincères et directement applicables. Tout le monde peut constater qu’aucun argument sérieux ne nous a été opposé jusqu’ici. La question est : qu’est-ce qui gêne dans notre solution ? Quel est le vrai dessein de ceux qui refusent nos propositions ?

J’avoue avoir été assez surpris de voir s’organiser il y a quelques jours une conférence de presse commune (!) entre la FNSEA et les principaux lobbies des industriels et des multinationales (Ania, Illec) pour demander en chœur une révision de la Loi de modernisation économique (LME).

La manip’ est quand même un peu grosse. Vous ne trouvez pas ça étonnant vous de voir le boss de la FNSEA siéger aux côtés des clients de l’agriculture (où les multinationales sortent 10% de rentabilité annuelle) pour demander un effort aux seuls distributeurs ? Quoi…un représentant des agriculteurs qui exonère par avance les industriels de leurs propres contributions ? Curieux attelage…

N’est-ce pas apporter de l’eau au moulin de ceux qui pensent qu’on instrumentalise la cause des producteurs de lait pour servir les intérêts à long terme des grands industriels ?

Cher Xavier, nous aurons l’occasion de débattre de la réforme de la LME (ou de la LMA) puisqu’elle sera à l’agenda des débats politiques dans les prochains mois. Mais pour l’heure, il faudrait lire les pancartes des manifestants vendredi dernier : « on veut du cash maintenant ». Concentrons-nous donc d’abord sur l’immédiat : la crise du lait.

De quelle couleur sera la fumée ?

On attend de connaître la couleur de la fumée qui sortira de la cheminée du Médiateur. Stéphane Le Foll souhaite prendre les choses en main. Pas de souci de mon côté, je n’ai jamais contesté le primat du politique.

Versement à un fonds de soutien « à la sauce E.Leclerc » ou versement payé aux collecteurs qui distribueront aux producteurs ? La contribution des centres E.Leclerc est prête.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 17 avril 2013

Made in France, Acheter français… les centres E. Leclerc d’Ile-de-France font des tests

Les lecteurs attentifs de ce blog savent que mes convictions sur les rayons « made in France » dans les supermarchés ne sont pas tranchées, comme je le rappelais dans mon billet du 31 janvier. Nos adhérents, qui partagent l’objectif de valoriser les productions nationales, et aussi beaucoup d’autres distributeurs, préfèrent marketer les produits aux couleurs de terroirs et des régions.

Mais chez E.Leclerc on est plus dans le pragmatisme que dans le dogmatisme. Tous les adhérents pensent qu’il faut tester « pour voir ». En janvier dernier, notre adhérent de Lanester (Morbihan) avait initié le mouvement.

La France a du talent, et E. Leclerc le fait savoir !

Les adhérents E.Leclerc d’Ile-de-France (rattachés à la coopérative Scadif) lancent donc du 17 au 27 avril une opération baptisée « La France a du talent ».

Pendant dix jours, la vingtaine de magasins E.Leclerc franciliens va porter haut et fort les couleurs du « made in France ».

Je serai jeudi à Vitry-sur-Seine, dans le magasin de notre adhérent Eric Etienne, pour lancer officiellement l’opération avec le député Yves Jego, président de l’association ProFrance.

Je connais bien Yves Jego, cela fait des années que nous discutons de cette problématique de relocalisation et de valorisation des productions françaises. Tout comme avec Arnaud Montebourg, j’ai exprimé les réticences et rappelé les difficultés (notamment sur le non-alimentaire).

Mais on est concret chez E.Leclerc. Au cours d’une réunion organisée début février avec Yves Jego au siège du groupement d’achat (Galec), Frédéric Bonaparte (Leclerc Bonneuil), Thierry Da Costa (Bois d’Arcy), David Thibault (So Ouest Levallois-Perret) et Marc Vasseur (Dammarie-les-Lys et responsable national NRT) ont dit vouloir relever le défi avec leurs collègues d’Ile-de-France. Pour l’occasion un catalogue a été édité et diffusé dans toutes les boîtes aux lettres de la zone de chalandise des magasins.

L’opération « La France a du talent » présentera à la fois des produits certifiés « Origine France Garantie », ainsi que les marques « Nos régions ont du talent » et « Alliances locales ».

Populariser le label « Origine France garantie »

L’association Profrance, présidée par Yves Jego, a créé le label « Origine France Garantie », un label transversal (qui concerne aussi bien l’alimentaire que le non-alimentaire) imposant une certification stricte face aux appellations plus « souples » que sont le « made in France » ou le « fabriqué en France ».

Le socle de ce cahier des charges est constitué de 2 CRITERES CUMULATIFS :

1- le produit prend ses caractéristiques essentielles en France (= le produit prend sa forme distinctive en France),

2- de 50 % à 100% du prix de revient unitaire de ce produit sont acquis en France (c’est le prix du produit sorti d’usine, d’atelier ou d’exploitation. Les coûts liés à la recherche et au développement sont pris en compte, mais pas ceux liés à la commercialisation).

Le label « Origine France garantie » nous offre quelques surprises. Saviez-vous qu’en mangeant de la glace Häagen-Dazs ou des BN (United Biscuits), en portant des collants Well, ou en vous équipant d’un sèche-linge Whirlpool vous faisiez tourner les usines françaises ?

Cette opération « La France a du talent » va faire écho à la campagne « Acheter français, je m’y emploie » qui vise à sensibiliser les consommateurs hexagonaux sur la façon de faire leurs courses. Cette petite poule en marinière devrait faire parler d’elle…

Retrouvez les produits locaux et régionaux d’E.Leclerc

Au-delà des produits « Origine France Garantie », les adhérents E.Leclerc d’Ile de France ont veillé à proposer aussi une offre « Nos Régions ont du Talent » (créée en 1999). La marque NRT d’E.Leclerc rassemble 162 fabricants français qui pour la majorité sont des PME. Elle est devenue la marque terroir de France qui a le plus de succès chez les consommateurs français.

Sur les étals, il y aura aussi les produits issus des « Alliances locales ». Cette démarche, créée en 2010, vise à présenter des produits locaux en circuit court, fabriqués dans un rayon de 100 km autour du magasin. Au niveau national, ces alliances locales réunissent 10.000 producteurs, soit environ 30 par magasin.

Dans nos magasins d’Ile-de-France, les consommateurs pourront ainsi trouver des produits de leur région aussi variés que des Yaourts (77), de la Faisselle (78), du chocolat (77), du foie gras (28), de la menthe poivrée (91), des œufs « Pays d’Yvelines », de la bière du Gâtinais (77), etc.

C’est la première fois qu’on testera à l’échelle d’une région entière ce genre d’opération « qualité France by E.Leclerc ».  Et après ? La pérennisation de l’opération est à l’étude (stop-rayons, etc) de même que son extension à d’autres régions.

A vos caddies, Citoyens !

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 15 avril 2013

Il est pas beau Mont Lait ?

En marge des polémiques, dont on sait plus quels intérêts elles servent, il y a la réalité quotidienne des échanges commerciaux avec de belles initiatives.

J’étais content de lire jeudi 11 avril dans Le Midi Libre, l’interview de Dominique Barrau, président de l’association des producteurs de lait de montagne (APLM) et par ailleurs secrétaire général de la FNSEA en charge du dossier montagne.

Il y annonçait la signature d’un partenariat avec l’enseigne E.Leclerc pour la commercialisation d’un nouveau lait de montagne.

L’APLM regroupe plus de mille éleveurs du Massif central, principalement basés en Aveyron, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Cantal, Corrèze… Nos échanges ont commencé fin septembre 2012. L’APLM faisait la tournée des distributeurs pour tenter de trouver des débouchés à leur projet de production de lait de montagne et c’est E.Leclerc qui a répondu présent.

Après plusieurs mois de discussion, les choses sont maintenant sur les rails entre l’APLM et E.Leclerc. « Mont lait » (c’est le nom de la marque déposée) sera donc référencé par le Galec (notre centrale de référencement) et pourra trouver sa place dans nos rayons d’ici la fin du printemps.

Le partenariat négocié entre l’APLM, la coopérative Terra Lacta et le Galec a pour objectif de pouvoir écouler de gros volumes dans des magasins à forte implantation locale. Et bien sûr d’essayer de trouver une meilleure rémunération aux producteurs puisque tout a été étudié pour limiter au maximum les frais intermédiaires.

Evidemment, ce partenariat ne fera pas à lui seul le succès de cette sympathique brique de lait. La plupart des distributeurs commercialisent déjà du lait de montagne, mais il s’agit cette fois d’une initiative de producteurs. Donc bonne chance !

Les membres de l’APLM semblent motivés. Ils ont pour eux un atout commercial non négligeable : une armée de producteurs laitiers motivés, prêts à envahir les supermarchés de France…pour y faire pacifiquement la promotion de « Mont lait » !

J’invite évidemment nos adhérents à réserver le meilleur accueil à ces sympathiques envahisseurs.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 10 avril 2013

E.Leclerc propose la création d’un fonds d’urgence de 180 millions d’euros pour soutenir les producteurs laitiers

Crédit photo : Thinkstock

Depuis quatre semaines, industriels-transformateurs, producteurs et distributeurs se renvoient la balle et désignent trop facilement des boucs émissaires pour masquer les effets négatifs d’un manque de régulation du marché du lait. Tous les acteurs conviennent qu’il y a urgence à prendre des dispositions à caractère structurel, et principalement au niveau européen.

Mais la situation de crise économique et désormais sociale, exige qu’un dispositif d’urgence soit mis en place et qu’il bénéficie directement aux producteurs, afin de leur assurer des revenus supplémentaires en attendant la remontée des cours prévue pour cet été.

Voilà plusieurs semaines que les adhérents E.Leclerc travaillent à des propositions et écoutent les revendications du monde agricole. Nous sommes aujourd’hui en mesure de faire des propositions concrètes, d’application immédiate et qui présentent l’avantage d’être juridiquement sécurisées (pas de risque d’entente).

C’est ce dispositif que je viens de proposer au Médiateur des relations commerciales agricoles.

Identification des revendications

Les producteurs de lait réclament une hausse de 2 à 3 centimes par litre de lait.

Si l’on tient compte des volumes totaux de lait collectés sur le territoire national (24 milliards de litres collectés par an, soit 6 milliards par trimestre), il s’agirait donc de mobiliser une somme de 180 millions d’euros afin de soutenir les revenus des producteurs laitiers dans les trois prochains mois.

Modalités d’abondement du fonds d’urgence

Ce fonds pourrait être abondé équitablement entre industriels et distributeurs, de la manière suivante :

Pour 51 % de la production, le lait est destiné à l’export et à l’industrie (poudre de lait, beurre industriel, lactosérum, caséine). Ces productions industrielles échappent totalement aux enseignes commerciales françaises. Aussi, il appartiendrait aux industriels d’établir la clé de répartition entre eux pour contribuer à ce financement.

La grande distribution et l’ensemble des circuits de distribution concernés par la vente de produits de grande consommation écoulant environ 49 % des volumes de lait collectés en France (fromage, beurre, lait de consommation, yaourts, desserts, crème), sa part dans l’enveloppe globale serait donc évaluée à 89 millions.

Afin d’apaiser le débat et pour éviter que ne soit relancé un « match » où chacun essaie de repasser la balle à l’autre, les centres E.Leclerc proposent que le financement basé sur ces 49% soit intégralement assumé par les distributeurs, sans cofinancement réclamé aux industriels, en contrepartie de leur engagement à assumer le soutien aux producteurs pour la partie export/industrie dont ils ont seuls la maîtrise.

La clé de la contribution de chacun des distributeurs pourrait par exemple reposer sur la part de marché que chaque enseigne représente sur ce secteur.

Sécurité juridique et rapidité de mise en œuvre

Nous avons étudié au préalable les propositions formulées par d’autres enseignes de la distribution. Malgré la qualité de leur intention, elles ont l’inconvénient d’être énoncées hors du cadre légal français et pourraient même, par leur incidence comme par leur nature, être interprétées comme une entente prohibée par la loi.

La solution proposée par la FCD a été critiquée par la FNPL au motif que le périmètre de la revalorisation était trop faible : « on n’est pas là pour faire l’aumône ». Elle ne porte en effet que sur les laits de consommation (10% du marché).

La solution proposée par Système U vise à faire apparaître en pied de chaque facture un sur-prix momentané correspondant à la part de lait incorporée dans chaque produit transformé. Pourquoi pas, mais cela paraît techniquement complexe à réaliser. Les calculs se fondant sur les seules déclarations des transformateurs, tout cela risque d’être source de contestations. De plus, comment garantir que cette hausse ne bénéficiera pas à un approvisionnement étranger ? Cette proposition suppose également une reprise des négociations bilatérales avec tous les fournisseurs. Enfin, parce que répétée à l’identique avec tous les fournisseurs et par tous les distributeurs, elle présente aussi le risque d’être requalifiée par l’Autorité de la Concurrence comme constitutive d’une action concertée.

La solution proposée par E.Leclerc permet ainsi d’éviter les écueils d’un risque d’entente et assure également que l’argent mobilisé ira directement dans la poche des producteurs de lait, dans un délai rapide et sans que l’on prenne le risque de se perdre dans des calculs trop complexes.

Les centres E.Leclerc sont prêts à verser leur part

Les Centres E.Leclerc (deuxième part de marché sur ce secteur) ont d’ores et déjà pris leurs dispositions pour provisionner la majeure partie de leur quote-part (environ 14 millions d’euros, estimation qu’il faudra affiner avec le médiateur), qui représente déjà plus des deux tiers de l’enveloppe proposée par les pouvoirs publics lors du Congrès de la FNPL le 21 mars ! Ils sont prêts à la verser sans délai dans un fonds d’urgence qui serait créé.

Il est à noter que la proposition des centres E.Lecerc se fonde sur un calcul basé sur la totalité des volumes de lait collectés en France (et pas seulement sur le lait de consommation). Elle laisse par ailleurs chaque enseigne, et chaque commerçant, libre de répercuter ou non ces hausses au consommateur et n’altère pas le libre jeu de la concurrence.

Les adhérents du Mouvement Leclerc restent bien entendu ouverts à l’analyse de toute autre proposition qui répondrait :

- à l’urgence de la situation,

- aux critères de légalité,

- et à l’implication égale de tous les intervenants de la filière.

Nous attendons désormais de connaître la réaction des pouvoirs publics et des autres intervenants de la filière laitière à nos propositions.

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 5 avril 2013

Lettre ouverte au Président de la Fédération Nationale des Industries Laitières

Crédit photo : Thinkstock

Monsieur le Président,

Je prends connaissance de vos dernières déclarations parues dans la presse et dans lesquelles vous m’attribuez de nombreuses responsabilités dans la crise actuelle du lait en France.

A quelques jours d’une manifestation nationale des agriculteurs, cette stigmatisation de notre enseigne et de ma personne est irresponsable.

Elle est d’autant plus déplacée qu’E.Leclerc a accepté des hausses substantielles (en moyenne sur marques nationales et MDD : + 4,39%) et que nos adhérents ont fait savoir très clairement leur engagement à participer à tout accord volontaire qui bénéficierait aux producteurs et dont la légalité serait garantie par les pouvoirs publics. De tout cela, vous ne parlez pas.

1/ Vous dénoncez « l’oligarchie des distributeurs » et la toute-puissance de cinq ou six opérateurs. Ce n’est qu’une manière d’occulter le fait que votre syndicat s’accommode de « l’oligopole » et de la « toute-puissance » que représentent les trois opérateurs laitiers qui se répartissent aujourd’hui environ 90% du marché du lait de consommation français.

Oserais-je d’ailleurs vous rappeler, au moment où vous exigez que les distributeurs participent à une entente nationale, que la situation ultra-dominante des transformateurs laitiers intéresse de près l’Autorité de la Concurrence qui mène une enquête sur certaines de vos pratiques ?

Je constate que vous n’en dites rien là encore. Vous avez donc une indignation à géométrie variable.

2/ Vous me rendez personnellement responsable de la crise du lait : « C’est Michel-Edouard Leclerc qui octroie ou n’octroie pas les hausses, selon son bon vouloir ». C’est vraiment me donner beaucoup d’importance. J’y vois surtout une manière de me choisir comme bouc-émissaire. Mais je ne l’accepte pas.

Les professionnels que vous représentez doivent aussi assumer leurs responsabilités à l’égard des producteurs. Oserais-je encore vous rappeler qu’en 2009, sur le perron du ministère de l’agriculture, à l’issue d’une rencontre avec Bruno Le Maire, vous pointiez au micro de La France Agricole le fait que « Si des producteurs aujourd’hui (pas tous) ont de vraies difficultés, c’est qu’il y a peut-être un problème de compétitivité à certains endroits de la filière. Il va falloir les regarder en face ».

3/ Evidemment, certains des producteurs français souffrent. Je tiens toutefois à vous rappeler que le lait de consommation représente en France annuellement quelque 10% des volumes totaux du lait collecté, et parmi ces 10%, l’enseigne E.Leclerc représente 15% du volume.

En clair, cela signifie que « l’influence » d’E.Leclerc concerne 1,5% du volume total de lait produit dans notre pays. Il est inadmissible que vous souteniez dans ces conditions que notre enseigne « fait le marché » ? Un peu de sérieux…

 4/ Vous insinuez que si l’enseigne E.Leclerc est la moins chère, c’est parce qu’elle achète moins cher que ses concurrents.

Je m’étonne de telles accusations. Disposez-vous d’informations consolidées sur les tarifs d’achat de tous les distributeurs ? Vous seriez bien le seul en France à les avoir… Auriez-vous organisé une petite réunion entre vous pour établir ce comparatif que la loi vous interdit de faire ? Ce serait un curieux aveu que vous feriez à l’Autorité de la Concurrence !

A la différence de vous, je peux affirmer publiquement que vous mentez quand vous dites qu’E.Lelerc tire les prix vers le bas en achetant moins cher que ses concurrents.

J’ai en effet en ma possession deux factures de concurrents qui m’ont été adressées par erreur par nos fournisseurs l’an dernier, et qui prouvent que les industries de transformation que vous représentez ont vendu le lait plus cher à E.Leclerc qu’à (au moins) deux de ses principaux concurrents. Eh oui…

5/ Quel est donc le véritable but que vous poursuivez ? Comment pouvez-vous ainsi désigner sans rougir E.Leclerc et moi-même à la vindicte du monde agricole, alors même que nous sommes les seuls à avoir fait état publiquement de nos hausses de tarifs sur le lait (en moyenne de +4,39% depuis janvier) et les seuls à avoir mis sur la table des propositions articulées pour améliorer la situation des producteurs de lait ?

Dès lors, je m’interroge sur la motivation réelle qui vous pousse à vous focaliser sur notre enseigne et sur ma personne.

Dans notre plan lait dévoilé la semaine dernière, nous avions annoncé notre accord de principe pour une nouvelle hausse du prix du lait avec trois conditions principales :

  • a) qu’elle s’applique à tous les distributeurs (y compris les hard discounters allemands),
  • b) qu’elle soit garantie par les pouvoirs publics,
  • c) et surtout qu’elle bénéficie directement aux producteurs de lait.

Serait-ce cette dernière condition qui vous embarrasse ?

Si j’ai pris bonne note de l’accueil favorable réservé par la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) à nos propositions, je constate en revanche que vous êtes muet sur le sujet et que vous préférez orchestrer des polémiques pour faire diversion.

Je vous engage donc à participer aux tables rondes que vous avez exigées du ministre de l’agriculture afin que nous ayons enfin une occasion d’entendre vos propositions et de connaître l’effort que vous êtes, vous aussi, prêt à consentir pour soutenir les producteurs de lait dont vous vous faites si facilement l’avocat.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 3 avril 2013

Partenariat Renault-E.Leclerc pour la mobilité électrique : bilan d’étape et projets

Credit photo : Thinkstock

L’enseigne E.Lelcerc a une longue histoire dans le secteur des carburants et de l’énergie. Dans les années 80, nous avons combattu les monopoles, l’interdiction d’implanter de nouvelles stations-service, dénoncé les ententes et les prix fixes, gagné la liberté des prix devant la justice européenne.

Dans les années 90, nous avons été précurseurs avec certaines coopératives agricoles pour les biocarburants. En 1994, nous avons été les premiers à incorporer de l’éthanol pur dans le supercarburant sans-plomb 95. Nous avons, là aussi les premiers, introduit en 2007-2009 le super-éthanol et le SP 95 E10 dans nos stations-service.

Biocarburant nouvelle génération, voiture électrique, covoiturage et plus généralement mobilité durable…nos adhérents s’intéressent à l’avenir !

Ze Club Renault-E.Leclerc

Le 18 décembre 2012, j’étais à Pont l’Abbé aux côtés du Directeur général de Renault pour la livraison des premières Zoé à notre adhérent Patrick Bellec.

Nous annoncions alors notre volonté commune de travailler ensemble à la promotion de la mobilité électrique. Ce partenariat a pris forme dès le lendemain en créant « Ze Club Renault-E.Leclerc ». Objectif : nouer des alliances entre concessionnaires Renault et nos magasins au niveau local pour installer des centres d’essais sur les parkings E.Leclerc, mener des actions d’information et de sensibilisation auprès des particuliers, etc.

Nous avions la volonté d’unir les efforts d’une cinquantaine d’adhérents et de concessionnaires Renault d’une même ville. Trois mois plus tard, l’objectif a été pulvérisé et nous aurons ainsi en 2013 plus de 100 partenariats entre nos deux marques.

Et sans qu’aucune de nos deux marques n’exige une quelconque exclusivité, contacts ont été pris avec des représentants de collectivités locales, des constructeurs de voitures, de batteries, de bornes, bref tout apporteur de solutions, engagé dans le concept de la mobilité durable.

Toujours mobilisé pour la réforme des C2E

Pour autant, tout cela ne serait que gadget (et la voiture électrique une fausse promesse pour l’industrie automobile française) si un véritable plan national de déploiement des bornes électriques ne voyait pas rapidement le jour.

Comment croire à ce plan français de soutien à l’industrie automobile qui prétend investir dans l’électrique, si d’ici un an – deux au maximum – le territoire national n’est pas largement équipé en bornes ? Qui achètera ou louera une Zoé ou une Blue-Car s’il n’est pas garanti de pouvoir recharger à peu près n’importe où ?

J’essaie de sensibiliser élus, experts, ministres et autres coordinateurs interministériels à l’urgence d’ajouter une ligne au décret ouvrant droit à la production de Certificats d’Economie d’Energie (C2E) afin d’inclure l’installation des bornes électriques dans ce dispositif (voir mon article sur le sujet).

Ah ah ! On m’écoute d’une oreille attentive, mais j’avoue quand même être surpris par une certaine forme d’inertie.

Alors que le gouvernement cherche à faire des économies, je m’aperçois qu’il est difficile de lutter contre les vieux réflexes. On préfère subventionner l’achat des bornes plutôt que de demander au secteur privé (en l’occurrence les distributeurs de carburants) de le prendre en charge (alors que la réforme des C2E le permettrait sans – j’insiste – que cela ne coûte un picaillon à l’Etat !).

Mais je suis tenace. Je n’ai pas connaissance qu’on ait fait d’autres propositions pour mailler le territoire français rapidement en bornes électriques. On nous dit que les C2E ne visent que les économies d’énergie et non les énergies alternatives. Et alors ? Qu’est-ce qui s’oppose au changement ? D’autant que les énergies alternatives se proposent d’être plus économes…

A mon avis, il y a urgence. On nous renvoie au débat national sur la transition énergétique ? Eh bien soit, dans quelques jours nous soumettrons, à notre manière, notre propre contribution sur le sujet.

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 29 mars 2013

Les propositions d’E.Leclerc pour sortir de la crise du lait

Crédit photo : Thinkstock

Depuis plusieurs semaines, les adhérents E.Leclerc, au même titre que leurs collègues des autres enseignes, sont interpellés par les agriculteurs et spécifiquement par les producteurs laitiers, qui demandent une hausse du prix d’achat du lait. Je rappellerai en préambule que si nous sommes appelés aujourd’hui à nous mobiliser, nous n’appartenons pas à l’interprofession.

Comme nous n’achetons pas directement le lait aux producteurs, il faut trouver une solution pour s’assurer qu’une éventuelle nouvelle hausse de nos tarifs d’achat du lait aux transformateurs bénéficie réellement aux producteurs.

Depuis plusieurs jours, nous étudions plusieurs scenarii possibles. La seule solution qui semble faire consensus à l’heure actuelle pour sortir de cette crise temporaire, c’est un « accord volontaire » sur les prix. Pourquoi pas, mais il nous faut alors poser quelques conditions.

Hélas, par le passé, lorsque nous avons signé ce genre d’accords avec des producteurs pour les soutenir (fraises, pommes de terre, endives…), cela s’était retourné contre nous. Les autorités françaises (pourtant demandeuses de ces accords) nous avaient ensuite reproché de les avoir signés. Résultat : une pluie d’amendes pour « entente sur les prix » (car c’est illégal) et des millions d’euros de pénalités pour tout le monde. Ca calme…

Des garanties apportées à chacun

Alors voici la position d’E.Leclerc pour tenter de sortir de cette impasse. Nous sommes prêts à signer des «accords volontaires» sous 4 conditions :

1. Nous voulons la garantie que notre effort financier retombera intégralement dans la poche des producteurs.

2. Nous demandons que les pouvoirs publics prennent l’engagement officiel de ne pas nous sanctionner pour avoir réalisé une entente sur les prix, alors même qu’ils poussent à ce que nous concluions ce type d’accord avec les producteurs.

3. Nous demandons que cet effort soit mis en œuvre par tous les partenaires de la filière : transformateurs, distributeurs (y compris les hard discounters allemands), collectivités locales, etc.

4. Nous demandons que cessent immédiatement et durablement les attaques contre les magasins.

Quelques précisions pour sortir de la caricature

Enfin, je tiens à rappeler certains éléments chiffrés qui permettent de rétablir quelques vérités :

1. E.Leclerc pèse 15% du lait de consommation, qui lui-même ne représente que 10% des volumes de lait produits en France. Aujourd’hui, le prix du lait est essentiellement déterminé par les cours mondiaux des produits dérivés du lait. En aucun cas les distributeurs ne peuvent être tenus pour responsables des difficultés des producteurs laitiers.

2. En 2013, au niveau national, les centres E. Leclerc, après avoir accepté une première hausse de + 2,17%, ont accepté une seconde hausse qui porte désormais notre effort total sur le prix du lait à + 4,39% en moyenne par rapport à 2012. Nous n’avons pas de visibilité sur la répercussion de ces hausses par les transformateurs aux éleveurs.

3. Par ailleurs, si l’on considère la filière bovine dans son ensemble, les centres E. Leclerc ont également accordé des hausses très importantes sur la boucherie en 2013 vs. 2012, je pense notamment au steak haché de boeuf (+10%).

La position de notre enseigne est donc désormais officiellement présentée. La balle est maintenant dans le camp des autres professionnels, et surtout du gouvernement qui seul a la capacité de proposer un cadre juridique sécurisé pour arriver à ces fins.

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 15 mars 2013

LME, Ticket de caisse électronique, Auchan, Carrefour, Casino, Système U, E.Leclerc…Les Echos de la distribution

Crédit photo : Thinkstock

Haro sur la loi de modernisation économique (LME)

Faut-il revoir la LME ? Malgré le lobbying de l’ANIA, les ministres étaient opposés à toute remise en cause de la loi, conscients de l’impact sur le pouvoir d’achat des Français que cela pourrait avoir. Mais ça, c’était avant le Salon de l’agriculture…

Le 20 février 2013 s’est tenue une table ronde sur le thème de l’alimentation au sein de la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. A la lecture du compte-rendu des échanges, je vois que Serge Papin (Système U) est en désaccord avec Jean-René Buisson, le patron de l’ANIA.

Tous les deux dénoncent pourtant en chœur la compétition entre distributeurs et la politique de prix bas pour laquelle E.Leclerc est cloué au pilori (pas par les consommateurs, il est vrai !). Mais, le premier en déduit qu’il faut une modification de la LME, tandis que le second y est opposé et demande au contraire une application stricte de la LME. Va comprendre…

A la question du président de la Commission « confirmez-vous les propos de M. Papin selon lesquels les petits paient pour ceux qui vendent beaucoup à la distribution ? », Jean-René Buisson, qui se présente volontiers comme le patron d’une fédération regroupant « 97% de PME et TPE» répond : « pas du tout ».

Bref, avec une lecture aussi divergente du même texte de loi et avec des conclusions diamétralement opposées, le débat n’est pas près de se conclure…

Le patron de U réexpliquait sa position dans La Tribune du 8 mars : «il faut qu’on puisse arrêter des prix abusivement bas sur les grandes marques pour redonner des marges aux PME et aux filières agricoles. Il faut donc changer la loi, l’amender ». J’ai déjà eu l’occasion de m’interroger sur la proposition de Système U, qui consiste ni plus ni moins à un come-back des vieilles lois Galland et Dutreil, avec leur corollaire : le retour des marges arrières.

Je n’ai jamais caché ne pas partager l’analyse de Serge, qu’il résume avec talent par la phrase-choc « les cocos de Paimpol financent le cola d’Atlanta ».

Mais il faudrait qu’il lise le dernier numéro de Rayons Boissons qui attribue à Hyper U, ce mois-là, le prix le plus bas sur le Coca-Cola ! Contradiction entre les paroles et les actes ? Ou conviction plus profonde que les prix bas sur les grandes marques, « ça le fait quand même » ? ;-)

Rayon Boissons (mars 2013)

Les tickets de caisse, c’est fini…E.Leclerc se lance !

Après les sacs de caisse et la démarche « zéro prospectus », E.Leclerc poursuit son cap. Ok, ça existe chez Apple et il y a une expérimentation menée chez Sephora New York. Mais il n’empêche. E.Leclerc est la première GSA en France (au monde ?) à proposer cette innovation : le ticket de caisse dématérialisé pour tous nos clients volontaires, porteurs de la carte E.Leclerc.

On en a parlé avec nos adhérents. On a interrogé nos hôtesses de caisse. Que se passe-t-il au moment où le client reçoit sa monnaie et son ticket ? Dans l’écrasante majorité des cas, les billets sont soigneusement rangés dans le portefeuille et le ticket finit en boule dans la poche ou dans le sac, quand il n’est pas laissé sur le tapis.

Désormais, nos clients peuvent – s’ils le souhaitent – renoncer au ticket papier (un petit geste pour la planète…) et opter pour la réception électronique sur leur smartphone. Que les plus stressés se rassurent, vous pouvez quand même le faire imprimer en magasin si vous en avez besoin.

Casino, Carrefour : des stratégies différentes

La presse s’est fait l’écho de l’amélioration des résultats de Carrefour pour 2012. Au vu de la terrible année 2011, c’était souhaitable pour le groupe, même si les progrès reposent d’abord sur l’apport de cash réalisé par les nombreuses cessions de l’an dernier (Indonésie, Malaisie, Singapour, Colombie, Grèce) et des coupes franches dans les effectifs du siège.

Mais Carrefour reste pénalisé par l’inadéquation entre sa politique d’enseigne et sa politique de prix (qui divergent selon que l’on soit chez Carrefour Market, Carrefour Contact, Carrefour City…). Le consommateur reste un peu « paumé » lorsqu’il constate que les prix d’un même produit ne sont pas les mêmes selon le format du magasin, alors que pour lui, il est « chez Carrefour ».

Dans le discours, Georges Plassat martèle l’objectif prix de son enseigne et cible E.Leclerc. On ne peut qu’applaudir au retour d’un coach chez Carrefour. Les journalistes m’interpellent sur le ton guerrier. Et alors ? Imaginerait-on l’entraîneur du PSG caresser l’équipe de Marseille ? Tout cela est stimulant et bon pour le consommateur.

Il sera passionnant d’observer l’évolution des parts de marché cette année. Que Carrefour revienne un peu vers les indépendants, ce serait quand même logique et le challenge va nourrir les gazettes. Ce qui me semble plus essentiel d’analyser, c’est le débat stratégique Carrefour/Casino.

En effet, Casino n’a pas pris le même chemin et a préféré une différenciation d’enseigne franche et assumée. A chaque format son enseigne et sa politique de prix. Cela devrait permettre au groupe de Jean-Charles Naouri de jouer des gammes différentes selon que l’on soit chez Casino supermarchés, Géant, Franprix, Leader Price, Monoprix, Cdiscount…

 

Michel-Edouard Leclerc