Archive pour la catégorie ‘Distribution’

Mercredi 24 février 2010

Thon rouge : réaction de pêcheurs-artisans et d’armements industriels

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La prise de parole des Centres E. Leclerc sur la commercialisation d’espèces de poissons menacées a fait mouche. Pour son parti-pris clairement revendiqué : refuser la stigmatisation des pêcheurs.

Comité National des Pêches :

Ce n’est pas facile pour Pierre-Georges Dachicourt, président du Comité National des pêches, de gérer à la fois les intérêts économiques de la profession et les enjeux écologiques. On parle du thon, c’est le produit star, mais derrière, il y a toutes les autres espèces dont la gestion va impacter la filière. Tous les pêcheurs appréhendent l’effet « jurisprudence » du dossier « thon rouge ». N’empêche, Dachicourt a été le premier à se manifester et à se féliciter que dans notre campagne, « l’aspect socio-économique prime autant que la préservation de la biodiversité ».

Armements industriels :

Notre position irrite évidemment certains armements privés ou coopératifs. Je peux le comprendre. A leur charge, ils n’ont franchement pas été suffisamment proactifs sur ces questions. A leur décharge, il leur tombe dessus de nouvelles contraintes. Et personne n’a encore dit, encore moins chiffré, le financement de ce manque à gagner. Ne l’oublions pas, c’est toujours plus populaire de fustiger l’industriel par rapport à l’artisan. Mais l’industrie de la pêche, c’est de l’emploi concret à Boulogne et à Lorient.

Hervé Jeantet, patron de l’armement Dhellemmes, est forcément amer. Il l’a dit à notre adhérent de Concarneau. En anticipant les résultats de négociations internationales, on force la main aux Japonais sur le thon ou certaines espèces d’eaux profondes (siki-empereur) mais on entérine la concurrence déloyale sur le cabillaud-merlu des organisations espagnoles (fraudes massives sur les quotas) et de l’Europe du Nord (qui a moins de charge).

Rappelant le nombre d’emplois du secteur industriel de la pêche, il a cette phrase qui fait réfléchir sur les véritables enjeux : « Les Américains se vantent d’avoir sauvé les bisons, dommage qu’ils n’aient pas fait de même pour les Indiens ».

Pêcheurs-artisans :

La publicité, en tout cas, a été bien reçue du côté du pays basque. De Guetaria, Saint-Sébastien ou Saint-Jean-de-Luz, les messages remontent, positifs. « La communication faite autour de la problématique thon rouge, que ce soit par votre profession ou par le relais des « étoilés » du Michelin, nous a toujours été néfaste car éludant la pêche à la ligne et à l’appât vivant. » Mikel Arregui, patron de deux sociétés de mareyage (Dima/Ladimar), défend le caractère durable de cette méthode de pêche qui pourrait garantir une bonne gestion des ressources et la compatibilité avec la commercialisation du thon rouge.

A suivre…

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 23 février 2010

E. Leclerc et les thons : Greenpeace boude son plaisir

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Position et engagement :

Un communiqué et des placards dans la presse quotidienne régionale et nationale : j’avais laissé, ici, un peu transpirer la réflexion. Vendredi dernier, les adhérents E. Leclerc en charge du développement durable ont su engager l’enseigne et le faire savoir.

Concrètement : les Centres E. Leclerc confirment le retrait de leurs étals de certaines espèces de poissons dont la commercialisation représentait un danger pour l’équilibre des ressources (siki, flétan blanc, lingue bleue). Ils s’engagent à bannir « le thon rouge industriel » et à ne proposer que du thon rouge provenant exclusivement de la pêche artisanale. (Je réponds ainsi à Jahrool).

Pour plus d’infos cliquez ici. 

La réaction de Greenpeace :

J’en étais sûr (vieille méfiance d’un ancien militant des Amis de la Terre !). Ceux de Greenpeace allaient trouver à redire. Classique : tu n’agis pas, Greenpeace te dénonce. Tu agis, Greenpeace critique. (E. Leclerc n’a pas eu de soutien quand il s’agissait de se battre pour la suppression des sacs plastiques.)

Ils étaient donc le petit doigt sur la couture du pantalon. A peine la campagne de pub sortie de presse, Greenpeace se fendait d’un communiqué pour accuser notre enseigne de « manipulation ».

Je veux bien croire qu’un mot ou deux dans la pub pouvaient prêter à interprétation. Mais le communiqué détaillait suffisamment notre position. Quand on dit qu’on arrête la commercialisation des thons rouges provenant des 28 senneurs français, soit l’intégralité de la pêche industrielle, et qu’on insiste par ailleurs pour dire qu’on ne boycottera pas le thon des pêcheurs-artisans, ça ne peut pas être plus clair !

Après, que cela plaise ou ne plaise pas, c’est une autre histoire. Mais, pour notre part, nous assumons ce parti-pris respectueux des modes de pêche responsables.

Bien sûr, cette position nécessite qu’on se donne les moyens d’en contrôler la pratique (Jean a raison, une partie des achats s’effectue en direct et à l’initiative des chefs du rayon marée de chaque magasin). A nous d’être cohérents et de faire le ménage. Mais ce qui compte, vous en conviendrez, c’est que cette décision puisse peser dans le débat et sur les pratiques de la filière.

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 5 février 2010

Biodiversité : l’écologique et le social en conflit

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Je sors d’une réunion avec des responsables de notre approvisionnement en poissons. Evidemment, le sujet du jour, c’est le sort du thon rouge. Et, plus globalement, celui des espèces menacées. Il y a les partisans d’un boycott total et ceux qui prônent une démarche plus progressive. Il y a les purs écolos et ceux que la question sociale interpelle. Mêmes débats que dans la filière bois où la question du sort des populations vivant de la sylviculture reste dramatiquement posée sans qu’aucune ONG, partisane du seul label FSC, n’exprime suffisamment de propositions pour les convaincre de changer de métier.

Concernant la ressource halieutique, le problème est simple : 75 % des stocks de poissons exploités dans le monde sont victimes de la surpêche. « Empereur », « flétan du Groenland », « requin Siki »…huit à dix espèces de poissons, identifiées par plusieurs ONG ou organisations scientifiques, seraient déjà inscrites au tableau des poissons disparus.

Depuis 5 ou 6 ans, les magasins de notre enseigne gèrent l’arrêt progressif de la commercialisation de certaines espèces. La Scapmarée, société coopérative qui approvisionne environ 370 magasins du groupe, a totalement arrêté d’acheter du « thon rouge » depuis 2007 et la commercialisation, depuis 2008, du « bar » capturé en pêche intensive en période de reproduction.

Mais si l’écologie est un impératif, la gestion des rapports sociaux suppose qu’on sorte des « effets de posture » et qu’on veuille bien prendre en considération les difficultés de la filière.

Le pêcheur aussi est une espèce menacée. C’est l’emploi, ce sont les revenus, c’est la vie familiale de milliers de personnes touchées par cette mutation qu’il faut prendre aussi en considération.

Les cadres des Centres E. Leclerc qui vivent aux abords des ports de pêche nous le rappellent tous les jours. D’un excès (la surpêche), il ne faudrait pas tomber dans un autre (le boycott) au motif que l’écologie imposerait ses droits, reléguant le social à la notion de dégâts collatéraux.

Pourtant, les pêcheurs ne manquent pas d’arguments. Pourquoi « faire contre » toutes ces populations au travail alors qu’on sait la ressource reproductible et qu’on ne pourra aboutir à une politique de pêche raisonnée sans…les pêcheurs eux-mêmes.

La rigueur scientifique conduit d’ailleurs à des effets pervers. Ils sont écœurés tous ces pêcheurs qui, pour gérer leurs quotas, doivent rejeter à la mer, moribonds ou écrasés, 20 % d’une morue redevenue abondante.

En Bretagne, des adhérents de mon enseigne ont lancé une marque de poisson frais, « Amiral de Bretagne ». Le logo atteste d’une sélection de produits issus exclusivement de la pêche de bateaux artisans immatriculés au pays.

Ca marche. Ca ne couvre pas l’ensemble des besoins. Mais désormais, 30 % du poisson (hors saumon) vendu dans les centres E. Leclerc de la Scarmor (Finistère, Côtes d’Armor et Morbihan) revendiquent cette étiquette.

Le combat pour la biodiversité doit être le nôtre. Mais si l’on veut la mort du pêcheur, qu’on le dise. Sinon, il faut l’accompagner, l’aider à la reconversion et promouvoir les « bonnes pratiques ».

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 15 janvier 2010

Le prix de la musique, suite…

Réponse à « spam », « julien », « François » et « elodie »

Les commentaires sur les systèmes de tarification de la musique sur Internet confondent souvent deux problèmes différents :

-         la marge de l’intermédiaire qui diffuse le service ;

-         la rémunération de l’artiste lui-même.

On peut discuter des marges prises par les labels sur le marché physique du disque ou par les sites légaux comme Deezer sur le Web. Place à la concurrence et à celui qui est le moins cher.

Mais, j’insiste. Si personne ne paie (invoquant l’obligation de gratuité ou l’appel au piratage), il faudra bien trouver un mode de rémunération pour l’artiste.

Un artiste qui ne vit pas de son art, c’est un chômeur. Si l’on ne reconnaît pas le droit d’auteur, il ne restera plus que des artistes sponsorisés (jusqu’à devenir l’homme sandwich d’une marque) ou financés par les collectivités publiques (vive le temps des soviets !). En caricaturant, je dirais qu’on aura le droit de choisir entre la Star Ac sur TF1 et l’Eurovision sur France 3.

Désolé, spam, tu as adopté une posture parce que, aujourd’hui, l’offre est pléthorique et qu’il y a largement le choix. Mais demain ?

Pour moi, une société qui n’accepte pas de payer les artistes, ses journaux et même son accès à l’éducation (ne serait-ce que par l’impôt), c’est une société qui aliène sa liberté de choix.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 6 janvier 2010

La musique, la lecture, l’info sur le Web : les pirates rasent toujours gratis

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Bonne nouvelle pour les artistes, ce matin : le barème de rémunération des chanteurs et des musiciens pour la diffusion de musique « dans les lieux sonorisés (bars, restaurants, commerces, parkings) a été revalorisé pour la première fois depuis 1987 » (source AFP). Selon la Société des Auteurs, cette revalorisation n’excèdera pas « le prix de deux cafés par semaine pour un bar » ou « moins d’une coupe de cheveux tous les 5 mois pour un coiffeur ». Génial.

Mais en attendant l’efficacité supposée de la loi Hadopi, le piratage continue de faire des ravages.

Les artistes déjà bien établis en notoriété s’en tirent encore. Ils font des concerts, arrivent à marketer des CD sympas. Pour les autres, c’est le début de la galère. Et si les majors, pourtant décriés, n’arrivent plus à financer « les jeunots » par la marge sur des blockbusters, toutes ces filières (incluant labels musicaux, production DVD et jusqu’aux journaux papier) vont vivre une crise pas possible !

Le 3 janvier dernier, Bono, le chanteur de U2, a dénoncé les opérateurs économiques : ceux qui abritent le nouveau marché de la musique en ligne, ceux qui couvrent les échanges de fichiers et qui empochent les profits.

Dans l’économie réelle, tout commerçant, grand ou petit, généraliste ou spécialiste, est tenu de s’assurer de la qualité des produits vendus, tant en matière de sécurité, de respect des normes d’hygiène et des conditions légales d’accès. Pas de journaux pédophiles au rayon presse, pas d’alcool aux moins de 18 ans, pas de white spirit en vente libre, pas de produits frelatés, etc., etc. Et si des trafiquants opéraient des échanges de denrées illégales (drogue) dans nos magasins, nous aurions à rendre compte.

Pourquoi les commerçants du Web seraient-ils exonérés des mêmes responsabilités !

Bono a raison. Les opérateurs du Web ont bien la clé de l’antivol. La plupart des sites ont segmenté leur offre par zone géographique, ne serait-ce que pour s’adapter aux langues locales. Ils doivent déjà rendre compte de certaines pratiques illégales : propos racistes, publications nazies, transactions financières douteuses, etc. Les algorithmes de leur moteur de recherche sont même capables de tenir compte des préoccupations politiques de certains pays (censure en Chine, garde-fous « moraux » dans plusieurs républiques islamiques).

Cessons donc, dit Bono, cette hypocrisie qui focalise toute la répression sur les clients, sans exiger que la liberté d’exercice professionnel sur le Web soit liée au respect de la légalité.

Au fait, où en est-on avec Hadopi ?

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 8 décembre 2009

Une TVA réduite pour le livre numérique

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Antoine Gallimard voudrait convaincre ses collègues européens : 14 points d’écart entre le taux de TVA pour le livre numérique (19,6 %) et celui du livre papier (5,5 %), ça n’a pas de sens. Surtout quand on veut donner un coup de booster à la constitution rapide d’offres légales sur Internet.

Ne nous leurrons pas. La révolution numérique va impacter toute la filière livre à l’instar de ce qui se passe dans le domaine de la musique ou dans le secteur de l’information.

Croire qu’on va pouvoir rester attentiste, nier la rapidité des mutations, brandir les chiffres qui témoignent de la belle résistance des publications papier…rien n’y fera.

L’inertie de certains éditeurs me fait penser à la moue dubitative des groupes de presse régionaux face à la montée de l’audiovisuel. Par l’entremise de François Léotard, Ministre de la Culture, ils ont obtenu, pendant 20 ans, le maintien de la manne publicitaire des distributeurs interdits de TV. Qu’ont-t-ils fait de ce délai ? Qu’ont-t-ils fait de cette manne ? L’ont-ils investie dans une stratégie multimédia qui leur aurait permis l’accroissement de leur audience ? Non, et la multiplication des blogs comme la baisse des tirages risquent d’entraîner la mort prochaine de quelques titres pourtant prestigieux.

Je défends la spécificité du livre. Mon enseigne soutient la filière livre en multipliant l’ouverture des Espaces Culturels, y compris dans des villes moyennes et en continuant d’élargir l’offre. Mais le numérique va s’imposer. Le lectorat ne sera pas le même ? C’est probablement vrai pour ceux de ma génération. Mais rappelez-moi combien de temps passe quotidiennement un jeune devant un écran ? Trois heures ? Le numérique va booster l’offre éditoriale et la rendre accessible à un plus large public encore. Tout éditeur va devoir en être !

Encore une fois, le patron de Gallimard a raison. Le meilleur moyen d’assurer la pérennité de la filière, c’est de conquérir ce nouveau média et d’en assurer l’attractivité dans un cadre légal.

Michel-Edouard Leclerc

Samedi 5 décembre 2009

Grand Prix RTL de la BD : Rosalie Blum de Camille Jourdy (Editions Actes Sud)

Ce pourrait être une simple opération de sponsoring. Mais par son impact, cette initiative vaut qu’on en parle.

Monique Younès est la grande prêtresse de ce jury. Tous les bédéphiles (et pas seulement) apprécient ses chroniques sur RTL et dans Paris Match. Elle est cultivée, passionnée et génialement tacticienne : pour s’assurer de la mobilisation de nos deux réseaux (radio et Espaces Culturels), elle a eu la bonne idée de réunir autour de quelques excellents libraires(*), le directeur de l’information, Jacques Esnous, et ma pomme (il est vrai, de toute façon, on se serait invité !).

Chaque mois, une bande dessinée est promue. Le Grand Prix est décerné par le jury à l’une des douze œuvres sélectionnées.

Voici, mois par mois, chaque BD gagnante. J’ai piqué à Monique Younès les notes à partir desquelles elle s’exprimait lors de la remise du Grand Prix. C’est moi qui, de temps en temps, raccourcis le propos.

Ogre

Janvier 2009 : Une bande dessinée en costume aussi bien faite qu’un film d’époque… Un conte pour enfant qui se déroule au Moyen Age…où le bourreau du roi tranche les têtes des malfrats à la hache…ce dont raffolent les enfants ! Notamment Benoît qui se rêve en fils de l’ogre …. Et il le devient à sa manière grâce au talent de Grégory Mardon. « Le Fils de l’Ogre », poignant et poétique, est édité par Futuropolis.

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Février 2009 : On a préparé nos gousses d’ails et nos crucifix, ça allait saigner ! Un vampire d’un chic à toute épreuve, faisait son entrée dans le 9ème art. Lord Faureston, est son nom … Un vrai dandy, blond, lunaire et un peu androgyne… qui, pour attirer les femmes, leur envoie d’énormes bouquets de roses rouges pleines d’épines. Alain Ayrolles publie « Lord Faureston » chez Delcourt.

Pico

Mars 2009 : Un couple inédit dans la bande dessinée. Une mère, Dominique Roque, et son fils, Alexis Dormal, donnent naissance à un petit rouquin, Pico Bogue, qui a un avis sur tout, la vie, la mort, Dieu, la vieillesse et qui casse tout à la moindre contrariété. Pico Bogue est édité chez Dargaud.

Agrippine

Avril 2009 : On savait que c’était la déprime à gauche ! Mais on ignorait l’étendue du désastre. Même Agrippine était déconfite ! Les bornes des vélibs ressemblent à des travers de porc. Sa grand-mère ne lui achète plus ses bottes en tatou stressé et strassé ! Claire Brétecher (Dargaud) est une star incontestée du 9ème art.

Rosalie Blum

Mai : Après la star, une débutante qui se rêve détective privée. Elle met en scène une histoire de filature où des personnages qui, se sachant suivis, se mettent à suivre d’autres personnes qui les suivaient ! C’est Rosalie Blum de Camille Jourdy (Actes sud).

Riff Rebs

En juin : L’Etoile Matutine est un petit voilier à deux mâts, avec un Breton de 13 ans qui a tué une fille de son âge pour voir ce qu’il y a sous sa jupe. (Pas très moral tout ça !). Les conversations parlent de nouveau monde, de paradis… Mais au lieu de découvrir l’eldorado, nos héros débarquent sur des côtes ravagées par la peste. C’est du Mac Orlan librement adapté par Rief Rebb’s pour le bonheur des éditions Soleil.

Rabaté

Juillet : « Un petit rien tout neuf avec un ventre jaune » n’est pas une histoire désespérée. Par le talent de Pascal Rabaté, Patrick, un type qui fait la gueule, retrouve l’espoir, comme il redonne espoir à tous les villageois … C’est chez Futuropolis.

Himalaya

Septembre : Une tragi-comédie écologique politiquement incorrecte, éditée par Glénat, dessinée par Jean-Marc Rochette et imaginé par Fred Bernard : un sorcier vaudou habite à 8000 mètres, sur la montagne la plus haute du monde, avec sa chèvre Miranda. Il s’est intronisé sauveur du monde. Noël Bodombossou est un ayatollah de l’écologie qui transforme tous les hommes méchants en bêtes gentilles !

Blessure

Octobre : Toutes les femmes de RTL étaient à la recherche de leur point G (je rappelle que c’est Monique Younès qui le dit). Elles ont fait appel à Martin Veyron qui publie, chez Dargaud, « Blessure d’amour propre ».

Voilà, c’était une bonne sélection.

 (*)  Rémy EHLINGER, Librairie Kléber (Strasbourg)
       Georges MEREL, Librairie Aladin (Nantes)
       Olivier CAILLE, Espace Culturel E. Leclerc (Blois)

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 4 décembre 2009

Greenpeace, FNSEA : l’un dérange, l’autre pas

1) « C’est un outrage, un viol de l’esprit républicain ».

Qui parle ainsi ? Des députés, presque unanimes.

Greenpeace était, hier, sur le toit de l’Assemblée Nationale. Ses militants manifestaient dans l’hémicycle, histoire de se faire entendre avant Copenhague.

Rien de méchant. Pas de casse. Mais Bernard Accoyer, le Président de l’AN, s’insurge. Il a raison du point de vue du droit. Il va porter plainte.

Quel dommage qu’au printemps dernier, pas une voix d’élu n’ait dénoncé les dérapages des militants de la FNSEA en Bretagne et en Normandie. La morale de nos parlementaires aurait été plus crédible si le droit et les principes invoqués avaient été d’application universelle.

Je ne doute pas que la justice poursuivra les cascadeurs de Greenpeace. Je doute que les plaintes déposées par les chefs d’entreprises saccagées n’aboutissent.

2) « Quelle crédibilité peut-on donner à une association dont les membres s’attaquent aux biens, aux personnes, à la liberté d’expression »

Qui parle ainsi ? Etonnez-vous : c’est justement la FNSEA (tract du 27/11/09). Mais oui, ce syndicat dont les membres cassaient allègrement du caddy au printemps dernier et polluaient de leur lisier le travail des salariés de la distribution.

Sauf que, cette fois-ci, c’est l’un des siens qui fait office de victime. Les producteurs indépendants se sont invités chez le Président de l’interprofession laitière.

Du coup, la FNSEA dénonce à son tour. Elle a raison. Ce n’est pas bien de s’attaquer au Président de la FNPL.

« Les divergences d’opinion et les désaccords ne doivent en aucun cas mener à la violence. C’est de la défense de la démocratie dont il s’agit »

La FNSEA parle comme nos députés légitimement outrés. Dommage qu’elle n’accompagne pas de quelques remords et repentances cette leçon de morale…appliquée aux autres.

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Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 3 décembre 2009

Conflit des transporteurs : il faut voir plus loin !

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Les syndicats des salariés du transport routier ont annoncé qu’ils manifesteraient le 13 décembre. Ils menacent de bloquer l’activité de tous les entrepôts de la distribution en France.

Après l’immunité accordée par les pouvoirs publics aux opérations des agriculteurs au printemps, on leur a offert un boulevard. Nul doute que le gouvernement préfère les voir là plutôt que devant les préfectures ou sur les périphériques.

Le Ministre des Transports, Dominique Bussereau, a habilement renvoyé dos à dos les professionnels en les invitant à la négociation.

De fait, les représentants des fédérations patronales ont quelque peu suscité la provocation en annonçant qu’ils ne procèderaient à aucune augmentation de salaires cette année.

Mais l’Etat peut-il ainsi dégager sa responsabilité ? Les taxes ont, ces trois dernières années, complètement plombé le compte d’exploitation des sociétés de transport et personne ne doute que les engagements de la France pour limiter les émissions de CO² conduiront les pouvoirs publics, dans les prochaines années, à pénaliser plus encore ce secteur.

Alors, plutôt que de traiter les problèmes sur le court terme et de laisser s’écharper, entre eux, salariés et patrons des sociétés de transport, ne vaudrait-il pas mieux organiser plus fondamentalement les mutations du secteur.

L’Etat va promouvoir le transport ferroviaire des marchandises. J’applaudis. Mais ce projet sera très impactant sur le plan social.

Le Grenelle de l’Environnement va obliger toutes les professions énergie-voraces à faire leur révolution. C’est un engagement de société qui touche tout autant le transport que l’agriculture et la pêche. Quels financements, quelle part du Grand Emprunt, quelle fiscalité incitative a-t-on prévus pour le secteur des transports ?

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 2 décembre 2009

Prix alimentaires : Que Choisir propose la limitation des marges. Chiche !

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Après la FNSEA, les pouvoirs publics et l’Observatoire des prix, il était difficile pour l’organisation de consommateurs de rester muette. L’UFC Que Choisir a donc publié cette semaine le résultat de son enquête épistolaire auprès des grandes enseignes.

Je la découvre aujourd’hui dans les pages de mon Ouest France quotidien. Onze lettres auraient été envoyées aux grandes surfaces du Finistère. Une seule réponse. Le courageux Michel Roualec (Système U à Saint Pol de Léon) a voulu bien faire. Ce patron d’un supermarché a expliqué et justifié sa marge : 25 % de marge brute, dont 12 % de frais de personnel, 6 % pour l’amortissement et 7 % de frais d’exploitation et taxes. Soit une marge nette inférieure à 2 %.

Tous les professionnels sont d’accord avec ces chiffres. Ils ont été publiés des dizaines de fois, et même cet été dans Ouest France et le Télégramme.

Rien n’y fait. L’UFC-Que Choisir dit « ne pas être convaincue ». Touche là, Saint Thomas, cette vérité que tu ne veux point accepter !

Les collègues de Mr Roualec ont compris qu’il ne servait à rien d’épiloguer. Les interrogations de Que Choisir ne sont ici que médiatiques. Et les réponses de nos professionnels contestées à l’avance ! L’inflation est passée de 5 à 0 % en rythme annuel, mais on continue de nier l’ampleur de l’effort.

Pour affirmer leur position, les militants de l’UFC réclament la limitation des marges et l’imposition d’un coefficient multiplicateur maximum en temps de crise.

Les Centres E. Leclerc n’y trouvent rien à redire. Chiche !

Que Choisir propose aussi que ce coefficient soit le fruit d’une concertation entre des producteurs, transformateurs distributeurs et consommateurs.

Alors, là, pas d’accord, je ne comprends d’ailleurs pas cette suggestion. Tout au long de son histoire, Que Choisir s’est méfiée des ententes. La présence des consommateurs ne rend pas l’affaire légale. Seul, l’Etat peut se substituer à l’application stricte du libre jeu du marché. C’est donc aux pouvoirs publics de prendre cette responsabilité.

Au fait, cette possibilité n’est-elle déjà pas inscrite dans la loi ?

Michel-Edouard Leclerc