Archive pour la catégorie ‘Ouverture dominicale’

Dimanche 16 août 2009

Ouverture Dominicale (1)

L’idéologie et le concret.

Week-end du 15/08 à Tregunc aux environs de Concarneau. Dès jeudi dernier, la ville s’apprêtait à accueillir quelques milliers de touristes pour la fête traditionnelle des filets bleus. Podium géant sur le parking de l’ancienne criée, affiches colorées pour annoncer une soirée celtique rock le samedi, et le défilé des bagads le dimanche.

Avec le beau temps, les touristes sont revenus : beaucoup d’Anglais et de Hollandais amarrés au ponton du port de plaisance, devant la Ville close. Et des toiles jaunes et bleues qui repeuplent les campings, et des dizaines de mobil homes en tous genres le long des plages. La fête s’annonce bien.

Dès lors, on ne comprend plus pourquoi, la plupart des commerces s’obstinent à rester fermés. A l’heure de midi d’abord, entre 12h30 et 14h00. Et le samedi et dimanche après-midi, alors qu’assoiffés et affamés en tous genres sont relégués sur les aires de pique-nique ou en terrasse, pour mâchouiller les éternels sandwichs qu’ils ont été obligés de préparer à l’avance.

C’est le jour du « Seigneur » diront les bigots ! La démocratie chrétienne, il est vrai, règne ici en maître, même au cœur du PS. Mais il y a belle lurette que les églises sont désertées ! « C’est le droit au repos de l’ouvrier ! » rétorqueront les syndicats. Oui, certes, mais ici les pêcheurs vont en mer, les ouvriers agricoles moissonnent dans les champs, et on bosse dur dans  le secteur de la restauration et des loisirs.

Foin des idéologies, faut-il être aveugle, et surtout être riche (le mot est d’un anglais mécontent) pour afficher sur les vitrines : « désolé, on est fermé » Après ça, faites donc l’éloge du « service client » …

La question du salaire, du sursalaire et des droits de compensation a bien sûr tout son sens dès lors qu’il s’agit d’étendre les horaires de travail. Mais Sarkozy a-t-il vraiment si tort, quand, invoquant la manne touristique, il fustige les rigidités sur le marché du travail. Tant de chômeurs voudraient travailler, tant de corporations prétendent manquer de chiffre d’affaires !

Et en plus, les curés s’y mettent aussi, impossible de visiter nos jolies églises renaissantes, passé 18h00.

Oui je sais, il n’y a pas que le business. Mais alors, soyons cohérents et arrêtons de geindre sur cette mauvaise saison commerciale, alors que l’on a laissé passer un formidable chiffre d’affaires additionnel. Et comprenons que l’on est en train de donner une image pitoyable de notre capacité d’accueil à toute une population touristique, pourtant attirée ici à coups de pub qui valent des millions…. Des touristes anglais, hollandais, pour lesquels, pendant 48h, pas un guichet de banque ne sera ouvert, aucun restaurant traditionnel ne sert plus après 14h30 et après 21h00.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 13 décembre 2006

L’ouverture des magasins le 24 décembre

Je l’ai déjà dit, ici, je n’en fais pas un combat. Je laisse à chacun le loisir d’apprécier s’il croit nécessaire qu’on généralise l’ouverture des magasins le dimanche. Par principe, je suis pour la liberté. Mais je suis aussi pragmatique. Et je conviens que si tout le monde ouvrait le dimanche, il n’y aurait pas une augmentation de chiffre d’affaires suffisante pour couvrir les charges supplémentaires de chaque magasin. Alors, va pour une législation hybride qui limite le nombre de dimanches ouvrables. Voilà une base socialement acceptable pour les salariés. Et si, en zone touristique ou pour accompagner tel ou tel évènement local, il faudrait en accroître le nombre, faut-il en faire une affaire nationale. A mon sens, non. La loi doit fixer des principes. Il vaut mieux traiter les adaptations et les dérogations au niveau régional et dans un cadre contractuel.

Je ne vois pas de raison de faire de cette question un enjeu idéologique.

Mais quand j’entends des associations et des syndicats appeler au boycott des magasins ouverts le 24 décembre, franchement je me demande à quoi on joue.

Ah, oui, on nous dit qu’il faut refuser « l’aliénation de la marchandise », et sortir « d’une vision purement consumériste » de la société (CGC). On nous dit aussi, sans rire, que c’est « la diversité de notre système de distribution qui est remise en cause » !!! (CFTC). Beaucoup de mots, de discours, en apparence généreux. Mais s’il s’agit vraiment de protéger le droit des salariés (CGT), pourquoi réserve-t-on ces flèches au seul secteur de la distribution é

Pourquoi n’entendons-nous rien dire du sort de tous ceux qui, ce jour-là, et jusque tard dans la nuit, travailleront, ce 24 décembre, dans les restaurants, le métro, sur l’autoroute ou à la SNCF…pour que la fête soit belle aussi pour les autres… Pour ceux-là, dont les métiers sont souvent aussi exposés à la pression du public et au stress de la suractivité, point de couplet, aucune sollicitude.

Allons, cette discrimination est trop louche pour être sincère. Je répète, s’il faut légiférer pour que le 24 décembre soit férié, alors que ce soit pour tous les métiers. Et encore mieux : je suggère à ceux qui soutiendraient sincèrement cette demande d’éviter, dans leur propre pratique, la fréquentation des magasins, des centres de loisirs et des services publics ce jour-là. Chiche !

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 23 février 2005

La fermeture du dimanche

 Au théâtre de Paris, on joue « Amadeus» , la pièce de Shaffer qui inspira le film de Milos Forman. On y voit l’empereur, faussement mollasson, sans cesse sollicité pour trancher les rivalités opposant Salieri (Jean Piat, 81 ans, magnifique !) à Mozart (Deutsch, irritant génie). Et de sa Haute Viennoiserie, excédé, il ponctue chaque dispute, d’un « Eh bien voilà»  qui n’autorise ni discussion ni appel. Ce rôle impérial, c’est Jean-Pierre Raffarin, ce week-end, qui l’a tenu. Il a enterré définitivement (enfin, le temps de son propre mandat !), la question de l’ouverture dominicale des commerces. L’affaire n’a pas vraiment une importance capitale. Pas d’urgence ! La demande de « libre ouverture»  existe, émanant d’enseignes de jardinage, de bricolage et d’équipement de la maison. Les autres réclament surtout plus de souplesse : quelques dimanches supplémentaires (la loi en autorise 5), ou pour tenir compte de l’activité touristique et évènementielle (festivals…) d’une localité. Non, ce qui est dingue, c’est cette manière de traiter le sujet. Cinq ministres pour un orchestre sans partition. Devedjian, à la suite de Sarkozy, lance le débat, Gaymard tempère, parle d’assouplissement, Jacob s’oppose, conçoit que l’agriculteur travaille le dimanche mais pas le commerçant. Devedjian finit par préciser que la mesure ne concernerait finalement que les petits commerçants du textile, de centre ville… Et Raffarin de conclure d’une salve définitive : « C’est non» . Eh bien voilà ! Les Centres E. Leclerc ne se sentent pas concernés. Patrons ou salariés, sous notre enseigne, sommes d’accord pour des adaptations, mais nous ne sommes pas contre le repos dominical. Il y a une vie après la ligne de caisses ! Mais tout de même, est-ce une manière sérieuse de réfléchir à l’adaptation du réseau commercial à la société de services vers laquelle nous courons ?

Michel-Edouard Leclerc