Archive pour la catégorie ‘Fiscalité’

Mercredi 3 avril 2013

Partenariat Renault-E.Leclerc pour la mobilité électrique : bilan d’étape et projets

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L’enseigne E.Lelcerc a une longue histoire dans le secteur des carburants et de l’énergie. Dans les années 80, nous avons combattu les monopoles, l’interdiction d’implanter de nouvelles stations-service, dénoncé les ententes et les prix fixes, gagné la liberté des prix devant la justice européenne.

Dans les années 90, nous avons été précurseurs avec certaines coopératives agricoles pour les biocarburants. En 1994, nous avons été les premiers à incorporer de l’éthanol pur dans le supercarburant sans-plomb 95. Nous avons, là aussi les premiers, introduit en 2007-2009 le super-éthanol et le SP 95 E10 dans nos stations-service.

Biocarburant nouvelle génération, voiture électrique, covoiturage et plus généralement mobilité durable…nos adhérents s’intéressent à l’avenir !

Ze Club Renault-E.Leclerc

Le 18 décembre 2012, j’étais à Pont l’Abbé aux côtés du Directeur général de Renault pour la livraison des premières Zoé à notre adhérent Patrick Bellec.

Nous annoncions alors notre volonté commune de travailler ensemble à la promotion de la mobilité électrique. Ce partenariat a pris forme dès le lendemain en créant « Ze Club Renault-E.Leclerc ». Objectif : nouer des alliances entre concessionnaires Renault et nos magasins au niveau local pour installer des centres d’essais sur les parkings E.Leclerc, mener des actions d’information et de sensibilisation auprès des particuliers, etc.

Nous avions la volonté d’unir les efforts d’une cinquantaine d’adhérents et de concessionnaires Renault d’une même ville. Trois mois plus tard, l’objectif a été pulvérisé et nous aurons ainsi en 2013 plus de 100 partenariats entre nos deux marques.

Et sans qu’aucune de nos deux marques n’exige une quelconque exclusivité, contacts ont été pris avec des représentants de collectivités locales, des constructeurs de voitures, de batteries, de bornes, bref tout apporteur de solutions, engagé dans le concept de la mobilité durable.

Toujours mobilisé pour la réforme des C2E

Pour autant, tout cela ne serait que gadget (et la voiture électrique une fausse promesse pour l’industrie automobile française) si un véritable plan national de déploiement des bornes électriques ne voyait pas rapidement le jour.

Comment croire à ce plan français de soutien à l’industrie automobile qui prétend investir dans l’électrique, si d’ici un an – deux au maximum – le territoire national n’est pas largement équipé en bornes ? Qui achètera ou louera une Zoé ou une Blue-Car s’il n’est pas garanti de pouvoir recharger à peu près n’importe où ?

J’essaie de sensibiliser élus, experts, ministres et autres coordinateurs interministériels à l’urgence d’ajouter une ligne au décret ouvrant droit à la production de Certificats d’Economie d’Energie (C2E) afin d’inclure l’installation des bornes électriques dans ce dispositif (voir mon article sur le sujet).

Ah ah ! On m’écoute d’une oreille attentive, mais j’avoue quand même être surpris par une certaine forme d’inertie.

Alors que le gouvernement cherche à faire des économies, je m’aperçois qu’il est difficile de lutter contre les vieux réflexes. On préfère subventionner l’achat des bornes plutôt que de demander au secteur privé (en l’occurrence les distributeurs de carburants) de le prendre en charge (alors que la réforme des C2E le permettrait sans – j’insiste – que cela ne coûte un picaillon à l’Etat !).

Mais je suis tenace. Je n’ai pas connaissance qu’on ait fait d’autres propositions pour mailler le territoire français rapidement en bornes électriques. On nous dit que les C2E ne visent que les économies d’énergie et non les énergies alternatives. Et alors ? Qu’est-ce qui s’oppose au changement ? D’autant que les énergies alternatives se proposent d’être plus économes…

A mon avis, il y a urgence. On nous renvoie au débat national sur la transition énergétique ? Eh bien soit, dans quelques jours nous soumettrons, à notre manière, notre propre contribution sur le sujet.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 26 décembre 2012

A propos de Depardieu, Afflelou, Arnault, Hallyday…politiques, médias et fiscalité, le débat interdit ?

Crédit photo : Thinkstock

Certains s’étonnaient de mon silence médiatique sur les affaires Arnault, Depardieu, Afflelou et les récentes décisions fiscales. Je n’ai pas arrêté de répondre à mes interlocuteurs que c’était – malgré mon expertise supposée en communication ! – un sujet qu’on ne pouvait pas aborder de manière rationnelle dans le pays en ce moment car les médias sont moins intéressés par le fond du sujet (certes complexe) que par ses effets politiques (qui virent parfois au populisme).

Preuve m’en a été donnée ce matin, suite à ma participation à la matinale d’Europe1. Interrogé sur la conjoncture et accessoirement sur « l’Affaire Depardieu », j’ai défendu le droit de l’acteur français à jeter un pavé dans la marre.

Je n’ai évidemment pas cautionné la moindre démarche d’exil fiscal. Moi-même, tout comme les adhérents d’E.Leclerc, nous revendiquons depuis longtemps notre attachement à la France et notre participation à son développement par les emplois que nous créons, les investissements que nous y réalisons…et les impôts que nous y payons ! J’ai même dit en riant, dans d’autres lieux et à plusieurs reprises, que si je devais m’exiler, ce serait en Bretagne, sans hésiter.

Malgré tout cela, bing ! me voilà à mon tour instrumentalisé, vilipendé par les moralistes (faut voir cette manière qu’a le journaliste de l’AFP de me reprocher le succès des centres E.Leclerc…) ou récupéré par les journaux proches de l’opposition. J’avais 2 chances sur 3 que cela se termine ainsi.

Mais puisque sur ce blog j’ai toute l’opportunité d’y développer ma pensée, je vais donc en profiter pour faire une mise au point.

1. Sur la fiscalité : comme beaucoup, je trouve notre système fiscal obsolète. A force d’empilements et de décisions conjoncturelles sur lesquelles on ne revient jamais, je suis convaincu que notre fiscalité est devenue contre-productive et de fait peu performante en terme de redistribution. Le brillant économiste Thomas Piketty ne dit pas autre chose quand il appelle à une remise à plat totale du système (Pour une révolution fiscale, Seuil).

2. Sur l’exil fiscal : ce que j’ai dit, en refusant de participer à l’hallali contre Gérard Depardieu, c’est qu’il avait raison de poser publiquement le problème. Pour un Depardieu super-médiatique, combien d’anonymes fortunés suivent le même chemin en toute discrétion ? Combien de footballeurs recrutés en revenus net d’impôt par les clubs sans que les supporters ne s’en offusquent ? Pour un Houellebecq de retour d’Irlande, combien de nos tennismen quittent Monaco ou Genève ? Que d’hypocrisie… Certains journaux ont traité ces derniers mois de ces grandes entreprises qui réfléchissent à des solutions de délocalisations artificielles de leurs cadres pour leur permettre d’échapper à l’impôt. Doit-on continuer à faire semblant de ne pas le voir, au risque de constater dans quelques mois que cette hémorragie va peser réellement sur nos recettes fiscales ?

3. Sur les mesures fiscales du gouvernement : j’ai ici à plusieurs reprises regretté deux décisions majeures prises par le gouvernement. La première, c’est la hausse du forfait social sur la participation et l’intéressement. Cette réforme, ainsi que la seconde qui met fin à l’exonération des heures supplémentaires, portera un coup au pouvoir d’achat, chacun le comprend, même si les médias n’en ont pas fait toute une affaire, alors que c’est bien plus important en termes d’impact sur le revenu des Français, que les mesures symboliques.

J’ai aussi trouvé illisibles les allers retours sur la TVA du livre et la TVA sur la restauration. Enfin, sur les 75%, j’ai regretté cette mesure parce qu’elle me semblait davantage relever de l’affichage revanchard (tenir une promesse électorale formulée dans les conditions que l’on sait…) que performante en termes de solidarité (on parle de quelques centaines de millions d’euros…une goutte d’eau !). Comme le disait Piketty : « Tout cela va donner du travail aux conseillers fiscaux, mais ne pas rapporter grand-chose à l’Etat ».

Bref, ce que j’expliquais à Olivier Samain et Alexandre Kara sur Europe 1, c’est qu’on nage dans les discours de préaux et les effets de tribune destinés à faire plaisir à quelques militants.

Je ne fais pas partie de ceux qui se réjouissent que David Cameron déroule le tapis rouge aux Français aisés. Je préfère qu’on réinvente un système fiscal cohérent qui permette de garder (ou d’attirer) les investisseurs et les riches, tout en leur demandant de participer à la solidarité nationale et au désendettement (quitte à conserver quelques niches).

Je reste très frappé par ce que j’ai observé en Grèce : les riches ont quitté le pays, laissant les classes moyennes et populaires éponger la dette nationale. Est-ce ce que nous voulons pour notre pays ? Moi pas.

Mais voilà. Débattre de ces sujets, prendre le temps d’y réfléchir sans idéologie ni parti pris (de part et d’autres de l’échiquier), ce n’est pas possible dans des médias qui s’inscrivent dans un temps court. C’est un débat impossible. Après l’émission, j’avais dit que mes propos me vaudraient d’être ciblé. Pari gagné, mes deux hôtes de ce matin en ont convenu à la lecture de l’AFP.

Puisque l’heure des vœux approche, je souhaite pour notre pays que l’on puisse en 2013 en revenir à des débats franchement plus constructifs.

Tant qu’on se focalisera sur l’accessoire et le symbolique, tant que le people fera le lit d’une presse paresseuse, on passera complètement à côté de l’essentiel, et ce pour le plus grand plaisir de nos voisins (et partenaires) européens qui continueront à nous faire le coup du dumping fiscal.

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 24 décembre 2012

Hélène Leclerc récompensée, Noël en berne, coût de l’insécurité législative et nouvel exploit d’E.Leclerc devant Carrefour… Les échos de la distribution

Crédit photo : Thinkstock

L’insécurité législative coûte…

Je suis un garçon constant. Je répète souvent sur ce blog que l’insécurité législative coûte cher aux entreprises. Confirmation est une nouvelle fois faite avec le rocambolesque épisode sur la TVA du livre.

C’est un entrefilet dans Livres Hebdo (N° 930 – 16 novembre 2012) qui le rappelle. Au 1er janvier 2012, le taux de TVA sur les livres était passé de 5,5% à 7%. Nouveau gouvernement, nouvelle décision. Le taux repassera à 5,5% au 1er janvier 2013, puis à 5% au 1er janvier 2014.

Au total, ce sont donc 3 changements de TVA qui auront eu lieu en moins de 24 mois. Cela entraîne 3 interventions de prestataires informatiques dans chaque point de vente. La somme (1.800€) coûtera très cher aux petites librairies indépendantes dénonce Gérard Desprez (Librairie « Le bateau blanc » à Brignoles). Même si ces dépenses seront moins dures à assumer pour nos Espaces culturels comme pour les GSS, je ne peux qu’acquiescer. C’est vraiment du n’importe quoi !

Hélène Leclerc, honorée par un Trophée LSA

Quand business et famille se mélangent, j’hésite toujours à en faire état. Mais évidemment, le patron des Centres E. Leclerc ne peut pas passer sous silence le Trophée d’honneur 2012 décerné par LSA à Hélène Leclerc le 12 décembre dernier.

D’abord, je félicite les membres du Jury de LSA. Même si la distribution n’emploie pas que des machistes, il faut bien le reconnaître, on est loin de la Parité (avec un grand P !), y a du boulot pour y arriver. Mettre les femmes à l’honneur, voilà une belle initiative. Dans notre Mouvement, beaucoup furent sensibles à cet hommage dans lequel chacune s’est finalement un peu retrouvée.

Le fils était fier de sa mère, et c’est avec beaucoup d’émotion que je l’ai écoutée, en compagnie de Dominique Reiniche, présidente Europe de The Coca-Cola Company, raconter quelques souvenirs de notre histoire.

En fait, même si les adhérents de la SCARMOR lui ont appris à manier l’ordinateur, je ne suis pas sûr qu’elle lira ce billet. Mais moi-même je ne serais pas un bon fils si je ne lui disais ici : félicitations Madame Leclerc et bravo Maman !

Alors ce Noël, il s’annonce comment ?

Les médias me questionnent, j’ai l’impression de me répéter…Oui, les ventes de Noël 2012 vont être scrutées avec attention.

Depuis le 3e trimestre 2012 et au-delà des performances propres à chaque enseigne, tous les distributeurs constatent le ralentissement de la consommation. Les parts de marché sont prises les unes sur les autres.

Au 15 décembre, personne n’avait atteint les mêmes niveaux de vente que l’année précédente. On sent bien que les courses vont se faire à la dernière minute. Et même, jusqu’au 1er janvier…pour profiter des braderies annoncées par certains distributeurs.

Il sera intéressant d’observer également l’évolution des ventes par internet. Tout le monde en fait des gorges chaudes. Mais je ne crois pas à l’Eldorado.

La tendance est à la modération, tant pour les jouets que pour l’ensemble du non-alimentaire. Les Français ne sont manifestement pas confiants pour 2013. Ils ont bien compris que pour le pouvoir d’achat c’est râpé. D’ailleurs, je n’entends plus un consultant oser dire qu’ « il n’y a pas que les prix ».

Parts de marché E.Leclerc : le drive, la modernisation, mais les prix !

Pour la deuxième fois cette année, notre enseigne dépasse Carrefour. E.Leclerc atteint ainsi le niveau historique de 19,1% de parts de marché au début de décembre (chiffres de Kantar Worldpanel).

C’est évidemment une satisfaction pour nos équipes à quelques heures de congés bien mérités. Bien-sûr, une part non-négligeable de notre croissance est due aux drives, comme l’expliquent les experts interrogés pour commenter nos résultats. Mais je le redis ici, le drive comme les sites internet ou les appli mobiles, ce sont des vecteurs de croissance. Mais Auchan ouvre autant de drives, et maintenant Carrefour…sans que leur part de marché ne décolle. So ?

C’est bien la stratégie de prix bas d’E.Leclerc qui est une nouvelle fois gagnante dans toute cette affaire. Nos concurrents semblent enfin réagir. Après les incursions d’Intermarché de Lidl et d’Auchan dans la pub comparative, c’est Carrefour qui s’y met.

La pub comparative (on en reparlera) c’est bon pour l’image-prix. A condition que ça corresponde vraiment à une réalité du prix bas. Quand j’ai lancé les centres E. Leclerc dans cette politique, nos adhérents ont accepté une sacrée prise de risques sur les marges. On verra si les actionnaires de Carrefour se contenteront de s’aligner sur les nôtres. Après tout pourquoi pas, le consommateur y gagnera !

Je vous souhaite à tous un beau réveillon et un joyeux Noël.

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 18 décembre 2012

Développer rapidement la mobilité écologique et les voitures électriques : c’est possible !

Credit photo : Thinkstock

Suite à mon billet publié hier, on m’a demandé d’expliciter notre revendication concernant l’extension des certificats d’économie d’énergie aux bornes électriques. Je le fais bien volontiers.

Le 30 octobre dernier, j’ai écrit au ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, pour lui suggérer cette réforme destinée à soutenir la voiture électrique. Une mesure qui, rappelons-le, ne coûterait pas un euro au budget de l’Etat ! J’ai repris ma plume hier pour insister auprès du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault et de la ministre de l’Environnement, Delphine Batho.

Les ambitions gouvernementales…et la réalité

Dans la cadre de sa politique industrielle et de sa politique environnementale, l’Etat souhaite encourager le développement de la voiture électrique. Renault se positionne sur ce secteur.

Il existe toutefois une réticence de nos concitoyens, qui s’explique notamment par le fait que les infrastructures électriques nécessaires à la recharge des véhicules sont largement insuffisantes (Enquête de l’Observatoire Cetelem réalisée en 2012).

Je vous laisse mesurer vous-mêmes l’étendue du problème : il y a actuellement moins de 5.000 bornes de rechargement en France alors que le plan Borloo prévoyait 75.000 points de recharge publics et 900.000 bornes privées en 2015…

Développer rapidement les bornes, c’est possible !

Jusqu’à aujourd’hui, le coût d’installation d’une borne électrique est plus que conséquent. En effet, en plus de l’achat des bornes, il faut aussi faire tous les travaux de VRD (creusement de tranchées, tirage des câbles, aménagement éventuel de l’armoire électrique, etc.).

Une solution pourrait être apportée très rapidement par le gouvernement.

Il suffirait de modifier la législation pour faire en sorte que les bornes électriques deviennent éligibles à la production de certificats d’économie d’énergie (au même titre que l’installation d’une pompe à chaleur, ou l’isolation thermique des bâtiments).

Alors, on se bouge ou pas ?

Pour lutter contre le réchauffement climatique, le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie oblige tous les fournisseurs de carburants à réaliser ou à inciter à la réalisation d’économies d’énergie.

En tant que distributeur de carburants et de fioul domestique, E. Leclerc est concerné par cette obligation, via sa société pétrolière (2e distributeur français de carburants – 13% de parts de marché). Les Centres E. Leclerc cofinancent ainsi des travaux pour la rénovation des habitations des particuliers par exemple (isolation thermique…).

Notre proposition de réforme permettrait ainsi à la SIPLEC (la société pétrolière du groupe E. Leclerc) de pouvoir prendre en charge l’intégralité des coûts d’installation de ces bornes dans tous nos magasins.

Si le gouvernement prenait rapidement des mesures en ce sens, il ne fait aucun doute que, dans la foulée, tous les distributeurs français équiperaient également leurs stations-services et leurs parkings.

Imaginez le bond en avant que nous ferions en seulement quelques mois !

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 17 décembre 2012

E. Leclerc premier acheteur de la Zoé !

Credit photo : Renault

Demain, avec Carlos Tavares, le Directeur Général Délégué aux opérations du groupe Renault, je me rendrai chez Patrick Bellec, l’adhérent E. Leclerc de Pont l’Abbé, pour réceptionner à ses côtés pas moins de 10 Renault Zoé 100% électriques !

Ces véhicules, tout chauds sortis de la chaîne de fabrication de l’usine de Flins vendredi soir, seront mis à disposition des employés du magasin de Pont l’Abbé.

Un engagement militant pour la mobilité électrique

C’est en 2011 que nous avons donné le coup d’envoi de notre engagement en faveur d’une mobilité plus respectueuse de l’environnement.

Les centres E. Leclerc de la région rouennaise avaient en effet signé, sous l’égide de Laurent Fabius (à l’époque Président de la Communauté d’agglomération et ancien Premier ministre), un partenariat avec les collectivités locales du cru pour installer les premières bornes électriques sur les parkings de nos supermarchés.

Depuis cette date, notre enseigne a continué d’avancer sur ce chemin vert. Aujourd’hui ce sont plus de 20 Centres E. Leclerc qui en sont équipés auxquels s’ajouteront 30 autres hypermarchés de l’enseigne à la mi-2013. D’ici à 2015, nos 500 magasins proposeront ce nouveau service à tous nos clients.

Les premières Zoé seront donc chez E. Leclerc !

Les Zoé du centre E. Leclerc de Pont l’Abbé seront donc une avant-première mondiale et croyez-moi, ça va faire du bruit dans le Landerneau ! Pensez-donc, les essais officiels pour la presse spécialisée ne sont pas prévus avant février 2013… On va en faire des jaloux !

Tout cela est l’aboutissement d’une solide coopération entamée lors du Mondial de l’Automobile il y a deux ans entre E.Leclerc et Renault-Nissan. Le choix de Renault par E. Leclerc n’est certes pas exclusif, mais l’intention était largement partagée des deux côtés. Et puis, la Zoé est une production largement « made in France » que nous sommes fiers de promouvoir. 

Ce n’est pas non plus un hasard si cet événement se déroule à Pont l’Abbé. En effet, depuis la création de son magasin, Patrick Bellec est à la pointe du développement durable : photovoltaïque, caniveaux écologiques récupérateurs des huiles de moteurs, premier hyper à établir un bilan carbone, mise à disposition de vélos électriques pour le personnel, location de voitures hybrides…

Les opérateurs privés s’engagent, l’Etat doit accélérer !

Tant que les points de recharge seront rares, on ne fera pas décoller les ventes de véhicules électriques. L’implantation de bornes de recharge, partout sur le territoire, est donc une nécessité stratégique.

Installer des bornes de recharge coûte très cher (achat du matériel et travaux de VRD). Pour le moment, cette somme est à la seule charge du magasin ou de la station-service. Un tel équipement relève donc encore aujourd’hui d’une démarche volontariste.

Pour aller plus vite, l’équation est simple. Si demain l’Etat décidait d’autoriser l’intégration des coûts d’installation de ces bornes dans le dispositif dit des certificats d’économie d’énergie, il donnerait alors LE coup de pouce décisif à la mobilité écologique pour tous.

Tous les centres E. Leclerc – je m’y engage – s’équiperaient alors dès 2013 !

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 12 décembre 2012

Innovation, mutualisation, internationalisation : les défis de nos PME agroalimentaires

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Le supplément d’AGRA Alimentation (n° 2222 du 29 novembre 2012) propose une analyse des fragilités de l’agroalimentaire français et présente différents points de vue politiques et industriels. Au-delà des sempiternelles revendications corporatistes et des analyses conjoncturelles, ces contributions rappellent la nécessité d’effectuer d’indispensables révisions stratégiques et les réformes à mettre en Å“uvre, parmi lesquelles je sélectionne…

1. L’indispensable stabilité juridique et fiscale

Les témoignages des patrons de PME vont tous dans le même sens et doivent interpeller les responsables politiques de tous bords : les entreprises françaises n’en peuvent plus des évolutions permanentes de la législation et des normes toujours plus contraignantes (et parfois même contradictoires) imposées à leur activité.

D’urgence, l’Etat et les politiques doivent produire les garanties d’une stabilité juridique et fiscale durable. Les acteurs de l’économie réelle en ont besoin pour se projeter sur un moyen-long terme.

Si l’entreprise doit sans cesse renforcer ses équipes du service juridique, au détriment de celles de la R&D ou de l’export, c’est que quelque chose ne tourne pas rond !

2. L’innovation : la seule solution !

« En termes de recherche, les IAA accusent un vrai retard. Elles investissent 0,7% de leur chiffre d’affaires en R&D alors que ce ratio atteint 2,5% dans le reste de l’industrie. Si nous n’investissons pas, nous ne créerons rien de très sérieux pour demain ». Je ne saurais démentir Guillaume Garot, le ministre de l’Agroalimentaire.

Notre pays compte environ 10.000 PME dans l’agroalimentaire et notre économie s’est énormément internationalisée. La concurrence est terrible. Sur la « compétition coûts », nous serons toujours mauvais face à des pays où les salaires et les protections sociales sont bas.

Ok, je vous le concède, la France peut faire des efforts par rapport à ses marchés voisins. On ne rappellera jamais assez que les concurrents des producteurs bretons ou alsaciens sont des producteurs allemands, belges, ou espagnols. Les rapports industrie-commerce n’y changeront rien. Un petit coup de pouce en matière d’allègement de cotisations peut contribuer à gommer ce différentiel de coût industriel européen.

Mais plus globalement, si nous voulons que nos entreprises demeurent compétitives, l’innovation est la seule solution. Comme le pointe justement le journaliste d’Agra Alimentation : « Les produits qui font l’essentiel du CA d’une entreprise sont souvent des produits anciens, amortis, bien ancrés dans les réflexes du consommateur (…) Est-ce une fatalité ou la faiblesse n°1 de l’agroalimentaire français ? ».

Dans son rapport sur la compétitivité de la France, Louis Gallois ne dit pas autre chose. Il reproche à l’industrie française de ne pas avoir su monter en gamme. Dès lors, ce manque d’innovation ne lui a pas permis de créer des éléments de différenciation pour échapper à l’affrontement sur les prix.

Beaucoup de nos PME ont fait, ces dix dernières années, cette révolution culturelle. En créant des labels, en travaillant autant sur la qualité que sur l’image de la qualité, elles se positionnent sur des gammes innovantes. Ces choix relèvent d’abord d’une vision de quelques patrons qui ont parfaitement saisi l’environnement concurrentiel dans lequel ils évoluent. Les pouvoirs publics doivent les accompagner en stimulant les dispositifs du type « crédit d’impôt recherche ».

3. Les PME au cœur d’un Monopoly permanent

La recension d’une année de restructurations dans le secteur de l’agroalimentaire, présentée à la fin du supplément d’Agra Alimentation, est intéressante. Elle nous montre que nos entreprises sont au cœur d’un vaste Monopoly.

Elles ne sont pas cotées au CAC 40, mais cela ne les empêche nullement de se racheter les unes les autres, de prendre des participations et d’accueillir des investisseurs divers et variés dans leur capital. Elles revendent des marques, échangent des labels, déposent des brevets…Bref, ça bouge beaucoup de leur côté, loin des caméras qui préfèrent se focaliser sur « La France qui tombe ».

Au risque d’insister…cette évolution vient encore illustrer le fait que le concurrent d’un industriel, c’est un autre industriel, et non un distributeur.

4. Le banc de poissons plutôt que la baleine

Notre tradition colbertiste nous a toujours poussés à développer des baleines plutôt que des bancs de poissons. Or, dans l’économie mondialisée et fortement concurrentielle où nous vivons, mieux vaut chasser en meute que tenter de braconner en solo.

Les collaborations d’entreprises sont indispensables. Elles permettent d’écraser les coûts fixes et de stimuler les productions grâce à l’augmentation des débouchés. Une telle stratégie n’empêche nullement de garantir l’autonomie de chacun. On peut créer de l’interdépendance dans l’indépendance. C’est ce qu’Edouard Leclerc avait compris depuis longtemps en fondant notre enseigne.

Quand je vais à l’étranger, je suis toujours étonné. Il y a très peu d’appels d’offres auxquels répondent les PME françaises alors que celles des pays anglo-saxons arrivent à se pousser du col en construisant des offres quasi-collectives. Un hôpital à construire en Pologne ? Une hôtellerie clés-en-mains en Croatie ? Avec l’aide de leur chambre de commerce et organismes export, ces PME offrent des réponses qui mixent hard et soft, gros-œuvre et prestations d’entretiens, vente et service après-vente. Bref, des sortes de joint-ventures.

On ne le dira jamais assez, l’ennemi des entreprises françaises c’est leur individualisme. A l’instar de ce qui existe dans la distribution européenne indépendante, les formes associatives et coopératives fonctionnent bien. C’est un chantier sur lequel E. Leclerc peut apporter son savoir-faire.

Michel-Edouard Leclerc

Lundi 3 décembre 2012

Grande distribution et grosses marges : la fin des fantasmes ?

Après une décennie de polémiques, l’année 2012 aura été une année de vérité sur les marges de la distribution. Quatre rapports indépendants ont disséqué les comptes d’exploitation des différentes enseignes françaises. Voilà qui donne un nouvel éclairage pour aborder (ou contrer) le nouveau débat idéologique sur le partage (certains parlent de transfert) de la valeur ajoutée. De là à faire taire tous les fantasmes… ?

Faibles marges sur les carburants

Publié le 30 novembre 2012, le rapport conjoint de l’Inspection générale des Finances et du Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies, portant sur les marges dans la distribution de carburant était attendu. Il fait suite à une analyse rendue en avril dernier par la DGCCRF (peu suspecte de collusion avec la distribution !) qui traitait aussi de ce sujet.

Les deux textes vont dans le même sens et expliquent :

1. Si la marge brute des distributeurs a augmenté ces dernières années, c’est principalement du fait de la hausse des charges d’exploitation et des obligations réglementaires (impôts, taxes, redevance, nouvelles normes, etc.) ;

2. La variation des prix des cotations internationales est répercutée dans les prix au détail de façon décalée dans le temps, et parfois lissée ;

3. La marge nette des distributeurs va de 0,2 à 1ct/litre. Les auteurs ajoutant : « c’est une marge très comprimée du fait de la forte concurrence ».

La rentabilité des indépendants

Le magazine Linéaires (n°285 – Novembre 2012), en partenariat avec la COFACE, a publié début novembre son étude sur la rentabilité des indépendants. Résultat : la rentabilité est restée quasi-stable entre 2010 et 2011 (1,11% contre 1,02% l’année précédente). Le résultat d’exploitation moyen est de 1,52%, déjà bien moindre que celui des groupes intégrés.

Hors secteur de la distribution, peu d’entreprises (françaises ou étrangères) accepteraient une si faible rentabilité. Un retournement de conjoncture ou une petite erreur d’investissement peut vous mettre par terre. Et je ne parle même pas des entreprises cotées en bourse dont les actionnaires attendent une rentabilité à deux chiffres…

Si l’étude Linéaires-COFACE est certes partielle, elle a au moins le mérite de ne pas être partiale !

Prix et marges dans l’alimentaire : la fin du mythe

Que dit le rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires publié fin novembre ? Si certains rayons affichent des marges nettes non négligeables (de l’ordre de 5%), d’autres présentent des rentabilités très faibles (1,9% sur les produits laitiers, 0,6% sur les fruits et légumes) voire carrément négatives (-1,9% sur la boucherie). Eh oui, le commerce, c’est l’art de la péréquation !

Au total, une fois tous les chiffres consolidés, la marge nette moyenne de la distribution est de 1,9%. La conclusion du rapport du Professeur Philippe Chalmin, Président de l’Observatoire, est sans appel : « la grande distribution ne s’en met pas plein les poches ». 

Et maintenant, sortir de la paranoïa !

Tous ces rapports confirment que la grande distribution a joué un rôle tampon pour limiter une forte hausse des prix dans les linéaires.

En vérité, les distributeurs sont pris en étau entre les consommateurs (qui veulent des prix maîtrisés) et les producteurs/industriels (qui veulent augmenter les tarifs).

Soit les distributeurs répercutent les hausses tarifaires, et alors consommateurs et pouvoirs publics (!) les désignent comme fauteurs d’inflation.

Soit les distributeurs refusent ou limitent fortement ces hausses, et alors producteurs, industriels de l’agro-alimentaire et pouvoirs publics (!) crient au scandale (« vous détruisez de la valeur ! »).

Sur la scène économique française, la distribution demeurera à jamais une cible. Les distributeurs, toujours boudés par des élites qui ne conçoivent la création de richesses que dans l’industrie ou l’agriculture, se consoleront en lisant le « palmarès des entreprises préférées des Français » : 4 enseignes se logent dans les 10 premières places du classement !

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 27 novembre 2012

Fin du dispositif carburant : la hausse des prix ne passera pas par E. Leclerc !

Crédit photo : thinkstockphotos.fr

J’étais interrogé hier soir par Marc-Olivier Fogiel sur RTL concernant la sortie du « dispositif carburant » mis en place par Pierre Moscovici en septembre dernier. Total a annoncé qu’il lisserait progressivement ses hausses jusqu’à atteindre son niveau de marge antérieur (ça ne devrait pas lui coûter trop cher, vu le niveau de prix de leur réseau !).

Au nom de mes adhérents, j’ai annoncé que les Centres E. Leclerc maintiendront un dispositif de prix très bas jusqu’au retour des vacances de Noël.

Certains professionnels avaient chipoté sur notre décision de vendre à prix coûtant, arguant que c’est une notion trop floue et incontrôlable. Je confirme donc nos engagements en précisant, par précaution juridique, que celui-ci se traduira par une « moyenne de marge qui ne dépassera pas 1% ». Au moins avec cette formulation, on ne viendra pas nous chercher des noises.

Concrètement, cela veut dire :

  1. 1. Au niveau local, chaque centre E. Leclerc vise à être le moins cher de sa zone. Et si ce n’est pas le cas, alors dans les heures qui suivent, il s’alignera.
  2. 2. Au plan national et sur toutes les catégories de produits, la moyenne des prix E. Leclerc ciblera la tête du classement (et s’il arrive qu’on soit doublé pendant quelques heures, on rectifiera).

Est-ce qu’on peut dire que d’ici janvier les prix vont baisser ou monter ? Non bien sûr. Ca dépendra tout autant du cours de l’euro, que des tensions au Moyen-Orient et de l’évolution des taxes (on parle d’une hausse de la TICPE de 3 centimes au 1er décembre). Mais en tous les cas, l’inflation ne passera pas par nous !

Pour info, l’opération Moscovici (que nous avions anticipée), a eu son petit effet puisque les prix actuels au consommateur sont inférieurs de 8 centimes (gazole) et 14 centimes (SP95) par rapport à août dernier. Mais rien de durable évidemment, ni de fondamental. Nous continuons tous à vendre principalement des taxes… Et sur un marché où, de ce fait, la contribution des acteurs privés à des prix bas reste limitée, E. Leclerc a – qu’on me permette de le dire !- très bien joué son rôle.

De fin août à fin novembre 2012 nous restons leaders en moyenne nationale sur le prix du gazole (devant les autres GMS et Total Access, mais aussi très loin devant les réseaux Total, BP et Esso qui sont 8 à 9 centimes plus chers). Sur le SP 95, même performance globale avec de temps en temps quelques stations Total Access et Intermarché qui viennent coiffer momentanément certains E. Leclerc, avant que ceux-ci ne réagissent.

N’allez pas croire que les choses se déroulent sans anicroches ni débats. Comme je mets la pression sur nos adhérents, tous les matins l’équipe énergie de E. Leclerc (pilotée par Vincent Duveau – E. Leclerc Saint-Raphaël, et trois collaborateurs avec lesquels j’ai fait mes armes depuis plus de 20 ans : Vincent Muller, Patrick Rébuffie et Thierry Forien) me présente les enjeux budgétaires, histoire de calmer mon enthousiasme. Chaque mois à prix coûtant, il en coûte 20 millions d’euros au groupe. Ok, j’apprends vite. Mais les résultats sont là.

Ce matin à 11h, voici un relevé indicatif (source : prix-carburants.gouv.fr), sur la base d’un nombre de stations inégal il est vrai (la publication est laissée à l’initiative des opérateurs) : 

 

Et pour ceux qui s’intéressent au modèle économique de la distribution des carburants, je ponctue cette note avec cette information : nos ventes (carburant) ont augmenté de 6% depuis août, sur un marché flat et même légèrement régressif (-0,2%).

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 14 mars 2012

Prix des carburants : le débat interdit ?

Thinkstock©

Bang ! Me voilà coincé entre Hollande et Sarkozy. Et c’est moi qui prends les coups : « Summum de la démagogie et du populisme » a dit le Président ce matin sur Europe 1. Je ne m’en offusque pas. Ces deux-là ne sont pas en débat, à la recherche d’un consensus. Au contraire ! Sur le ring médiatico-politique, les boxeurs cherchent à se cogner, donc à se démarquer. Si Hollande dit blanc, Sarkozy dira noir et vice versa.

Ne croyez pas que je me sois naïvement proposé pour jouer les punchingballs. C’est une idée de l’incorrigible Martial You d’Europe 1. Recevant Sarkozy ce matin, il a pris l’initiative de rediffuser un entretien réalisé il y a quinze jours. J’y préconisais effectivement que les candidats s’engagent à ce que l’Etat arrête de pomper comme un Shadock dans les cuves et réservoirs des Français une fois dépassé un prix trop prohibitif (2, 2,10, 2,20 € ?).

Ma recommandation, servie au candidat Président entre prédiction du PDG de Total et déclaration d’Hollande, ne pouvait que me valoir une prune d’un Sarkozy focalisé sur la gestion des déficits !

Bon, j’ai compris, je n’ai rien à faire dans le show, mais sur le fond, je persiste et signe.

Si le prix du carburant continue de monter (ainsi que celui du fuel et du gaz qui lui sont corrélés), ça va devenir complètement prohibitif pour les foyers les plus modestes qui n’ont pas de moyens de transport alternatifs et pour lesquels les dépenses de chauffage sont incompressibles.

1)  Politiquement, ça ne me paraît pas idiot d’annoncer dès maintenant que l’Etat s’engage à aider ces foyers. Le carburant, c’est 60 % de taxes (à la louche). Renvoyer les salariés vers les stations les moins chères (donc E. Leclerc, joke !), c’est une bonne idée, mais si le fisc continue de pomper comme un Shadock au-delà de 2 €, la concurrence entre distributeurs privés n’aura qu’un impact très limité.

2)  Pratiquement, tous les revenus des salariés les plus modestes sont dépensés. Ils sont consommés. Si le poste « énergie/transport » d’un smicard passe de 15 à 20 ou 25 % de ses revenus, les mesures prônées par les candidats pour soutenir l’activité économique ne serviront à rien. Il n’y aura pas assez d’argent pour équiper la maison, changer la voiture, etc.

En conclusion, je veux bien admettre qu’on discute des moyens (blocage des prix, plafonnement du produit de la TVA ou de la TIPP, allocation transport, etc.), mais je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas y avoir de débat sur ce point. D’autant que l’histoire m’a appris une chose, c’est finalement aux pompistes et aux distributeurs que, faute d’engagement du politique, on viendra demander des comptes.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 25 janvier 2012

Prix de l’essence : du blocage au déblocage !

François Hollande a proposé le blocage du prix des carburants.

1)   En fait, il a proposé deux ou trois choses différentes sur le sujet : convoquer les distributeurs de carburant (il ne doit pas savoir qu’on est convoqué à chaque flambée des prix !), réinstaurer une TIPP flottante (modèle Jospin ?), bloquer le prix de vente (donc de la fiscalité, TVA comprise ?).

Ses propositions ont déchaîné toutes sortes de critiques :

 -  Les écologistes : Il faut laisser monter les prix pour laisser place aux modes de transport alternatifs !!!

 -  Les fiscalistes : La TIPP flottante, sous Jospin, aurait coûté plus cher à l’Etat qu’elle n’a rapporté (baisse de TVA correspondante).

 -  Les idéologues qui rouspètent contre « le retour à l’économie administrée ».

Il y a à boire et à manger dans les arguments de chacun. Chacun plaide pour sa chapelle ou sa cause.

Mais le pouvoir d’achat, camarades, ça vous cause ? Personne ne semble comprendre à quel point, vu de nos provinces,  la hausse du prix des carburants impacte le portefeuille des salariés ou des retraités qui n’ont pas forcément de gare, de métro ou de bus pour effectuer leurs déplacements.

2)   En réplique à la proposition de François Hollande que tout le monde flingue à défaut d’en débattre, certains ministères objectent une contre-proposition : il s’agirait de supprimer le seuil de revente à perte en espérant qu’un distributeur soit assez fou pour casser les prix et entraîner les autres.

Apparemment, c’est malin. On enverrait les distributeurs à la castagne quand Bercy continuerait d’engranger. Mais bien sûr, c’est irréaliste (et c’est pour cela que j’ai décliné la proposition au nom des Centres E. Leclerc). Périodiquement, nous faisons des opérations « prix coûtant ». Même si les distributeurs acceptaient de perdre 2 à 3 centimes du litre en plus, ça n’empêcherait pas le cours du pétrole de monter et ce n’est pas le boycott de l’Iran qui va inverser la tendance.

3)   Alors blocage ou pas blocage ?

Franchement, si j’étais candidat à la Présidence ou, encore mieux, si j’étais le Président en exercice, j’annoncerais qu’effectivement, à partir d’un certain prix (1, 80 € ? 2 € ?), l’Etat bloquera les rentrées fiscales.

Rien de démagogique ! Juste une prise de parole forte pour rassurer les Français et leur dire que l’Etat comprend leurs problèmes. Histoire d’admettre aussi qu’il n’y a pas que des  automobilistes fortunés ! Croyez-moi, ce serait plus parlant que le blocage des marges prôné par Christian Estrosi, ou celui  des prix  des 50 ou 100 articles de première nécessité préconisé par Ségolène Royal ou Martine Aubry.

Michel-Edouard Leclerc