Archive pour la catégorie ‘Politique’

Vendredi 15 janvier 2010

Le prix de la musique, suite…

Réponse à « spam », « julien », « François » et « elodie »

Les commentaires sur les systèmes de tarification de la musique sur Internet confondent souvent deux problèmes différents :

-         la marge de l’intermédiaire qui diffuse le service ;

-         la rémunération de l’artiste lui-même.

On peut discuter des marges prises par les labels sur le marché physique du disque ou par les sites légaux comme Deezer sur le Web. Place à la concurrence et à celui qui est le moins cher.

Mais, j’insiste. Si personne ne paie (invoquant l’obligation de gratuité ou l’appel au piratage), il faudra bien trouver un mode de rémunération pour l’artiste.

Un artiste qui ne vit pas de son art, c’est un chômeur. Si l’on ne reconnaît pas le droit d’auteur, il ne restera plus que des artistes sponsorisés (jusqu’à devenir l’homme sandwich d’une marque) ou financés par les collectivités publiques (vive le temps des soviets !). En caricaturant, je dirais qu’on aura le droit de choisir entre la Star Ac sur TF1 et l’Eurovision sur France 3.

Désolé, spam, tu as adopté une posture parce que, aujourd’hui, l’offre est pléthorique et qu’il y a largement le choix. Mais demain ?

Pour moi, une société qui n’accepte pas de payer les artistes, ses journaux et même son accès à l’éducation (ne serait-ce que par l’impôt), c’est une société qui aliène sa liberté de choix.

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 15 décembre 2009

« Histoire»  et « Lettres»  au lycée : la querelle des filières

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Il faut faire la part des choses. Ceux qui s’agitent contre le projet Chatel ont aussi d’autres buts que de défendre l’enseignement de l’histoire. Des buts politiques, des intérêts corporatistes. J’en veux pour preuve cette discrimination qui voit les défenseurs des « humanités » s’indigner de la relégation des cours d’histoire en Première S, mais ne s’offusquent pas de l’absence du « français » en classe Terminale pour les mêmes séries scientifiques.

Inutile donc de tomber dans le piège de l’instrumentalisation, ni dans celui d’une caricature de débat. Le projet Chatel, contrairement à ce qu’on dit, instaure un quota d’heures d’histoire bien supérieur au système actuel. Et cette discipline reste en option, comme bien d’autres, en Terminale.

Mais c’est la faiblesse du projet global qui me laisse perplexe. Richard Descoings (Sciences Po) soutient la réforme au motif qu’il faut rééquilibrer les filières. En clair, déshabiller les Scientifiques pour rhabiller les Littéraires. Recréer de vraies spécialisations, des segmentations visibles, et les tirer en parallèle vers l’excellence.

J’approuve l’idée. Je suis moi-même un produit de la filière littéraire. Avec feu mon ami, le philosophe Alain Etchegoyen, j’ai défendu, auprès des chefs d’entreprise, la qualité des candidats de cette filière. Depuis toujours, je défends « Le capital lettres ».

Mais il faut se poser la question : en vertu de quels critères les parents et les élèves choisissent-ils d’opter pour telle ou telle filière. Le contenu des enseignements ? Oui, bien sûr. Les perspectives d’emploi, de carrière ? Normal ! Mais c’est aussi une affaire « d’image », de statut, de reconnaissance, donnée par le système éducatif tout entier aux filières qu’il est censé promouvoir.

A grand renfort de communication, de réseaux entretenus, de classement, les écoles d’ingénieur et les écoles de commerce influencent les choix, dès la fin de la seconde. A l’étranger, Cambridge, Oxford, Harvard, l’UCLA pour ne citer que les plus célèbres, tirent l’image des « humanités ». Mise à part Sciences Po, quelles sont les universités françaises spontanément citées pour leur expertise dans les mêmes domaines, dans le secteur des Lettres et des Sciences humaines ?

Oh, je ne doute pas qu’en France, nous ayons les meilleures universités, un corps enseignant dévoué et d’exceptionnelle qualité. Mais je vous assure que si l’on veut persuader les parents de pousser leurs rejetons vers ces institutions, il en faudra plus pour les convaincre que ce ne sont pas que des machines à former des profs.

La défense d’une filière, ça commence effectivement avant le bac, et si on veut attirer les étudiants en Littéraire, ou même en Economie, il est urgent de valoriser les débouchés de ces types d’enseignement et, au-delà du métier, de permettre à leurs étudiants d’accéder à un statut équivalent à celui qu’on reconnaît à l’ingénieur, au scientifique, au juriste. Et ne me dites pas que je défends une idéologie outrancièrement utilitariste. Dans une société qui enregistre 10 % de chômeurs, on peut défendre « les humanités » et « la culture générale » et, en même temps, se préoccuper de pouvoir trouver un emploi plus tard.

Michel-Edouard Leclerc

Vendredi 4 décembre 2009

Greenpeace, FNSEA : l’un dérange, l’autre pas

1) « C’est un outrage, un viol de l’esprit républicain ».

Qui parle ainsi ? Des députés, presque unanimes.

Greenpeace était, hier, sur le toit de l’Assemblée Nationale. Ses militants manifestaient dans l’hémicycle, histoire de se faire entendre avant Copenhague.

Rien de méchant. Pas de casse. Mais Bernard Accoyer, le Président de l’AN, s’insurge. Il a raison du point de vue du droit. Il va porter plainte.

Quel dommage qu’au printemps dernier, pas une voix d’élu n’ait dénoncé les dérapages des militants de la FNSEA en Bretagne et en Normandie. La morale de nos parlementaires aurait été plus crédible si le droit et les principes invoqués avaient été d’application universelle.

Je ne doute pas que la justice poursuivra les cascadeurs de Greenpeace. Je doute que les plaintes déposées par les chefs d’entreprises saccagées n’aboutissent.

2) « Quelle crédibilité peut-on donner à une association dont les membres s’attaquent aux biens, aux personnes, à la liberté d’expression »

Qui parle ainsi ? Etonnez-vous : c’est justement la FNSEA (tract du 27/11/09). Mais oui, ce syndicat dont les membres cassaient allègrement du caddy au printemps dernier et polluaient de leur lisier le travail des salariés de la distribution.

Sauf que, cette fois-ci, c’est l’un des siens qui fait office de victime. Les producteurs indépendants se sont invités chez le Président de l’interprofession laitière.

Du coup, la FNSEA dénonce à son tour. Elle a raison. Ce n’est pas bien de s’attaquer au Président de la FNPL.

« Les divergences d’opinion et les désaccords ne doivent en aucun cas mener à la violence. C’est de la défense de la démocratie dont il s’agit »

La FNSEA parle comme nos députés légitimement outrés. Dommage qu’elle n’accompagne pas de quelques remords et repentances cette leçon de morale…appliquée aux autres.

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Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 8 octobre 2009

Besson, Fillon, Guéant : poker menteur

La Majorité nous a offert, hier, un nouvel épisode de « La cour s’égaye », série intarissable à multiples rebondissements.

Tout était dans la presse, mais il fallait lire les rubriques politiques de chaque journal pour apprécier la saveur du scénario.

C’est d’abord de la colère de Fillon dont il s’agissait. Dans l’affaire du « Grand Paris », il a dû manger son chapeau. Christian Blanc a su vendre directement au Président son projet (Les Echos du 7/10/09), doublant le Premier Ministre. La situation a suffit à relancer la rumeur d’un changement à la tête du gouvernement. D’autant que, pur hasard, Besson, « le chouchou du Président » (dixit F. Belkacem dans VSD), pointe sa frimousse à la Une de l’Express.

Dans Le Figaro (même jour), Claude Guéant semble venir au secours du Premier Ministre : « un départ de Fillon n’est absolument pas à l’ordre du jour ». « Le Président considère que leur collaboration fonctionne bien ».

On apprend d’ailleurs dans Le Canard enchaîné (même jour) qu’Eric Besson aurait réuni son Cabinet : « Il ne faut pas donner corps à ces bêtises…c’est un piège absolu. Au début, la rumeur fait plaisir. Elle fait de moi un besogneux, bien en cour pour la qualité de son travail. A la fin, je passe pour un comploteur à la grosse tête. » Et le Canard de rajouter : « Directement visé comme « propagateur de cette rumeur mortifère » : Jean-François Copé. ».

Copé, peut-être, mais plus sûrement Besson. Le Parisien (même jour) consacre en effet sa Une et 4 pages (oui, 4 pages), au « mystérieux Monsieur Besson ». Bien sûr, c’est encore un hasard, et je doute que la rédaction du journal ait pris là une initiative enthousiaste et spontanée. Du moins, j’ai du mal à croire qu’elle avait en archives les photos d’adolescence et des copains de classe. Il a bien fallu solliciter le Ministre pour qu’il ouvre son album familial.

Soit Besson est très fort, et sa communication personnelle est génialement opportune, d’autant que personne ne lui a tapé sur les doigts. Soit la machine à fabriquer des ballons d’essai a encore produit.

Dans ce jeu de poker menteur, à qui faut-il décerner la palme du plus grand manipulateur ? Fillon ? Si c’est lui, ça ne lui rapporte rien. Besson ? Il a dans cette affaire engrangé un formidable capital d’image et de notoriété. Copé ? Mais vous n’y pensez pas, il rêverait de bénéficier lui-même d’une telle campagne.

Finalement, quand je regarde la photo d’un Claude Guéant détendu et tout souriant dans Le Figaro, je me dis qu’il mérite le Molière de la mise en scène.

Et dans sa tombe, le situationniste Guy Debord, rigole, lui qui prédit l’avènement de « la société du spectacle ». Entre la comédie des éléphants au PS et la nouvelle série culte « Clearstream », tout cela devient très rigolo, comme dit Dany qui s’y connaît.

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 7 octobre 2009

Accidents du travail : bravo au MEDEF qui s’érige contre la fiscalisation des indemnités

Je ne suis pas adhérent au MEDEF. Le discours patronal, souvent limité à dénoncer les charges ou justement la fiscalité, n’a jamais été ma tasse de thé. Mais, pour une fois, je dis « bravo ».

Quel chikungunya a donc piqué nos gouvernants pour imaginer la taxation des indemnités versées lors d’accidents du travail ! En matière de niche, il y avait bien plus important et plus intolérable ! Et après l’affaire mal expliquée du « bouclier fiscal », la déduction de la TVA accordée aux restaurateurs, les exonérations de la taxe CO² promises aux agriculteurs et aux transporteurs, jamais on n’aurait pu imaginer qu’on s’en prenne aussi caricaturalement aux accidentés du travail.

Eh bien, si. Jean-François Copé a sauté le pas. Et, avec lui, une partie de la majorité et jusqu’en haut lieu. Incroyable ! Car même s’il y a des arguments comptables, fallait-il étaler autant de cynisme pour faire de ce sujet un cheval de bataille.

La prise de position du MEDEF m’est sympathique. Personne ne choisit, un jour, d’être accidenté du travail. « Ce sont les entreprises qui payent ces indemnités sous forme d’assurance et cela ne peut être considéré comme un revenu pour les salariés ». Eh oui, c’est une évidence.

Remarquez, je n’ai pas beaucoup entendu la Gauche railler l’insanité du projet. J’aurais volontiers imaginé tous les progressistes debout comme un seul homme. Décidément, pour paraphraser quelques caricaturistes de Charlie Hebdo, je constate : la politique parfois, ça rend vraiment con !

Michel-Edouard Leclerc

Mercredi 23 septembre 2009

Taxe Tobin : un débat incantatoire ?

A Pittsburgh, on va en parler. Chaque Chef d’Etat, chaque « conseiller spécial » a bichonné sa contribution à la reconstruction du système financier. Bonus, augmentation du capital des banques, suppression des paradis fiscaux…et bien sûr taxe sur les flux financiers (taxe Tobin).

En France, c’est récemment Bernard Kouchner qui a remis le couvert. Redevenu militant, il a proposé une sorte de contribution volontaire (à l’initiative des Etats, des banques ?). Un peu sur le mode de la taxe Chirac sur les billets d’avion.

Mais une taxe, c’est pourquoi faire ? Parler augmentation de la fiscalité, c’est déjà un repoussoir. Même si l’on cible les seuls financiers, le grand public sait qu’au final, c’est lui qui paie. Et la manière désastreuse avec laquelle on a introduit en France la taxe CO², témoigne qu’à vouloir mettre la charrue avant les bœufs, on sabote un projet dont on perd l’objectif pour ne retenir que le coup de massue.

Mais surtout, chacun a compris que l’origine de la crise tient d’abord et fondamentalement à l’absence de transparence dans le réseau des transactions financières.

Les acteurs de l’économie réelle sont de plus en plus soumis au régime de la « traçabilité ». N’importe quel marchand de cosmétiques, de produits alimentaires, de vélos ou de pièces de voitures doit pouvoir rendre compte des circuits de fabrication et de transport. Tel n’est évidemment pas le cas de ces 4 000 milliards de dollars évanouis dans la nature.

Qu’elle soit prélevée à la source ou qu’elle soit déclarative, la taxe Tobin devra dire ce qu’elle prétend financer. Mais dans tous les cas, elle ne sera efficace qu’après avoir rendu obligatoire la transparence des flux financiers, c’est-à-dire une fois qu’on aura accepté de réguler ces métiers.

Sinon, comme aurait pu dire un proverbe chinois, il faudra reconnaître que : « Taxer le vent n’empêchera pas la tempête ».

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 22 septembre 2009

La grève du lait, un succès ?

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Getty Images©

 Il y a quinze jours, personne n’aurait misé un kopeck sur l’initiative de l’APLI, l’Association des Producteurs de Lait Indépendants. Moi-même, j’étais perplexe. La toute puissante FNSEA n’allait pas se laisser doubler, et d’ailleurs, elle tente aujourd’hui de reprendre la main en élargissant le conflit au secteur des fruits et légumes.

Mais Bruno Le Maire, le nouveau Ministre de l’Agriculture, a donné suite. Il a été politiquement malin. Il a su mettre à profit tout son réseau bruxellois (la plupart des membres de son Cabinet viennent des « affaires européennes »). Grâce à son activisme, la « majorité qualifiée » sera bientôt atteinte pour qu’un Conseil exceptionnel des Ministres agricoles puisse se saisir des nouvelles demandes de régulation du marché.

Evidemment, tous les spécialistes avaient convenu qu’une grève du lait n’aurait aucun impact économique vu l’abondance de produits sur le marché. Et il est vrai aussi que l’opinion publique a fait la moue en voyant ces milliers de litres de lait ainsi gaspillés.

Mais la symbolique a été la plus forte. Et les premiers à l’avoir compris furent les médias. Jamais l’AFP n’a diffusé autant de dépêches relayant les analyses et propositions des producteurs de lait indépendants, désormais appuyés par la Coordination Rurale, la Confédération Paysanne, et même des sections départementales de la FNSEA.

Le syndicalisme officiel ne pouvait, à terme, tenir une posture contradictoire. Interpeller les pouvoirs publics au motif que la crise est structurelle et mondiale. Et en même temps, désigner les industriels et les distributeurs français comme boucs émissaires.

L’initiative de l’APLI force le respect. Pacifiques, refusant de surenchérir dans d’éternelles querelles corporatistes, les agriculteurs indépendants ont mouillé la chemise, sans casse chez les autres, en prenant eux-mêmes le risque de mettre en péril leur exploitation.

Alors que le mouvement s’essouffle un peu sur le terrain (ça coûte cher !), les groupements de producteurs nous interpellent. Message reçu. Les Centres E. Leclerc soutiennent auprès des pouvoirs publics français et européens, la mise en place de nouveaux outils de régulation. Nous allons favoriser la mise en place rapide des nouveaux labels « Le lait d’ici » et « Produit en France », « Produit en Bretagne » que veulent promouvoir ces organisations.

Mais c’est l’occasion pour moi aussi de rappeler que notre mouvement n’est absolument pas opposé à l’adoption de mesures d’urgence prévues par la loi. Avant qu’une réforme approfondie et durable du marché ne produise ses effets, l’arsenal des moyens d’intervention (prix minimum, prix garanti, etc.) permettrait de temporiser. On dira qu’au regard du droit de la concurrence, tout cela n’est pas très catholique. Peut-être. Mais il y a des agriculteurs qui ont eu la foi.

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 8 septembre 2009

Taxe carbone : arrêtez la cacophonie !

BLOG CO2

Ils s’y sont tous mis, médias et politiques, chacun prenant position, les uns sur le montant de la taxe (prix de la tonne de CO²), les autres sur son affectation.

Personne n’a encore dit précisément qui effectuera ces calculs, et encore moins comment s’appliquera la taxe (quels produits, en plus des carburants, quels services ?). La majorité évoque un impôt « neutre » dont le produit serait aussitôt réaffecté !!! Ici, on dit qu’il compenserait la suppression de la taxe professionnelle, ailleurs, on va jusqu’à recommander d’affecter le produit de la taxe au financement de l’assurance maladie en arguant du « lien entre dégradation de l’environnement et santé » (Madame Marie-Anne Montchamp, députée UMP).

Bref, un vrai sac à malice, d’autant qu’il n’aura échappé à personne que la contribution climat/énergie est devenue une arme politique redoutable, capable de faire exploser l’alliance du PS et des Verts.

Après cela, allez donc vous étonner des réticences populaires face à ce nouvel impôt.

Je suis persuadé que le rebond économique passe par un investissement massif dans les technologies alternatives économes en énergie et protectrices de l’environnement. Et de ce point de vue, l’intérêt d’un emprunt comme celui d’un réaménagement de notre fiscalité me paraissent complètement évidents.

Mais pourquoi mettre la charrue avant les bœufs ? Si l’on veut éviter tout blocage, l’urgence n’est-elle pas d’abord de définir et de rendre plus lisible cette nouvelle politique industrielle, énergétique, alimentaire, qu’on prétend ainsi financer ?

Qu’en pensez-vous ?

Michel-Edouard Leclerc

Mardi 3 juin 2008

Crise de la pêche : le dialogue, c’est préférable !

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La réunion qui s’est tenue, jeudi 29 mai, au Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, a certainement frustré les représentants des artisans pêcheurs. Pas de mesure nouvelle, pas d’annonce fracassante sur la baisse du prix du gasoil ou une éventuelle exonération des charges sociales. Mais ces discussions, engagées à l’initiative des pouvoirs publics, ont eu deux mérites :

1) Rétablir le dialogue interprofessionnel ;

2) Dédouaner la distribution des accusations de marge trop élevée sur le poisson.

1) Le dialogue plutôt que le « baston »

En se livrant à de la casse, dans les rayons poissons comme sur les routes, les pêcheurs ont certes voulu dire « leur colère ». Pour autant, leur violence était inexcusable et complètement contre-productive.

Inexcusable (comme le sont tous les actes de banditisme) parce que la crise était prévisible, qu’elle était largement annoncée. Ca fait des années que la Commission Européenne et les pouvoirs publics ont tiré la sonnette d’alarme sur l’appauvrissement des ressources halieutiques, et qu’on parle de modernisation nécessaire des bateaux (moindre consommation d’énergie).

Bien sûr, les solutions ne sont pas évidentes. De là à s’en prendre aux autres acteurs de la filière (mareyeurs, importateurs, transporteurs ou distributeurs), il y a une réflexion qui aurait dû sauter aux yeux des pêcheurs : ce n’est pas en s’attaquant aux clients, aux acheteurs, grossistes ou détaillants qu’on leur donnera envie de vendre du poisson, surtout s’il doit devenir plus cher.

Ces exactions ont choqué nos poissonniers, souvent issus du même milieu, et probablement les mieux à même de promouvoir et de moderniser la filière.

Je voudrais d’ailleurs ajouter ceci : nos salariés ont été d’autant plus choqués qu’ils ont assisté à des pillages, des destructions alors que la police leur demandait de rester à l’écart, sans intervenir elle-même. Avec des journalistes qui, eux, caméra au poing, avaient seuls le droit de pénétrer à l’intérieur des entrepôts ou des poissonneries pour faire écho de ce triste spectacle au journal TV. Comme me l’a dit l’un d’entre eux : « Moi, si j’avais assisté à un casse dans les bureaux de TF1ou de FR3, je ne me serais pas permis de prendre des photos ou des films pour les revendre à une chaîne bien que cela eût été rentable. J’aurais appelé les flics ».

De toute façon, ces violences n’avaient pas d’objet, comme en témoigne l’analyse des comptes d’exploitation réalisée par l’OFIMER.

2) C’est le deuxième mérite du cycle de réunions lancé par Michel Barnier. L’OFIMER a procédé à l’analyse des comptes d’exploitation de toute la filière.

Les pêcheurs s’étonnaient de l’écart entre le prix payé au consommateur et leur propre rémunération à quai. Il leur a fallu se rendre à l’évidence. Mareyeurs, distributeurs ? « Si l’un d’entre eux faisait une marge extraordinaire, cela se saurait ! » a dit Michel Peltier, directeur de l’OFIMER. Convaincus ou pas, les pêcheurs devront affronter cette réalité : la désignation d’un bouc émissaire ou la focalisation sur la marge de l’un ou de l’autre des acteurs de cette filière n’offre pas de piste de réforme possible.

D’autres réunions vont avoir lieu. Il s’agit maintenant de reprendre l’offensive et de relancer le marché du poisson.

La filière pêche, du fait de la diminution des ressources, est menacée. C’est le problème numéro un. Il faut donc clairement poser la question des sources d’approvisionnement, de l’élevage et des produits de substitution (d’importation ?).

Il faut aussi une réflexion sur les conditions de mise en marché du poisson (création de labels et de marques pour fidéliser les consommateurs).

Un chantier énorme dont les principaux acteurs seront d’abord les poissonniers, principaux promoteurs du poisson. Voilà qui nécessite aussi qu’on les respecte, qu’ils travaillent à Rungis, en centre ville ou en grande surface.

C’est du bon sens, mais par les temps qui courent…

Michel-Edouard Leclerc

Jeudi 27 mars 2008

Un « Edouard Leclerc » peut en cacher un autre !

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Edouard Leclerc en campagne ! Ce n’est pas un gag. Ce n’est pas non plus une contrefaçon. Et encore moins un clone. Mais on a beau s’être habitué à voir son nom affiché sur tous les murs de France, ça fait un petit choc de le retrouver sur un bulletin de vote … d’un candidat du Parti Communiste Français.

C’est un ami qui me l’a fait parvenir. Il avoue avoir quelque peu hésité, « des fois qu’en contrepartie du vote, il pourrait accumuler des tickets E. Leclerc ou tout autre rabais ».

Bon, plus sérieusement, il s’agit tout simplement d’un homonyme.

Je suis allé sur « Google ». Edouard Leclerc était candidat du Parti Communiste Français à Gournay-en-Bray. Il n’a pas été élu. Il avait pourtant une tête bien sympa. Et apparemment, il ne manquait pas de convictions.

Allez ! Les Edouard Leclerc ne sont pas légion. Saluons avec élégance ce très lointain…cousin normand.

Michel-Edouard Leclerc