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	<title>De quoi je me M.E.L &#187; Economie</title>
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		<title>Loi LME : le forcing de l’ANIA</title>
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		<pubDate>Tue, 06 May 2008 21:20:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mobilisées contre le projet de loi LME (Loi de Modernisation Economique) qui sera débattu au Parlement le 22 mai, 7 grandes fédérations professionnelles se sont, le 24 avril, érigées en rempart de l’industrie et de l’agriculture françaises. Sans complexe, sans pudeur, sans retenue, l’ANIA, maître d’œuvre de l’opération, décidait de s’abriter derrière le sort des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mobilisées contre le projet de loi LME (Loi de Modernisation Economique) qui sera débattu au Parlement le 22 mai, 7 grandes fédérations professionnelles se sont, le 24 avril, érigées en rempart de l’industrie et de l’agriculture françaises. Sans complexe, sans pudeur, sans retenue, l’ANIA, maître d’œuvre de l’opération, décidait de s’abriter derrière le sort des « Petits » (CGPME, agriculteurs) menacés de faillite ou de délocalisation. Rétablir la négociabilité des tarifs reviendrait à « remettre les clés de nos entreprises aux mains de la grande distribution », assénait le grand maître de cérémonie, Jean-René Buisson, ancien de Danone, vice-président du MEDEF, président de l’ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires). </p>
<p>JRB n’a jamais fait dans la dentelle. Avec lui, sur un plateau de TV, devant une commission parlementaire, ou même en face du Président Sarkozy, on est dans un film de Coppola. Avec gros plan sur les regards furibonds, la rougeur de peau sensée illustrer la colère, et le doigt pointé pour la détermination ! Les slogans jaillissent spontanément de sa bouche. Avec lui, on n’est jamais dans un cercle distingué d’économistes. Tout est dans le rapport de forces. </p>
<p>Dans son interview télévisée du 24 avril, le Président a coupé court à l’évocation de cette pression des grands industriels. Passablement irrité, il a renvoyé chaque corporation dos à dos. Il fera la négociabilité des tarifs, a-t-il assuré. </p>
<p>Mais JRB entend bien mener sa « blitz krieg » sur les parlementaires UMP, dont il sait que les députés ruraux sont sensibles à la cause des « Petits ». La loi Galland, c’était déjà cette fraction du RPR et de l’UDF qui l’avait votée ! Jean-Pierre Raffarin, Christian Jacob avaient su récupérer les angoisses de la France rurale et habiller cette loi anti-concurrentielle de plusieurs vertus supposées : protection des PME, aménagement du territoire, préservation de l’emploi que « tue le prix bas », etc. Il ne faut donc pas négliger l’impact du lobbying de l’ANIA sur les députés et les sénateurs. </p>
<p>A la lecture des documents émanant de l’ANIA, le rouleau compresseur, JRB, a mis le paquet ! Dans une note adressée aux associations adhérentes, il récapitule les arguments des industriels (<i>nous y reviendrons dans une prochaine note</i>) et les actions « que nous prévoyons d’engager jusqu’à l’adoption du texte par le Parlement ». </p>
<p>Je serais député, je n’aimerais pas trop être cité dans ce genre de document. Personne n’a jamais eu d’illusions sur l’autonomie de certains parlementaires. Les officines sont légion et très actives dans les sous-sols de l’Assemblée. Chaque corporation a ses relais, fait appel à des sociétés spécialisées et tient couvert de manière tout à fait transparente à la Maison de l’Amérique Latine, chez Ma Bourgogne et jusqu’à la table de Le Divellec, de l’autre côté de la place des Invalides. </p>
<p>Il n’empêche ! Il ne faut avoir peur de rien pour confirmer ces déjeuners « <b>avec une vingtaine de députés très positifs et avec lesquels nous gardons un contact serré. Ces échanges nous ont permis d’identifier clairement les députés qui pourront soutenir nos différents amendements, en cours de finalisation. </b>.  » </p>
<p>Quels députés ? « Je tiens à votre disposition <b>un fichier à jour avec la liste des députés et sénateurs rencontrés, afin de bien quadriller le dispositif et de n’oublier personne</b>. » </p>
<p>JRB envisage de rameuter devant le Parlement : « Nous vous confirmons par ailleurs que le principe d’une manifestation publique est retenue, si les démarches entreprises actuellement n’aboutissent pas. » Attendons-nous à voir donc défiler la fine fleur des PME françaises, mobilisées par la CGPME, et les agriculteurs. Peut-être même y verra-t-on les représentants de quelques syndicats de salariés de l’industrie agroalimentaire (FGA CFDT) qui ont toujours défendu les intérêts patronaux dans ce débat sur la loi Galland. </p>
<p>Mais j’ai hâte de voir si, dans le cortège, les patrons de Nestlé, de Danone, de Lactalis, de Bonduelle ou des grandes entreprises agroalimentaires oseront s’afficher dans la cohorte des « Petits ». Je ne suis sûr que d’une chose : au milieu des slogans contre les prix bas, il n’y aura aucune pancarte pour afficher la hausse des profits de ces entreprises en 2007. </p>
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		<title>Publicité sur les prix : la législation est trop frileuse !</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Mar 2008 20:59:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tout le monde en convient : les prix les plus bas sont offerts dans les zones de chalandise les plus concurrencées. C’est ce constat qu’ont retenu les experts de la Commission Attali pour demander le démantèlement de la loi Raffarin, véritable créatrice de rentes de situation. Mais pour que les consommateurs puissent choisir entre enseignes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tout le monde en convient : les prix les plus bas sont offerts dans les zones de chalandise les plus concurrencées. C’est ce constat qu’ont retenu les experts de la Commission Attali pour demander le démantèlement de la loi Raffarin, véritable créatrice de rentes de situation. Mais pour que les consommateurs puissent choisir entre enseignes de distribution, encore convient-il qu’ils aient accès à une information accessible et lisible sur les prix, préalablement à leur déplacement.</p>
<p>Les publicités dans la presse, dans les catalogues, et les relevés de prix effectués par les organisations de consommateurs peuvent les y aider.</p>
<p>Mais paradoxalement, la législation a limité cet exercice. Dans deux secteurs !</p>
<ol>
<li>A la télévision d’abord :
<p>Les distributeurs ont accédé à la publicité télévisée depuis le 1er janvier 2007. Mais allez savoir pourquoi, ils n’ont pas le droit d’y parler de prix si ce n’est en termes génériques. Quel curieux paradoxe. En pleine période de retour de la hausse des prix, les distributeurs peuvent paraphraser le fameux sketch de Fernand Raynaud : « Elle est belle mon orange pas chère ». Mais ils ne peuvent pas en dire le prix.</p>
<p>De même, les industriels de la téléphonie peuvent racoler pour leur réseau (SFR, Orange, Bouygues, Virgin, etc.). Mais les distributeurs concurrents ne peuvent rivaliser dans le discours en faisant valoir la pertinence prix de leur offre.</p>
<p>J’ai donc écrit à Luc Chatel, hier, pour que, dans son projet de loi de modernisation de l’économie qui sera présenté au printemps aux parlementaires, figure l’autorisation d’effectuer des publicités de prix à la télévision.</p>
<p>Vous doutez de l’effet ? Allons donc. Imaginez E. Leclerc, Auchan ou Intermarché publiant leurs prix de carburants avant les départs en vacances… Laissez-moi vous dire que ça pèserait sacrément sur les prix du réseau !</p>
</li>
<li>La publicité des fruits et légumes :
<p>J’en ai déjà parlé sur ce blog. Feuilletez, dépouillez les catalogues des enseignes de la grande distribution, ou même des enseignes spécialisées. Vous y verrez de belles photos d’asperges, de salades, de carottes ou de bananes. Mais jamais, ou rarement, des prix indiqués. La législation, dans ce domaine, est parfaitement hypocrite. Oui, elle autorise la publicité de prix, mais à une seule condition : les distributeurs doivent, préalablement à leur publication, obtenir l’accord de l’interprofession agricole. Ces mêmes interprofessions qui se sont battues depuis dix ans pour que nous limitions les prix bas et les rabais censés faire chuter les cours sur les marchés de gros !!!</p>
</li>
</ol>
<p></p>
<p>Je reconnais que les syndicats agricoles n’en font plus un casus belli. La FNSEA et la FNPL ne défendent plus cette position que du bout des lèvres. Mais le meilleur moyen de faire baisser le prix des fruits et légumes n’est-il pas d’inciter les commerçants à rivaliser sur ce sujet.</p>
<p>Le maintien de cette disposition produit, à mon sens, deux inconvénients : </p>
<p>a)  Il n’incite pas les consommateurs à aller voir ailleurs. Ceux-ci, fidèles à leur hypermarché, y achètent des fruits et légumes presque en « clients captifs ». Pourquoi quitter leur magasin favori s’ils sont maintenus dans l’aveuglement des prix pratiqués par les concurrents.</p>
<p>b)  Même les distributeurs, du coup, ne voient pas l’intérêt de faire la publicité sur ces produits. Une belle photo ne saurait constituer un bon argument de vente. Et alors que les pouvoirs publics incitent, dans le cadre du plan santé, à consommer des fruits et légumes, cette législation freine toute communication sur ce secteur, à contre-courant des réels besoins.</p>
<p>La balle est dans le camp des pouvoirs publics. Cette liberté retrouvée sur la communication TV et les fruits et légumes pourrait constituer un élément positif d’une activation de la concurrence en France. J’espère avoir convaincu Luc Chatel.</p>
<p>A suivre…</p>
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