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	<title>De quoi je me M.E.L</title>
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		<title>Bretagne à Paris : le dîner des Celtes</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Mar 2010 17:13:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a quelques jours, j’étais invité à plancher devant 150 convives réunis pour parler des activités de nos « compatriotes bretons ».
Le dîner celtique est une vieille institution puisque créé en 1879 par un journaliste, Henri Gaidoz, et qui fut souvent présidé par Ernest Renan.
Une personnalité, représentative d’une facette de l’activité culturelle et économique de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques jours, j’étais invité à plancher devant 150 convives réunis pour parler des activités de nos « compatriotes bretons ».</p>
<p>Le dîner celtique est une vieille institution puisque créé en 1879 par un journaliste, Henri Gaidoz, et qui fut souvent présidé par Ernest Renan.</p>
<p>Une personnalité, représentative d’une facette de l’activité culturelle et économique de la Bretagne, est conviée pour répondre, en direct, sans fard et sans détour, aux questions du fan club.</p>
<p>Ce soir-là, il y avait quelques chefs d’entreprise (Le Duff, « La Brioche Dorée »), des journalistes (Paul Burel d’Ouest France), la sympathique directrice de l’ANIA, et aussi un amiral, des médecins, des étudiants, des publicitaires…</p>
<p>Atmosphère bon enfant. Les questions sont pertinentes, impertinentes aussi. Ca chauffe parfois, mais il y a un modérateur attentif.</p>
<p>C’est Yannick Le Bourdonnec qui orchestre. Il a relancé l’initiative. Il y a déjà à Paris un Club de Bretagne, souvent décrit dans les hebdos comme un instrument du lobby breton. Yannick, qui en son temps apporta son aide au Club, a voulu rajeunir cette manifestation, l’ouvrir sur une Bretagne moderne, moins nostalgique.</p>
<p>Parmi ses invités : Anne-Marie Idrac, Bernard Fixot, Jean-Pierre Denis (Crédit Mutuel de Bretagne), Christian Noyer (Banque de France), Vincent Bolloré, Jean-Louis Chrétien, PPDA, etc. Et prochainement…l’archevêque de Rennes, Monseigneur d’Ornellas.</p>
<p>Il y a aussi quelques figures bretonnes hautes en couleur. Tel l’éditeur Jean Picollec, toujours prêt à « placer » ses bouquins ! Et d’autres qui méritent d’être connues. J’ai assisté à une intervention de Françoise Livinec en faveur du musée du Faouët. Ce soir-là, elle cherchait des tableaux pour l’expo de l’été. « C’est la fille du véto de Carhaix », études de psy, puis galeriste avenue Matignon. Elle s’est aussi entichée de l’ancienne école publique d’Huelgoat. Elle a transformé les salles de classe en centre d’art contemporain. Efficace, sympa !</p>
<p>Yannick Le Bourdonnec a su ne pas tomber dans le piège du format : « Cultivons notre réseau ». Ce n’est pas non plus le dîner du village gaulois version Uderzo. Non, non, c’est du sérieux : dans son association, se côtoient Gérard Pont (Morgane Production), les frères Guillemot, Bertrand Meheut (Canal +), Irène Frain et même…Jean-Michel Lemétayer (FNSEA).</p>
<p>Prosélyte, mais éclectique…une initiative comme on les aime. Yec’hed mad !</p>
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		<title>Tom Ford : A single man</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 15:22:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités / Débats (Arts)]]></category>
		<category><![CDATA[Arts / Culture]]></category>

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		<description><![CDATA[
En pénétrant dans la sublime salle de La Pagode, j’appréhendais le visionnage de ce premier film de Tom Ford. Une RP excessive, très centrée sur le réalisateur, trop flatté dans les rubriques « mode » au risque de l’être aussi pour la critique cinématographique. Et, franchement, je n’étais pas partant pour une énième histoire d’homo, désespérément militante, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1055" title="BLOG 110310" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/03/BLOG-110310.JPG" alt="BLOG 110310" width="355" height="481" /></p>
<p>En pénétrant dans la sublime salle de La Pagode, j’appréhendais le visionnage de ce premier film de Tom Ford. Une RP excessive, très centrée sur le réalisateur, trop flatté dans les rubriques « mode » au risque de l’être aussi pour la critique cinématographique. Et, franchement, je n’étais pas partant pour une énième histoire d’homo, désespérément militante, comme si le happening de la Gay Pride n’avait pas définitivement acquis son allure d’évènement institutionnel.</p>
<p>Eh bien, je dois dire que j’ai aimé ce film. Malgré des pesanteurs, des excès ! J’ai été touché au cœur par une émotion que je n’attendais pas.</p>
<p>Des longueurs ? Assurément. Comme ces regards d’hommes, beaux, mais finalement aussi vides que des photos de mode. Oui, le temps est bien long quand Narcisse se complaît dans son miroir.</p>
<p>Tout comme est excessive cette photo esthétisante, ce parti pris d’un cadrage systématiquement léché, sans aspérité aucune.</p>
<p>Mais Tom Ford multiplie les clins d’œil. Référence à Wong Kar-wai, à Beinex (Diva), au cinéma des années 80, jusque dans le choix d’une lumière qui donne à la pellicule cette impression de papier glacé : « J’ai toujours envie d’embellir la réalité, surtout pas de l’appauvrir » (Paris Match, 18/02/10).</p>
<p>On adhère assez vite à ce parti pris. Colin Firth (génialissime) incarne cette « recherche de la perfection ». Maison d’architecte, voiture ancienne, dressing et salle de bain surdimensionnés, toute cette réalité qui semble donner du sens au monde de la mode et des arts, toute cette réalité…devient agression quand survient l’accident mortel.</p>
<p>Oh, jusqu’au dernier moment, cette « tyrannie du beau » aura raison du chagrin de Narcisse. Jusque dans cette mise en scène méticuleuse et ordonnée d’un suicide qui ne saurait laisser de tache sur l’oreiller !</p>
<p>C’est la douleur qui conduit Colin Firth à prendre de la distance avec son monde. Son caractère l’y poussait déjà. George (Firth) manie facilement l’ironie. Mais face à deux jeunes éphèbes, immigré ou étudiant, il finit par se trouver « pitoyable ».</p>
<p>On retrouve, ici, l’une des obsessions de Tom Ford : « Pour beaucoup, la sexualité est ce qu’on fait dans un lit, pas pour moi. George cherche un sens à donner à sa vie après la mort de son compagnon. Le sexe aurait détruit sa quête » (Paris Match, 18/02/10).</p>
<p>Deux scènes illustrent particulièrement ce parti pris : celle, platonique, mais douillette et touchante, où les amants, un soir, échangent entre eux leurs impressions (une musique, une lecture), et celle où George vient se réfugier dans les bras de Charley (Julian Moore), sa « première » femme.</p>
<p>Dans une mise en scène qui exclut toute référence explicite à l’érotisme, Tom Ford, pour le coup, transgresse les modes et les codes, pour parler d’amour, « d’un vrai amour », d’une manière très pudique, parfois cocasse, toujours très digne.</p>
<p>J’ai été finalement bouleversé par cette très belle histoire qui donne à réfléchir sur la place de l’artifice et le sens de la vie.</p>
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		<title>Thon rouge : réaction de pêcheurs-artisans et d’armements industriels</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Feb 2010 15:48:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
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Getty Images©
La prise de parole des Centres E. Leclerc sur la commercialisation d’espèces de poissons menacées a fait mouche. Pour son parti-pris clairement revendiqué : refuser la stigmatisation des pêcheurs.
Comité National des Pêches :
Ce n’est pas facile pour Pierre-Georges Dachicourt, président du Comité National des pêches, de gérer à la fois les intérêts économiques de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><img class="aligncenter size-full wp-image-1040" title="BLOG_240210" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/02/BLOG_240210.jpg" alt="BLOG_240210" width="226" height="340" /></em></p>
<h6 style="text-align: center;">Getty Images©</h6>
<p><em>La prise de parole des Centres E. Leclerc sur la commercialisation d’espèces de poissons menacées a fait mouche. Pour son parti-pris clairement revendiqué : refuser la stigmatisation des pêcheurs.</em></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Comité National des Pêches</span></strong> :</p>
<p>Ce n’est pas facile pour Pierre-Georges Dachicourt, président du Comité National des pêches, de gérer à la fois les intérêts économiques de la profession et les enjeux écologiques. On parle du thon, c’est le produit star, mais derrière, il y a toutes les autres espèces dont la gestion va impacter la filière. Tous les pêcheurs appréhendent l’effet « jurisprudence » du dossier « thon rouge ». N’empêche, Dachicourt a été le premier à se manifester et à se féliciter que dans notre campagne, « l’aspect socio-économique prime autant que la préservation de la biodiversité ».</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Armements industriels</span></strong> :</p>
<p>Notre position irrite évidemment certains armements privés ou coopératifs. Je peux le comprendre. A leur charge, ils n’ont franchement pas été suffisamment proactifs sur ces questions. A leur décharge, il leur tombe dessus de nouvelles contraintes. Et personne n’a encore dit, encore moins chiffré, le financement de ce manque à gagner. Ne l’oublions pas, c’est toujours plus populaire de fustiger l’industriel par rapport à l’artisan. Mais l’industrie de la pêche, c’est de l’emploi concret à Boulogne et à Lorient.</p>
<p>Hervé Jeantet, patron de l’armement Dhellemmes, est forcément amer. Il l’a dit à notre adhérent de Concarneau. En anticipant les résultats de négociations internationales, on force la main aux Japonais sur le thon ou certaines espèces d’eaux profondes (siki-empereur) mais on entérine la concurrence déloyale sur le cabillaud-merlu des organisations espagnoles (fraudes massives sur les quotas) et de l’Europe du Nord (qui a moins de charge).</p>
<p>Rappelant le nombre d’emplois du secteur industriel de la pêche, il a cette phrase qui fait réfléchir sur les véritables enjeux : « <strong>Les Américains se vantent d’avoir sauvé les bisons, dommage qu’ils n’aient pas fait de même pour les Indiens</strong> ».</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Pêcheurs-artisans</span></strong> :</p>
<p>La publicité, en tout cas, a été bien reçue du côté du pays basque. De Guetaria, Saint-Sébastien ou Saint-Jean-de-Luz, les messages remontent, positifs. « La communication faite autour de la problématique thon rouge, que ce soit par votre profession ou par le relais des « étoilés » du Michelin, nous a toujours été néfaste car éludant la pêche à la ligne et à l’appât vivant. » Mikel Arregui, patron de deux sociétés de mareyage (Dima/Ladimar), défend le caractère durable de cette méthode de pêche qui pourrait garantir une bonne gestion des ressources et la compatibilité avec la commercialisation du thon rouge.</p>
<p>A suivre…</p>
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		<title>E. Leclerc et les thons : Greenpeace boude son plaisir</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 11:55:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Position et engagement :
Un communiqué et des placards dans la presse quotidienne régionale et nationale : j’avais laissé, ici, un peu transpirer la réflexion. Vendredi dernier, les adhérents E. Leclerc en charge du développement durable ont su engager l’enseigne et le faire savoir.
Concrètement : les Centres E. Leclerc confirment le retrait de leurs étals de certaines espèces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="text-decoration: underline;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1027" title="980032 LECLERC POISSON 297x420.indd" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/02/LECLERC_POISSON-350x368.jpg" alt="980032 LECLERC POISSON 297x420.indd" width="350" height="368" /></span></strong></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Position et engagement</span></strong> :</p>
<p>Un communiqué et des placards dans la presse quotidienne régionale et nationale : j’avais laissé, ici, un peu transpirer la réflexion. Vendredi dernier, les adhérents E. Leclerc en charge du développement durable ont su engager l’enseigne et le faire savoir.</p>
<p><strong>Concrètement : les Centres E. Leclerc confirment le retrait de leurs étals de certaines espèces de poissons dont la commercialisation représentait un danger pour l’équilibre des ressources (siki, flétan blanc, lingue bleue). Ils s’engagent à bannir « le thon rouge industriel » et à ne proposer que du thon rouge provenant exclusivement de la pêche artisanale. (</strong><em>Je réponds ainsi à Jahrool</em><strong>).</strong></p>
<p><strong><a href="http://www.mouvement-leclerc.com/content/xml/mouvement_fr_developpement_durable_commerce_equitable.xml">Pour plus d’infos cliquez ici. </a></strong></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">La réaction de Greenpeace</span></strong> :</p>
<p>J’en étais sûr (vieille méfiance d’un ancien militant des Amis de la Terre !). Ceux de Greenpeace allaient trouver à redire. Classique : tu n’agis pas, Greenpeace te dénonce. Tu agis, Greenpeace critique. (E. Leclerc n’a pas eu de soutien quand il s’agissait de se battre pour la suppression des sacs plastiques.)</p>
<p>Ils étaient donc le petit doigt sur la couture du pantalon. A peine la campagne de pub sortie de presse, Greenpeace se fendait d’un communiqué pour accuser notre enseigne de « manipulation ».</p>
<p>Je veux bien croire qu’un mot ou deux dans la pub pouvaient prêter à interprétation. Mais le communiqué détaillait suffisamment notre position. Quand on dit qu’on arrête la commercialisation des thons rouges provenant des 28 senneurs français, soit l’intégralité de la pêche industrielle, et qu’on insiste par ailleurs pour dire qu’on ne boycottera pas le thon des pêcheurs-artisans, ça ne peut pas être plus clair !</p>
<p>Après, que cela plaise ou ne plaise pas, c’est une autre histoire. Mais, pour notre part, nous assumons ce parti-pris respectueux des modes de pêche responsables.</p>
<p>Bien sûr, cette position nécessite qu’on se donne les moyens d’en contrôler la pratique (<em>Jean a raison, une partie des achats s’effectue en direct et à l’initiative des chefs du rayon marée de chaque magasin</em>). A nous d’être cohérents et de faire le ménage. Mais ce qui compte, vous en conviendrez, c’est que cette décision puisse peser dans le débat et sur les pratiques de la filière.</p>
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		<title>Biodiversité : l’écologique et le social en conflit</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 16:26:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Je sors d’une réunion avec des responsables de notre approvisionnement en poissons. Evidemment, le sujet du jour, c’est le sort du thon rouge. Et, plus globalement, celui des espèces menacées. Il y a les partisans d’un boycott total et ceux qui prônent une démarche plus progressive. Il y a les purs écolos et ceux que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-1021" title="ILLUST VIAL037" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/02/ILLUST-VIAL037-350x242.jpg" alt="ILLUST VIAL037" width="350" height="242" /></p>
<p>Je sors d’une réunion avec des responsables de notre approvisionnement en poissons. Evidemment, le sujet du jour, c’est le sort du thon rouge. Et, plus globalement, celui des espèces menacées. Il y a les partisans d’un boycott total et ceux qui prônent une démarche plus progressive. Il y a les purs écolos et ceux que la question sociale interpelle. Mêmes débats que dans la filière bois où la question du sort des populations vivant de la sylviculture reste dramatiquement posée sans qu’aucune ONG, partisane du seul label FSC, n’exprime suffisamment de propositions pour les convaincre de changer de métier.</p>
<p>Concernant la ressource halieutique, le problème est simple : 75 % des stocks de poissons exploités dans le monde sont victimes de la surpêche. « <em>Empereur</em> », « <em>flétan du Groenland</em> », « <em>requin Siki</em> »…huit à dix espèces de poissons, identifiées par plusieurs ONG ou organisations scientifiques, seraient déjà inscrites au tableau des poissons disparus.</p>
<p>Depuis 5 ou 6 ans, les magasins de notre enseigne gèrent l’arrêt progressif de la commercialisation de certaines espèces. La Scapmarée, société coopérative qui approvisionne environ 370 magasins du groupe, a totalement arrêté d’acheter du « <em>thon rouge</em> » depuis 2007 et la commercialisation, depuis 2008, du « <em>bar</em> » capturé en pêche intensive en période de reproduction.</p>
<p>Mais si l’écologie est un impératif, la gestion des rapports sociaux suppose qu’on sorte des « effets de posture » et qu’on veuille bien prendre en considération les difficultés de la filière.</p>
<p>Le pêcheur aussi est une espèce menacée. C’est l’emploi, ce sont les revenus, c’est la vie familiale de milliers de personnes touchées par cette mutation qu’il faut prendre aussi en considération.</p>
<p>Les cadres des Centres E. Leclerc qui vivent aux abords des ports de pêche nous le rappellent tous les jours. D’un excès (la surpêche), il ne faudrait pas tomber dans un autre (le boycott) au motif que l’écologie imposerait ses droits, reléguant le social à la notion de dégâts collatéraux.</p>
<p>Pourtant, les pêcheurs ne manquent pas d’arguments. Pourquoi « faire contre » toutes ces populations au travail alors qu’on sait la ressource reproductible et qu’on ne pourra aboutir à une politique de pêche raisonnée sans…les pêcheurs eux-mêmes.</p>
<p>La rigueur scientifique conduit d’ailleurs à des effets pervers. Ils sont écœurés tous ces pêcheurs qui, pour gérer leurs quotas, doivent rejeter à la mer, moribonds ou écrasés, 20 % d’une morue redevenue abondante.</p>
<p>En Bretagne, des adhérents de mon enseigne ont lancé une marque de poisson frais, « <em>Amiral de Bretagne</em> ». Le logo atteste d’une sélection de produits issus exclusivement de la pêche de bateaux artisans immatriculés au pays.</p>
<p>Ca marche. Ca ne couvre pas l’ensemble des besoins. Mais désormais, 30 % du poisson (hors saumon) vendu dans les centres E. Leclerc de la Scarmor (Finistère, Côtes d’Armor et Morbihan) revendiquent cette étiquette.</p>
<p>Le combat pour la biodiversité doit être le nôtre. Mais si l’on veut la mort du pêcheur, qu’on le dise. Sinon, il faut l’accompagner, l’aider à la reconversion et promouvoir les « bonnes pratiques ».</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le prix de la musique, suite…</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Jan 2010 15:07:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Réponse à « spam », « julien », « François » et « elodie »
Les commentaires sur les systèmes de tarification de la musique sur Internet confondent souvent deux problèmes différents :
-         la marge de l’intermédiaire qui diffuse le service ;
-         la rémunération de l’artiste lui-même.
On peut discuter des marges prises par les labels sur le marché physique du disque ou par les sites légaux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Réponse à « spam », « julien », « François » et « elodie »</em></p>
<p>Les commentaires sur les systèmes de tarification de la musique sur Internet confondent souvent deux problèmes différents :</p>
<p>-         la marge de l’intermédiaire qui diffuse le service ;</p>
<p>-         la rémunération de l’artiste lui-même.</p>
<p>On peut discuter des marges prises par les labels sur le marché physique du disque ou par les sites légaux comme Deezer sur le Web. Place à la concurrence et à celui qui est le moins cher.</p>
<p>Mais, j’insiste. Si personne ne paie (invoquant l’obligation de gratuité ou l’appel au piratage), il faudra bien trouver un mode de rémunération pour l’artiste.</p>
<p>Un artiste qui ne vit pas de son art, c’est un chômeur. Si l’on ne reconnaît pas le droit d’auteur, il ne restera plus que des artistes sponsorisés (jusqu’à devenir l’homme sandwich d’une marque) ou financés par les collectivités publiques (vive le temps des soviets !). En caricaturant, je dirais qu’on aura le droit de choisir entre la Star Ac sur TF1 et l’Eurovision sur France 3.</p>
<p>Désolé, spam, tu as adopté une posture parce que, aujourd’hui, l’offre est pléthorique et qu’il y a largement le choix. Mais demain ?</p>
<p>Pour moi, une société qui n’accepte pas de payer les artistes, ses journaux et même son accès à l’éducation (ne serait-ce que par l’impôt), c’est une société qui aliène sa liberté de choix.</p>
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		<title>La musique, la lecture, l’info sur le Web : les pirates rasent toujours gratis</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Jan 2010 14:17:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
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Getty Images©
Bonne nouvelle pour les artistes, ce matin : le barème de rémunération des chanteurs et des musiciens pour la diffusion de musique « dans les lieux sonorisés (bars, restaurants, commerces, parkings) a été revalorisé pour la première fois depuis 1987 » (source AFP). Selon la Société des Auteurs, cette revalorisation n’excèdera pas « le prix de deux cafés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1003" title="BLOG 060110" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/wp-content/uploads/2010/01/BLOG-0601101.jpg" alt="BLOG 060110" width="340" height="224" /></p>
<h6 style="TEXT-ALIGN: center">Getty Images©</h6>
<p>Bonne nouvelle pour les artistes, ce matin : le barème de rémunération des chanteurs et des musiciens pour la diffusion de musique « dans les lieux sonorisés (bars, restaurants, commerces, parkings) a été revalorisé pour la première fois depuis 1987 » (source AFP). Selon la Société des Auteurs, cette revalorisation n’excèdera pas « le prix de deux cafés par semaine pour un bar » ou « moins d’une coupe de cheveux tous les 5 mois pour un coiffeur ». Génial.</p>
<p>Mais en attendant l’efficacité supposée de la loi Hadopi, le piratage continue de faire des ravages.</p>
<p>Les artistes déjà bien établis en notoriété s’en tirent encore. Ils font des concerts, arrivent à marketer des CD sympas. Pour les autres, c’est le début de la galère. Et si les majors, pourtant décriés, n’arrivent plus à financer « les jeunots » par la marge sur des blockbusters, toutes ces filières (incluant labels musicaux, production DVD et jusqu’aux journaux papier) vont vivre une crise pas possible !</p>
<p>Le 3 janvier dernier, Bono, le chanteur de U2, a dénoncé les opérateurs économiques : ceux qui abritent le nouveau marché de la musique en ligne, ceux qui couvrent les échanges de fichiers et qui empochent les profits.</p>
<p>Dans l’économie réelle, tout commerçant, grand ou petit, généraliste ou spécialiste, est tenu de s’assurer de la qualité des produits vendus, tant en matière de sécurité, de respect des normes d’hygiène et des conditions légales d’accès. Pas de journaux pédophiles au rayon presse, pas d’alcool aux moins de 18 ans, pas de white spirit en vente libre, pas de produits frelatés, etc., etc. Et si des trafiquants opéraient des échanges de denrées illégales (drogue) dans nos magasins, nous aurions à rendre compte.</p>
<p>Pourquoi les commerçants du Web seraient-ils exonérés des mêmes responsabilités !</p>
<p>Bono a raison. Les opérateurs du Web ont bien la clé de l’antivol. La plupart des sites ont segmenté leur offre par zone géographique, ne serait-ce que pour s’adapter aux langues locales. Ils doivent déjà rendre compte de certaines pratiques illégales : propos racistes, publications nazies, transactions financières douteuses, etc. Les algorithmes de leur moteur de recherche sont même capables de tenir compte des préoccupations politiques de certains pays (censure en Chine, garde-fous « moraux » dans plusieurs républiques islamiques).</p>
<p>Cessons donc, dit Bono, cette hypocrisie qui focalise toute la répression sur les clients, sans exiger que la liberté d’exercice professionnel sur le Web soit liée au respect de la légalité.</p>
<p>Au fait, où en est-on avec Hadopi ?</p>
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		<title></title>
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		<pubDate>Thu, 24 Dec 2009 13:38:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 
JOYEUX NOËL À TOUS
 
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			<content:encoded><![CDATA[<p> <img class="aligncenter size-medium wp-image-976" title="joyeux_noel046" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/joyeux_noel0461-350x280.jpg" alt="joyeux_noel046" width="350" height="280" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">JOYEUX NOËL </span><span style="color: #ff0000;">À TOUS</span></h2>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"> </span></h2>
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		<title>Charlie Winston, Lou Reed, et d’autres encore. Rencontres avec des musiciens remarquables</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Dec 2009 11:15:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités / Débats (Arts)]]></category>
		<category><![CDATA[Arts / Culture]]></category>

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		<description><![CDATA[En 2010, notre enseigne va dépasser 12 % de part de marché du disque (CD). Patrick Caillaud, passionné de musique (c’est mon mentor aux Vieilles Charrues), a en charge la politique commerciale des Espaces Culturels. Quand d’autres, à la Bastille, ferment pour insuffisance de rentabilité, lui, teste amoureusement nos sélections dans son coin pommé de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>En 2010, notre enseigne va dépasser 12 % de part de marché du disque (CD). Patrick Caillaud, passionné de musique (c’est mon mentor aux Vieilles Charrues), a en charge la politique commerciale des Espaces Culturels. Quand d’autres, à la Bastille, ferment pour insuffisance de rentabilité, lui, teste amoureusement nos sélections dans son coin pommé de Bretagne. Il veut que je convaincs tous nos adhérents de multiplier l’offre en linéaires, quelle que soit la taille des magasins (« c’est l’offre qui fait la demande »). Du coup, me voilà enrôlé par les équipes du secteur musique (Oussey, Philippe, etc.) pour rencontrer les labels, majors ou indépendants, et, en pleine négo, confirmer la démarche. On verra si je suis efficace. Mais je joue le jeu d’autant plus que je vais de découverte en découverte. Je partage avec vous…</em></p>
<p><strong>Charlie Winston</strong>, le 14 novembre 2009 : Je ne connaissais de lui que les deux ou trois chansons dont nous inonde la FM. Sympa, mais déjà très « commercial ». A l’Olympia, en live, CW révèle qu’il est capable d’exceller dans tous les registres. Il nous a gratifiés de numéros solos, d’impros (avec arrêt sur image), d’un duo avec un excellent cithariste (son régisseur). (Comme la grande Bardot, la veille), il a sauté de l’estrade et, sur les épaules d’un colosse, il a traversé la salle en chantant. Le public exultait.</p>
<p>Back stage : Au café Mélodie, café mythique où l’on croise des gens sympas (Zazie, Louis Chedid), il se laisse guider par son label’s boy, Marc Thonon (Atmosphériques). Il a chaud, il est crevé (mal au dos), mais, toujours souriant, passe du temps avec chacun.</p>
<p>D’Oscar Wilde, il a les airs de dandy cool. Génial, ce costard, piqué lors du tournage d’un clip avec Audrey Tautou (bientôt sur les écrans). L’homme est élégant, il aime la sape. Grâce, légèreté, fluidité, Winston est un ado tout en hauteur, qui veut prendre la vie du bon côté. Il dit vouloir apprendre à voler : « Je m’entraîne tous les matins à décoller de mon lit ». Il fantasme sur cette scène de Caro Diario (Moretti) avec traversée de Rome en scooter sur la musique de Keith Jarrett.</p>
<p>Il cultive un français très méritant, tout mâtiné de l’accent du quartier des Abbesses qu’il fréquente assidûment. Il parle musique. Il aime Tom Waits, Nina Simone, Miles Davis, Dizzy Gillespie. « J’hésite sur la largeur du répertoire, il va falloir que je tranche ». A trois heures du matin, au Grand Café de Paris, il confie ses hésitations pour son prochain album. « C’est lui qui décidera. Jusqu’ici, c’est sans fausse note », confirme le patron d’Astmosphériques. Un sacré petit label, en attendant CW au Zénith et surtout, au printemps, la consécration américaine.</p>
<p><strong>Lou Reed</strong>, le 17 novembre. Dans un ancien atelier qui tient lieu de loft parisien aux époux Mattotti, Lou Reed contemple l’énorme steak que son hôtesse a préparé. Il parle bas, affiche un teint gris, le masque sombre qu’on lui connaît sur toutes les photos. Il a faim !</p>
<p>Depuis une heure déjà, en bas dans la rue, des dizaines de fans l’attendent. La TV suisse a transformé la galerie Martel en studio, tenant le public à distance. Tout le monde est impatient. Tout le monde attendra l’icône (plus de deux heures !).</p>
<p>On fête la publication de « <em>The Raven</em> » (Seuil/Fiction et Cie). Un livre magnifique illustré par le grand Lorenzo Mattotti. Les dessins sont au mur, sensuels, torturés, mystérieux, saturés de couleurs. Sur un argument d’Edgar Poe, le livret d’un opéra rock créé en 2000 et des poèmes écrits par Lou, Lorenzo a fantasmé. Extraordinaire travail qui lui vaut l’admiration du Velvet fondateur, pourtant avare en compliments.</p>
<p>Mais à 67 ans, l’homme reste fidèle à sa légende. Il cultive l’image d’un homme distant, doux mais irritable. Certains n’y verront qu’un caprice de star. En fait, pour moi qui le découvre, ça crève les yeux qu’il est d’une fragilité extraordinaire. Il a donné des interviews, répondu sur son histoire avec Nico et Sterling Morrison, les rencontres avec Warhol et les membres de La Factory. C’est ce qui sera publié dans la presse.</p>
<p>Pourtant, il est là pour les Mattotti. Parlant de ses futurs lecteurs, il aimerait insister : « J’aimerais les amener de ça (le livre sur le Velvet) vers ça (The Raven) ». On le sent fébrile. On le fait parler de musique, de politique, des expériences avec la drogue, etc. « Moi, j’ai envie de parler d’écriture, de poésie. ».</p>
<p>Dans la galerie, pendant qu’il dédicacera, il ne quittera pratiquement pas des yeux les dessins de Mattotti. A un fan, entre deux longs silences, il commente : « Le travail de Lorenzo est magnifique. La peinture aussi fait de la musique… ».</p>
<p>A suivre… (Muse et Matthieu Chedid)</p>
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		<title>&#171;&#160;Histoire&#187;&#160; et &#171;&#160;Lettres&#187;&#160; au lycée : la querelle des filières</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Dec 2009 15:34:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>M.E.L</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités / Débats (Arts)]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités / Débats (Pol.)]]></category>
		<category><![CDATA[Arts / Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[
Il faut faire la part des choses. Ceux qui s’agitent contre le projet Chatel ont aussi d’autres buts que de défendre l’enseignement de l’histoire. Des buts politiques, des intérêts corporatistes. J’en veux pour preuve cette discrimination qui voit les défenseurs des « humanités » s’indigner de la relégation des cours d’histoire en Première S, mais ne s’offusquent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-952" title="BLOG 141209" src="http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/BLOG-1412093.jpg" alt="BLOG 141209" width="179" height="300" /></p>
<p>Il faut faire la part des choses. Ceux qui s’agitent contre le projet Chatel ont aussi d’autres buts que de défendre l’enseignement de l’histoire. Des buts politiques, des intérêts corporatistes. J’en veux pour preuve cette discrimination qui voit les défenseurs des « humanités » s’indigner de la relégation des cours d’histoire en Première S, mais ne s’offusquent pas de l’absence du « français » en classe Terminale pour les mêmes séries scientifiques.</p>
<p>Inutile donc de tomber dans le piège de l’instrumentalisation, ni dans celui d’une caricature de débat. Le projet Chatel, contrairement à ce qu’on dit, instaure un quota d’heures d’histoire bien supérieur au système actuel. Et cette discipline reste en option, comme bien d’autres, en Terminale.</p>
<p>Mais c’est la faiblesse du projet global qui me laisse perplexe. Richard Descoings (Sciences Po) soutient la réforme au motif qu’il faut rééquilibrer les filières. En clair, déshabiller les Scientifiques pour rhabiller les Littéraires. Recréer de vraies spécialisations, des segmentations visibles, et les tirer en parallèle vers l’excellence.</p>
<p>J’approuve l’idée. Je suis moi-même un produit de la filière littéraire. Avec feu mon ami, le philosophe Alain Etchegoyen, j’ai défendu, auprès des chefs d’entreprise, la qualité des candidats de cette filière. Depuis toujours, je défends « Le capital lettres ».</p>
<p>Mais il faut se poser la question : en vertu de quels critères les parents et les élèves choisissent-ils d’opter pour telle ou telle filière. Le contenu des enseignements ? Oui, bien sûr. Les perspectives d’emploi, de carrière ? Normal ! Mais c’est aussi une affaire « d’image », de statut, de reconnaissance, donnée par le système éducatif tout entier aux filières qu’il est censé promouvoir.</p>
<p>A grand renfort de communication, de réseaux entretenus, de classement, les écoles d’ingénieur et les écoles de commerce influencent les choix, dès la fin de la seconde. A l’étranger, Cambridge, Oxford, Harvard, l’UCLA pour ne citer que les plus célèbres, tirent l’image des « humanités ». Mise à part Sciences Po, quelles sont les universités françaises spontanément citées pour leur expertise dans les mêmes domaines, dans le secteur des Lettres et des Sciences humaines ?</p>
<p>Oh, je ne doute pas qu’en France, nous ayons les meilleures universités, un corps enseignant dévoué et d’exceptionnelle qualité. Mais je vous assure que si l’on veut persuader les parents de pousser leurs rejetons vers ces institutions, il en faudra plus pour les convaincre que ce ne sont pas que des machines à former des profs.</p>
<p>La défense d’une filière, ça commence effectivement avant le bac, et si on veut attirer les étudiants en Littéraire, ou même en Economie, il est urgent de valoriser les débouchés de ces types d’enseignement et, au-delà du métier, de permettre à leurs étudiants d’accéder à un statut équivalent à celui qu’on reconnaît à l’ingénieur, au scientifique, au juriste. Et ne me dites pas que je défends une idéologie outrancièrement utilitariste. Dans une société qui enregistre 10 % de chômeurs, on peut défendre « les humanités » et « la culture générale » et, en même temps, se préoccuper de pouvoir trouver un emploi plus tard.</p>
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