Après le baccalauréat
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Le bac, et après ?

C’est mercredi, en Conseil des ministres, que Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, donnera le coup d’envoi d’un débat qui va saturer les gazettes, c’est sûr !

Ce sera déjà, souhaitons-le, le début d’un processus de réforme tellement nécessaire...

Accès à l’enseignement supérieur, à l'apprentissage, formation en alternance, orientation, sélection, adaptation au numérique... Tous ces chantiers méritent qu’on sorte des querelles corporatistes et idéologiques.

En attendant ce Grand Soir de l’Education nationale, je trouve que les consignes envoyées aux établissements publics révèlent du bon sens et du pragmatisme : les lycéens devront émettre sur internet leurs vœux post-bac entre le 22 janvier et le 13 mars, deux professeurs principaux aideront à l’orientation des élèves... C’est déjà une petite révolution pour le secteur public ! Exit le tirage au sort !

Mais s’il y a une vie après le bac, quid de l’épreuve elle-même ? J’aime bien le coup de gueule d’Hervé Hamon dans le Télégramme. Ce marin, ancien pacha d’un des plus puissants remorqueurs de haute mer, est désormais écrivain et éditorialiste.

Il rappelle que le bac reste à réformer, c’est "le fléau du bachotage, l’obsession du programme qu’il faut boucler à tout prix, qu’il faut enfourner dans la tête des jeunes comme on gave des oies. Le plaisir d’apprendre est détourné, la réflexion solide est travestie en automatismes, en citations toutes prêtes, en docilité laborieuse. Les élèves stressés sont des élèves qui ne donnent que l’illusion de la performance".

Il faudrait aussi, rappelle Hervé Hamon, s’attaquer à la hiérarchie qualitative des filières : "des filières étanches et hypocrites. Tout le monde sait qu’elles ne se valent pas, que la section S est la voie royale, le chemin d’excellence [...]. Tout le monde sait qu’il y a le bac général des riches et le bac pro des pauvres. L’école de la république n’oriente pas mais sanctionne, et cela de manière chafouine".

"Alléger le bac c’est bien, s’en débarrasser ce serait mieux". Vous partagez cet avis ?

4 Commentaires

Cher Mel, comme vous avez raison de relayer ce débat et les positions des débatteurs.
Le bac s'est transformé en ligne d'arrivée d'un enseignement devenu de plus en plus abscons, et c'est me semble-t-il ce dernier point qui pose le plus de problème.
Quel que soit l'examen terminal, si les études ont été de qualité...
Je ne crois pas à la réforme du résultat, mais davantage à celles indispensables des opérations qui conduisent à ce résultat. Et là, transformer un mammouth en éléphant, pas simple, mais réformer un mammouth mort, bon courage... Parce que ce qui unit tous les profs à la française est bien la même chose : "la certitude qu'ils savent"...et qu'ils ne font pas leur, la maxime socratique "tout ce que je sais c'est que je ne sais rien!" Et s'ils savent, ils savent qu'ils n'ont surtout besoin de ne rien changer... Bon courage à ce ministre-là aussi...
Rien contre une réforme du bac et des programmes des lycée et collèges, mais ensuite les programmes de l'enseignement supérieure sont dans la continuités des programmes du lycée d'il y a 30 ans et plus, la filière S( ex-C et D) à beau être royale il vaut mieux sortir de la série STL pour pouvoir continuer vers les filières supérieures techniques aujourd'hui et privilégier la série S si l'on est pas sûr de ce que l'on veut faire plus tard(scientifique, éco, droit ou lettres) ;) Mais une qualité essentielle pour trouver un travail c'est la lettre de motivation et malheureusement beaucoup sortent avec un diplôme en poche et pourtant la grammaire, l'orthographe syntaxe font défaut, c'est dommage de lire une prose tout en SMS et ça ça choque beaucoup de recruteur lorsque le candidat arrive à un certain niveau d'étude :(
Bonjour, je suis prof en lycée professionnel, et en effet se pose un problème avec certains bac pro, étant donné qu'il n'est pas nécessaire de travailler pour les obtenir. Pour le bac, Les élèves sont notés par leurs propres professeurs, ils sont assistés à mort pour les recherches de stages... Assistanat, bienveillance exacerbée... En tout cas, on ne peut pas parler de bachotage en lycée professionnel et c'est tant mieux mais on ne peut dire qu'il faut travailler sérieusement pour réussir. Enfin, tout est fait pour que les élèves poursuivent en BTS mais pourquoi donc ? Une grosse partie n'a pas le niveau et se plante lamentablement. Je serais même opposé aux poursuites d'études en lycée pro, sauf pour les élèves les plus brillants et méritants, mais le mérite, l'émulation sont des valeurs qui n'ont plus la cote car, comme à l'école des fans, tout le monde va gagner (en tout cas jusqu'au bac). Heureusement que le monde du travail départage ceux qui en veulent et les autres. Le monde du travail c'est une compétition et il faut toujours le rappeler aux élèves. L'Education nationale, c'est trop souvent le pays des Bisounours : égalité des chances oui, assistanat et complaisance non !
Dans ma jeunesse, pas si lointaine, j'ai fait le choix d'une filière technologique (alors qu'on me préconisait la voie royale) car je trouvais l'ambiance plus sympathique et l'investissement moins exigeant.

Aujourd'hui, j'ai un toit, une famille, un travail, choses que n'ont pas forcément certains de mes camarades ayant choisi la voie royale écrasés par l'université, les classes prépas, les classes d'ingénieurs, ...

Je ne suis pas quelqu'un de brillant, assurément, mais au moins je suis heureux et sain d'esprit. Et j'adresse toutes mes félicitations à ceux qui sont brillants et qui le vive bien et cela sans jalousie (oui c'est rare) !

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