Art Coronavirus
CULTURE Actus - Débats

L'art au temps du Coronavirus

Intéressant de regarder en ce moment les illustrations dans les kiosques comme sur les réseaux. Et la manière dont les artistes, après les intellectuels, essayent de s’emparer du sujet Coronavirus. J’ai une profonde admiration pour le directeur artistique de Libé qui, notamment chaque week-end, fait la part belle à la photo et à l’illustration.

De fait, dans la presse internationale, c’est l’illustration qui est d’abord à l’honneur. Le dessin de presse se fait plus rare (difficile d’être sarcastique en ces périodes, et "l’humour vache" loupe souvent sa cible.) Mais le dessin, l’aquarelle, le mixage peinture-photo permettent d’appuyer les titres quand la matière est complexe.

En revanche, quand on pose la question de la "contribution de l’art à la lutte", on reste assez perplexe. Les artistes se revendiquent souvent, paradoxalement, militants mais non asservis à une cause. Dans les quotidiens internationaux les plus militants, les postures sont restées les mêmes : idéologiques, ironiques, indignées. Avec du talent, certes, comme en France cette vidéo sur YouTube, qu’ouvre ce dessin de mon ami Kiki Picasso, co-acteur de la fameuse équipe bazooka du Libé des années punk-rock. Oui, c’est inventif, mais c'est à nous de poser la question : le marché de l'Art a-t-il atteint la pénurie ? Quelle musique peut-il nous réinventer ? Qu’est-ce que l’art et les artistes ont à dire ? Après tout, peut-être rien d’immédiat ?

2 Commentaires

Hello Michel-Edouard Leclerc,
Merci pour cette invitation à la réflexion et cette fenêtre ouverte sur autre chose que nos réalités anxiogènes.
Je crois au bout du bout, que les artistes ont à dire leur art.
La bonne journée quand même, à tous.
Vaste sujet!
Chacun verra midi à sa porte pour le parcourir. Certain verront dans les arts et les artistes la quintessence de l'inutile, d'autres à l'opposé y verront la justification ultime de l'existence.
Je revoyais Le Guepard (Visconti) ces derniers jours ("Il faut que tout change pour que tout puisse continuer comme avant..."). Durant le fameux bal, le père d'Angelica (Claudia Cardinale), s'émeut du prix potentiel d'un chandelier de grande valeur se demandant combien d'hectares de terre on pourrait avoir avec son équivalent en argent...devant le regard médusé et le silence éloquent de Don Fabrizio Salina (Burt Lancaster) qui semble dire que "tout cela" justement, n'est fait que pour vivre au milieu de tels objets... Deux mondes.
Finalement, on navigue souvent de l'un à l'autre en essayant de garder l'équilibre.
A bientôt MEL

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