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Réseaux sociaux : modérer avec modération

Entre liberté d'expression et appel à "modération", je comprends la difficulté du job pour les gestionnaires de contenus sur les réseaux sociaux, et d'ailleurs dans tous les médias.

Je suis en train de lire l'interview de Monika Bickert, directrice de la politique des contenus sur Facebook. Elle s'exprime dans Le Monde, notamment sur la question de la nudité.

C'est drôle, mais il y a deux mois, alors que j'eus publié une reproduction de Keith Haring, j’avais remarqué que l’audience de ma page semblait avoir été bloquée. Sur le coup, j'avais pesté et ironisé. D'accord, c'était des corps stylisés mais crus... il est vrai.

En lisant Monica Bickert, je comprends la difficulté. "Si c'est artistique, c'est autorisé. Lorsqu'il s'agit de photos de vraies personnes, c'est différent : parfois l'image peut être celle d'un mineur ou être diffusée sans l'accord de la personne. Si c'est une photo de femme qui allaite, si c'est une photo d'une poitrine de femme destinée à alerter sur les risques du cancer ou pour des raisons politiques, c'est autorisé. Ce n'est pas une ligne parfaite, pour personne, surtout quand on prend en compte la diversité des points de vue dans le monde".

J'imagine que de dessiner une ligne rouge, de la même manière pour trier les propos politiques, anticiper les interprétations racistes, antisémites, homophobes, etc, ça doit être encore plus complexe.

Au fond, je retiens deux choses : chacun exprime des demandes contradictoires, souvent d'ailleurs en alternance (un jour on revendique la liberté pour l'Art, un autre la censure contre les propos terroristes), et nous aurons toujours des critiques à opposer aux gestionnaires de réseaux.

Mais, vu son audience et sa part de marché, je comprends que Facebook n'a pas le droit d'avoir des états d'âme et choisira plutôt la gestion de risques en multipliant l'action des modérateurs. Dans une telle situation, je crois que je réagirais de même. Qu'en pensez-vous ?

3 Commentaires

Ce que j'en pense?
C'est que Facebook pédale fort fort fort pour essayer de faire oublier qu'il a contribué à faire élire quelqu'un, en laissant exploiter les données de leurs utilisateurs "à l'insu de leur plein gré" par un tiers de "non confiance" etc... etc... etc... tout le monde connait le dossier.
L'ouverture de ce contre-feu à l'initiative de Facebook n'a pour but que de déplacer un débat (réel) sur un terrain et selon un timing choisi par Facebook. Mais cela ne vous a sans doute pas échappé. ;-)
Bonne journée
Très bonne idée Mel de relayer cet itw.
Très américaine, très facebook aussi, la sincérité de l'instant ne résiste si à son passé immédiat, ni à son futur immédiat, qui peuvent être totalement contradictoire comme vous le notez très justement.
L'une des premières phrases de l'itw de Monika Bickert est la suivante : "Notre but numéro un, c’est la sécurité de notre communauté." Tout est dit. La communauté est plus importante que les membres qui la composent.
Quid de la sécurité individuelle de chacun des membres de la communauté à travers la confidentialité de ses données personnelles?
Je reste assez sur ma faim sur le sujet principal comme sur le sujet connexe.
C'est américain.
La question demeure pour chacun : en quoi ai-je besoin de FB? Que suis-je prêt à sacrifier à l'assouvissement de ce besoin?
Le débat n'est pas clos.
bonjour Michel-Edouard. A vous lire, 1 observation et 1 suggestion. C'est confirmé, nous vivons dans un monde ''PPP'' : Paranos dans une époque de défiance généralisée, Paradoxaux nous devenons, Poreux (pas peureux, nuance :)), autrement dit, des éponges extrêmement sensibles et versatiles. Suggestion : lire ''The Inevitable'' de l'incontournable Kevin Kelly (co-fondateur du magazine Wired) sur les 12 tendances technologiques qui marqueront notre futur. Je l'évoquerai devant vos équipes du Drive le 28 mai... Cordialement

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