Vous reprendrez bien un petit peu d’inflation… ? (Chapitre 1)
L’INSEE vient de publier les derniers chiffres de l'inflation (1% au mois d'avril, et 2,2% sur un an), portée notamment par la hausse des prix de l'énergie.
Prudent mais dans son rôle, le Gouverneur de la Banque de France juge "qu’il n’y a pas aujourd'hui de diffusion vers les autres biens et services". Cette posture n'est évidemment pas le cas de pratiquement toutes les fédérations industrielles, ni des "grandes boites multinationales" qui, déjà, crient au loup et annoncent des hausses substantielles.
On nous referait le coup des hausses du début de l'invasion en Ukraine qu'on ne s'y prendrait pas autrement !
Rappelons-nous: plus de blé, de graines de moutarde ou de tournesol, et par conséquence, des hausses de 25 à 38% sur certains produits comme les huiles et les pâtes. Avec cet argument péremptoire : si vous, E.Leclerc, Carrouf ou Mousquetons, n'obtempérez pas, nous ne vous livrerons pas !
Heureusement, les enseignes du groupe de tête ont juré qu'on ne les y reprendrait plus. Elles ont fait le job. J'en témoigne, y compris de nos concurrents. E.Leclerc, porteur du Maillot à Pois, a passé le col de l'inflation en travaillant ses prix bas et en boostant ses produits MDD.
Fin 2025 et début 2026, malgré encore des accrocs sur quelques gammes, on maitrisait bien l'évolution des prix... Mais voilà, voilà, il n'était pas dit que les lobbies multinationaux en resteraient là. Je vous invite à scruter les journaux éco. On y apprend qu'a partir du 19 mai, ça va chauffer à l'Assemblée Nationale.
Alors que tous les sondages placent le pouvoir d'achat au coeur des préoccupations des Français, plusieurs parlementaires, sous couvert d'un projet de loi censé aider nos agriculteurs, déposent de multiples amendements quasi "cousus main" au profit des grandes multinationales, ultradominantes par la notoriété de leur marque ou leur taille !
Alors que celles-ci devraient être en première ligne pour faire tampon contre la hausse des matières premières (très spéculatives), des députés proposent qu'on leur lâche la bride arguant qu'une "hausse de quelques centimes ou de quelques euros pourrait être supportée par les consommateurs". On marche sur la tête.
Je vous partage pèle-mêle quelques exemples précis tirés de ce texte :
- Instauration d'une obligation légale pour qu'un acheteur doive se justifier s'il ose demander à un industriel d'aligner ses tarifs sur un concurrent mieux disant,
- Interdiction d'arrêter les commandes ou les achats même si le fournisseur est mal placé en prix (!),
- Reconduction, sans étude d'impact, du dispositif Descrozailles qui interdit les super-promos sur les produits d'hygiène, de beauté ou d'entretien (ici, à défaut d'avoir le droit de négocier des prix aussi bas qu'en Europe, on empêche les enseignes de faire de grasses remises forçant les familles plus précaires à se priver),
- Dérogation de l'obligation faite aux fournisseurs (de la restauration comme des hypermarchés) de dire l'origine des produits ! Cette faille permet aux grands groupes de masquer l'origine et la part exacte de leurs matières premières agricoles françaises. Conséquence : on paye le tarif de matières premières agricoles sans savoir si elles sont importées, au lieu de protéger nos agriculteurs.
Franchement, amis élus du peuple, vous n’avez pas l’impression d’être à contre-courant des attentes de vos électeurs et des intérêts de la Nation ?
E.Leclerc reconnait et partage l'engagement de tous, industriels, restaurateurs et commerçants pour défendre et valoriser la "Ferme France". Ne voyez pas dans ce billet la relance d’une énième querelle entre industriels et distributeurs, mais bien une alerte sur la hausse des prix dans le budget des français. A suivre...
0 Commentaires