Pour augmenter les salaires, remplaçons les charges par une contribution du numérique et de la robotique !
Le chômage continue progresser en France et a atteint 8,3% au deuxième trimestre.
Chacun, gouvernement ou patronat, y va de son analyse : la croissance est trop molle, la conjoncture pas très bonne. L'abandon de mesures de soutien à l'apprentissage, à la formation, au premier emploi, impactent le marché du travail.
Il y a aussi un caractère un peu artificiel dans cette courbe ascendante : en obligeant les bénéficiaires du RSA à s'inscrire au chômage, le nombre de chômeurs déclarés s'élève... sur le graphique !
Reste que pour moi ces réactions illustrent une forme une sorte d'aveuglement face aux perspectives négatives du marché du travail. Dans tous les métiers, le numérique (boosté à l'IA) et la robotique concurrencent sacrement "le facteur travail".
Il y a la question de la productivité comparée des facteurs de production. Les robots concurrencent et remplacent le travail humain dans des secteurs comme l'automobile et l'aéronautique. Idem avec l'IA dans les domaines de la logistique, la comptabilité et très bientôt dans le juridique.
Et c'est alors une question de discrimination. La robotique ou le numérique ne payent pas de charges sociales, ni patronale ni salariale.
Prenez l'exemple de mon iPhone : il prend des photos sans qu'un photographe ne paye de charge, il envoie des mails sans cotisation là où le postier, cotisant, distribuait nos lettres, il me donne un accès quasi gratuit aux contenus culturels ou aux infos quand les éditeurs ou les libraires restent assujettis.
À ce rythme, les salariés au travail cotiseront pour leurs concurrents robots ou digitaux : c'est dingue ! C'est paradoxal.
Pour relancer la création d'emplois humains, il faudrait selon moi deux conditions :
1) Du coté de l'offre, le travail devrait coûter moins cher que le robot. C'est le cas si on enlève les charges énormes qui pèsent sur les embauches en entreprise.
2) Du coté de la demande, le travail doit rapporter plus !
Il faut que la perspective de rémunération, la capacité plus rapide d'acheter une voiture ou un logement, donnent envie de travailler. Pour moi, c'est clair !
L'objectif à court terme est de rapprocher le salaire net du salaire brut. Ça peut se faire sur cinq à sept ans... Par un transfert des charges sociales, en priorité salariales, vers d'autres ressources telles que la TVA, la fiscalisation du numérique au de la robotique. On sortirait ainsi de la trappe des bas salaires.
Au bas de l'échelle, et au vu de l'insatisfaction des besoins, cette augmentation bénéficierait à la consommation et à la croissance, tant dans l'agroalimentaire que dans le logement, l'automobile et le BTP !
Mais voilà. Dans notre débat public, impossible d'en discuter les scénarios. Par avance, les idéologues, même à gauche, nous disent que la TVA est un impôt injuste. Comme si la situation du travailleur n'était pas déjà elle-même injuste.
De leur coté, les leaders des secteurs qui ont déjà investi dans la robotique plaident contre un prélèvement social minimal au motif que ça va les freiner ! Mais ceux-là ont déjà tiré un trait sur l'emploi humain...
C'est un équilibre a trouver, des objectifs politiques à trancher.
Valoriser le travail, baisser le taux de chômage, c'est tout bon pour la cohesion sociale, les finances publiques et la croissance.
A contrario : une croissance sans création d'emplois, ce sera coûteux pour les finances publiques et les transferts sociaux. Et une robotisation et numérisation sans croissance, c'est pire ! Je defends mes choix. 🤗
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