Attention, le parti de l’inflation est de retour !
A l’heure où l’inflation menace notamment du fait de la guerre en Iran (hausse des coûts des transports, emballages, engrais, matières premières), la distribution française, d’une seule voix, lance un appel aux décideurs publics et professionnels pour se mettre ensemble en ordre de bataille.
Tous les Français ont récemment été témoins de la faible mobilisation depuis quatre ans contre une inflation qui a tapé jusqu’à +25% les dépenses consacrées aux produits du quotidien.
Des voix nombreuses se sont élevées pour discréditer la volonté des distributeurs d’essayer d’acheter moins cher pour vendre moins cher, alors même que les enseignes garantissaient d’agir avec discernement pour protéger les revenus de l'agriculture française et faire porter la négociation sur les multinationales.
Peu de voix ont relayé ce qui préoccupe le plus nos concitoyens : la préservation du pouvoir d’achat. Je peux témoigner qu’à défaut d’une intervention judicieuse des pouvoirs publics, c’est la concurrence entre les enseignes qui aujourd’hui freine l’inflation.
Et c’est à raison que tous les dirigeants de ces groupes rappellent la nécessité de laisser les acheteurs, quel qu’ils soient et où qu’ils soient, négocier avec les multinationales.
Savez-vous par exemple que si Carrefour, Intermarché, Auchan, Coopérative U ou E.Leclerc avaient laissé faire les industriels, la café Carte Noire aurait augmenté de +159% depuis 2021 ? Les biscuits Petit Ecolier +112% ? Le Coca-Cola +45% . Et les pâtes à tartiner +78% ? C’est dingue !
Si on fait la moyenne des prix, avant et après négos, sur un échantillon de 12 articles parmi les plus vendus, les consommateurs, malgré l’inflation, ont dépensé 52,12 euros au lieu des 71,49 euros tels qu’exigés par les multinationales.
On s’étonne du désintérêt des Français pour les débats publics. Chaque projet de loi ou d’amendement dit vouloir défendre tel ou telle corporation, mais au final c’est toujours le consommateur qui trinque.
Alors que la session parlementaire va s’achever sur la Loi d’Urgence Agricole, et alors que toutes les enseignes s’engagent à défendre la souveraineté alimentaire française, des lobbys puissants voudraient introduire des "cavaliers" pour empêcher les distributeurs d’acheter moins cher. Ou en tout cas de négocier des tarifs plus raisonnables, plus acceptables.
Pour dénoncer cette situation, E.Leclerc et les dirigeants d’Auchan, de Coopérative U, d’Intermarché et de Carrefour ont fait cause commune.
Comme le dit Philippe Michaud (E.Leclerc) : "Nous le voyons dans nos magasins tous les jours, les Français sont souvent à un euro près quand ils font leurs courses. Notre rôle c’est de négocier pour que cet euro leur rapporte le plus de pouvoir d’achat possible".
La loi française est déjà la plus restrictive en matière de concurrence en Europe. Si demain on va jusqu’à interdire de négocier les tarifs des couches pour bébés, du café ou du chocolat qui ne sont pas produits en France, et alors que les profiteurs de crise n’ont aucun complexe à afficher leurs bénéfices, qui protègera votre pouvoir d’achat ?
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Sur les photos de la conférence de presse du jour : Philippe Michaud (président exécutif d'E.Leclerc), Alexandre Bompard (Carrefour), Thierry Cotillard (Intermarché), Judith Jiguet (DG de la FCD).


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