Pouvoir d'achat : comment rapprocher le salaire net du salaire brut ?
Depuis deux ans, je milite pour que Bercy expertise des scénarios permettant de rapprocher le salaire net du salaire brut, en transférant les cotisations sociales vers une contribution issue d'autres facteurs de production.
Je parle notamment de l’intelligence artificielle, de la robotique et du numérique — ce qui concernerait également une partie des services importés. Ceux-ci ne contribuent pas au financement de notre modèle social.
L'idée, pour sortir de la trappe à bas salaires et relancer une politique d'emploi incitative, est d’élargir l’assiette des contributeurs.
C'est essentiel dans un pays dont le modèle social est confronté à un triple défi : le déclin démographique, l'allongement de l'espérance de vie et l'impact de l'IA sur l'emploi.
Ne serait-il pas logique de solliciter une contribution de votre iPhone, dont les photos, e-mails et multiples connexions ne paient plus les charges (patronales ou salariales) du photographe, du postier ou du téléphoniste ? Ou encore de la caisse automatique qui remplace l'hôte de caisse ?
Pourquoi, à gauche comme à droite, cette obstination à s'enferrer dans des débats idéologiques dépassés ? Pourquoi cette réticence à produire des scénarios chiffrés pour nourrir ce débat ? 🤔
Il y a quelques jours sur CNN, Bill Gates lui-même proposait de prélever un impôt sur la consommation de jetons d’IA (les « tokens ») ainsi que sur les robots, tout en suggérant de « réserver une partie des emplois aux humains ». Les revenus générés par cette taxe serviraient à financer la formation professionnelle (ou la reconversion) et la protection sociale des travailleurs.
Le ministre allemand des Finances s'y intéresse : « Pour pouvoir financer cette transformation du marché du travail et les reconversions, nous avons besoin de croissance et nous devons être ouverts à d’autres instruments ». S'agissant de la révolution de l'IA, il ajoute : « Si la croissance et la création de valeur ont lieu ici, alors les impôts doivent également être payés ici ». J’adhère. 👍
Est-ce être réac ou anti-innovation que de mettre ce sujet sur la table ? Non. Je propose simplement que les gains de productivité servent à ce que le travail paie mieux, en donnant plus de salaire net aux salariés !
Le prix Nobel d’économie 2024, Daron Acemoglu, écrivait dans Le Grand Continent : « Le monde doit œuvrer pour une IA au service de l'être humain. Ce n'est qu'à cette condition que la technologie pourra continuer à contribuer à la prospérité commune, au lieu de devenir un outil de domination. » J’adhère aussi. 👍👍
Aux candidats à l’élection présidentielle de s’emparer de ce débat !
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