ÉCONOMIE Communication

Politique et médias : qui fait la poule et qui fait l’œuf ?

C’était le jeudi 21 avril, vers 18h30, fin de journée de rencontres pour le Président : Le Havre, le matin, pour ponctuer la réforme portuaire, l’après-midi avec les représentants palestiniens, et ce soir, dans le jardin, profitant des derniers rayons du soleil, il reçoit, décontracté, diverses personnalités. Faire passer le message, sentir le pouls, tester… Juste avant, c’était Claude Allègre ! Comme souvent, le Président n’hésite pas à faire des digressions, des commentaires sur les médias ou le monde politique. On s’étonne de le voir en forme (et de fait, il l’est !) malgré une cote de popularité aussi basse. Sûr qu’il est touché. D’ailleurs, il le dit. Il ne cache pas son irritation. Il a des mots : « abject, dégueulasse ». Il n’érigera pas, c’est sûr, une statue à Franz-Olivier Giesbert. Et il interpelle sur le film écrit par Rothman : « Ca ne s’est jamais vu d’ouvrir un festival de cinéma avec un film sur la vie privée d’un Président vivant !». On lui objecte Michael Moore, la comparaison avec George Bush. Mais lui, d’une moue plus dubitative que révoltée, replace ce film dans les dérives du système médiatique français qu’il qualifie de « machine à broyer ». A ce moment-là, je comprends qu’au-delà des révisions stratégiques et de possibles nouveaux plans de bataille, c’est là-dessus qu’il compte. La question n’est pas tant au premier tour de faire un joli score…que d’être en tête dans une compétition qui va en laminer plus d’un. J’étais tenté de le croire tant le week-end qui suivit, posté comme rarement devant mon poste de télévision, j’écoutais les différentes émissions, prétendument d’info. Du Grand Journal, avec les chroniqueurs qui chassent en battue (Jean-Christophe Barbier, Joseph Macé-Scaron, Ali Baddou), à Café Picouly, on y croquait du Sarkozy à pleines dents, on mâchouillait du Hollande, on chiquait du Borloo, un vrai tournoi de gueules cassées… Et si la semaine fut calme (merci Obama !), ce fut pour une nouvelle partie de chasse, ce week-end, contre DSK…comme pour accréditer la thèse du Président. Reste la question épineuse : du politique et des médias, qui fait la poule et qui fait l’œuf ? Je viens d’acheter le dernier numéro de l’excellente revue « Philosophie ». Et à la Une, devinez quoi ? Un débat Henri Guaino (conseiller du Président) et Denis Podalydès qui joue le rôle de Nicolas Sarkozy dans le film incriminé. Même si le conseiller est libre ( !!!) de ses opinions, comment imaginer qu’il participe à la promo du film (La Conquête) s’il est si gênant ? Décidément, cet univers est complexe : acrimonie d’un soir, complicité de tous les jours, l’un pourrait-il exister sans l’autre ?

2 Commentaires

Salut Mel!
Il serait intéressant que tous aprennent à faire cocorico rapidement!
Salut Mel!
Il serait intéressant que tous aprennent à faire cocorico rapidement!

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