Du graffiti au street art : une immense collection à découvrir à la Villette !
Du graffiti au street art… Une immense collection, une aventure de vandales, un moment fort de l'histoire de l'art, une très grande exposition.
Je vous invite à la visiter dans la Grande Halle de La Villette. Elle ferme avant la fin du mois.
Roger Gastman, le curateur, est ce qu'on appelle communément aux États-Unis un art dealer, sans galerie attitrée. Il collectionne depuis toujours, c'est un fou de street art.
Il a travaillé avec les plus grands artistes comme Banksy, Barry McGee, Shepard Fairey (Obey), Mister Cartoon…
Il a produit des magazines, des documentaires à foison, ainsi que deux grandes séries d'expositions : celles du MOCA (Museum of Contemporary Art of Los Angeles) et du Brooklyn Museum, et celle-ci, « Beyond The Streets », dont il décline des versions à travers le monde… Vous voulez comprendre, connaître, vous laisser impressionner et convaincre ?
Roger Gastman aime les affranchis : « La plupart des writers (graffiti) commencent par voler de la peinture, grimpent là où leur mère leur a expressément interdit d'aller, et écrivent leur nom sur quelque chose qui ne leur appartient pas ! Le graffiti a toujours prospéré dans cette zone grise entre malice et maîtrise !
» L'exposition fait la part belle aux auteurs anglo-saxons. Mais on y retrouve aussi nos frenchies : Ernest Pignon-Ernest, les frères Ripoulin, Nasty, Speedy Graphito, Blek le Rat, Miss.Tic, Jef Aérosol.
Bon, rien de très moral dans cette bruyante et foisonnante saga. 🤗 « Le monde n'a jamais laissé de place facilement à ceux qui le voient différemment » ; comme le dit l'artiste Felipe Pantone : « Le monde des arts ne s'est jamais incliné devant ceux qui n'en font pas partie ».
L'expression est un peu emphatique, d'autant que, parfois, un graffeur reconnu s'émeut de voir recouvrir son œuvre — pourtant éphémère par essence — par celle d'un nouveau vandale. C'est finalement la loi du genre.
Personnellement, je n'applique pas cette maxime à mon travail. Mais je comprends cet aveu de Felipe Pantone : « Le succès commercial n'est pas une question de statut, c'est une question d'autonomie. De se réveiller et de donner son temps à ce que l'on aime faire plutôt qu'à ce qui nous épuise. Passer ses journées à créer quelque chose de significatif, ce n'est pas de la vanité, c'est de la dévotion. Une dévotion à créer plus de beauté que d'amertume, plus de liens que de divisions, plus de sens que de bruit ! »
Bon, oui, parfois c'est beau, parfois c'est clivant, souvent c'est bruyant ou inutilement provoquant. Les œuvres présentées à La Villette ont tout de même passé le filtre de nos critiques d'art, preuve que le bourgeois sait s'accommoder. Et les marchands d'art savent le prix du sulfureux. ☝️ Mais l'ensemble sélectionné est ici impressionnant. Allez-y, vous ne serez pas déçus !






















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