Une fondation parisienne consacrée à Enki Bilal
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Une fondation parisienne consacrée à Enki Bilal

Quel artiste vivant ne rêve qu’on lui consacre un espace de rencontre ou un lieu permanent d’exposition qui soit dédié à son œuvre ? Pour Enki Bilal, c’est fait. 

C’est l’aboutissement d’un projet entre deux amis, Enki et son galeriste, Jean-Baptiste Barbier. Ces deux-là m’ont convaincu qu’à défaut d’une politique publique d’acquisition et de préservation des œuvres de bande dessinée, il fallait constituer avec quelques amis (notamment Lucas Hureau, avec qui j’ai créé MEL Publisher) un fonds circulant dans tous les musées pour magnifier les artistes du 9ème Art ! 

Enki Bilal est un phare pour trois générations. J’ai conforté mes premières convictions politiques en découvrant ses premiers albums dès 1975, notamment Les Phalanges de l’Ordre noir, coécrit avec Pierre Christin, écrivain et professeur à l’école de journalisme de Bordeaux. 

J’ai retrouvé dans ses albums l’esprit d’anticipation de Philip K. Dick, A. E. van Vogt ou Ray Bradbury, particulièrement dans les opus publiés entre 1980 et 2005 : La Trilogie Nikopol, Le Sommeil du Monstre ou Bleu Sang. 

Mon album préféré ? La Foire aux immortels ! 

Plus récemment, il a modifié sa palette avec ce dessin si puissant, juste rehaussé d’une touche de couleur : ici le bleu des cheveux, là le jaune, un coup de vert, un éclat de rouge. C’est simple, c’est fort ! 

Bilal est un acteur omniprésent de notre réflexion culturelle. Peintre, dessinateur, mais aussi écrivain, dialoguiste, scénariste et réalisateur, il a produit d’excellents films comme Bunker Palace Hôtel (1989), avec Jean-Louis Trintignant, et Tykho Moon, avec Richard Bohringer, Michel Piccoli et Julie Delpy. 

Bilal interroge les tentations oligarchiques et prédatrices dans une société en mutation, tout comme ce risque de perdition dans un transhumanisme nourricier de l’addiction et de la dépendance aux technologies. C’est tout le sujet de Bug aujourd’hui. 

La fondation est au cœur du Marais à Paris, au 22 rue Charlot. 

La fondation Leclerc avait exposé Enki à Landerneau (Métal Hurlant) et lui a consacré une magnifique salle dans le beau musée de Grenoble l’hiver dernier. Ici, j’ai prêté des œuvres (je soutiens le projet, et MEL Publisher en sera partenaire). 

Allez-y : c’est beau, c’est intéressant, et vous n’en sortirez pas indemne.

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