J'ai flashé Portraits

Philippe Berthet

Qui ne connaît pas les « Pin-Up » de Berthet (Editeur Dargaud) ! Depuis 1974, Philippe Berthet dessine cette série culte en hommage à Milton Caniff. Avec Yann, l'un des scénaristes les plus turbulents et aussi les plus créatifs du moment, il recrée cet univers US des années 40 et 50 et multiplie références et clins d'oeil aux films, romans noirs et réclames publicitaires de cette période.

Il avoue une passion jubilatoire pour dessiner ces énormes voitures superbement carrossées... comme le sont ces femmes, provocantes, coquines et parfois torrides dans les publicités pour sucreries, ou collées aux moteurs chromés des semi-remorques qui traversent, solitaires, la grande plaine américaine. Philippe Berthet dessine d'un trait réaliste, clair, dans le plus pur style de l'école belge. S'il peaufine méticuleusement le contour d'un sourire, le galbe d'une jambe, la courbe d'une hanche, il est toujours élégant, jusque dans la finition d'un porte-jarretelles ou d'une mèche de cheveux. Une question l'obsède : quelle était donc l'égérie des pilotes américains d'Enola Bay, cet avion qui largua la bombe nucléaire sur Hiroshima. Ils avaient dessiné sur la carlingue cette femme fantasme devenue l'emblème de toute une génération de Yankees. Aussi n'est-ce pas le moindre des paradoxes que de le retrouver chez lui, dans son atelier. Car ici, dans ce quartier du Forest au sud de Bruxelles, la vie de la famille Berthet est plutôt popote et casanière. Dans une maison bourgeoise restaurée (ancienne devanture de magasin), les Berthet ont aménagé un habitat chaleureux, d'inspiration méditerranéenne. On traverse la salle à manger pour arriver sur un patio (mélange de rouge et de rose) où se prélassent deux gros chats, et l'on débouche sur un atelier. Ici, rien n'évoque les obsessions féminines de notre auteur, si ce n'est, dans une vitrine, les figurines de ses propres créations. Les Berthet passent la plupart de leur temps et même de leur passe-temps dans cette grande pièce. Philippe travaille en vis-à-vis de son épouse, Dominique David, elle-même auteur de Lipstick, et coloriste de son mari. Ils vivent là, huit heures par jour, sans pratiquement se parler, l'une sur son ordinateur, lui sur ses planches. Et dans un coin, un vieux bureau d'écolier. Leur fille, 10 ans, y fait ses devoirs, mais aussi des découpages, des dessins. Eh bien oui, c'est dans ce lieu sans poster provocant, sans passion révélée, et dans la vie d'un couple d'auteurs en parfaite harmonie...que s'élaborent, que se conçoivent les superbes créatures qui font baver tant d'hommes. Amicalement, Philippe vous adresse avec ce dessin en forme de clin d'oeil, le portrait de Poison Ivy. Il aime faire partager ses obsessions. P.S. : Du même auteur : Raid rouge (Dupuis), Sur la route de Selma (Collection Aire Libre), Yoni (Collection Empreinte - Dupuis).

4 Commentaires

Sauf que la série "Pin-Up" n'a commencé qu'en 1994. Et pis le bombardier qui a largué la première bombe atomique s'appelait "Enloa Gay"
Re Oliv’ (4/09/05)
Pan sur le bec. Merci de vos rectifications.
Sauf que la série "Pin-Up" n'a commencé qu'en 1994. Et pis le bombardier qui a largué la première bombe atomique s'appelait "Enloa Gay"
Re Oliv’ (4/09/05)
Pan sur le bec. Merci de vos rectifications.

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